Le dernier métro
Leon Kaufman a révélé son talent de photographe à travers des clichés hautement provocants. Décidé à créer l’événement pour sa prochaine exposition, il est prêt à aller encore plus loin dans l’exploration des aspects les plus sombres de l’humanité. Lancé dans une quête obsessionnelle des pires aspects de l’homme, Leon s’intéresse à un tueur en série, Mahogany, qui traque les banlieusards prenant les derniers métros pour rentrer chez eux, avant de les tuer avec une sauvagerie inimaginable. La fascination de Leon pour Mahogany va le conduire de plus en plus loin dans les méandres du métro, au coeur même du mal. Sans le vouloir, il va entraîner Maya, sa petite amie, avec lui. Chaque ticket est peut-être un aller simple vers la mort...
De relation amoureuse complexe et de transports en communs, il en est assurément question dans The Midnight meat train, adaptation d’une des nouvelles du recueil Livres de Sang de l’écrivain Clive Barker. Ou la nouvelle amourette tumultueuse de Barker et du cinéma qui fit rarement de cadeaux au romancier qui, d’adaptations ratées en amputations trouvant leurs racines dans une censure peu permissive, a toujours entretenu avec le septième art une histoire faite de heurts et de déceptions comme l’illustrent les nombreux remous de son Cabal.
Mêmes conditions, même topo puisque cette nouvelle transposition cinématographique signée par le Japonais Ryuhei Kitamura (Azumi, Godzilla : Final wars) connaît dès son entame une sortie plus que houleuse dans les salles américaines, voyant au départ sa sortie retardée voire annulée pour d’obscures raisons avant que le métrage ne bénéficie sur le tard de quelques salles éparses en terre américaine.
Sortie difficile, à l’instar de la genèse de l’œuvre. Ecriture de scripts
repoussée, échéances rallongées à l’envi, désistements successifs des réalisateurs et des studios. Prévu au départ pour n’être qu’un épisode au sein d’une anthologie télévisuelle ou se voir phagocyté par la séquelle de Candyman, Midnight meat train se voit finalement affublé du long format après que Kitamura, le prodige nippon, a écopé du fameux projet, réputé irréalisable. Basé sur un scénar’ retravaillé par le réalisateur (un peu contre le goût du romancier), Midnight meat train s’avère pourtant être une œuvre légitime aux yeux de Barker, séduit par l’adaptation jusqu’au-boutiste et transgressive de son écrit. Une vision ténébreuse qui devrait particulièrement ravir les aficionados du romancier comme les amoureux du genre qui seront convaincus par la conjugaison savoureuse des univers (l’un eighties et filmé, l’autre seventies et romancé) de ce tandem hors du commun...
LIRE LA CRITIQUE DE THE MIDNIGHT MEAT TRAIN
Neil Marshall est entré par la petite porte avec son Dog soldiers. Revisitant le mythe du loup-garou, le réalisateur anglais a signé un essai parfois loufoque parfois saisissant mais toujours hors normes sur les sempiternelles luttes entre humains et lycanthropes. Profitant de cette incursion pour persévérer dans le genre, le geek s’est ensuite amusé à perturber des spectateurs à la pelle avec son film de trouille The Descent. Ne payant pas de mine, le métrage de Marshall entraîne dans un cauchemar au réalisme détonnant et provoque des sursauts capables de faire valser certains cardiaques de l’autre côté du Styx.
Désormais, la petite porte entrebâillée semble s’être ouverte de façon béante pour le réal. Et plus rien ne semble l’arrêter. C’est dans ces conditions que naît Doomsday, nouveau délire de Marshall qui compte, avec ce métrage, rendre hommage à un genre plutôt oublié depuis plus d’une décennie : le post-nuke. C’est que Marshall est un fan de la première heure des Snake Plissken carpentériens ou du ’Mad’ Max Rockatansky affublé de cuir des pieds à la tête. Alors, quitte à s’extasier seul dans son coin en rematant les films de son enfance et à souiller des mouchoirs en repensant au temps béni où de tels films faisaient le bonheur du public, Marshall endosse sa caméra, forme ses troupes et met tout le monde sur le pied de guerre.
Fort d’un budget d’à peu près 30 millions de dollars (en réalité une bagatelle vu les moyens déployés), le grand Neil peut se mettre à rêver de courses-poursuites tonitruantes, de jolies guerrières à la crête hérissée et de luttes intestines dans une ambiance post-apocalyptique. Et en vrai geek, le réal accumule les hommages, varie sa mise en scène, traverse les époques (un décor moyenâgeux pour le 21ème siècle) et finit par sortir de son chapeau ce film-hommage aux effets soignés et à la dégaine virevoltante.
Après une entrée rappelant le New York
1997 de Carpenter, le métrage vire complètement de bord pour faire davantage irruption dans l’heroïc fantasy aux recoins sombres avant d’effectuer un nouveau virage (dangereux) vers les Mad Max. De bout en bout, Doomsday se fait le porte-parole de cette génération de films qui a inondé les salles pour disparaître ensuite dans les catacombes des prods hollywoodiennes. Alors, tel l’éjaculateur précoce qui n’en peut plus de se retenir, Marshall lâche la purée et donne tout ce qu’il peut pour ravir le public. Un public de fans entièrement acquis à sa cause qui ne demande qu’à le suivre. Un public qui ne sortira pas indemne de la salle, frappé en pleine tête et en plein cœur par la générosité du réal…
Sortie en Belgique le 07 mai 2008
L’interview de Neil Marshall
Il arrive que par certains malentendus dus (ou non – ne relançons pas la polémique) à des attachées de presse fatiguées, un gentil petit journaliste plein d’entrain et de rêves loupe une interview cruciale et soit d’une humeur massacrante pour le reste de la journée. Quand le sujet de l’interview n’est autre que le sympathique et talentueux réalisateur de The Descent, un monument de trouille qui a marqué durablement les cinéphiles, il s’agit là d’un couac pour le moins fâcheux.
Heureusement Neil Marshall, puisque c’est de lui qu’il s’agit, était accompagné au BIFFF par sa femme, l’adorable et néanmoins talentueuse (tous ces gens sont formidables) Axelle Carolyn, une amie de longue date auprès de laquelle le journaliste en question n’a pas hésité un seul instant, en traître, à tirer quelques ficelles pour pouvoir malgré tout approcher l’artiste.
C’est donc après une longue journée passée devant des journalistes belges aux mines tristes et aux longues figures que Neil Marshall, éreinté mais de très bonne humeur a accepté sous l’insistance de sa « belgian beauty » (comme il la surnomme) à me recevoir dans le coin V.I.P. du BIFFF. La veille, le public déchaîné de ce festival de MALADES avait réservé à son nouveau film Doomsday un accueil digne de son talent et de son enthousiasme sincère pour un cinoche de genre fun et décomplexé. C’est donc décontracté, devant quelques savoureuses Cuvées des Trolls, que ce jeune marié heureux et amoureux (dans l’ordre, d’Axelle et du cinéma fantastique) m’a reçu pour parler de son formidable opus post-apocalyptique.
Depuis votre rencontre avec Axelle la Belgique est un peu devenue pays d’accueil. Alors dites-moi, est-ce que vous appréciez notre bière ?
(Rires) Oui beaucoup ! Même si celle-ci est un peu trop douce et sucrée à mon goût.
Etes-vous satisfait de l’accueil qu’a reçu Doomsday hier soir lors de sa projection ?
Assez oui, mais il faut dire qu’il est parfois difficile de discerner ce que crie le public. Le volume du film est tellement fort que je n’entendais pas toujours toutes les réactions. Mais les échos que j’ai reçus et les applaudissements à la fin m’ont vraiment fait plaisir.
C’est votre troisième long métrage et également le troisième qui est présenté ici au BIFFF. Est-ce que vous appréciez l’ambiance très particulière du festival et son public déchaîné ?
Beaucoup ! C’est un public très franc et c’est génial car ils disent ce qu’ils pensent. Ou plutôt ils hurlent ce qu’ils pensent ! C’est une attitude qui me plait car de mon côté je n’ai pas envie de leur proposer un film de merde. Je suis honnête envers eux, c’est la moindre des choses. Nous sommes sur la même longueur d’ondes et le jour où je me planterai ils ne manqueront pas de me le faire savoir ! Jusqu’ici j’ai eu la chance qu’ils apprécient mon travail. Et c’est vrai que je réalise mes films en pensant à mon public. C’est pour eux que je fais du cinéma.
J’ai remarqué qu’avec Axelle vous étiez présent à presque toutes les séances ici au BIFFF. D’où vous vient cette passion du cinéma de genre ?
Elle m’est venue tout simplement en regardant énormément de films,
de genre ou pas. Et effectivement c’est une passion que je partage avec ma femme ! Ma première expérience de cinéma c’était probablement le Frankenstein de James Whale quand j’avais 5 ans, un film qui m’a marqué à vie. Vers mes 11 ans c’était l’avènement des magnétoscopes, j’ai donc regardé énormément de films en vidéo. Les Aventuriers de l’Arche Perdue est sans aucun doute le film qui a changé ma vie ! C’est le film qui m’a donné envie d’être réalisateur. Encore aujourd’hui il reste un de mes films préférés.
Quels sont les réalisateurs qui vous influencent dans votre travail ?
Steven Spielberg est certainement le premier sur la liste, c’est lui qui m’a donné l’envie de réaliser. Mais je suis également un grand fan de Ridley Scott, Peter Jackson, Sam Raimi... Tous ces réalisateurs passionnés ! John Carpenter est un réalisateur qui a eu une influence incroyable sur mon travail. J’ai d’ailleurs eu la chance de le rencontrer récemment et je n’ai pas été déçu. C’est un personnage ! J’ai également beaucoup de respect pour Howard Hawks, Sam Peckinpah… des réalisateurs d’une autre époque, pas forcément habitués au fantastique mais dont j’apprécie énormément le travail et qui m’ont influencé d’une manière ou d’une autre.
La presse américaine n’a pas été tendre envers Doomsday, l’accusant de n’être qu’un démarquage d’autres films post-apocalyptiques. Pourtant votre film est réellement un hommage sincère à tout un pan du cinéma des années 80 dont il reprend des éléments mais le scénario est entièrement original et les personnages particulièrement réussis. Comment avez-vous procédé pour ne pas franchir cette frontière invisible entre hommage et plagiat ?
Il faut évidemment apporter vos propres éléments à l’histoire, en faire un film totalement personnel. Prenons la scène finale, une poursuite entre plusieurs véhicules qui rappelle Mad Max 2. J’avais évidemment le film de George Miller en tête et j’avais donc besoin de lui apporter des éléments qui en feraient quelque chose de totalement différent tout en préservant l’esprit. Ca se passe aux Royaumes Unis, les véhicules sont tous anglais. Tout est fortement exagéré. Quelque part on n’est pas très loin de la parodie à la Shaun Of the Dead ou Hot Fuzz. Mais c’est n’est pas une comédie, même si le film contient beaucoup d’humour. J’ai un peu l’impression que tout ce côté humoristique n’a pas été bien perçu aux Etats-Unis alors qu’en Europe cela passe beaucoup mieux. J’ai donc réalisé et monté cette séquence en abordant un autre point de vue : la majorité de cette séquence se déroule A L’INTERIEUR du véhicule. C’est une voiture « entourée » par une poursuite en voiture. J’aimais cette idée d’un combat à 3 vitesses, ça amenait quelque chose d’original à la poursuite ! Je sais pertinemment que beaucoup de personnes au point de vue limité vont crier au plagiat mais ceux qui connaissent un peu le cinéma dont je m’inspire et qui ont vu mon film savent qu’il s’agit réellement d’un hommage délibéré à des films comme ceux de Carpenter, Miller, Walter Hill ou encore Excalibur de John Boorman.
Les personnages sont suffisamment bien écrits pour apporter quelque chose d’original, je pense particulièrement à la relation entre Rhona Mitra et Bob Hoskins !
Oui ! C’est presque une relation père-fille. Il y a déjà toute cette histoire que l’on devine derrière l’histoire principale. Ils échangent très peu de mots, ils fonctionnent plus par des regards, des gestes. Le talent de Rhona et de Bob fait qu’on n’a pas besoin d’en dire beaucoup plus pour deviner leur affection mutuelle. Parlez-nous de la manière dont vous avez tourné cette scène de poursuite qui semble réellement dangereuse…
Nous avions 2 semaines et demi pour tourner cette scène. Chaque jour
nous avions des cascades extrêmement dangereuses et potentiellement mortelles, des explosions… J’ai adoré être dans la voiture-caméra et diriger cette grosse scène d’action, coordonner tout, donner le départ aux véhicules… J’étais comme un gosse qui s’amusait avec ses jouets ! Ca peut paraître cliché mais nous avons même répété toute la scène avec des petites voitures en plastique ! J’ai adoré cette logistique insensée pour laquelle nous nous sommes préparés comme jamais. Il fallait vérifier chaque recoin de la route, calculer la vitesse de chaque véhicule. C’était un vrai défi, beaucoup de travail mais également très amusant, grisant ! C’est la première fois que je réalisais une scène de cette ampleur et ça me changeait des grottes de The Descent ! Ici je pouvais enfin bouger ma caméra et explorer les grands espaces.
Comme dans vos films précédents, Dog Soldiers et The Descent, vous privilégiez ici les effets en direct plutôt que les images de synthèse. On sent réellement le danger, le réel des situations.
Effectivement, c’était un film très dangereux et nous avions une équipe de cascadeurs extrêmement doués et rodés à leur boulot depuis des années ! Je préfère tourner les choses en direct sur le plateau plutôt que de faire appel aux ordinateurs. Non seulement c’est le genre de film que j’aime faire mais c’est le genre de film que j’aime voir ! Il faut que les spectateurs y croient. La transpiration des acteurs est réelle car ils se donnent tous à fond physiquement. J’ai toujours eu l’impression que quand on commence à remplacer la réalité par des images de synthèse on se sent forcément moins impliqué dans l’histoire ! C’est l’erreur par exemple d’un film comme I Am Legend, surtout dans la mesure où leurs monstres sont sensés être humains au départ. Pourquoi ne pas avoir pris des acteurs en chair et en os ? Avec le budget dont ils bénéficiaient ils pouvaient se le permettre. C’est incompréhensible ! Ca n’a aucun sens et pour moi, ça m’a vraiment gâché le film… Donc je préfère toujours privilégier les effets « à l’ancienne » parce que les spectateurs ne sont pas dupes et font très facilement la différence.
Parlez-nous de Sol, le méchant principal de l’histoire interprété par Craig Conway. C’est vraiment la grande révélation du film selon moi…
Craig tenait déjà de petits rôles dans mes deux premiers films, il était l’une des créatures de The Descent. Je voulais vraiment que ce personnage complètement timbré, violent et sanguinaire soit réussi et je savais exactement ce que Craig Conway pouvait lui apporter. Il a travaillé très dur pour ce rôle. Mais ce qui m’a convaincu de le lui confier c’est la scène du show dans le centre-ville. Je savais qu’il serait tout à fait dans son élément car c’est un acteur qui vient du théâtre et il est habitué à jouer devant la foule. Cette scène est la plus importante pour lui. Il en fait un personnage complètement théâtral qui aime à se donner en spectacle, violent, charismatique, ridicule et extrême à la fois. Il dépasse les limites de la folie ordinaire.
En parlant de violence, tout comme dans vos films précédents vous ne vous êtes certainement pas fait des amis chez les sociétés de défense des animaux ! Vous explosez un gentil lapin, vous écrasez une vache… Alors dites-moi Neil, aimiez-vous torturer les animaux quand vous étiez gosse ?
(Rires) J’adorais ça !... Non évidemment dans la réalité j’ai horreur de la
violence envers les animaux ou envers les humains. Ma femme plaiderait d’ailleurs cette cause beaucoup mieux que moi. Elle est une végétarienne convaincue et déteste le fait que je mange de la viande ! Dans Dog Soldiers ça se justifiait évidemment par le côté surnaturel. Dans The Descent, il y a ce côté « la nature qui s’entredévore pour survivre », la violence n’avait donc rien à voir avec de la barbarie. Dans Doomsday, ces effets sont surtout là pour la comédie : la vache écrasée, c’est pour continuer cette tradition vue dans tellement de films. J’aime la violence à l’écran quand elle est accompagnée d‘humour noir.
Et le lapin qui explose pourrait sortir tout droit de Monty Python and the Holy Grall !
Tout à fait ! C’est le même esprit ! Ce qui est marrant c’est que dans toutes les interviews que j’ai faites aujourd’hui on m’a posé la question du lapin ! On dirait presque qu’il est devenu la star du film. Je suis persuadé que certaines personnes ont cru que nous avions réellement massacré ce lapin parce que l’effet est vraiment réussi ! C’est le premier moment dans le film où quelque chose de totalement extravagant se produit. Jusque là tout se déroule plus ou moins calmement et puis quand ce plan arrive, c’est là qu’on se dit « Wow !... Maintenant ça va chier ! » C’est un peu un plan annonciateur de tout ce qui va suivre.
Vous aimez également torturer vos acteurs. On dirait que vous prenez un malin plaisir à trouver de nouveaux stratagèmes pour tuer Nora-Jane Noone de manière plus violente dans chaque film !
C’est un peu la même chose avec Sean Pertwee. Je trouve toujours des façons plus délirantes de les tuer à l’écran ! Ce sont tous les deux de très bons amis et j’aimais l’idée de leur donner des petits rôles dans ce film et de les faire disparaître de façon mémorable.
Vous êtes très fidèle à vos acteurs !
Oui. Et ils sont très fidèles envers moi. Ce sont des amis avant tout ! Nous adorons travailler ensemble tout en essayant de ne jamais nous répéter. Donc ça ne marche que si je leur écris des rôles complètement différents à chaque fois ! Nous adorons tous le cinéma et c’est un plaisir à chaque fois renouvelé de bosser ensemble ! On rigole, on travaille dur, on adore être sur le plateau ! Y’a rien de mieux.
Vous-même, êtes-vous satisfait de votre film ?
Oui, tout à fait ! Je suis très fier d’être arrivé à relever ce défi ! J’en suis très heureux. Il s’agissait d’un budget important, en tout cas important pour moi et ce n’était pas facile. C’était éreintant mais le résultat est conforme à mes objectifs.
Parlez-nous de vos différents projets. Ils sont nombreux…
Sacrilege est un nouveau film d’horreur dont je vais commencer l’écriture pour Road Pictures, les producteurs de Doomsday et que je tournerai l’année prochaine. Drive est une commande, un gros film d’action que je n’ai pas écrit mais que je réaliserai pour une autre boite. Le tournage se fera à Los Angeles et ce sera un projet totalement différent pour moi ! Un autre projet qui me tient particulièrement à cœur est Eagle’s Nest…
… Que vous définissez comme un mélange de Die Hard et des Vestiges du Jour ! Je suis impatient de voir ça !
(Rires) Voilà ! Il s’agit d’un film d’aventures vaguement inspiré de faits réels qui se passe pendant la seconde guerre mondiale, avec un commando de soldats de l’armée Russe chargés de capturer le nazi Rudolph Hess après son parachutage en Ecosse.
Qu’en est-il de ce projet de faire revivre Sherlock Holmes à l’écran ?
J’ai effectivement été impliqué brièvement dans ce projet qui aurait vraiment été excitant mais c’est tombé à l’eau, je ne suis plus impliqué…
Le succès de Dog Soldiers et The Descent a-t-il ouvert beaucoup de portes pour vous ? Vous avez bénéficié d’un budget nettement supérieur pour Doomsday…
Bien entendu ! Je n’aurais pas pu faire The Descent si je n’avais pas fait Dog Soldiers et je n’aurais pas pu faire Doomsday sans The Descent ! Sans l’accueil très positif de The Descent je pense qu’on ne m’aurait pas fait confiance et confié un budget de ce genre. Chaque nouveau film influence ma manière de travailler et d’envisager le suivant. Je suis donc rassuré de voir que Doomsday a été très bien accueilli ici au BIFFF. Pour le reste, on verra !
En tout cas je me suis beaucoup amusé devant votre film ! Merci beaucoup et à la vôtre !
A la vôtre et merci à vous !
Propos recueillis par Grégory Cavinato alias Swan
Remerciements aux organisateurs du BIFFF. Remerciements spéciaux et grosses bises à Axelle Carolyn.
Présentation et teasers...
Cet été, deux œuvres francophones s’annoncent très prometteuses en matière de renouvellement du genre hexagonal. D’une part, le Vinyan belge de Fabrice Du Welz, génialissime réalisateur du Calvaire qui a laissé de profondes cicatrices dans les chaumières peuplées de gens bien pensants qui ne se placent d’ordinaire devant leur téléviseur que pour Julie Lescaut ou La Méthode Cauet (mais sans jamais oser le dire). D’autre part, le Martyrs français de Pascal Laugier, réputé pour son controversé Saint Ange qui se déclinait comme une ode au cinéaste qu’il vénère : Dario Argento. D’un côté comme de l’autre, deux métrages novateurs qui ne font pas dans la dentelle et n’hésitent pas une seule seconde à prendre des risques pour colmater les fissures qu’accuse le panorama cinématographique francophone, davantage tourné vers les drames familiaux et les comédies dénuées d’humour, en matière de genre. Nous reviendrons prochainement sur le cas de Vinyan avec une interview bien sympathique de notre cher Fabrice Du Welz (juillet). En attendant, il nous était tout à fait impossible de ne pas aborder le cas de ce Martyrs qui, bien avant sa sortie, fait déjà couler beaucoup d’encre. Mais pas que ça…
France, début des années 70.
Lucie, une petite fille de dix ans, disparue quelques mois plus tôt, est retrouvée errant sur la route. Son corps maltraité ne porte aucune trace d’agression sexuelle. Les raisons de son enlèvement restent mystérieuses.
Traumatisée, mutique, elle est placée dans un hôpital où elle se lie d’amitié avec Anna, une fille de son âge.
15 ans plus tard.
On sonne à la porte d’une famille ordinaire. Le père ouvre et se retrouve face à Lucie, armée d’un fusil de chasse. Persuadée d’avoir retrouvé ses bourreaux, elle tire.
Ce pitch aussi mystérieux qu’enivrant a de quoi faire tourner la tête. Un rape and revenge français, dans la lignée de La dernière maison sur la gauche ou de I spit on your grave ? On ne demande qu’à voir…
D’après les échos qui circulent çà et là sur la toile et dans les journaux spécialisés, Martyrs est parti pour être le film de genre français le plus dérangeant. Pourtant, avant lui, quelques exemples se sont dressés en matière de violence et de jusqu’au-boutisme comme le récent Frontière(s) de Xavier Gens ou A l’intérieur des amis Bustillo et Maury. Qu’on repense à la Cène poisseuse où les apôtres ont été troqués par des nazis ou à la séquence mettant en exergue Béatrice Dalle en sage-femme intérimaire et les premiers symptômes de la nausée pointent le bout de leur nez. Profitant de cette reprise partielle d’un engouement pour le genre (tout est relatif) et bénéficiant d’une équipe de gens compétents qui croient en lui, Laugier compte bien bouleverser le public français en lui assénant une œuvre d’une violence graphique et psychologique bien présente. Martyrs, une nouvelle victime du règne de la surenchère ? Certainement pas. Le coup n’est pas publicitaire mais artistique. Amoureux de l’horreur, Laugier compte bien donner un grand coup de pompe dans la fourmilière afin de réveiller les producteurs frileux et les distributeurs pusillanimes. « L’horreur est un genre tellement récupéré, tellement digéré, nous confie Laugier, qu’il devient régulièrement aussi inoffensif que les autres genres. Or, il me semble que sa noblesse est justement d’être contre. Il est le fruit d’un acte de contre-culture, un acte qui se doit d’offenser, de fissurer les pensées majoritaires et les lieux communs. Je pense que notre époque a plus que jamais besoin d’un cinéma de genre libre, expérimentateur, un cinéma de genre qui fasse chier les bien-pensants, qui continue à inventer des formes, à proposer des perspectives singulières, des points de vue qui nous éloignent de l’horreur (la vraie celle-là) de la vision du monde selon TF1... »
Autant dire que le cinéaste est rempli de bonnes intentions et qu’il n’entend pas laisser sur le carreau un genre cinématographique qu’il affectionne tout particulièrement. Pour ce faire, Laugier prend des risques, ose tout. Au point de choquer pour le plaisir ? Billevesées. La
violence de Martyrs, pour dérangeante qu’elle soit, n’a d’autre fonction que de servir le réalisme de l’œuvre et de provoquer des émotions antagonistes chez un spectateur blasé par les banales créations hollywoodiennes estampillées PG-13. Retourné, le public le sera certainement. Dégoûté, il le sera probablement. Mais en aucun cas il ne saurait être indifférent aux propos traités ni aux enjeux émotifs énormes de l’œuvre laugérienne. D’autant que le réalisateur, en bon père de famille fier de son enfant, ne veut en aucun cas altérer ou édulcorer son métrage, au risque de rencontrer quelques problèmes avec la censure. « Il est effectivement possible que Martyrs soit très emmerdé par la censure. Une censure qui ne dit pas son nom, et qui consisterait à interdire le film aux moins de 18 ans pour empêcher un circuit normal de distribution. Les multiplexes ont une vision de plus en plus lisse et familiale du cinéma. Sans en avoir l’air, ils dictent de plus en plus ce que le public doit ou ne doit pas voir. Le tout, c’est de lui fourguer du pop corn. Ce système de diffusion des films me parait de plus en plus totalitaire. »
Mais, qu’à cela ne tienne, Pascal Laugier ira sans aucun doute jusqu’au bout pour donner une naissance officielle à son nouveau-né horrifique. D’autant que celui-ci est attendu par une belle communauté de geeks impatients de constater l’ampleur du phénomène. En attendant, faudra se contenter de quelques mièvreries peu ragoutantes dans les salles françaises juste pour voir la nouvelle coupe de cheveux de Frank Dubosc ou le délire novateur dans lequel Eddie Murphy incarne vingt-sept personnages. Dans quelques années, à force de nous vendre du réchauffé, on va directement bouffer surgelé, z’allez voir !
Les teasers officiels :
Lien vers la pétition pour sauver Martyrs
Lien vers l’interview de Pascal Laugier
Les derniers pièges de Jigsaw...
Lancée en l’an de grâce 2004, la franchise Saw émanait des cerveaux dérangés de James Wan et de Leigh Whannell. Mettant en scène un tueur surnommé Jigsaw qui prend plaisir à mettre ses victimes dans d’inconfortables positions afin de leur faire effectuer un choix cornélien, le métrage bâti à l’aide d’une poignée de dollars et de beaucoup d’ingéniosité frappa assurément les esprits par le truchement de son twist maîtrisé qui surprenait sans pour autant remettre en cause la totale narration de l’ensemble. Se posant de ce fait comme un enfant illégitime (et c’est
tant mieux) des créations de Shyamalan, Saw démarrait sur les chapeaux de roues et appelait incontestablement à la séquelle au vu de son dénouement incomplet.
Interstice dans lequel se glissait rapidement la Twisted Pictures dès l’année suivante en quadruplant ni plus ni moins le budget de départ du premier opus. A l’affiche, deux figures récurrentes : l’effrayant Tobin Bell dans la peau de Jigsaw et Shawnee Smith dans le rôle d’Amanda, seule survivante des frasques sanglantes du tueur au puzzle. Côté staff technique, l’inénarrable Darren Lynn Bousman succédait à James Wan passé producteur exécutif tandis que Whannell se chargeait une fois de plus du scénar’ de cette intrigue quelque peu réchauffée. Pris à son propre piège, Saw 2 se soumet au jeu de la surenchère, agrandissant pour ce faire l’espace vital des potentielles proies (une maison à la place d’une pièce) et augmentant considérablement le nombre de victimes pour le plus grand plaisir d’aficionados à la conversion quasi simultanée. C’est que l’intérêt de la franchise réside ailleurs : dans les plans diaboliques échafaudés par son énigmatique serial killer qui rivalise d’inventivité avec les plus grands génies maléfiques en proposant inlassablement de nouvelles armes dont l’objectif est d’acculer le sujet dans la fameuse position cornélienne de « les bourses ou la vie », l’obligeant au passage à se fendre un œil en deux, à se mutiler le ventricule gauche ou à se lécher l’omoplate si besoin est (entreprise délicate s’il en est).
Et Bousman, en marionnette docile, de se plier à ce petit jeu
pour deux autres opus. Si le troisième épisode redonnait un souffle nouveau à une franchise qui peinait déjà à s’affranchir d’une ankylose fatale (soulignons au passage le retour salvateur de James Wan au scénario), le dernier volet des aventures de Jigsaw (qui est entre-temps décédé mais continuer à hanter post-mortem ses pauvres cobayes) rivalisait de bêtise avec les pires séquelles horrifiques désincarnées. Un amoncellement de situations improbables se déclinaient ainsi au sein d’un plan machiavélique pas crédible pour un sou, finissant de lasser des spectateurs pourtant tout entiers acquis à la cause des exubérances goresques de l’équipe de la Twisted. Une intrigue d’une naïveté extrême édifiée par le tandem composé de Patrick Melton et Marcus Dunstan, deux néophytes baignés dans l’horreur dès leur plus jeune âge, révélations d’un jour du Projet Greenlight avec leur délirant gorefest Feast.
Depuis, les années se succèdent et se ressemblent. D’autant que les quatre premiers épisodes ont connu un succès considérable aussi bien en salles (plus de 550 millions de dollars engrangés) qu’en DVD (24 millions de DVD vendus), plaçant pour le coup la Lionsgate en position de leader sur le marché de l’horreur. Chaque nouvel Halloween voit naître un nouvel épisode de la saga qui prévoit d’en comptabiliser au moins six (le réjouissant Saw 6, tourné à Francfort) et les foules se
précipitent de plus en plus nombreuses pour acclamer les éjaculations sanglantes de pauvres hères perdus au sein de jeux dont ils ne connaissent que tardivement les règles. Pourtant, symbole d’un nouveau départ, la franchise s’est débarrassée de Bousman (parti en roue libre construire son opéra, le magnifique Repo ! The Genetic Opera) auquel se substitue David Hackl, réalisateur de seconde équipe des troisième et quatrième épisodes qui connaît assurément bien l’esprit de la saga pour avoir en sus œuvré comme décorateur dès le deuxième tome des aventures de Jigsaw (intitulé « Jigsaw, roi du brico »). En termes de caramels, bonbons et chocolats, Hackl maîtrise son sujet, avançant de nombreuses promesses afin de faire saliver. Saw 5 devrait, selon lui, répondre à de nombreuses questions que les fans se posent par rapport à la franchise (« Euh, prem’s, pourquoi en avoir fait autant ? ») et proposer des pièges à plus grande échelle, entraînant encore plus de monde dans leurs machineries (C’est Godzisaw, quoi). Espérons que cette nouvelle création rehausse le niveau d’une saga qui dépérit au fil des années…
Le teaser du film :
Plus d’infos sur ce filmSORTIES NATIONALES :
FRANCE : 05 novembre 2008
BELGIQUE : 17 décembre 2008
Le train sifflera deux fois...
La Belgique, par rapport à sa voisine hexagonale, fait office de parent pauvre en matière de sorties de films de genre sur grand écran. Xénophobes à l’égard de ce cinéma particulier, pas assez « grand public » ou « peu intellectuel », les exploitants de salles ne mettent leur dévolu que sur des œuvres « bankable » qui connaîtront forcément un réel succès. Ainsi, en cette fin d’année 2008, les nouvelles frasques de Jigsaw et la relecture hollywoodienne du Rec de Jaume Balaguero et Paco Plaza (qui ne bénéficia que d’un trop court séjour dans les salles obscures que pour séduire son public), intitulée En Quarantaine, titre qui élimine curieusement l’impact de l’aspect documentaire de l’entreprise, se verront-elles certainement gratifiées de queues inter-minables à l’entrée des complexes plus enclins à se tourner vers la dernière comédie romantique amerloque contenant Jessica Alba et Mathhew Perry (il vit encore, au fait ?) ou le délire adolescent à la mode contenant son lot de blagues salaces et de nanas poumonneuses.
Etrangement, et juste pour me contredire, les salles belges déversent cette semaine un flot d’œuvres atypiques, un flot qui compte dans ses rangs pas moins de deux films de genre, deux métrages que même les plus optimistes ne purent se résoudre à imaginer débarquer sur notre terre austère. Au programme, deux histoires de transports en commun (un train mythique naviguant dans les steppes enneigées de Russie et un métro explorant les noirceurs suburbaines anglaises) pour cheminots cinéphages et geeks désireux de s’évader de leur train-train cinématographique...
De Et plus si affinités à Session 9, Brad Anderson n’a cessé de prouver l’étendue de sa palette artistique et son intérêt pour le cinéma en général, sans s’enfermer dans un genre particulier. Pourtant, son Session 9, film de fantômes claustrophobique et oppressant à outrance, et, plus récemment son The Machiniste, thriller psychologique dans lequel Christian Bale perdait littéralement la boule, ainsi que son maigre apport à la sérié télévisuelle Fera itself (l’épisode Spooked) suffisent à corroborer la thèse des amours pour le cinéma de genre de ce réalisateur prometteur qui parvient, à coups de ténébreuses intrigues baignées dans un climat anxiogène et de personnages finement travaillés à créer une atmosphère lugubre, continuellement sise à l’exact limes qui sépare pragmatisme et paranoïa.
Un climat repris à la lettre dans ce thriller d’influence hitchcockienne qui se déroule à l’intérieur du Transsibérien Express, mythique convoi
reliant Pékin au monde occidental (cependant un lecteur nous fait judicieusement remarquer que le train qui relie Pékin à Moscou n’est pas le Transsibérien, mais le Transmongolienen !) sept jours à peine. Un train où se confrontent deux couples d’apparence antagonistes qui vont peu à peu glisser dans une situation cauchemardesque suite aux avances adultères de l’un des deux amants. Mettant quelque peu de côté le fantastique pour imprégner son intrigue d’une aura moins ambiguë, Anderson persévère dans son introspection de l’âme humaine, créant pour le coup une tension existentialiste à travers son carré amoureux. Thématique universelle qui joue le parfait contrepoids à l’exode ferroviaire à laquelle se soumettent les protagonistes, incarnés par un casting cosmopolite réunissant au détour d’un wagon, Woody Harrelson, naïf hitchcockien, Eduardo Noriega, jeune étalon aux intentions équivoques, et la sublime Emily Mortimer, troublante dans ce rôle de femme éperdue et perdue dans une situation qui la dépasse…
LIRE LA CRITIQUE DE TRANS-SIBERIAN
De relation amoureuse complexe et de transports en communs, il en est assurément question dans The Midnight meat train, adaptation d’une des nouvelles du recueil Livres de Sang de l’écrivain Clive Barker. Ou la nouvelle amourette tumultueuse de Barker et du cinéma qui fit rarement de cadeaux au romancier qui, d’adaptations ratées en amputations trouvant leurs racines dans une censure peu permissive, a toujours entretenu avec le septième art une histoire faite de heurts et de déceptions comme l’illustrent les nombreux remous de son Cabal. Mêmes conditions, même topo puisque cette nouvelle transposition cinématographique signée par le Japonais Ryuhei Kitamura (Azumi, Godzilla : Final wars) connaît dès son entame une sortie plus que houleuse dans les salles américaines, voyant au départ sa sortie retardée voire annulée pour d’obscurs raisons avant que le métrage ne bénéficie sur le tard de quelques salles éparses en sol américain.
Sortie difficile, à l’instar de la genèse de l’œuvre. Ecriture de scripts
repoussée, échéances rallongées à l’envi, désistements successifs des réalisateurs et des studios. Prévu au départ pour n’être qu’un épisode au sein d’une anthologie télévisuelle ou se voir phagocyté par la séquelle de Candyman, Midnight meat train se voit finalement affublé du long format après que Kitamura, le prodige nippon, a écopé du fameux projet irréalisable. Basé sur un scénar’ retravaillé par le réalisateur (un peu contre le goût du romancier), Midnight meat train s’avère pourtant être une œuvre légitime aux yeux de Barker, séduit par l’adaptation jusqu’au-boutiste et transgressive de son écrit. Une vision ténébreuse qui devrait particulièrement ravir les aficionados du romancier comme les amoureux du genre qui seront convaincus par la conjugaison savoureuse des univers (l’un eighties et filmé, l’autre seventies et romancé) de ce tandem hors du commun...
LIRE LA CRITIQUE DE THE MIDNIGHT MEAT TRAIN
L’aventure intérieure
A l’instar du projet Piranhas d’Alexandre Aja, Voyage au centre de la Terre recourt à la technologie 3D pour drainer dans ses salles un public toujours plus nombreux, venu assister à un spectacle censément plus réaliste puisqu’il en appelle à un sensoriel écorné en trompe-l’œil. Devenu depuis quelques années une curiosité de parc
d’attractions, la 3D s’apprête apparemment à vivre d’heureux jours au sein des salles obscures, à l’image de ce métrage inspiré de Jules Verne qui connut une sortie dans plus de 3000 salles dont la moitié était équipée de la dite technologie, permettant un fantasme visuel sans pareil.
Personne ne croit plus le professeur Trevor Anderson lorsqu’il affirme être sur le point de faire une extraordinaire découverte. Ses hypothèses révolutionnaires l’ont mis au ban de la communauté scientifique. Pourtant, au cours d’une expédition en Islande, Trevor et son neveu, le jeune Sean, sous la conduite de leur guide islandaise Hannah, vont se retrouver plongés dans l’inconnu. Dans leur périple vers les profondeurs de la Terre, ils rencontreront des mondes inexplorés, des merveilles extraordinaires, des dangers mortels et des créatures fabuleuses... Une seule chose est certaine : à 6 km sous la surface, tout peut arriver.
Adaptation modernisée du roman de Jules Verne, Voyage au centre de la Terre en est en même temps une transposition libre puisque le livre se voit pour le coup relégué au statut de guide pour les protagonistes qui s’aventurent dans les entrailles de la Terre. Une relecture intéressante dans la mesure où elle s’écarte des nombreuses
adaptations cinématographiques que connut le roman de Verne et où elle ne s’encombre aucunement des tiraillements pseudo-scientifiques de l’œuvre pour aller à l’essentiel : la découverte de cet univers parallèle sis quelques kilomètres sous la croûte terrestre. Un spectacle déroutant et vertigineux qui fait s’enchaîner allègrement une course de wagonnets dans une ancienne mine désaffectée, l’attaque d’une plante carnivore, celle tout aussi terrifiante d’un gigantosaure aux parentés inévitables avec le T-Rex de Jurassic Park, de sublimes chorégraphies de poissons volants et une pléiade d’autres aventures exotiques. Tournées essentiellement en studios à Montréal sur fond bleu, les séquences bénéficient d’une technologie de pointe qui permettent, outre l’intégration d’un spectacle tridimensionnel, de voir évoluer les personnages dans des décors somptueux aussi réalistes que fantaisistes.
Pour sa première réalisation cinématographique (il avait uniquement
œuvré précédemment sur un épisode de Xena la guerrière voilà une dizaine d’années), Eric Brevig, ténor des effets spéciaux qui contribua à quelques fleurons du genre comme Abyss, Total Recall (pour lequel il fut oscarisé) ou encore Men in Black, propose un divertissement familial qui ravira assurément petits et grands ne serait-ce que par ses sensationnelles péripéties dignes des meilleurs films d’aventures et par les multiples distractions offertes par son Brendan George de la Jungle Fraser.
Le trailer :
Plus d’infos sur ce filmLe futur délire de Frank Miller.
En 2005, Frank Miller sortait de son univers de bulles et de cases pour s’aventurer sur le grand écran, avec l’aide de Robert Rodriguez et de Quentin Tarantino, pour nous livrer l’incroyable claque Sin City. Le succès international du film poussa alors Hollywood à s’intéresser à son oeuvre (d’où la mise en chantier d’un certain 300) et à Lionsgate de demander à l’artiste-scénariste de revenir derrière la caméra pour nous livrer un OFNI tel qu’il semble savoir les faire. Cet étrange métrage, ce sera The Spirit, un projet fantasme qu’il développait depuis longtemps, en tant que grand fan de l’oeuvre culte de Will Eisner.
C’est dès 1940, dans les pages dominicales de plusieurs périodiques américains, qu’Eisner invente et dessine les aventures de Denny Colt, un inconnu revenu d’entre les morts (mais c’est une longue histoire expliquée quelques années après sa création) qui, la nuit, revêt le costume du Spirit, un détective masqué issu des rues insalubres de Central City et prêt à tout pour lutter contre le crime qui y règne. Il est parfois aidé par Ebony White, un petit gars, stéréotype parfait de l’afro-américain, ce qui avait valu à son créateur de nombreuses critiques. Son ennemi principal est La Pieuvre, un génie du mal et adepte du déguisement, dont la seule réelle identité se résume à ses paires de gants. Ses nombreuses aventures lui feront rencontrer grand nombre de vilains excentriques, de situations comiques, mais surtout, des femmes fatales qui ne cessent de succomber à son charme. La série remporte un succès phénoménal, d’autant plus qu’Eisner révolutionne le genre en y intégrant des inventions personnelles au niveau du découpage ou de l’encrage. Elle se décline alors en véritable comic book, qui s’essoufflera quelque peu au fil des années si on ne tient pas en compte quelques rééditions, hors-séries et hommages (dont Alan Moore, grand scénariste admirateur de l’oeuvre d’Eisner, qu’il considère comme LE Chef de la bande dessinée américaine).

Et nous voilà en 2008, et c’est à Gabriel Macht, acteur encore inconnu, d’endosser le rôle de l’icône des comic strip et à Miller de nous livrer sa version du personnage. En effet, les bandes annonces qui circulent depuis le mois d’avril dernier laissent apercevoir une vision très personnelle de l’univers noir et déluré du personnage. Miller continue son expérience commencée en 2005 et filme entièrement son métrage sur fond vert, ce qui permet de conférer au film une atmosphère purement comics, où, à l’instar de Sin City, se mêlent couleurs ternes (la peau, par exemple) et éclatantes (la cravate rouge et flottante du héros) tout en laissant une large place pour le Noir et Blanc. Et là où les fans du matériau d’origine s’inquiètent, c’est que le résultat ressemble plus au travail de l’auteur de Daredevil et Dark Knight Returns qu’à ceux d’Eisner, nettement moins déjantés. On retrouve les mêmes thématiques : jeux d’ombres, un certain goût pour des fonds colorés (rouge sang) qui mettent en évidence les personnages, une perspective surdimensionnée (il faut voir le Spirit en train de sauter d’un immeuble tel Superman), des délires visuels étonnants, une survalorisation du corps de la femme (le fantasme étant l’un des principaux éléments de son univers), et une certaine violence graphique, malgré un PG-13 qui semble déranger plus qu’autre chose. Soit l’inverse total de la version d’origine du Spirit
D’autres modifications apparaissent également : le Spirit échange son costume bleu pour du noir intégral, tandis que La Pieuvre (Octopus, quoi) hérite des traits de... Samuel L. Jackson et devient un psychopathe tordu et déluré comme les affectionne l’auteur. Il n’y a qu’à voir ses fringues surbranchées (du style savant fou au nazi, en passant par le samouraï) et ses flingues inimaginables. Son dessein est de détruire Central City afin de mettre en scène SA version de l’immortalité. Le "héros de la classe moyenne" et sa nemesis sont accompagnés d’une pléiade de belles actrices, à commencer par la talentueuse et pimpante Scarlett Johansson, qu’on ne présente plus, et Eva Mendes, qui avait surpris tout le monde l’an dernier avec La Nuit nous Appartient. La première joue Silken Floss, une belle secrétaire aux services du pire ennemi de Colt, tandis que l’autre joue Sand Saref, une voleuse de bijoux qui attire autant qu’elle irrite le Spirit, étant son ancien grand amour. Paz Vega et Jamie King complètent cette galerie de femmes dangereuses et séductrices que l’on à déjà hâte d’admirer sur grand écran.
The Spirit pourrait d’ores et déjà être le "comic book movie" le plus déjanté et original de l’année (enfin, presque), d’une part parce qu’il est réalisé par un gars du "milieu" de la BD qui possède ainsi une véritable ambition visuelle que l’on sait détonante, mais d’autre part parce qu’il emprunte autant aux films noirs dont l’auteur raffole comme le prouvent la plupart de ses oeuvres. Cependant pèse toujours la crainte d’un énorme Hors Sujet de la part de Miller face à cette adaptation risquée de l’oeuvre de son idole. Alors, est-ce que l’incroyable défi qu’il a relevé sera réussi ? Ce sera en Hexagone que la réponse se fera savoir d’abord, bénéficiant d’une sortie prévue pour le 31 Décembre 2008, tandis que la Belgique se contentera d’attendre le 25 Février 2009, à moins qu’une nouvelle modification ne survienne (sachant qu’il était encore prévu pour le 04 quelques semaines auparavant). Oui mes amis, la vie est parfois injuste, mais espérons que ça vaut le coup d’attendre !
Troisième trailer (VO) :
Le phénomène Harry Potter s’applique aussi aux vampires !
Stephenie Meyer était encore une inconnue en 2004 alors qu’elle avait déjà 35 ans. Après moult efforts, la jeune femme sortit son premier roman, Twilight (Fascination), qui se transforma rapidement en best-seller. De cette oeuvre est alors née une véritable saga qui n’a cessé de se développer, séduisant un public jeune tout entier acquis à sa cause. Dans la foulée du premier opus, sorti en novembre 2005 en France, Meyer écrivit et publia un deuxième volet intitulé New Moon (Tentation) en novembre 2006. Celui-ci fut suivi un an plus tard par Eclipse (Hésitation) jusqu’à ce qu’un quatrième épisode, Breaking Dawn (Révélation), sorti le 22 octobre dernier en francophonie, ne clôture les aventures.
Le caractère cyclique de ces sorties ne peut bien entendu que faire penser à un autre héros de nos temps modernes, tant dans le coeur des plus jeunes que dans le portefeuille des éditeurs, à savoir Harry Potter himself. En effet, Twilight se comporte de manière identique, représentant un véritable rouleau-compresseur, machine à écraser toute concurrence aussi puissante soit-elle.
Dès lors, aux Etats-Unis, Twilight est devenu un véritable phénomène de société, la vente du troisième volume dépassant même les gigantesques chiffres réalisés par le dernier épisode d’Harry Potter. Signe de l’évolution d’une société tendant toujours plus vers l’effet de mode et la surenchère, ces chiffres incroyables ne sont encore rien à côté du succès qu’a remporté le quatrième volet, Révélation. Le jour de sa sortie aux USA, le livre a été vendu à près de... 3,4 millions d’exemplaires, les
éditeurs étant même contraints de lancer de toute urgence l’impression de 500.000 pièces supplémentaires. Au-delà ce ces chiffres hallucinants, Twilight peut aussi se targuer d’avoir bousculé le monde entier, la saga ayant été traduite dans 27 langues différentes ! Ce succès ne doit rien au hasard puisque Stephenie Meyer déploie une énergie considérable à donner vie à ses personnages, héros à la psychologie assez détaillée. De plus, cette oeuvre traitant des problèmes amoureux d’adolescents mis à la sauce vampire n’avait aucune chance d’échouer étant donné les mentalités adolescentes friandes de découvrir les aventures de leurs potentialités romancées.
Faisant preuve d’un savant mélange entre romance et fantastique original, l’oeuvre de Meyer a su éviter le piège trop facile du roman à l’eau de rose en détournant l’attention du lecteur d’une intrigue qui fait pourtant fortement penser à ce genre de livres. L’histoire est celle d’Isabella, une adolescente de 17 ans ne s’étant jamais vraiment souciée de rentrer dans le moule et qui déménage dans une nouvelle ville suite au remariage de sa mère, qui l’envoie chez son père. Là-bas, dans une petite ville pluvieuse où elle pense que rien ne viendra plus la surprendre, elle tombe cependant amoureuse d’Edward. Un jeune homme beau, intelligent, athlétique et n’ayant pas vieilli depuis 1918. Car Edward et sa famille sont en fait des vampires, d’un type un peu particulier puisqu’ils n’ont pas de canines et ne se nourrissent pas de sang humain. Ce qui ne les empêche pas de jouir de pouvoirs assez impressionnants et de tomber amoureux, Edward trouvant en Isabella l’âme-soeur qu’il recherche depuis des décennies. Tout se complique pourtant lorsqu’un ennemi d’Edward et de sa famille débarque en ville, jetant son dévolu sur Isabella et lui proposant de devenir
comme eux...
Cette originalité dans le traitement du fantastique ajoutée à la simplicité du sujet ne pouvait que convenir à un public jeune. A la manière de J.K. Rowling avec Harry Potter, Meyer s’est donc très vite retrouvée à la tête d’une civilisation à part entière, une structure faisant rêver et frémir petits et grands. Que le coup ait été calculé ou que la réussite de cette oeuvre ait été le fruit d’un hasard total, l’écrivain n’avait dès lors plus qu’à gérer une histoire à séquelles en offrant à ses lecteurs ce qu’ils désiraient : du rêve couché sur des pages...
Face à un tel succès, il n’est donc pas étonnant que les sociétés de production aient eu leur attention attirée et l’on imaginait déjà que le projet animerait les techniciens de grandes sociétés telles que la Warner, les studios Universal ou encore la Paramount. Mais, surprise, c’est la jeune, mais déjà toute puissante, Summit Entertainment (Le projet Blair Witch, The Crow, Memento,...) qui obtint les droits d’adaptation de l’oeuvre. Il restait donc à savoir qui serait choisi pour diriger le projet et, encore une fois, une demi-surprise vient secouer le projet : Catherine Hardwicke, réalisatrice du Seigneur de Dogtown, fut engagée. La chose peut paraître anodine mais elle est révélatrice des ambitions de la production : en embauchant une cinéaste spécialisée dans les drames, la prod n’entend pas proposer un film fantastique à proprement parler mais bien une oeuvre familiale s’intéressant avant tout aux sentiments humains des protagonistes. Copiant de la sorte le
modus operandi de la saga Harry Potter, qui détaille à profusion les émotions de ses personnages, la Summit Entertainment entend donc créer une véritable machine commerciale à l’image de celle qui exploite les aventures du binoclard balafré.
D’ailleurs, Twilight s’annonce invariablement comme LE blockbuster de cette fin d’année à grand renfort de pub puisqu’on dénombre 2 teasers, 2 trailers, 3 clips, 4 spots télés et un nombre incalculable de clichés éventés petit à petit dans les médias. Ce procédé de surmédiatisation rappelle d’ailleurs le véritable buzz créé en début d’année par le blockbuster Cloverfield. Mais à l’inverse de ce dernier, Twilight se positionne surtout comme un teen movie (ce qui rapporte souvent beaucoup d’argent) grâce à un casting fait de belles gueules représentatives d’une Amérique jeune, jolie et propre, à l’image de ce que tente de dépeindre High School Musical et ses petits chanteurs à la croix de bois. Ainsi, l’héroïne Kirsten Stewart (Jumper, une actrice à surveiller de près...), le fantasmatoire Robert Pattinson (Harry Potter et l’Ordre du Phénix, tiens tiens...), les très jolies Ashley Greene (Otis) et Nikki Reed (Les Seigneurs de Dogtown) et Jackson Rathbone (Beatiful People, ça s’invente pas !) représentent à eux seuls l’image que l’Amérique veut donner d’elle aux ados. Mieux encore, ce sont bien souvent nos teenagers eux-mêmes qui en redemandent, régis par les différents phénomènes de mode presque imposés par les médias.
Certaine de ce fait, la Summit a donc décidé de mettre le paquet, quitte à se mettre à dos une partie du public opposé à ce système trop
superficiel. Qu’à cela ne tienne, le public visé y trouvera sûrement son bonheur et c’est bien là le principal pour un métrage dont les séquelles sont déjà envisagées avec le plus grand sérieux ! L’adaptation des opus suivants ne serait donc qu’une question de temps en fonction du succès engrangé par le premier volet, mais rendez-vous est d’ores et déjà pris même si aucune date n’a encore été fixée. Et si on pariait que la Summit nous en sortira un par an, en novembre, histoire de développer, à la mode potterienne, l’assiduité de ses fans ?
Toujours est-il que beaucoup de personnes attendent énormément de cette oeuvre qui est sortie le 21 novembre aux Etats-Unis (N°1 du box-office avec 50 à 60 millions de revenus sur le premier week-end) et qui envahira le monde entier dans la foulée. Rendez-vous le 26 novembre dans les salles obscures de Belgique pour découvrir ce nouveau phénomène commercial qui pourrait bien surprendre son monde ! La France devra quant à elle attendre le 7 janvier pour découvrir les aventures de Bella et Edward...
Bande-annonce :
Liens vers d’autres articles :
SORTIES NATIONALES :
Belgique : 26 novembre 2008
France : 7 janvier 2009
US, Dessine-moi un remake...
Remake de REC, sensation espagnole du début de l’année, Quarantine fait partie de ces films vite refaits par les Américains, à croire qu’ils ne peuvent pas apprécier une œuvre non issue de leurs studios. Adeptes du refaisage rapido, les premières images de Quarantine tournaient déjà sur le net alors que l’original était encore sur les écrans français. Reprenant le scénario de Jaume Balaguero (réal de Fragile) et Paco Plaza, John Erick Dowdle colle plan par plan au film espagnol. Déplacé de Barcelone à Los Angeles, on suit une
journaliste (Jennifer Carpenter, sœur de Dexter dans la série éponyme et fille du maître de l’horreur John Carpenter) et son cameraman embarqués pour une nuit avec une équipe de pompiers, jusqu’à une intervention dans un immeuble. Une intervention qui tourne mal, c’est le moins qu’on puisse dire. L’originalité de REC ne réside pas dans ses choix scénaristiques. Très à la mode ces dernières années, le virus mortel qui décime ses victimes (et éventuellement les ressuscite) est devenu un classique avec des longs comme 28 jours plus tard et sa suite 28 semaines plus tard, L’Armée des morts ou encore Je suis une légende (sortez-moi de là ? - ndlr).
Le génie espagnol, que Dowdle s’approprie honorablement, réside dans le dispositif narratif de la caméra subjective (entrevu dans Blair Witch Project ou Cloverfield). L’histoire n’est narrée que par l’entremise d’images
tournées dans la fiction. Ce choix de point de vue oblige le spectateur à ne voir qu’une partie de la réalité (ce qui nous change de la position de démiurge omniscient) ; cette frustration, ces zones d’ombre intensifient le suspense, le « réalisant » en quelle sorte. Cette mise en abyme du réel est la force et l’ingéniosité de REC, le film tient son récit sans faiblir, le choix narratif étant parfaitement assumé. Malheureusement, le remake n’apporte rien de neuf mais se borne plutôt à reproduire les effets chocs, l’hystérie et la terreur crescendo qui s’emparent du spectateur.
La bande-annonce, arme marketing par excellence, se révèle un excellent objet de comparaisons des deux films. Pour REC, un des teasers montrait une salle de ciné où les spectateurs étaient filmés en vision nocturne regardant le métrage. Quand le réel devient une fiction, les spectateurs des acteurs, une camera un témoin. Ce brouillage des pistes rudement efficace ne peut que captiver. Dans le teaser de Quarantine, plus classique, on assiste à l’irruption d’un groupe d’intervention musclé (c’est un film ricain quand même), avec une voix-off expliquant que tous les habitants ont disparu, que le gouvernement se tait mais qu’on a retrouvé une vidéo.
Là où la version espagnole opte pour un frontal (on ne sait rien de l’origine des bandes), une virée nocturne qui laisse une impression de temps réel, de vérité et d’immédiateté (apport incontestable de Jack Bauer au cinéma), l’américaine offre une explication teintée de théorie du complot (comment a-t-on récupéré les vidéos ? dans quelles circonstances ?) autant dire des détails qui n’apportent rien à un film qui se veut avant tout une expérience sensorielle et immersive.
Les remakes sont souvent considérés comme moins intéressants que les originaux. Dans le cas de Quarantine, on se demande juste l’intérêt de reproduire à l’identique le meilleur film de genre de l’année, sans y apporter une once de créativité.
Quarantine se révèle un bon produit à vendre du pop-corn mais l’immersion incomplète annihile l’impression du spectateur d’être devant un film dont il pourrait« être le héros ». Mieux vaudra certainement se replier vers la séquelle que les deux Ibères préparent actuellement qui aura comme titre original REC 2, en espérant qu’ils ne flingueront pas leur propre créativité.
Le renouveau annoncé de la science-fiction !
En 1951, Robert Wise marqua les esprits avec Le jour où la terre s’arrêta, aka The Day the Earth stood still, remportant au passage un Golden Globe. Bien plus qu’un simple chef-d’oeuvre, le métrage lança définitivement la vague SF régnant en maître aux States durant les 50’s et faisant la part belle aux productions de tous genres, de la plus crétine à la plus élaborée. Que serait en effet aujourd’hui le monde des geeks sans Le père noël contre les martiens, It conquered the world, La guerre des mondes, Les soucoupes volantes attaquent et autres joyeusetés du genre ?
Il faut dire que Robert Wise, se basant sur le scénario de Edmund North et d’Harry Bates, avait mis toutes les chances de son côté en se basant sur des phénomènes sociologiques dans l’air du temps. En effet, après une seconde guerre mondiale éprouvante pour les esprits, la paranoïa était de mise aux States. Sur fond de guerre froide, cette véritable psychose de l’inconnu (rouge de préférence, parfois vert concernant l’extragalactique) suscita un engouement pour les faits relatant la présence d’ovnis sur le territoire. A partir de là, Robert Wise n’eut qu’à exploiter les croyance populaires, jouant de la sorte sur la peur de l’autre. Mais, bien plus qu’un simple film d’envahisseurs martiens, c’est dans le traitement pacifique de son oeuvre que le réal frappe fort. Les extraterrestres sont à ce titre venus en amis pour prévenir les humains des dangers de l’arme atomique, autre grande préoccupation du moment (largement utilisée par un Roger Corman, faisant muer des animaux irradiés à toutes les sauces, pensons aux jolies sangsues gargantuesques). Prouvant par A+B la bêtise d’humains hargneux, Wise révolutionne complètement la SF qui avait, jusque-là, dépeint les
extraterrestres comme des êtres hostiles assoiffés de pouvoir. En inversant les codes, le cinéaste entend mettre la société de l’époque à l’amende et lui rappeler les erreurs récentes qui ont failli conduire le monde à sa perte.
Ce chef-d’oeuvre de SF ayant provoqué une véritable révolution et ses droits appartenant toujours à la Twentieth Century Fox, on ne doit guère s’étonner de voir Le jour où la Terre s’arrêta revenir sur nos écrans quelque 57 ans après son original. Dans une SF post-Matrix qui peine désormais à étonner, laissant d’ailleurs le genre comme l’un des parents pauvres du cinéma moderne, Le jour où la Terre s’arrêta pourrait bien faire office de véritable épouvantail, en surfant à nouveau sur la vague des préoccupations de notre temps ! Exit donc le thème de l’arme nucléaire, qui paraît désormais surranné, la faute à une foule de productions répétitives et faites dans l’urgence. Le jour où la Terre s’arrêta version 2008 se rapprochera de nos préoccupations actuelles en exploitant le thème de la menace écologique. C’est ainsi que l’arrivée sur Terre de Klaatu (nom pas très éloigné de Kyoto...), un extraterrestre d’apparence humaine, provoquera de spectaculaires bouleversements. Tandis que les gouvernements et les scientifiques tentent désespérément de percer son mystère, une femme, le docteur Helen Benson, parvient à nouer un contact avec lui et à comprendre le sens de sa mission. Klaatu est là pour sauver la Terre...
avec ou sans les humains !
Cette version 2008, qui s’annonce beaucoup plus intimiste que la version de Robert Wise, devrait néanmoins reprendre les éléments qui ont fait le succès de l’original en mettant en scène une nouvelle forme de psychose et aussi un Klaatu, vision archétypale du Christ (il est prêt à se sacrifier pour la sauvegarde de l’humanité, il arrive du ciel, ...) dans l’oeuvre de 1952. Ce personnage sera ici incarné par un Keanu Reeves dont on attend beaucoup, lui qui, jusqu’à présent, est resté le Monsieur Matrix dans l’esprit de beaucoup. Se dépêtrer de cette image de Neo sera sans doute la chose la plus compliquée pour celui qui, depuis Matrix Revolutions, a évité la SF comme la peste. Néanmoins, le fait de le voir à l’affiche d’une super-production comme Le jour où la Terre s’arrêta n’est sans doute pas innocent, étant donné que l’acteur est considéré comme l’icône de la science-fiction actuelle. De ce fait, bien plus que pour n’importe quel autre acteur, on s’attend à une prestation cinq étoiles de la part d’un Reeves que l’on espère toujours aussi mystérieux et
charismatique.
L’acteur sera aidé dans sa tâche par Jennifer Connelly qui incarne le Docteur Helen Benson, seule être humain capable de comprendre Klaatu. Ce personnage fut incarné dans la version originale par la grande Patricia Neal, actrice en général dévouée aux séries télé. L’actrice de Requiem for a dream, A beautiful mind Blood Diamond et Dark Water aura donc fort à faire pour égaler la prestation de son modèle, mais on peut compter sur son immense talent pour venir titiller le coeur des cinéphiles de tous bords. Aux côtés de ce duo de rêve (qui doit coûter quelques belles grosses liasses de billets verts à la production), on retrouve des acteurs confirmés tels que John Hamm (The Unit, Providence), le vétéran John Cleese (Silverado, Le Monde ne suffit pas,Frankenstein), Kathy Bates (Misery, Le tour du monde en 80 jours, Titanic) ou encore Roger R. Cross (24h chrono). Tout ce beau monde a été dirigé par le réalisateur Scott Derrickson, qui s’était signalé en 2005 par l’excellent Exorcisme d’Emily Rose.

Le cinéaste, qui s’essaie ici pour la première fois à la SF, devra donc se surpasser pour tenter d’égaler le chef-d’oeuvre de Robert Wise, mais, au vu de son talent et de la belle brochette d’acteurs dont il dispose, on peut espérer qu’il livrera une péloche puissante qui pourrait bien marquer les esprits en vue des tous prochains Oscars. Car, en plus d’être une redoutable machine commerciale, la production de la Twentieth Century Fox pourrait bien viser beaucoup plus haut et s’octroyer l’honneur de quelques prix. A ce titre d’ailleurs, on peut compter sur la volonté d’aller de l’avant de Scott Derrickson qui, tout en respectant l’oeuvre originale, entend bien libérer son oeuvre de toute influence trop pesante du passé, comme il l’a déclaré voici peu : "Cela m’a pris du temps pour explorer cette possibilité que nous avions pour nous démarquer de l’original. J’ai travaillé sur différentes pistes pour essayer de me débarrasser de ce poids trop lourd. Finalement, j’ai renoncé. J’aimais cette histoire d’alien qui décide de prendre une apparence humaine. J’ai un respect sans borne pour l’adaptation de Robert Wise qui est pour moi l’un des plus grands films de science-fiction de ces 50 dernières années. Le film que nous avons conçu rend hommage au film original mais aussi à ses personnages, en particulier Gort qu’il était hors de question de retirer ou de
modifier à notre guise."
Le jour où la terre s’arrêta devrait donc être l’un des événements ciné de cette fin d’année et, peut-être bien, marquer le renouveau d’une science-fiction post-Matrix dont les contours ont pour l’instant du mal à se dessiner. Bien plus qu’un simple film, le métrage symbolise sans doute l’un des grands tournants du genre. La Terre s’arrêtera donc dès ce mercredi 10 décembre, jour de la sortie d’un métrage très attendu, tant par le grand public que par les cinéphiles avertis.
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Antici...passion
Pro-actif depuis quelques années, le septième art mexicain peut se targuer d’avoir fourni dernièrement quelques pellicules indispensables. En 2000, Alejandro Gonzales Inarritu crée l’événement avec Amours chiennes, nommé à l’Oscar du meilleur film étranger, bientôt suivi trois ans plus tard de 21 grammes et en 2006 de Babel, gratifié du Prix
de la mise en scène au festival de Cannes. L’année suivante, Le labyrinthe de Pan du mexicain Del Toro rafle trois Oscars et remporte pas moins de soixante autres récompenses tandis que le science-fictionnel Les Fils de l’homme d’Alfonso Cuaron relance une production qualifiée « d’anticipation » en mal-être. Peu complexé face au géant voisin étatsunien, le Mexique lance sur le marché un nouveau métrage s’inscrivant dans un registre quasiment similaire avec ce Sleep Dealer d’Alex Rivera.
Œuvre anticipative, Sleep Dealer dépeint un univers futuriste probant morcelé en deux grandes aires antagonistes. Les villages désertés ont subi un important exode au profit des grandes villes, seul eldorado où l’accomplissement personnel et professionnel sont encore possibles. C’est dans l’une de ces métropoles, Tijuana, baptisée la ville du Futur, que Memo, héros malheureux depuis l’accident qui causa la mort de son paternel, tente d’échapper à l’atavisme campagnard en contournant le système via la greffe à son système nerveux des connexions nécessaires pour intégrer une des usines délocalisées où l’on manipule à distance des robots sur des chantiers situés aux Etats-Unis.
Axant l’essentiel de son métrage sur les deux composantes essentielles de toute œuvre science-fictionnelle, à savoir le personnage principal et le monde futuriste qui l’entoure, Rivera refaçonne à sa sauce l’univers
dans lequel Sleep Dealer s’inscrit au point d’en faire une pièce qui collabore autant à l’amélioration du genre qu’elle ne s’en distingue par son traitement particulier. Témoin de ce glissement, le héros, Memo, qui diffère des habituels personnages héritiers d’une autorité qu’ils entendent faire respecter ou qui les dépassent. Enfant du nouveau Tiers Monde, Memo se pose comme un représentant potentiel de nos générations actuelles qui se dirigent doucement vers un déclin amorcé depuis quelques années déjà. Immigré conventionnel, le héros subit les altérations de la politique mondiale régie par l’apparition du Village global qui provoque la fermeture des frontières et cloisonne les populations paupérisées dans leur vie miteuse en anéantissant toute possibilité de vivre le rêve américain, un rêve que les multiples connexions au sein d’un réseau mondial ne permettent plus que de caresser sans jamais pouvoir l’embrasser.
Clairement engagé, altermondialiste, Sleep Dealer se veut l’étendard des minorités occultées, méprisées et exploitées, une allégorie on ne peut plus directe de notre société actuelle où les puissants dirigent et les faibles subissent. Sorte de Metropolis contemporain, le métrage ne cède pourtant pas à des extravagances architecturales pour imposer sa vision de cet avenir ténébreux. Au contraire, faute de moyens, le cinéaste opte-t-il plutôt pour une description davantage naturaliste à l’instar des Fils de l’homme et déplace-t-il l’intérêt de son œuvre en touchant fréquemment à une kyrielle de questions actuelles exacerbées dans une potentialité plus sombre encore. Sont abordés pêle-mêle les relations mexicano-
américaines, les problèmes de la sécheresse, du paupérisme, du réchauffement climatique et de la précarité du plus grand nombre au profit d’une minorité omnipotente. Des questionnements des plus actuels qui permettront sans nul doute à Sleep Dealer de traverser le temps et de s’imposer finalement comme l’un des classiques de la SF à l’image du très beau et profond Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol…
La cité des enfants perdus
Timpelbach, petit village tranquille. En réalité, pas si tranquille que ça puisque les enfants accumulent les mauvais coups et les blagues de goût douteux prenant pour victimes les autres enfants et, bien entendu, les parents. A bout de nerfs, ceux-ci décident d’abandonner le village pour une journée afin de donner une bonne leçon à leurs moutards. Mais, lorsque les villageois sont arrêtés pour cause de tentative d’invasion, plus rien ne va. Les enfants se retrouvent seuls abandonnés à leur sort et tentent de s’organiser au mieux en l’absence de leurs géniteurs. Bientôt, deux clans se forment et s’affrontent dans une guerre sans pitié…
Le classique pour enfants d’Henry Winterfeld, Les Enfants de Timpelbach, imprègne le petit Nicolas Bary qui grandira avec une obsession fixe en tête : transposer sur grand écran la magie dont il a été le témoin dès son plus jeune âge. Tout frais sorti d’une école de réalisation, le cinéaste en devenir commence sa carrière avec deux courts-métrages dont l’un, Before, tourné en 2004, est directement inspiré de l’œuvre enfantine que l’auteur dévorait au temps béni de ses culottes courtes. Cet essai réussi préfigure l’univers du long métrage à venir : l’influence cartoonesque, le rythme élevé, la prépondérance au casting des enfants… Il faudra attendre quatre ans avant que le long format ne sorte sur les écrans, quatre années de dur labeur semées de multiples embûches et de nombre de contrariétés pour l’équipe technique. De
l’obtention des droits livresques négociées avec les héritiers de l’auteur à la post-production, les étapes s’enchaînent pêle-mêle parfois en totale roue libre pour finalement aboutir à une œuvre respectueuse de son modèle, résultat de la conjonction d’une équipe impliquée de bout en bout et d’un cinéaste passionné par son premier long-métrage qui se pose comme un accomplissement professionnel autant que personnel.
La première réécriture de Bary est finalement abandonnée pour une autre, créée en complicité avec le scénariste Nicolas Poufaillit qui vient juste de collaborer sur le nouveau métrage de Jacques Audiard, Le Prophète. Une collaboration qui enfante un nouveau récit, quelque peu différent du matériau de base même s’il en conserve l’essence fantasmagorique. Préférant les adaptations littéraires aux transpositions littérales dont le roman ressort inexorablement vainqueur, les scénaristes optent pour une recherche de l’humour et de l’émotion qui les mène à adopter de nouveaux personnages inédits comme Mireille ou les deux gardes affublés de prénoms improbables. Tout ce beau monde,
majoritairement composé d’enfants admirablement soutenus par des artistes à la bouteille avérée (Gérard Depardieu, Armelle, Carole Bouquet), déambule dans des décors majestueux sis dans un hangar luxembourgeois ou reconstruits en studio qui renvoient aux contes de Tim Burton et de Terry Gilliam. Un paysage enchanteur, imaginaire qui s’imprègne pourtant d’un certain réalisme. C’est précisément sur ce point que le métrage se détache du produit romancé pour planter ses personnages archétypaux dans un univers réaliste aux contours féériques, délicat équilibre d’un entre-deux-mondes relevant autant de l’exotisme que du pragmatisme.
Une œuvre qui pourrait consacrer le jeune Nicolas Bary en digne successeur du créateur Jean-Pierre Jeunet avec lequel il partage un goût commun pour les histoires atypiques, les fables magiques et enchanteresses. Dès ce 17 décembre, l’accessit pourrait se voir entériné…
Le grand vainqueur de Gerardmer en salles
Film fantastique suédois, sensation des festivals en 2008 (Méliès d’or à Sitges entre autre), Let the right one in arrive en France le 4 Février 2009. Changeant de nom pour sa sortie dans l’hexagone, le film devient Morse. On ne voit pas bien l’intérêt d’ailleurs. Le titre original, Lat den rätte komma in dans le texte, faisait allusion à une des règles du vampirisme : le suceur de sang doit être invité à entrer chez son hôte sous peine de désintégration. Le titre pour l’exploitation française fait référence à un
système de communication mis au point par les deux héros : taper en morse contre le mur mitoyen de leur appartement respectif.
Les protagonistes, Oskar 12 ans, maltraité par ses camarades de classe, enfant taciturne, se prend d’amitié pour sa nouvelle voisine, Eli, 12 ans elle aussi, seule et mutique. Couple atypique ils vont rapidement engager une relation débordant le cadre du copinage pour devenir une histoire d’amour. L’aspect love story enfantine est contrebalancé par une ambiance très sombre et surtout le lourd secret d’Eli. Vampire, elle doit se nourrir de sang frais et toute relation humaine lui est impossible. Nait alors une relation trouble et sexuellement ambiguë entre ces deux personnages.
Film tout en poésie, en douceur, malgré la noirceur du propos et la désespérance des héros, Morse frappe au cœur et aux yeux. Une photographie léchée et très graphique fait écho à la solitude de ces enfants perdus. Conte intemporel, histoire d’amour magnifiée par son impossibilité, Morse est le film à ne pas rater en ce début d’année. Quand on sait que Matt Reeves (le « réalisateur », c’est un bien grand mot de Cloverfield) s’est attelé au remake américain, ca donne encore plus envie de ne pas attendre pour voir ce romantique film d’un amour naissant sous la neige et dans le sang.
Le roman à l’origine du film Let the right one in (Morse en français) a été un énorme succès en Suède, traduit dans 12 pays. Un mélange étonnant entre histoire d’amour, terreur et problèmes de société, ce qui lui a valu d’entrer dans la liste des best-sellers. On imagine que vous n’étiez pas le seul réalisateur sur les rangs pour l’adaptation ?
Tout à fait. Je crois qu’il y avait une trentaine de réalisateurs qui voulaient mettre la main dessus.
Comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?
Un des producteurs du film, John Nordling, m’a donné le livre. Après quelques rencontres avec Mr Lindqvist (ndlr l’auteur du roman), il a pensé que j’étais le bon.

Etait-ce important pour John Ajvide Lindqvist de voir son roman adapté ? Comment se sont déroulés vos échanges ?
Nous avons beaucoup discuté sur la manière pour ramener 400 pages à 90 minutes. Nous avons compris que l’histoire d’amour entre Oskar et Eli devait être le point d’ancrage. Je ne crois pas qu’il soit bon de prendre tous les détails lorsqu’on adapte un livre au cinéma. Ca devient trop bruyant et au final trop rhapsodique. Il vaut mieux couper un bon morceau juteux et s’y tenir.
Votre film est un drame fantastique. Etiez-vous intéressé par ce genre de cinéma avant le tournage de votre film ?
Je ne dirais pas qu’il s’agit d’un drame fantastique, c’est avant tout une histoire d’amour, et comment n’aurais-je pas été sensible à l’amour ? Mais si vous évoquez les films de vampires en particulier alors ma réponse est non.
La production vous a-t-elle imposé des conditions quant à l’histoire originale ou au budget, ou aviez-vous carte blanche pour la réalisation ?
C’est un film très cher compte tenu des standards suédois, dans les 3 millions. Ca nous a pris 2 ans pour obtenir l’argent et chaque plan a été pensé, choisi et planifié. Artistiquement je dirais que j’avais carte blanche mais pas financièrement.
Les deux acteurs, Kare Hedebrant et Lina Leandersson sont très talentueux, comment s’est déroulé le casting notamment pour ces deux jeunes acteurs ?
En Suède, il n’y a pas d’enfants acteurs professionnels, donc vous devez partir de rien quand vous avez un projet avec des enfants. Nous avons organisé des castings ouverts dans toute la Suède pendant 12 mois. C’était une décision flippante de choisir ces deux rôles principaux mais je crois que ça s’est parfaitement passé.
Eli, à l’origine était un garçon. Son personnage reste ambigu tout au long du film, on s’interroge sur sa sexualité, d’ailleurs dans la mythologie vampirique, le vampire est androgyne. Avez-vous avec John Ajvide Lindqvist envisagé de transformer la sexualité d’Eli pour ne pas effrayer ou choquer le public ?
Eli est aussi un garçon, un garçon castré, dans le livre comme dans le film. Il y a un gros plan sur ses parties génitales, et Eli demande à 2 reprises à Oskar « si je n’étais pas une fille, m’aimerais-tu quand même ? » La vérité sexuelle sur Eli n’est pas ostentatoire, elle est vaguement suggérée. Le film est ainsi à de nombreux égards. J’aime quand le narrateur suggère, quand la nourriture n’est pas prémâchée quand elle arrive dans votre bouche.
En Suède, en Norvège, en France et même en Pologne, on sent l’émergence d’un nouveau cinéma européen particulièrement concernant le fantastique et l’horreur. Pensez-vous que ces pays puissent développer un cinéma fantastique ou d’horreur pour se renouveler ?
Je ne sais vraiment pas. Quand j’ai commencé à travailler sur ce film il y a 3 ans personne ne semblait intéressé par le cinéma de genre en Suède, et là soudain il y a une mode dont manifestement ce film fait partie.
Depuis le début de l’année 2008 Let the right one in est présenté dans de prestigieux festivals, il a été de nombreuses fois récompensé, particulièrement au Fantasia à Québec, mais aussi à Sitges, où il a récolté le Méliès d’or. Vous attendiez-vous à une telle reconnaissance ?
Non, mais c’est un immense honneur. On ne travaille pas pour les récompenses, on essaie juste de faire le meilleur film possible. La notoriété du film a été massive, dans le monde entier, à ce jour il a été vendu à quelques 50 pays, ce qui en fait un des plus grands succès suédois à l’export de tous les temps. Nous sommes très fiers.

Que pensez-vous du remake américain en projet ?
J’espère qu’ils en feront quelque chose de vraiment original, ca serait triste si cela ne devenait qu’une « version hamburger ».
Avez-vous des projets ?
En ce moment je travaille sur une pièce pour le Royal Dramatic Theatre de Stockholm. C’est excellent pour un réalisateur de travailler sur les planches de temps en temps.
(Interview réalisée par Livingdeath et traduite par Ursula von Trash)
Le retour des caille-ra !
Banlieue 13, deux ans plus tard. Le gouvernement a changé, pas le reste... Le mur d’isolement - toujours plus haut, toujours plus grand, toujours plus loin - s’est étendu autour des cités ghettos et les gangs qui y prolifèrent ont encore accru leur influence. Le trafic se répartit désormais entre cinq quartiers ethniques, chacun dirigé par un redoutable chef de gang. Plus que jamais déterminés à "régler le problème", les services secrets mettent volontairement le feu aux poudres. Damien, flic expert en arts martiaux, et Leïto, capable de se faufiler dans les moindres recoins de la banlieue, font à nouveau équipe. Leur objectif : sauver la cité du chaos. Leur programme : combats musclés et course-poursuites défiant les lois de la gravité...
Eh oui, les caille-ra sont de retour ! Banlieue 13 avait marqué l’année 2004 de son empreinte en se faisant une place au soleil au box-office, chose assez rare pour un film français. Il faut dire qu’en mettant en scène des racailles, des grosses bagnoles, des armes abracadabrantesques, de la coke et en faisant preuve d’un langage bien djeunz, cette production de Luc Besson, réalisée par Pierre Morel, n’avait que fort peu de chances de se planter. Séduisant un public assez jeune avec son premier opus, Banlieue 13 verra donc son second épisode tenter de confirmer la tendance. Cela devrait normalement se réaliser sans heurts à la vue d’un pitch où arts-martiaux et combats en tous genres alterneront avec courses-poursuites musclées, bref, tout ce que le grand public aime ! Banlieue 13 Ultimatum est dès lors fort attendu par ce dernier et, même si quelques réserves sont à émettre tant sur le fond que sur la forme, le film devrait être un nouveau succès pour l’Europa Corp.
La société de prod a, pour ce faire, engagé Patrick Alessandrin, réalisateur de la miteuse comédie Mauvais Esprit avec Thierry Lhermitte et Ophélie Winter... Si cette indication peut paraître inquiétante, on se doute néanmoins que c’est surtout l’empreinte Luc Besson qui va primer sur celle d’un cinéaste à la filmographie presque vierge. David Belle et Ciryl Raffaeli
reviennent donc à la tête d’un casting qui compte aussi en ses rangs le jeune Alaa Oumouzoune (Pour elle), Frans Boyer (Lady Blood), Camille de Pazzis (Le Premier jour du reste de ta vie) et Milan Ojdanic.
Dans un film où les scènes de baston ont toute leur importance, Ciryl Raffaeli reprend le rôle de chorégraphe car, dit-il, il avait « vu dans le scénario qu’il y avait moyen de faire un vrai deux. C’est-à-dire qu’on pouvait être au dessus du premier avec ce scénario-là. Parce que l’action c’est bien, mais on peut faire des scènes d’action dans tous les sens, cela devient alors juste démonstratif et cela ne donne pas envie aux gens d’aller le voir. » Selon ce principe, il devrait donc y avoir autre chose que de la baston dans ce deuxième opus dont « les cascades sont toute autres », inspirées qu’elles sont par de grands maîtres de l’action. Raffaeli cite ainsi Bruce Willis et Edward Norton, avec qui il a eu l’occasion de travailler. Banlieue 13 Ultimatum égalera-t-il pour autant la série des Die Hard ?
Poser la question, c’est déjà quelque part y répondre puisque le côté franchouillard exacerbé du premier opus, malgré des cascades il est vrai renversantes, avait déjà nui à un ensemble bien faiblard. Néanmoins, Patrick Alessandrin a promis de « faire vivre son film, par le biais d’une caméra au centre de l’action », ce qui pourrait donner lieu à quelques scènes étonnantes comme nous le démontre la bande-annonce. De gros plans en vifs mouvements de caméra, Alessandrin dit avoir essayé de rendre au mieux la tension présente dans le scénario afin « englober le spectateur dans l’action. Pour qu’il devienne lui-même un acteur du film. » Ce sur quoi Raffaeli n’a aucun
doute : « C’est un vrai 2 ! Ca veut dire qu’il est mieux que le premier. Donc, forcément, si les gens ont aimé le premier, ils vont aimer le deux. » Dès lors, il restera à savoir si ce « film d’action à la française », comme le caractérise le chorégraphe, remplira sa fonction première : distraire les foules sans se prendre la tête outre mesure.
Si, vous vous en doutez, l’enthousiasme de notre rédaction est quasiment nul pour la sortie de ce film (Gore Sliclez mange de la caille-ra à chaque petit déjeuner ! C’est qu’il est beau et fort, notre Gore !), il n’en reste pas moins que ce métrage SF d’action pourrait encore marquer des points dès ce 18 février en salles. Reste à voir si le public n’en sera déjà pas lassé...
Aux origines du conflit...
La genèse
C’est en 2003 que débute la franchise Underworld, née de l’imagination de Danny McBride, Len Wiseman et de l’acteur bodybuildé Kevin Grevioux lors "d’une discussion entre fans du genre qui souhaitaient recréer un univers mêlant science et mythologie afin de présenter vampires et loups-garous sous un jour nouveau"(dixit McBride). Une bande de potes qui souhaitent apporter quelque chose de neuf aux mythes ultra exploités que sont les loups-garous et les vampires. "On en avait marre de voir tout le temps les mêmes recettes", explique le producteur Kevin Grevioux. "On voulait voir quelque chose de différent. Nous voulions expliquer leurs origines à l’aide d’une analyse scientifique par opposition au mysticisme. J’ai donc imaginé un virus comme créateur de vampires et des loups-garous". Voilà donc l’idée de départ trouvée et aux trois compères d’imaginer un scénario à la hauteur.
L’histoire
Depuis plusieurs siècles, les rebelles lycans et les seigneurs vampires s’affrontent dans une guerre sans merci au-delà du temps qui passe et au travers de l’ignorance des mortels. Selene, tueuse froide et efficace, devine un complot au sein de sa communauté qui vise à renverser le seigneur des vampires, Viktor. Fomenté par Kraven, le « régisseur » actuel des vampires, celui-ci tente une alliance secrète avec Lucian, le chef des loups-garous au dessein autrement plus ambitieux : créer la race ultime, celle des hybrides.
Selene
Pour interpréter Selene, l’équipe des producteurs s’arrête sur le choix surprenant de Kate Beckinsale toute auréolée à l’époque de son rôle dans le très classique et décevant Pearl Harbor. Plutôt frêle et véhiculant a priori l’image de l’actrice romantique, celle-ci ne fut pas facile à convaincre pour autant. "Au départ, elle ne voulait même pas lire le scénario sur la simple base que c’était un film de vampires", raconte Len Wiseman. "Mais son agent lui a tout de même envoyé le script avec mes dessins". "C’était frais, original et c’est ce qui m’a donné envie de lire le scénario", révèle alors Kate Beckinsale. "Ce n’est pas un comic-book où le personnage principal défie les lois de la pesanteur et saute partout. Elle est faite de chair et de sang et bien que très puissante, elle peut souffrir. C’est un personnage solitaire qui n’a qu’un seul objectif dans cette guerre : détruire tous les Lycans afin de venger le massacre de sa famille. Son appétit de vengeance est sa force, et toute sa vie tourne autour de ça. Sa croisade commence à perdre son sens lorsqu’elle rencontre Michael. C’est intéressant de jouer un personnage qui va être déstabilisé, qui devra changer sa vision des choses et sa façon d’être". L’actrice se révélera être au décompte final l’atout majeur du film grâce à sa prestation plus que convaincante et à son image sexy en tueuse à la peau diaphane et au corps moulé dans une combinaison de cuire des plus suggestives. Acquérant désormais un statut d’actrice de film d’action fantastique, elle rééditera d’une certain façon l’expérience l’année d’après avec Van Helsing où elle interprètera le rôle d’une chasseuse de… vampires ! Mais Underworld c’est aussi un film d’amour entre Selene la vampire et Michael Corvin (interprété par le non moins séduisant Scott Speedman), le mortel devenu hybride par descendance génétique venant du père originel des deux races. Une idylle pudique inspirée sans aucun doute de l’indémodable Roméo et Juliette.
L’univers Underworld
Underworld et Underworld Evolution présentent un univers gothique personnalisé par l’imagination de trois hommes, une œuvre crépusculaire teintée majoritairement en cyan et bleu, dessinée jusqu’au moindre détail. Des costumes « designés » et inspirés de la mode gothique qui donne une sensation de légèreté qu’un John Woo lui-même n’aurait pas renié quand on aperçoit ces capes qui flottent et s’envolent au moindre coup de vent magnifiant ainsi des personnages hauts en couleurs. Les décors ne sont pas en reste avec le choix des villes de tournage, "européennes" comme Budapest ou boisées comme Vancouver. Des décors superbes qui accentuent la vision mythologique des deux œuvres. Cerise sur le gâteau, des acteurs essentiellement "british" comme Bill Nighy, Tony Curran, Derek Jacobi ou encore Steven Mackintosh, qui selon le réal apportaient une attitude "old style" très importante pour l’atmosphère des films. Enfin, un bestiaire des plus impressionnants que l’on doit en partie au frenchie de la bande, Patrick Tatopoulos. Underworld marque sa quatrième collaboration avec le réalisateur Len Wiseman, qui avait travaillé à ses côtés sur les effets spéciaux de Stargate, la porte des étoiles, Independence Day et Godzilla.
"Len et moi avons convaincu Lakeshore d’aller dans cette direction en leur montrant des extraits d’Aliens le retour de James Cameron", explique le scénariste Danny McBride. "Nous leur avons ensuite projeté des extraits de films avec des créatures en images de synthèse... Nous voulions leur faire comprendre que dans certains cas les effets numériques fonctionnent très bien, mais que dès qu’il faut recréer certaines matières telles que la peau, les poils ou autre, le rendu laisse un peu à désirer, en particulier sur les gros plans. Nous voulions quelque chose de tangible, de réel, des types dans des combinaisons animatroniques incroyables avec des visages connectés à des dizaines de câbles pour contrôler chaque mouvement du corps. Les images de synthèse étaient utilisées pour les plans larges et les scènes d’action, les maquettes et autres prothèses pour tout le reste. Nous avons réussi à combiner les meilleurs atouts des deux techniques".
Développant des Lycans dotés de 25 axes de rotation, Patrick Tatopoulos est parvenu à créer une nouvelle espèce de loups-garous : "Voir l’un des ces loups-garous marcher dans une pièce avec toutes les animatroniques était vraiment impressionnant". Voilà qui mettra un terme aux quelques critiques qui tombèrent sur la franchise autour d’une utilisation abusive des CGI.
Underworld 3 : Rise of the Lycans
Après le magnifique travail sur les deux précédents opus en tant que responsable des effets spéciaux, Tatopoulos reçoit sa chance en tant que réalisateur de ce préquel (le film commence avant les deux premiers opus) fort attendu par des milliers de fans à travers le monde. Pour son premier long métrage, le néo réal veut adopter le point de vue de Lucian. "J’ai conçu les loups-garous du premier et du deuxième film . C’est pourquoi le fait que l’histoire soit appréhendée du point de vue d’un loup-garou comptait beaucoup pour moi. On a déjà vu des loups-garous avant, mais leur présence n’a jamais été si dominante. Cette fois-ci, c’est une guerre où intervient une foule d’entre eux. Ce film constitue une nouvelle étape dans l’histoire, ce qui m’a aidé à donner une autre texture au film ".
Autre film, autre décors puisque c’est en Nouvelle-Zélande que sera réalisé ce Underworld 3. Les splendides paysages de Nouvelle-Zélande et ses forêts luxuriantes offraient une toile de fond parfaite. " Ma première réaction a été que la Nouvelle-Zélande était trop belle ", raconte Patrick Tatopoulos. " Trop magnifique, trop verte. Rien ne pourrait y ressembler à l’enfer. Mais lors de notre premier voyage de repérages, nous avons vu la Woodhill Forest qui ressemble à une forêt morte. Quand je l’ai vu, j’ai su que ce serait génial ".
Underworld 3 : le soulèvement des Lycans est le premier des trois films à être filmé en haute définition. " Pour ce genre de film, la HD est parfaite ", explique Ross Emery, le directeur de la photographie. " C’est un film très sombre car les vampires ne sortent que la nuit. Nous n’avions que deux semaines de tournage en extérieur. (...) J’adore la HD car l’on peut voir à quoi ressemblera le film sur le plateau. Il n’est plus nécessaire d’imaginer ce qu’on obtiendra après l’étalonnage et tout le reste. Pour quelqu’un d’aussi visuel que Patrick, c’est fantastique car il pouvait voir sur les moniteurs à quoi ressemblerait le film sur grand écran. Cela a été un instrument extraordinaire pour toute l’équipe parce qu’ils pouvaient faire leurs ajustements en conséquence ". La HD a également permis de manipuler le rythme de l’action pendant les séquences de combats et d’améliorer l’apparence des loups-garous.
L’histoire de Underworld 3 : le soulèvement des Lycans nous replonge mille ans en arrière, aux origines du conflit qui oppose les Vampires aux Lycans. Deux races immortelles étranges vinrent alors au monde, chacune descendant d’un des fils d’Alexandre Corvinus. Les vampires, issus de la lignée de Markus, devinrent des aristocrates buveurs de sang et rusés. Les loups-garous, descendants de William, se transformèrent en bêtes sauvages, sans plus aucune humanité et habitées d’un désir de violence insatiable. Grâce à leur supériorité intellectuelle et à leur habileté politique, les Vampires réussirent à dominer les terres sauvages de la Hongrie occidentale. Ils continuèrent néanmoins à craindre les loups-garous qui, s’ils étaient incapables de s’organiser, faisaient montre d’une incroyable sauvagerie et d’une force immense... Au Moyen-Age, l’équilibre règne entre les vampires, dirigés d’une main de fer par Viktor, et leurs serviteurs les Lycans. Mais lorsque la fille de Viktor s’éprend de Lucian, un Lycan, c’est le début d’une longue guerre sanglante qui continuera jusqu’à aujourd’hui...
Pour ce préquel, plus de belle Selene, héroïne remplacée au profit d’une nouvelle et non moins superbe actrice. Rhona Mitra interprétera Sonja, une guerrière redoutable elle aussi. On se souvient que la belle, originaire de Londres, officia avec beaucoup de talent dans le Doomsday de Neil Marshall et dans le moins glorieux Skinwalkers où elle interprétait une femme d’action aux prises avec une bande de dangereux… loups-garous. L’histoire ne fait donc que repasser les plats et on attend évidement avec beaucoup d’impatience cette nouvelle aventure qui démarrera ce mercredi en France et seulement le 18 mars en Belgique.
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La légende est en marche...
Les Etats-Unis ont gagné la guerre du Viet Nam. Suite à une modification constitutionnelle, Richard Nixon entame son 5e mandat de président. La 3e guerre mondiale contre le bloc de l’Est couve. L’horloge de l’Apocalypse indique précisément et indéfiniment minuit moins cinq (le fameux smiley). Bienvenue en 1985.
Le roman graphique d’Alan Moore et de Dave Gibbons est publié par DC Comics entre 1986 et 1987, à raison d’un épisode par mois (12 au total). Cité parmi les 100 plus grands romans anglophones de tous les temps, The Watchmen est une uchronie brillante sur la face cachée de notre monde, sa version dévoyée. Univers sombre,
corrompu, que même un groupe de super-héros, les Gardiens, a déserté. Le Comédien, Rorschach, le Hibou, Ozymandias, le docteur Manhattan (le seul à avoir de véritables pouvoirs, il est omnipotent) et le Spectre soyeux n’officient plus. Retraités en quelque sorte, ne désirant plus sauver l’humanité (le mérite-t-elle encore ?), ils se retrouvent pourtant dans l’obligation de reprendre du service quand l’un des leurs est assassiné. Polar, complot, enquête, The Watchmen dispose les pièces d’un puzzle complexe et fascinant (politique et subversif), donnant un portrait tour à tour réaliste, symbolique, glaçant et ultra contemporain de 1985, en miroir de la célèbre année orwellienne.
2008 fut une année riche en super-héros de tous genres et de toutes qualités. Entre un Hulk une nouvelle fois imbuvable et un Batman qui a atteint le niveau d’excellence, les spectateurs purent aussi se régaler d’un Iron Man plus que délicieux et attendre bien tranquillement une année 2009 qui s’annonçait encore plus haute en couleurs. Punisher : War Zone, Dragonball Evolution, Wolverine, The Spirit ou encore Watchmen allaient tenter de tirer la couverture (de billets verts) de leur côté en proposant un spectacle ébouriffant, capable de transcender la pellicule. Depuis, Punisher a totalement disparu du panorama après une sortie en salles catastrophique au pays de l’Oncle Sam (débarquera-t-il dès lors un jour chez nous ?), Dragonball compte bon nombre de détracteurs, toujours prêts à se moquer de la ganache de l’un ou l’autre acteur déguisé en personnage de manga, The Spirit s’est pris un bide monstre, ce qui laisse les coudées franches au spin-off Wolverine et à Watchmen.
Et ce dernier sera en fait le premier à entrer véritablement dans la danse en 2009 avec une sortie mondiale prévue ce 4 mars, la Belgique et la France étant une nouvelle fois
les premiers pays à accueillir les super-héros. Mais qui sont-ils exactement ces héros ? On entend souvent parler de Watchmen comme d’un simple produit marketing, un film qui va surfer sur la mode des surhommes, mais qu’en est-il exactement ? Bien entendu, Watchmen n’aurait sans doute jamais existé sans le succès grandissant des films de super-héros, c’est un fait. Mais il faut néanmoins savoir que Watchmen est tiré d’un graphic novel éponyme écrit rédigé par Alan Moore et Dave Gibbons. Véritable phénomène de société aux Etats-Unis lors de sa sortie, ce roman graphique, aux dessins sombres et à l’histoire bien ficelée, a véritablement marqué l’histoire du comic book et s’est imposé comme l’une des meilleures œuvres de tous les temps. L’album, décrivant un monde ténébreux où des super-héros retraités doivent reprendre du service après quelques temps d’inactivité, est en outre entrecoupé de plusieurs pages de documents écrits issus de l’univers des Watchmen. Articles de journaux, longs passages du journal intime de l’un des personnages, ces documents ne servent pas directement l’intrigue du récit mais permettent de donner une profondeur à l’univers des Watchmen.
Car c’est avant tout cela qui caractérise « l’esprit Watchmen » : une profondeur à toute épreuve qui rend le héros particulièrement humain ou inhumain selon les situations. D’ailleurs ces personnages, à l’exception du Dr. Manhattan, ne sont dotés d’aucun super-pouvoir particulier, si ce n’est soit une rage démesurée envers la société contemporaine, soit une profonde tristesse d’être devenus les « clowns » de celle-ci. Watchmen, qui traînait depuis longtemps dans les caisses des sociétés de production (nous ne reviendrons pas sur la guerre des droits qui a opposé la Fox et Warner), était réputé jusque-là comme étant inadaptable à cause de sa vision trop sombre et pessimiste. Depuis quelques années déjà, l’idée d’une adaptation ciné remue les studios. Terry Gilliam, Darren Aronofski, Paul Greengrass se succèdent mais il faudra attendre Zack Snyder (sans doute remarqué pour son adaptation d’un autre roman graphique, 300 de Franck Miller) pour voir naître sur grand écran l’épopée hallucinante de ces super héros.
Il faut dire que ces personnages désabusés et vengeurs, qui rappellent à la limite le Peyton Westlake de Darkman, demeurent aux antipodes des super-héros habituellement
mis en scène et qu’ils constituent donc une prise de risque immense pour les sociétés de prod. Mais qu’à cela ne tienne, avec un réalisateur tel que Zack Snyder, les choses ne pouvaient être menées que tambour battant. Si la durée de son œuvre a de quoi en rebuter certains (163 minutes, soit 2h43 tout de même), le réal de 300 a visiblement pris le temps de développer toute la thématique abordée par Alan Moore dans son roman. Le cinéaste devra donc s’échiner à présenter les cinq héros du récit qui seront représentés par des acteurs dont les caractéristiques physiques collent étrangement à celles de la nouvelle : Jeffrey Dean Morgan dans le costume du Comédien, Patrick Wilson en Le Hibou, Matthew Goode en Ozymandias, Jackie Earle Haley en Rorschach et Malin Akerman dans le costume du Spectre Soyeux.
Vieux et dépassés par une société qu’ils ont eux-mêmes par inadvertance transformée, ces héros aux noms pour le moins originaux vont devoir lutter tout au long d’un ensemble que Snyder a voulu rendre le plus réaliste possible. C’est d’ailleurs ainsi que Watchmen s’est vu infliger un R par la MPAA pour forte violence graphique, nudité et sexualité. Mais c’est avant tout au contenu même d’un univers fort sombre, qui fera sans aucun doute frôler la dépression à certains, que le cinéaste va devoir s’attaquer. On peut néanmoins compter sur sa verve habituelle et sur les qualités graphiques qu’il a montrées jusqu’ici (300, L’armée des morts) pour rendre un travail plus que satisfaisant.
Certains criant déjà à la véritable révolution dans le domaine des super-héros avec ce Watchmen, il ne serait en tout cas nullement étonnant que Snyder nous gratifie d’une œuvre légendaire et intemporelle. C’est tout le mal que l’on peut souhaiter à un cinéaste qui, petit à petit, est en train de se faire un tout grand nom.





Remake made in Hollywood ?
Blue Dragon Award de la meilleure actrice pour Lim Soo-Jung, Prix de la meilleure actrice, meilleur réalisateur, prix spécial du jury et du meilleur film au Festival Fantasporto, Prix 13ème rue, Grand Prix et prix du jury au festival de Gérardmer, autant de récompenses qui atterrirent en 2003-2004 dans l’escarcelle du Coréen Kim Ji-woon. Il faut dire que son film Janghwa, hongryeon, aka A Tale of Two Sisters, aka 2 sœurs, avait tout pour réussir, à commencer par un pitch particulièrement intéressant. Su-Mi et Su-Yeon, deux soeurs, rentrent chez elles. Leur belle-mère les accueille mais Su-Mi l’évite volontairement et Su-Yeon semble en avoir peur. Un jour, le frère de la marâtre et sa femme leur rendent visite. Pendant le dîner, elle aperçoit un fantôme et des événements étranges se produisent. Le fantôme d’une petite fille hante en effet la maison. Les oiseaux meurent. Persuadée que leur mort est due aux agissements de Su-Yeon, la belle-mère l’enferme dans un placard. Le conflit entre la marâtre et les deux jeunes soeurs ne fait que commencer... Alors que certains n’y voyaient qu’une nouvelle ghost story asiatique, Kim Ji-woon offrait avec 2 sœurs un film à la dramaturgie toujours plus poussée et un ensemble d’où filtraient scènes d’angoisse et réflexions profondes. Véritable film psychologique d’une poésie rare, 2 sœurs ne tardait donc pas à trouver son public en festival, à le séduire et à se révéler être une véritable machine-à-convaincre-les-jurés.
De ce succès en festivals découla bien entendu une sortie plus large qui convainquit nombre de distributeurs à se procurer les droits de l’œuvre. C’est ainsi que le métrage sortit en Europe, dans le reste
de l’Asie et, bien entendu, aux Etats-Unis, éternel eldorado cinématographique. L’histoire de Su-Mi et Su-Yeon tapa alors dans l’œil des producteurs de Vertigo Entertainment et DreamWorks qui eurent tôt fait de se mettre dans l’idée de… faire un remake ! Procédé bien américain que voilà mais, que voulez-vous, quand on a le pognon, on peut décider de tout. Une fois les droits du film de Kim Ji-woon rachetés, il ne restait dès lors plus qu’à mettre sur pieds cette relecture américanisée. Et là, premier coup de semonce, les producteurs décident d’engager Thomas et Charles Guard, deux jeunots jusque là auteurs de 3 petits courts-métrages. (Il va sans dire que l’exemple de Sam Raimi qui vient d’embaucher le Danois Martin Barnewitz, pour le remake de son propre Room 205, est hautement préférable)
Une fois les deux réals trouvés, un casting plutôt charmeur fut mis sur pieds. Emily Browning (Le vaisseau de l’angoisse) et Arielle Kebbel (Reeker) furent choisies pour incarner les deux sœurs, tandis que David Strathairn (La Firme), dans le rôle du père, et Elizabeth Banks (Appelez-moi Dave) complétèrent un quatuor de tête assez expérimenté. Les Guard purent alors se mettre au travail et, par le biais de ce
charmant casting, s’attelèrent à tourner un métrage ultra-référentiel envers l’œuvre originale, comme en atteste un pitch presque inchangé : Deux soeurs, qui sortent d’un séjour en psychiatrie, retournent vivre chez leur père en espérant la tranquillité. Mais elles doivent subir les remontrances de leur terrible belle-mère et supporter la présence d’un fantôme qui hante la maison.
Si la méfiance était tout de même de mise dans les médias américains, c’est sous les applaudissements que The Uninvited, aka Les Intrus, sortit sur le marché domestique le 30 janvier passé. Véritablement étonnant de l’avis des critiques américaines et canadiennes, Les Intrus fut l’une des révélations de ce début d’année, engrangeant au passage
près de 26 millions de dollars de recettes en à peine un mois sur les écrans (chiffre arrêté au 26 février 2009).
Des chiffres que Vertigo Entertainment et Dreamworks n’espéraient peut-être pas, mais qui démontrent que les frères Guard ont tenu le pari d’étonner quand même avec ce remake qui paraissait pourtant plombé d’avance par la grandeur de ses références. Dès lors, Les Intrus, film, qui sortira ce 15 avril dans nos salles obscures, pourrait bien être l’une des rares réussites d’un cinéma américain pillard. L’œuvre de Kim Ji-woon apportait déjà énormément au genre, mais si les Guard parviennent à surprendre, cela pourrait donner un film renversant.
Les Intrus, malgré ce que certains en pensent, est donc sans aucun doute un film à découvrir avec une certaine curiosité, mais à néanmoins appréhender avec un certain recul. Affaire à suivre…
Épisode crapuleux de l’histoire...
Casey Bell (Odette Yustman) n’a jamais pardonné à sa mère de l’avoir abandonnée enfant. Mais quand des événements inexplicables commencent à se produire autours d’elle, elle comprend petit à petit la raison de cet abandon. Hantée par des cauchemars incessants, et traquée par un fantôme sans merci quand elle ne dort pas, son salut viendra de Sendak (Gary Oldman), un spécialiste du surnaturel, seul apte à mettre fin à son calvaire.
Avec l’aide de Sendak, Casey découvre l’origine du mal dont est victime sa famille et qui remonte à l’Allemagne nazie - une créature capable d’habiter corps et objets et que chaque possession rend plus fort. Pour survivre à cette malédiction, Casey va devoir
aller fermer une porte dans l’au-delà, une porte ouverte par un être qui n’a jamais vu le jour.
Auteur adulé de comic books, David S. Goyer, également scénariste d’un nombre impressionnants de péloches fantastiques trépidantes telles que Dark city, Blade, The Crow ou plus récemment The Dark knight, signe avec Unborn son quatrième long métrage en tant que réalisateur et son premier dans le domaine de l’horreur. Marqué durant un voyage à Chicago par l’idée d’une personne hantée par son jumeau mort-né, le cinéaste imagine les répercussions psychologiques potentielles suite à cette expérience traumatisante pour le jumeau survivant. Un postulat qui fait son chemin dans l’esprit de Goyer qui se documente plus précisément sur le sujet. Des recherches qui l’amènent à découvrir l’horreur de l’Histoire et les stigmates laissés par certaines expériences scientifiques menées sur des cobayes enfantins. Durant l’Holocauste, sous le commandement de Mengele, des tortures sont infligées à des jumeaux juifs afin d’expérimenter une repigmentation de l’iris vers des teintes bleu azur conformément aux descriptions de la race aryenne dictées par le Führer. Une pratique consiste en l’occurrence à injecter dans les yeux de l’enfant une teinture mortelle afin que leurs yeux originellement sombres bleuissent. Un épisode crapuleux auquel Goyer mêle des croyances traditionnelles juives, celles de Dibbouks, afin de pimenter l’ensemble avec une sauce ésotérique. Esprits malins qui restent attachés au corps des vivants, les Dibbouks s’investissent généralement dans le corps de ceux qui les ont trahis de leur vivant afin de posséder leur enveloppe charnelle. Deux sources, l’une
historique, l’autre religieuse qui rivalisent d’horreur et suscitent assurément dans l’imaginaire collectif un sentiment d’inquiétante étrangeté, pour reprendre l’expression de Poe. Deux thèmes qui auraient assurément mérité chacun leur oeuvre mais que le scénariste-réalisateur préfère mélanger en un seul et même métrage, les articulant sans mal en conférant à son héroïne des racines juives et un drame natal latent.
Platinum Dunes (The hitcher, Vendredi 13, Amityville, Massacre à la tronçonneuse), jamais avare lorsqu’il s’agit de s’immiscer dans le monde de l’horreur, abandonne un temps sa réputation de faiseur de remakes pour s’attacher à Unborn qui propose une nouvelle exploration du monde des exorcismes démoniaques et de la possession. La jeune Casey, interprétée par Odette Yutsman (Cloverfield), touchée par une hétérochromie (maladie qui provoque une coloration différente des deux yeux) apparemment imputable à son jumeau mort-né, découvre sur le tard cette gémellité et décide de fouiller le passé de sa famille afin d’y desceller une explication concernant les visions qui l’assaillent quotidiennement. Avec l’aide de Sofi Kozma, sa grand-mère maternelle rescapée des camps d’Auschwitz, Casey découvre tout de la malédiction familiale qui la frappe et parvient à identifier le garçon qui lui apparaît continuellement et décime son entourage. Son ultime espoir réside désormais dans les mains du rabbin
Sendak, guide spirituel incarné par Gary Oldman, seul capable de délivrer la jeune Casey de ses démons intérieurs… Evoquant à de nombreuses reprises les classiques du cinéma horrifique (L’Exorciste en tête mais aussi Rosemary’s baby ou Ne vous retournez pas), Goyer prend plaisir à situer Unborn dans la lignée de ces inévitables références. Au point de faire naître toute une série de rumeurs concernant le tournage des scènes d’exorcisme, shootées dans une aile abandonnée d’un hôpital psychiatrique et visitée de temps à autre par l’une ou l’autre pensionnaire ou hantée par des formes floues indescriptibles. Unborn, décrit par son créateur comme une expérience véritablement terrifiante, sortira ce 11 mars 2009 sur les écrans français et belges.
La nouvelle perle de David Koepp
Jurassic Park, L’Impasse, Mission : Impossible, Snake Eyes, Panic Room, Spider-Man, La Guerre des Mondes, Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal),... David Koepp fait sans aucun doute partie de ces scénaristes de génie, capables à eux seuls d’orienter un film vers la case chef-d’oeuvre ou, tout au moins, de signer des adaptations plus qu’appréciables.
Mais l’homme, en plus d’être un merveilleux scénariste recherché par le Tout-Hollywood, est aussi un metteur en scène de premier plan, puisqu’en 1999, il signa avec un panache non négligeable le très bon Hypnose, aka Stir of Echoes, adaptation personnelle d’un roman de Richard Matheson. Il se signala aussi en 2004 avec Fenêtre secrète, nouvelle adaptation d’une nouvelle de l’un des maîtres incontestés de l’horreur, Stephen King.
Si le métrage ne se révélait peut-être pas aussi percutant que prévu, il eut au moins le mérite de signaler le cinéaste aux yeux d’un grand public fanatique de quelques doux frissons et, après quelques années passés dans l’ombre, David Koepp s’apprête à faire sa réapparition en salles, avec la comédie fantastique La Ville Fantôme.
Le film raconte l’histoire d’un dentiste misanthrope qui meurt pendant sept minutes lors d’une coloscopie. Après sa rémission, il découvre qu’il peut désormais voir les morts et va être harcelé par le fantôme d’un homme d’affaires qui veut que le dentiste fasse tout pour ruiner le remariage de sa femme.
Volontairement léger, La Ville fantôme
a néanmoins bénéficié d’un budget de 20 millions de dollars,preuve s’il en est de la bonne forme des comédies fantastiques, toujours plus nombreuses et délirantes. Le film de Koepp explore donc un univers déjà largement entrevu dans Ghostbusters mais aussi dans la comédie française Fantôme avec chauffeur de Gérard Oury. Si cette dernière avait semblé à l’époque un peu légère et vachement franchouillarde, il devrait en aller tout autrement avec le métrage d’un David Koepp qui, comme à son habitude,privilégiera toute de même une bonne dose de spectacle.
Avec un casting regroupant de grands noms tels que Greg Kinnear (Godsend), Téa Leoni (Jurassic Park III) et Ricky Gervais (Une nuit au musée, Stardust), David Koepp s’est en tout cas donné le moyen de ses ambitions, même si la sortie américaine, qui a eu lieu le 19 septembre dernier s’est soldée par un semi-échec avec seulement 24 millions de recettes engrangées.
Malgré deux prix, déjà glanés à la Central Ohio Film Critics Association et aux Satellite Awards (meilleur acteur pour Ricky Gervais),
La Ville Fantôme s’avère donc être un échec jusque là, tout en sachant que la sortie internationale et la sortie DVD de l’oeuvre risquent fort bien de faire tout de même pencher la balance.
En effet, alors que le film est déjà sorti en DVD aux Etats-Unis depuis près de trois mois, la France s’apprête à recevoir le film de David Koepp ce mercredi 11 mars pour une sortie en salles qui,jusque là, n’a pas fait grand bruit. On peut néanmoins compter sur le bouche-à-oreille pour signaler ce film à l’aimable attention des spectateurs. Et, comme les critiques sont jusque là assez élogieuses, La Ville fantôme devrait jouir d’une bonne réputation de notre côté de l’océan... Connaissant David Koepp, son film devrait en tout cas éviter la simple bluette romantique.
Polar brut
Ancien policier reconverti dans le proxénétisme, Joong-ho découvre que ses filles disparaissent l’une après l’autre, laissant derrière elles quelques dettes. Le maquereau se met alors en tête d’éclairer le mystère et, lorsqu’il découvre que l’une de ses dernières recrues qu’il a précédemment envoyée vers un client insatiable vient
visiblement d’être livrée en pâture à un revendeur de femmes, il se met en route pour le retrouver. Au hasard du trafic, Joong-ho croise la route de Young-min Jee, le mystérieux tueur. Une bagarre éclate entre les deux hommes en pleine rue alors que leurs véhicules continuent d’obstruer le passage. Emmené au commissariat en compagnie de son opposant, Joong-ho dénonce les exactions présumées de Young-min. Sur place, l’assassin avoue : il a tué neuf femmes et Mi-jin, l’ultime call-girl du maquereau, est encore en vie quelque part. Comme alors une course contre la montre effrénée…
Présenté au festival de Cannée, lauréat du Grand Prix Section Asia à Deauville cette année et énorme surprise du box-office coréen, The Chaser offre un souffle nouveau à une production coréenne qui perdit de sa superbe ces derniers temps, n’offrant plus au final qu’un cinéma aseptisé, profondément formaté à l’aune des succès délivrés quelques années auparavant. Pour son premier métrage, le cinéaste Hong-jin Na s’immisce sur le terrain du polar noir et désabusé dont il incorpore brillamment toutes les composantes (monde de la nuit et sa faune inquiétante, détective déchu, prostituées, nombreuses impasses, temps pluvieux) afin de fixer un cadre qu’il s’échine par la suite à démembrer vis par vis, comme l’illustre la révélation dès la première scène de l’identité du coupable. Sur un rythme haletant réglé comme du papier à musique, le métrage se déroule au fil des investigations mises en œuvre par le héros pour retrouver son ange perdu. Truffé d’ornières, rempli de chausse-trappes, le scénario se veut ténébreux à l’instar des multiples fausses pistes suivies par l’inspecteur déchu et des vagues révélations du
serial killer. Etrangement, le cinéaste préfère délaisser la figure assassine au profit de l’investigateur perdu et de la victime torturée d’autant plus émouvante qu’elle nous est livrée dès l’entame dans sa relation avec sa fille.
En filigrane se dessine une peinture froide et réaliste du monde corrompu dans lequel évoluent tous ces personnages burinés et désabusés, reflets involontaires d’une société totalitaire et paradoxalement aveugle. Pervers presque repenti, le serial killer répugne à se livrer au jeu de la psychanalyse de comptoir et se voir catégorisé dans l’échantillon des « complexés du slip » qui recourent aux armes oblongues (en l’occurrence, un burin) pour compenser leur impuissance précoce. A mille lieues d’une quelconque iconisation, Na dépeint une figure patibulaire parfois touchante, un pauvre type de surcroît humilié par ses divers assaillants (les policiers piétinent autant dans l’enquête que sur sa tronche). Ancien garant de la loi, l’ex-inspecteur se rachète une conduite et espère accéder à la rédemption en utilisant des méthodes jamais orthodoxes pour soutirer des informations précieuses. Sa quête se réduit à néant lorsque sont mises à jour ses réelles motivations. Mi-jin, figure de martyr, perd toute légitimité aux yeux du proxénète dès lors qu’elle n’est plus apte à lui ramener des rentrées décentes. La police, quant à elle, schématisée à outrance, revêt une allure peu classieuse, le cinéaste soulignant doublement leur incapacité profonde et leur ironie déplacée à l’égard des victimes appartenant à la lie d’une société gangrénée par le commerce sexuel (les cartes des filles déposées à même la vitre des voitures comme de banals folders vantant un restaurant du coin). Pour soutenir cette atmosphère extrêmement glauque, une photographie aux couleurs saturées et aux éclairages livides qui mettent davantage en valeur les impasses suburbaines rendues poisseuses par une lumière
ténue, atténuation minimaliste d’une nuit sordide noyée sous une pluie ruisselante. Aussi pessimiste et réaliste que les tableaux dressés par les œuvres de Kim Jee-Woon (A bittersweet life) et Bong Joon-Ho (Memories of murder), The Chaser dresse un portrait irrévérencieux du Pays du Matin Calme enlisé dans la corruption policière.
The Chaser subjugue et déroute simultanément. Tour à tour violent et relativement poétique, le métrage se pose comme un sensationnel brûlot qui n’hésite pas à fustiger les dérives d’une société totalitaire par le truchement de personnages psychologiquement ciselés et d’une intrigue haletante menant à l’oppression et à l’essoufflement sans pour autant s’ankyloser dans d’incessantes courses-poursuites.
LE TRAILER
Plus d’infos sur ce filmChronique d’un désastre annoncé ?
Par Crom, que le temps passe vite sur notre bonne vieille Terre ! Cela fait près de 25 ans, dans les contrées lointaines du Japon, qu’un certain Akira Toriyama a créé l’univers décalé et énergique (et tout en papier) de Dragon Ball. La suite on la connait : le manga est traduit dans plusieurs langues, de nombreuses séries et films animés voient le jour (et contribuent grandement au succès), des jouets et jeux vidéo sortent à foison, et désormais, deux films live.
Quoique, un seul d’entre eux s’avère officiel, d’autant plus qu’il est attendu depuis bientôt 10 ans. C’est celui de la Twentieth Century Fox, et c’est bien le film détesté d’avance qui sortira sur nos écrans ce 1er avril (mauvaise blague ?).
Dragonball : Le seul, l’unique
Revenons tout d’abord sur le monument littéraire, adulé par des millions de fans de tout âge à travers le globe. C’est donc en 1984, dans les pages du Weekly Shonen Jump, que Son Gokû voit le jour, sous la plume et le pinceau de Toriyama, déjà connu pour son hilarante série Dr.Slump. Un univers qu’il trimballait depuis longtemps dans son esprit, puisqu’il est inspiré directement d’un vieux conte oriental, Le Voyage en Occident et que de nombreuses ébauches de son monde imaginaire figurent déjà dans diverses histoires, tel Dragon Boy, véritable hommage aux films de Jackie Chan (avant que le pauvre ne se sacrifie sur l’autel hollywoodien du divertissement).
De quoi parle Dragon Ball, et qui donc est ce Son Gokû (dont on ne sait jamais écrire le nom) ? Son Gokû est un jeune gamin naïf et solitaire, qui a la particularité d’avoir une queue de singe et une force impressionnante. En rencontrant Bulma, une jeune fille déterminée mais légèrement nerveuse, il part à la recherche de 7 Dragonballs éparpillées partout dans le monde. Une fois réunies, ces dernières invoquent Shenron, le Dragon Sacré, qui leur permettra d’exaucer un seul et unique vœu.

Lors de leur voyage, ils feront la rencontre de nombreux personnages plus loufoques et puissants les uns que les autres : ils pourront compter sur Yamcha, un dur à cuire terriblement timide, Muten Roshi, qui deviendra le maître et mentor de Gokû, avant qu’il devienne un croulant pervers surnommé Tortue Géniale, ou encore le bonze Krilin, le cochon transformiste Oolon et j’en passe... Niveau ennemis, la liste s’avère également impressionnante et on retiendra surtout les plus connus : Piccolo Daimaô, dont le fils du même nom deviendra l’allié de Gokû, Pilaf, Cell, Freezer et Babidi, dont les motifs revanchards se suivent et se ressemblent. Seul Vegeta se rangera de lui-même aux côtés des héros, devenant à jamais un féroce rival de Gokû, avec lequel il pourra même fusionner. Car Dragon Ball, c’est avant tout une histoire fantastique pleine d’humour aux idées épatantes, que ce soit dans le scénario ou dans le graphisme énergique et ambitieux de l’auteur (il n’y a qu’à voir les Kamehameha et autres transformations en Super Saïyen).
Le succès est là et la série ne tarde pas à quitter le format médiocre de "magazine" pour devenir un véritable manga à part entière, puis en 1986, une série animée fidèle. Pris dans son propre piège, Toriyama ne parvient pas à quitter son propre univers, et alors qu’il approche d’une bataille finale qui conclurait la saga, il est contraint par son éditeur de continuer. C’est ainsi que naquit Dragon Ball Z, et que ce soit sur papier ou à la TV, le ton est radicalement différent. Plus mature et violent (n’est-ce pas, Ségolène Royale ?), cette nouvelle série est d’abord mal perçue par le public, déçu d’une intrigue qui semble s’éterniser, bien qu’il finira pourtant par s’y accrocher. 1995 : Toriyama est un homme libre ! Sa saga s’achève au 42 ème volume, avec une véritable conclusion ouverte qui plait à tout le monde, et il lâche (presque) définitivement l’affaire qui lui aura coûté 11 ans de sa vie. Désormais, Dragon Ball n’est plus qu’une question de fric : produits dérivés à gogo, nouvelle série TV supervisée par l’auteur, et bien sûr... vente des droits à un gros studio américain.
Dragonball Made In USA
C’est en 2002 que la Twentieth Century Fox acquiert les droits d’adapter sur grand écran l’univers vaste du désormais mondialement célèbre manga. Il faut dire que les fans n’étaient pas servis avec le cultissime navet Taiwano-Phillipin de Joe Chan, Dragon Ball : The Magic Begins, sorti en 1989, et dont le faible budget et le ridicule du jeu d’acteur provoque à chaque vision l’hilarité (un film à voir d’urgence, donc).
Roland Emmerich (Independance Day) est alors mis à la barre d’un projet ambitieux, une trilogie basée sur l’univers entier Dragon Ball Z dans lequel Hugh Jackman aurait pu endosser le costume de Son Gokû, et les techniciens prodiges d’ILM assurer les effets spéciaux. Mais le projet tombe aux oubliettes, malgré une date de sortie annoncée pour 2004.
Octobre 2007 : Ça y est, c’est officiel, la production est lancée, et le film est prévu initialement pour avril 2008. Et c’est sur James Wong que les producteurs ont jeté leur dévolu. Cinéaste mésestimé, il est plus apprécié pour ses épisodes de X-Files et Millennium que pour ses longs-métrages, Destination Finale 1 et 3, puis The One. Le mois suivant apparaissent trois noms majeurs pour le projet : tout d’abord la venue de Stephen Chow, le génial metteur en scène de Crazy Kung-Fu et CJ7, qui produira et supervisera l’ensemble du projet, ainsi que le nom des acteurs dans les rôles principaux de Goku et Piccolo. Le premier sera incarné par Justin Chatwin, jeune acteur dévoilé au grand public par La Guerre des Mondes et The Invisible, peu connaisseur de l’oeuvre originale. Il fera l’effort de lire l’intégrale des aventures,et d’apprendre réellement, malgré son physique peu imposant, les règles des arts martiaux. Face à lui, les producteurs ont fait appel à James Marsters, plus connu en tant que Spike dans Buffy contre les Vampires. Un choix surprenant, d’autant plus que Ron Perlman était également sur les rangs pour l’incarner, mais c’est un grand fan du manga, et ce rôle lui permet de décoller à nouveau. Bref, pas d’illustres inconnus mais pas de grandes stars non plus.
Et le reste du casting n’en laisse pas moins songeur : Chow-Yun Fat, à la recherche de biftons, sera le mentor Roshi et la mignonne Emily Rossum se grimera en Bulma. Les premières images du tournage ne tardent pas à se dévoiler, et les seuls signes de respect à l’oeuvre originale pour ces personnages s’avèrent être une chemise colorée et lunettes noires pour l’un, une unique tresse bleue pour l’autre. Quant à Goku, les photos de son look improbable font pouffer de rire la planète entière, tandis que l’on commence à avoir plus de précision sur la vision du film par le biais de diverses pages de script volées. Dès lors, il n’est qu’un simple étudiant qui vit avec son grand-père Son Gohan, jusqu’au jour où le maléfique Lord Piccolo se met en tête de prendre sa revanche sur la Terre, à la recherche des Dragonballs. Avec l’aide de Bulma, Yamcha (Joon Park) et Chichi (Jamie Chung), Son Gokû n’a que quelques jours pour réunir les Dragonballs et empêcher l’extraterrestre belliqueux de détruire notre planète (Paris compris).
Le marketing prend tout son temps et, vers printemps 2008, les quelques photos officielles apparaissent, issues de scans de magazines japonais. Les fans, eux, commencent à ne parler que du film uniquement pour mieux le descendre. Pendant ce temps, les membres de l’équipe s’expriment, plus ou moins maladroitement, à l’image de Marsters qui déclare "que le film a des scènes d’action démentes, avec des personnages aux pouvoirs incroyables [...]. Lorsque j’ai eu le rôle, j’avais des rôles [...] mais depuis, je me rends compte que je vais assurer comme jamais." Et on l’espère bien, vu le budget alloué de 100 000 000 $ ! Plus on avance dans les mois, plus le mystère s’évapore pour laisser place à une vraie crainte. Les gars du storyboard avouent ne s’être jamais inspiré d’un seul des tomes du manga, tandis que son créateur cache sa déception et son dégoût en parlant d’un "Dragonball d’une autre dimension".
Les images et les rumeurs se suivent et s’éloignent de plus en plus du matériau original. Puis les premières bande annonces débarquent. Enfin, sur les forums, les avis sont partagés : "DBE" (comme les Kevin le surnomment) a l’air cool mais aussi tellement hors-sujet qu’il est déjà critiqué d’avance, comparé à un certain Batman & Robin, comble de l’adaptation ridicule. Après tout, certains films n’ont-ils pas pour unique but de divertir ?
Apparait pourtant la folle idée que le marketing serait une arnaque et cacherait en fait un véritable grand film, probablement en motion capture, l’ironie étant que le film sort majoritairement le 1er Avril en salles dans le monde...
C’est mal connaître Tom Rothman, qui ne se gène pas pour dépenser le moins d’argent possible et censurer pour attirer le plus de monde (plein de jeunes, donc). Dragonball Evolution, c’est SON film avant tout, et il y croit tellement que la Fox semble complètement laisser tomber un véritable marketing solide au profit d’un bouche-à-oreille pourtant plus négatif qu’autre chose. On peut encore rêver de voir le désastre disparaitre dans les méandres des films haïs, puisque Justin Chatwin et James Wong parlent d’ores et déjà de nouveaux opus, en vue d’une trilogie épique.
Actuellement, le film est déjà sorti dans un grand nombre de pays asiatiques, dont la Chine, avec peu de succès finalement. Il faut dire qu’ils diffusent une version carrément censurée de 20 minutes sur les 1h30 du montage international. C’est ce montage que les jeunes les plus impatients du monde peuvent facilement trouver - à leurs risques et périls - sur le net. Niveau publicité, c’est le moins que l’on puisse faire : quelques affiches, deux bandes-annonces, une dizaine d’extraits, probablement les plus importants de tout le métrage, tout ça circulant sur les sites web.
Pourquoi ce sentiment qu’il faut à tout prix éviter de parler d’un film qui, s’il ne respecte presque en rien le matériau d’origine, a néanmoins de grandes chances d’être un sympathique divertissement pour un public déjà ciblé ? C’est un parti-pris suicidaire, car malgré lui, Dragonball Evolution peut mener au bide financier, au grand bonheur des puristes et autres geeks haineux envers une Fox de plus en plus irritante. Après tout, nul n’est à l’abri d’une surprise, que ce soit les producteurs... ou les spectateurs.
BANDE ANNONCE VOST :
BAYraptor est de retour !
Deux ans après s’être révélés à la planète entière, les Transformers nous reviennent donc pour ce qui sera sans conteste LE blockbuster de l’été. Avec un budget effrayant de 200 millions de dollars (soit 50 de plus que le premier opus), les Autobots et les Decepticons se retrouvent donc une nouvelle fois en guerre avec pour enjeu notre astre solaire.
Confié notamment à l’inévitable Alex Kurtzman (Star Trek 2009, Mission Impossible III...), le scénario ne s’attarde pas sur l’inutile présentation des personnages ou d’un éventuel contexte politico-social et propulse directement le spectateur dans ce monde des titans robots. Sam Witwicky, qui entreprend des études universitaires, laisse derrière lui ses parents, sa petite amie Mikaela et... Bumblebee son fidèle ami robot. Essayant d’oublier ce qui s’est passé il y a deux ans à Mission City, il se retrouve à nouveau plongé dans une guerre sans merci initiée une nouvelle fois par Mégatron et ses Decepticons qui profitent de l’incompétence de Theodore Galloway, nouveau responsable de la Sécurité Nationale et qui préfère ignorer l’importance du NEST et de l’aliance protectrice des Autobots.
On prend les mêmes et on recommence avec Michael Bay aux commandes, Shia LaBeouf et Megan Fox en véritables nouvelles starlettes qui peuplent les magazines ados depuis maintenant deux ans. Sans oublier nos robots surdimensionnés en attractions phare de ce blockbuster qui évidement fera la part belle aux CGI époustouflants dont on dit que 145 terabytes ont été nécessaires pour la réalisation du projet. Il faut dire que des 14 robots vus dans le premier épisode de la franchise on passe à 46 modèles différents (rien que le Dévastator a une hauteur équivalente à un immeuble de dix étages) totalement adaptés au format IMAX notamment pour certaines scènes de combats en forêt.
Spectacle visuel garanti donc et rien de plus, il fallait s’y attendre. A ceux qui critiquent encore son style “action à tout prix” sans fonds et sans temps morts, Michael Bay rétorque :“C’est facile de faire un film intimiste dans un vignoble du sud de la France. Mais les gens ne réalisent pas à quel point c’est difficile de faire un film comme Transformers 2. Les critiques me rejettent avant même d’avoir vu le film. Après trois ans et demi passés à tourner des Transformers, je crois que j’en ai assez de faire des films à gros budgets aussi compliqués. J’ai peut-être besoin moi aussi, aujourd’hui, de faire quelque chose de complètement différent, des films où il n’y a aucune explosion…”
Jugé également militariste, Transformers 2 est défendu bec et ongles par un Shia LaBeouf himself : “Les Transformers sont des jouets et rien d’autre. Libre à chacun, toutefois, d’y voir ce qu’il veut. Si Michael Bay et les scénaristes ont fait intervenir de nombreux militaires (NdlR : des vrais) dans le film, c’est qu’ils ont jugé ça important et de toute façon indispensable pour faire aboutir un tel projet. Moi, j’ai trouvé ça parfaitement normal et surtout très amusant.”
Le mythe Transformers a donc bien évolué depuis les jouets lancés par les marques Hasbro & Takara en 1984 et qui devinrent par la suite un comic-book Marvel, une série, des jeux vidéos ou encore un film d’animation. Un vingt-cinquième anniversaire fêté dignement par un Michael Bay aimant toujours autant se plonger dans la démesure graphique pour le grand plaisir des geeks du genre et qui présente son p’tit dernier "comme un mix entre Ben-Hur et Apocalypse Now." Pas moins !
Transformers 2, la Revanche bénéficiera encore de moyens gigantesques à la hauteur des héros de métal avec par exemple ce bâtiment à White Sands totalement reconstruit, posé sur le sable et bourré d’explosifs le tout survolé par six F-16, certaines scènes filmées à bord du USS John C. Stennis ou encore l’utilisation des titanesques machines de la construction sortis tout droit de chez Caterpillar. Produit par ce qui se fait de mieux actuellement (Bay, Spielberg, di Bonaventura, Hassan), le film nous emmènera sur les terres exotiques d’Egypte, de Jordanie, du Qatar ou encore du Nouveau Mexique.
Rien n’est donc laissé au hasard pour ravir les aficionados de la franchise, avides comme à chaque fois d’être bluffés par les milliers d’effets spéciaux à la minute... Accrochez-vous !
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Fallait-il que le mutant ressorte les griffes ?
Il était temps ! Après 3 aventures en équipe plus ou moins mitigées (de l’excellent à l’ennuyant, il n’y a qu’un pas), le mutant aux griffes d’adamantium se libère enfin des X-Men et connait désormais les honneurs d’un film qui lui est (presque) entièrement consacré. Cette fois-ci, c’est au tour de Gavin Hood, cinéaste sud-africain oscarisé, de s’intéresser à ce personnage culte. Et bien entendu, c’est toujours Hugh Jackman qui assure dans le rôle qui l’a rendu mondialement célèbre. Retour sur un film attendu, ou plutôt craint, par les fans de Marvel depuis quelques temps déjà.
Mai 2006 : X-Men III : L’Affrontement Final vient de sortir à peu près partout dans le monde, et que l’on soit aux Etats-Unis, en Belgique ou au Danemark, la déception est présente. Il faut dire que ce troisième volet était déjà mal perçu des fans depuis l’annonce du remplacement de Bryan Singer, l’excellent réalisateur des précédents volets, parti signer un sympathique Superman Returns, par Brett Ratner, considéré comme un tâcheron, connu pour ses Rush Hour. Une nouvelle qui ravit l’un des fameux producteurs de la compagnie, Tom Rothman, qui annonça alors clairement et fièrement qu’il avait détesté le travail de Synger (qu’il n’avait pas pu modifier) et que ce troisième opus est le meilleur d’entre tous. Malgré tout, le succès est au rendez-vous, et X-Men III s’avère être l’épisode le plus rentable de la trilogie, avec plus de 459 millions de dollars de recettes.
A peu près à la même période, la Fox, estimant que la trilogie est conclue pour de bon, officialise la mise en chantier de deux spin-off, histoire de profiter à nouveau du succès, et de s’intéresser un peu plus à deux des personnages les plus importants des films. Les heureux élus sont donc Magneto et Wolverine. Le premier devait s’intéresser à la difficile jeunesse de Magneto, et sa rencontre avec le jeune Professeur Xavier. Un parti pris surprenant de la part de la Fox, on se demande bien comment elle aurait pu s’en tirer avec ces deux personnages, certes passionnants, mais sûrement pas suffisamment pour attirer les foules. A côté Wolverine, nettement plus connu et cool auprès du public, constitue tout simplement une idée de génie ! Rappelons pourtant que sa première apparition remonte à 1974, et que c’était en tant que Serval, un ennemi de L’Incroyable Hulk ! Ce n’est qu’un an plus tard que Len Wein, son créateur, et Dave Cockrum, l’intégreront dans une nouvelle équipe de X-Men, avec entre autres Diablo. Et bien sûr, au fil des années, sa renommée s’améliorait de jour en jour, au point de devenir un symbole culte à lui seul.
Alors en priorité sera développé le film sur le mutant canadien, pour lequel on annonce à nouveau Brett Ratner derrière la caméra, sur un scénario de David Benioff, auteur du Troie de Wolfgang Petersen. Le film reviendra donc sur les origines de Logan, de son enfance jusqu’au moment où commençait le premier métrage de Synger. Les fans craintifs se réjouissent tout de même, d’autant plus que ledit script serait basé sur Origins, une excellente série publiée en 2001, dans laquelle on découvrait enfin le vrai nom de Logan, et son enfance au Canada vers la fin du 19ème siècle. Une enfance qui bascula le jour où il découvrit ses pouvoirs et, par extension, sa malédiction. Mais bien entendu, le scénario piochera aussi beaucoup d’autres éléments par-ci par-là, tels que sa participation à la Seconde Guerre Mondiale, ses quelques relations amoureuses avec Silver Fox avant son assassinat, et surtout, sa participation au Projet Weapon X, déjà abordée dans X-Men 2, qui lui confèrera de nouveaux pouvoirs.
Jusqu’alors, tout va bien, d’autant plus qu’en juillet 2007, nous apprenions la décision de la Fox : Ratner dégage, ce sera Gavin Hood qui réalisera ce premier épisode de la saga X-Men Origins. Une annonce surprenante, puisque ce jeune cinéaste sud-africain sort à peine du succès avec Mon Nom est Tsotsi, primé d’un Oscar du Meilleur Film Etranger et se retrouve derrière un énorme projet avec le risque de se voir abusé tel un Yes-man par les grands pontes du studio. On apprendra par la suite que Tom Rothman, encore lui, a pris énormément de décisions par rapport au travail de Hood, sans jamais lui en parler. Il a donc, entre autres, demandé de repeindre certains décors qu’il jugeait trop sombres, et on le soupçonne même d’avoir fait retourner quelques scènes. Ce qui fait peur, c’est qu’ils veulent que Wolverine tienne plus d’un Quatre Fantastiques que d’un Batman Begins, comme l’envisageait le cinéaste africain. C’est là l’aspect ambigu d’un tel projet, comme le souligne Hugh Jackman : "Les films X-Men sont des productions difficiles. Ils ont à la fois un côté sombre et un côté fun. Ca parait simple à faire, mais c’est tout le contraire."
Reprenons le développement chronologique du projet : en février 2008, on nous annonça l’arrivée de Liev Schrieber au casting, d’abord pour le rôle de William Stryker, mais on comprit vite qu’il s’agissait en fait de Dents-de-Sabre, qui n’est autre que le demi-frère de Wolverine. Danny Huston incarnera le militaire. Quelle relation verra t-on entre les deux mutants ennemis ? Certains en bavent d’avance, d’autres en pleurent déjà. Et ce n’est qu’un début, puisque la Fox annonce que tout un panel de mutants feront une apparition dans le film. Une simple apparition, ou un rôle à part entière ?
La première bande-annonce, enregistrée lors du Comic-Con de San Diego de juillet 2008, fait comprendre bien des choses. Elle révèle quelques scènes plutôt alléchantes. Entre un saut sur hélicoptère ou des combats plutôt impressionnants, on est presque sûr de s’en prendre plein les yeux. Mais, et l’histoire alors ? Elle parle peu de l’enfance véritable du héros et se centre davantage sur la relation entre les demi-frères. Mais il y a quelque chose qui dérange dans cet aperçu : le film ne dure qu’une heure quarante-cinq, et tout ce que dévoile la bande-annonce semble durer pendant des décennies. Bon, j’exagère un peu, mais comment faire tenir la vie de Logan, et tout ce petit monde de mutants, dans ce délai de temps limité ?

En effet, on les connait désormais tous : Taylor Kitsch sera Remy Lebeau, ou plutôt Gambit, Ryan Reynolds sera le mercenaire déjanté Deadpool, Dominic Monagham sera Beak, un mutant volant, Will.I.Am en Kestrel et on croisera même Emma Frost et les jeunes Ororo Munroe et Scott Summers, autrement dit Tornade et Cyclope. De la Team X au mutants de Professeur X, il n’y a qu’un pas. Ce qui fait quand même un beau tas de personnes à présenter, et dont on ne sait pas si leur rôle s’avère très importants ou s’ils sont juste là pour faire plaisir aux fans. Leur présence sur l’(immonde) affiche officielle soulève de nouveau la question. Autre appréhension : à chaque nouvel extrait ou nouvelle bande-annonce, ces dernières semblent centrées sur différents aspects du métrage. Alors, des doutes apparaissent sur l’organisation de ce dernier. Sera t-il un simple enchainement bâclé de scènes d’actions, à l’instar du troisième opus de Brett Ratner ? Il n’y a qu’une chose à faire : attendre et voir.
Ceux qui sont dénués de patience ont pu se jeter, à leurs risques et périls, sur une version Workprint qui circule depuis le début du mois sur le net, et leurs propos semblent confirmer les craintes des fans, même s’ils semblent oublier que la version qu’ils ont visionnée est complètement inachevée (vous pouvez facilement trouver des captures d’écrans hilarantes d’effets spéciaux non finalisés), et que le montage a probablement été remanié pour la sortie salle. Et une chose est sûre, aussi casse-gueule que X-Men Origins : Wolverine puisse paraitre, le succès sera de nouveau au rendez-vous, et on passera sûrement un bon moment en salle. Du moins, on l’espère...
Bande-annonce (VF) :
Redémarrage réussi pour l’Enterprise
Comment aborder une saga de l’ampleur de Star Trek ? Comment satisfaire les millions de fans d’une des franchises les plus longues et lucratives de l’histoire de la télévision et du cinéma ? Et, surtout, comment convaincre les indécis, les détracteurs et ceux incapables de différencier un Klingon d’un Vulcain d’aller voir un métrage baptisé Star Trek ? C’est sans doute les différentes questions qu’a dû se poser J.J. Abrams en prenant à bras le corps cette remise à zéro d’un univers colossal.
« Prepare to fire all weapons ! »
Abrams n’est pas vraiment un inconnu, on le retrouve derrière les succès télévisuels de Lost et Alias, à la production de Cloverfield et au scénario de métrages aussi différents que le blockbuster Armageddon, le thriller sous-estimé Joy Ride ou le mélo dégoulinant Forever young. Quoiqu’on en pense, une carte de visite plutôt solide, complétée par une unique expérience de réalisateur pour le grand écran, avec l’explosif et divertissant Mission impossible III.
Malgré tout, s’attaquer au mythe Star Trek restait quand même un pari sacrément risqué, alors que les derniers long-métrages avaient déçu et que l’ultime série dérivée n’avait pas su fédérer les foules. Mais Abrams se montre confiant et reprend la situation au tout début.
Pour rappel Gene Roddenberry créa la première mouture de la série en au début des années 60 en s’inspirant des œuvres de Swift (« Les Voyages de Gulliver »), chaque épisode devant fonctionner à la fois comme un « simple » divertissement et, à un niveau plus élevé, comme une parabole en traitant par le biais de la science-fiction des grandes problématiques de notre temps.
« To boldy gone where no one has gone before »
En 1966, la première saison de Star Trek (dite ensuite « Star Trek Classic ») est lancée sur les écrans américains. Elle dura trois ans, trois années (sur les cinq originellement prévues) qui virent Kirk, Spock et les autres membres du vaisseau Entreprise « explorer de nouveaux mondes et aller fièrement là où l’homme n’a jamais été précédemment ». Si la série ne récolte pas, à l’époque, un grand succès populaire, elle généra un enthousiasme sans précédent de la part des fans de science-fiction. Au fil des rediffusions, le mythe Star Trek s’installa de plus en plus auprès du grand public même si les véritables fanatiques (dénommés avec une certaine condescendance « Trekkies ») restaient considérés comme des individus un peu bizarres et asociaux, assimilés à des « geeks ». Pas étonnant que la série sorte ensuite du strict cadre de la science-fiction pour devenir une référence, parfois vue négativement ou péjorativement, et suscitant conventions et autres rassemblements de fans costumés.
Vu le succès grandissant de l’univers, une nouvelle série voit le jour en 1973 : Star Trek – The Animated Serie. Les 22 épisodes (deux saisons) en dessin animé utilisent les voix de l’équipe originelle mais la série ne recueille pas un succès public suffisant pour continuer. A la même période, Gene Roddenberry tente, à nouveau, de lancer un long-métrage basé sur l’univers qu’il a développé. Une idée en l’air depuis les tous débuts de Star Trek. Un premier script est proposé en 1975, un second en 1977, mais les projets capotent l’un et l’autre. Finalement, il est décidé qu’une nouvelle série télévisée serait plus adéquate et Paramount entame la production de Star Trek Phase II. L’idée est de reprendre l’équipage de la série tournée dix ans plus tôt et de les envoyer explorer l’univers pour cinq nouvelles années. Seul Leonard Nimoy, alors en conflit avec la compagnie, refuse de rempiler. Une douzaine de scénarios sont écrits, certains par de grands noms de la science-fiction comme Theodore Sturgeon ou Norman Spinrad. Alors que les travaux de pré-production débutent, la sortie de La guerre des étoiles remet tout en question et la Paramount, soucieuse de grimper dans le train en marche, effectue un virage radical en proposant de transformer la série télévisée en long-métrage cinéma. Phase II disparaît dans l’hyper-espace et l’intrigue du double épisode pilote, écrit par Alan Dean Foster, sert de base à Star Trek le film, réalisé par le vétéran Robert Wise en 1979. Le succès entraine rapidement plusieurs séquelles mais l’idée d’une nouvelle série télévisée refait régulièrement surface.
Il faudra pourtant attendre 1987 pour retrouver un nouvel équipage à
bord de l’Enterprise. Star Trek the next generation, situé 70 ans après la série initiale, introduit de nouveaux personnages (Picard, Riker, Data, Worf, Deanna Troi), de nouveaux ennemis (les Borg, l’omnipotent Q), et reprend les principes de scénarios étoffés parsemés de considérations philosophiques positives. Star Trek TNG dura sept saisons et s’imposa comme un des meilleurs feuilletons science-fictionnels de l’histoire de la télévision. Trois autres séries télévisées dérivées se succédèrent encore jusqu’en 2005 : Star Trek Deep Space Nine (sept saisons entre 1993 et 1999), Star Trek Voyager (sept saisons entre 1995 et 2001) et Enterprise (quatre saisons entre 2001 et 2005). Malheureusement, l’intérêt finit par retomber et Enterprise ne suscita guère l’enthousiasme, annulant la possibilité d’une nouvelle série et mettant un terme (provisoire, sans doute) à une saga comptant en tout pas moins de 716 épisodes, répartis sur six séries et 23 saisons !
« Space, the final frontier »
Star Trek le film sortit en 1979 pour concurrencer La guerre des étoiles et Rencontres du troisième type. Pressés par le temps, les scénaristes réarrangent le traitement envisagé pour le double épisode pilote de la série avortée Phase II. Le métrage souffre d’une certaine précipitation mais, en dépit de critiques assez mixées, récolta un gros succès public. Une version « améliorée » (effectivement plus réussie et mieux rythmée) sortira en DVD au début des années 2000 sous le titre The director’s edition. Aujourd’hui, Star Trek reste un véritable classique qu’on revoit émerveillé par les effets spéciaux de Douglas Trumbull mais aussi par la richesse de son scénario et que l’on peut considérer comme une des plus belles réussites de la science-fiction adulte et intellectuelle depuis le 2001 de Kubrick. Ce qui n’est d’ailleurs pas du goût de certains (les producteurs par exemple !) qui espéraient un Star wars bis orienté space-opéra à grand spectacle !
Le succès (relatif mais réel) de ce premier film amena rapidement un second long-métrage mais le traitement « politique » proposé par Gene Roddenberry fut abandonné, la Paramount estimant nécessaire d’aller vers un divertissement plus léger et rythmé. Un ancien ennemi de Kirk, apparu pour la première fois dans un épisode de la série originelle, Khan, refit donc surface et Nicolas Meyer (C’était demain) réalisa Star Trek II - La colère de Khan, lequel reçut, en 1982, un très bon accueil tant public (il reste un des favoris des fans) que critique. Cet épisode réussi et rythmé, sans doute moins philosophique et profond que le précédent, demeure fort efficace et agréable à suivre, l’alchimie entre les personnages et la qualités des effets spéciaux aboutissant à une œuvre fort plaisante.
Peu après, Leonard Nimoy se mit à faire sa diva et n’accepta de reprendre le rôle de Spock qu’à la condition de pouvoir tourner lui-même le troisième épisode de la saga, centré sur la recherche du Vulcain Spock, décédé à la fin de Star Trek II. Relativement bien reçu par la critique et récoltant un beau succès public, Star Trek III - A la recherche de Spock (quoique peu passionnant !) demandait une nouvelle suite, toujours dirigée par Nimoy. Star Trek IV - Retour sur Terre s’imposa comme l’épisode le plus rentable de la saga, parvenant, une fois n’est pas coutume, à satisfaire les fans tout en attirant un public habituellement peu sensible à l’univers développé. Aujourd’hui, la naïveté du message écologique et l’humour déjà fort daté (l’équipage de l’Entreprise voyage dans le temps et aboutit sur Terre au milieu des années 80) ont émoussé l’enthousiasme mais Star Trek IV demeure divertissant et se suit sans ennui.
Suite au regain d’intérêt généré par l’épisode IV et au lancement de la série Star Trek TNG, l’idée d’un cinquième film s’impose immédiatement à la Paramount qui en confie la réalisation au capitaine Kirk en personne, à savoir William Shatner. Malheureusement Star Trek 5 - L’ultime frontière déçoit à la fois les fans (qui le considèrent comme le plus mauvais long-métrage de la saga !), les critiques (lesquels n’apprécient pas l’humour envahissant) et le grand-public (qui reste chez lui !). Bref, même si cet épisode rapporte suffisamment d’argent pour rester rentable, la déconvenue est grande chez Paramount. Au point que, contrairement aux épisodes précédents, Shatner se verra refuser le budget nécessaire à la sortie d’une édition spéciale en DVD censée corriger certaines scories. Pas de bol pour ce cher capitaine Kirk. En dépit des piteux résultats du cinquième volet, la perspective de rassembler une dernière fois l’équipage de la série originale à l’occasion du 25ème anniversaire de Star Trek fut suffisamment forte pour motiver un sixième épisode. Star Trek VI sortit donc peu après le décès de Gene Roddenberry et fut à nouveau confié à Nicolas Meyer, résultant en un beau succès critique et public pour un métrage globalement réussi. Malgré les adieux de l’équipage, le capitaine Kirk revint se mesurer à la nouvelle génération dans Star Trek generations, un septième film passable mais peu à même de générer l’enthousiasme en dépit d’une intéressante confrontation entre les nouvelles recrues et la vieille garde. A contrario, Star Trek premier contact s’imposa comme la véritable et incontestable réussite de la saga. Réalisé par Jonathan Frakes, le métrage fut en outre un gros succès commercial qui convainquit les producteurs d’enchainer avec Star Trek Insurrection, toujours signé par Frakes mais, hélas, avec beaucoup moins de panache, ce neuvième épisode s’avérant à peine digne d’un épisode moyen de la série télévisée.
Il faut attendre 2002 pour qu’un nouvel épisode, clairement annoncé comme le dernier (« a generation final journey begins ») sorte sur les écrans, pratiquement en même temps que Le Seigneur des anneaux - les deux tours, le second Harry Potter et James Bond - Meurs un autre jour. Bref, une concurrence déloyale pour le métrage de Stuart Baird à la facture une fois encore bien trop sage. Peu apprécié des fans, mal reçu par la critique (lassée d’une franchise devenue routinière), le chant du cygne de la nouvelle génération fut en outre un échec
commercial (le métrage parvint à rembourser – de justesse – son important budget de 60 millions de dollars) qui mit un terme à la saga.
« You’re now the commander of the ship Mr Kirk »
Alors que Star Trek ne donnait plus signe de vie sur les petits écrans depuis quatre ans, J.J. Abrams décide de reprendre à zéro la franchise, aujourd’hui entrée dans les mœurs (voir les personnages de la série comique The Big Bang Theory ou la parodie Galaxy quest). Il faut attendre le milieu des années 2000 pour que l’on reparle d’un nouveau long-métrage retournant aux sources du mythe, à savoir la rencontre entre les rivaux et bientôt amis Kirk et Spock. Pour les détracteurs de cette refonte n’oublions pas que Gene Roddenberry en personne souhaitait mettre en scène un long-métrage racontant les premières aventures de Kirk et Spock…dès 1968 ! Bien plus tard le concept fut proposé (et rejeté !) pour les quatrième et sixième long-métrages mais l’idée d’une préquelle resurgit en 2005, lorsque l’on parla d’un film intitulé Star Trek the beginning situé entre la série télévisée Entreprise et la série classique. L’idée fit son chemin et, après moult remaniements, la pré-production d’une nouvelle relance de la saga débuta. Début 2007, J.J. Abrams, coproducteur, accepta finalement avec enthousiasme le poste de réalisateur et, de mois en mois, d’excellents trailers firent monter la pression.
Le 8 mai débarquera donc sur les écrans belges et français ce que le Daily Mail a qualifié, excusez du peu, de plus grande préquelle de l’histoire du cinema ! (« the result is not only by far the best of the 11 Star Trek movies, it must rank as the outstanding prequel of all time”). Quelles seront les réactions des fans à cette nouvelle lecture d’une mythologie vieille de près d’un demi-siècle ? On peut espérer qu’elles se montrent à la hauteur des attentes commerciales, ce qui ne serait que justice vu la qualité exceptionnelle de ce qui est, probablement, le meilleur long-métrage estampillé Star Trek !
« Live long and prosper »
Quels que soient les résultats au box-office, Abrams est confiant et se déclare prêt à repartir dans l’espace avant 2011 pour une douzième aventure. Les premières critiques incroyablement positives (aucun films de la saga n’a jusqu’ici générer un tel enthousiasme !) ont redynamisé la franchise. Et, déjà, on reparle d’une prochaine série télévisée située dans ce nouvel univers « trekkien ».
Bref, Star Trek a encore de beaux jours devant lui et les équipages successifs de l’Enterprise ne sont pas prêt de finir leur voyage jusqu’aux confins de l’espace, « l’ultime frontière ».
Les nuits blanches de Stiller...
Habitué à livrer des facéties de premier plan (Mon beau-père et moi, Mon beau-père, mes parents et moi, Starsky & Hutch,...), Ben Stiller trouvait chaussure à son pied au début de l’année 2007 avec la comédie fantastico-familiale La Nuit au Musée. Dans le rôle d’un gardien de musée d’Histoire Naturelles pas vraiment comme les autres, l’acteur remportait un vif succès auprès d’un public jeune. A défaut de séduire la critique, le métrage, de par son intrigue légère (les œuvres du musée prennent vie), était parvenu à engranger près de 825 millions de dollars à travers le monde.
Ce succès financier exceptionnel convainquit à lui seul la Twentieth Century Fox à mettre assez rapidement sur pieds un second opus reprenant les différents éléments qui avaient fait le bonheur des spectateurs. Le 20 mai 2009 sera donc synonyme de retour pour le héros Larry Daley, incarné une nouvelle fois par Ben Stiller. Cette fois, le gardien devra accueillir dans son antre les tablettes ancestrales et magiques d’un ancien Pharaon. La nuit qui suit l’arrivée de la pièce au musée s’annonce rythmée puisque chaque œuvre prend vie, y compris le maléfique pharaon Kahmunrah, Al Capone et ses acolytes, Ivan le Terrible et Napoléon. Larry et ses vieux amis le Président Roosevelt, Attila, T-Rex, le Romain Octavius et Jedediah le cowboy vont devoir livrer une bataille acharnée contre ces ennemis malfaisants.
Attendu par un grand nombre de spectateurs, La Nuit au musée 2, aka Night at the Museum : Battle of the Smithsonian, a bénéficié d’un budget bien plus conséquent que son prédécesseur s’élevant à environ 150 millions de dollars. Cette démesure financière s’exprime d’ailleurs à travers un casting incroyable, ressemblant à s’y méprendre à un Walk of Fame miniature. Outre Ben Stiller, La nuit au musée 2 peut compter sur l’apport non négligeable d’Amy Adams (Il était une fois), d’Owen Wilson (Starsky et Hutch, La nuit au musée), Robin Williams, Hank Azaria (Godzilla), Steve Coogan (Hot Fuzz, Percy Jackson), Eugène Levy (l’indétrônable papa de Jim dans American Pie), et bien d’autres encore.
Cet ensemble constitue à lui seul la preuve d’un certain amour pour le fantastique, mais surtout pour la comédie comme en atteste la présence du comique français Alain Chabat, qui incarnera le vilain Napoléon. Sans doute inspiré par l’hilarant rôle d’empereur qu’avait tenu l’ex-Nul dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, la production a sans doute réalisé un coup de maître en embauchant le français, pour lequel on espère que le rôle de Napoléon ne se limitera pas à une simple apparition.
Une chose est certaine, La nuit au musée 2 risque fort bien de faire mieux que le premier volet d’une saga qui pourrait perdurer. En effet, avec des ambitions toujours plus importantes, Shawn Levy, déjà réalisateur du premier opus, espère bien prouver au monde entier que la franchise qu’il a initiée vaut son pesant de pop-corn. A ce titre, l’impatience des fans de La nuit au musée suffit pour justifier l’existence de ce second volet qui, d’après les premiers échos, se révélerait particulièrement efficace. Reste à voir si Levy sera parvenu à se détacher de l’aspect trop moralisateur qui avait endommagé La nuit au musée. Réponse ce 20 mai dans les salles, avec l’espoir secret d’assister à un vrai bon moment de cinéma…



Home swedish home...
Mikael Blomkvist est journaliste économique dans le magazine Millenium. Condamné pour diffamation, il décide de prendre de la distance avec sa vie et son métier. Mais Henrik Vanger, grande figure de l’industrie suédoise, fait appel à lui afin d’enquêter sur un meurtre non élucidé, celui d’Harriet Vanger, nièce du grand homme et disparue à l’âge de seize ans. Au cours de ses recherches, Blomkvist se rend compte que la famille Vanger semble cacher bien des haines et des secrets. Dans le cadre de son enquête, le journaliste est amené à rencontrer Lisbeth Salander. La jeune femme de vingt-quatre ans possède un don
exceptionnel, celui de découvrir des informations introuvables. Tous deux vont être amenés à se croiser dans une enquête qui va révéler beaucoup plus que ce que chacun aurait pu imaginer...
Millenium, pas encore sorti dans les salles françaises, crée déjà la sensation. C’est que le métrage a beau émaner du cinoche nordique, il est avant tout l’adaptation du roman de Stieg Larsson Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, l’un des best-sellers européens qui culmine en tête des ventes sur le vieux continent depuis deux ans. Premier volet d’une trilogie, le roman décrit un univers ténébreux, obscur dans lequel évoluent des personnages marginaux, aux antipodes des caractérisations grossières d’auteurs tout aussi lus. Œuvre atmosphérique qui n’hésite jamais à s’engouffrer dans les affres d’une cruauté sans pareil, le roman de Larsson, à l’instar du métrage qui semble être une transposition ultra-fidèle de l’œuvre originelle, s’intéresse principalement à la relation qui se noue entre deux protagonistes que tout en théorie oppose. Lisbeth Salander, jeune spécialiste en hacking aux allures gothiques rebelles et Mikael Blomkvist, ex-journaliste volontairement passé sur la touche, unissent leurs forces et leurs savoir-faire au service d’une investigation qui les mène vers une monde majoritairement composé de faux-semblants et de trompe-l’œil. Deux individus torturés par un passé sinueux, deux univers antagonistes jusque dans leurs méthodes d’investigation : l’un réutilisant les modus operandi d’un Maigret en compilant les coupures de presse, l’autre s’avérant plus proche des Experts avec leurs technologies high-tech et leurs dispositifs numériques.
Millenium constitue un renouveau bergmanien pour la renommée
cinématographique suédoise. Entièrement tourné dans la langue vernaculaire, mise en scène par le danois Niels Arden Opley et flanqué d’un cast aux trognes éminemment nordiques (le beau et ténébreux Michael Nykvist, surnommé le George Clooney suédois, dans le rôle de Blomkvist et l’anonyme Noomi Rapace pour donner vie à Lisbeth Salander), le métrage ne renie nullement ses origines, au point de traiter de manière un peu chaotique son exploitation mondiale. D’ailleurs, si les deux autres tomes (La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette et La Reine dans le palais des courants d’air) sont en ce moment déjà en tournage à Stockholm, ils ne bénéficieront apparemment que d’une exploitation en vidéo, les honneurs des salles obscures revenant uniquement à cette première adaptation. Ultime témoin de la croissance exponentielle du cinéma nordique en matière de suspense, Millenium pourrait être l’une des plus grosses surprises de l’année au box-office. A suivre…
Le Retour d’un Maître...
Ca y est, on y est, cette semaine sort Jusqu’en enfer, aka Drag me to Hell, synonyme de retour à l’horreur pour le metteur en scène de la légendaire trilogie Evil Dead, Sam Raimi. Le cinéaste, pourtant rôdé très jeune aux différentes techniques de l’épouvante, avait en effet cessé depuis belle lurette de nous abreuver en bandes horrifiques pour se tourner vers le fantastique pur et dur et nous proposer des réussites allant de Darkman à la franchise Spider-Man. En fait, depuis son Evil Dead 2, sorti en 1987, Raimi a offert tout son art à un public plus large, avant de se reconcentrer sur l’épouvante avec le film qui nous occupe aujourd’hui.
Le 27 mai 2009 sera donc sans aucun doute un grand jour pour tous les fans du bonhomme mais aussi pour tous les amateurs du cinéma d’horreur. Drag Me to Hell, que l’on peut traduire littéralement par la très plaisante phrase « Traine-moi en enfer ! », malgré une classification PG-13 assez surprenante (et donc, décevante pour certains puristes), devrait en effet valoir son pesant d’angoisse comme le prouve un pitch fort tentant. Le métrage raconte l’histoire de la jeune Christine Brown, une fille de la campagne qui cherche à faire son trou dans la grande ville de Los Angeles. Travaillant dans une grande banque, elle refuse un jour d’octroyer une extension de prêt à la vieille madame Ganusch, dans le but d’impressionner son patron pour obtenir de l’avancement. Mauvaise idée s’il en est puisque la veille dame jette un sort sur Christine qui se retrouve hantée par un esprit maléfique nommé Lamia.
Quelque part entre sorcellerie et possession démoniaque, le film devrait proposer bon nombre de séquences stressantes comme en atteste une bande-annonce pharamineuse, dévoilée voici quelques temps déjà et qui eut pour effet de convaincre les derniers récalcitrants. Projeté pour la première fois à la South by Southwest Fest, l’oeuvre a, depuis pas mal tourné d’événement en événement, provoquant un engouement hors du commun et jouissant de critiques dithyrambiques. De reviews en reviews, Jusqu’en enfer s’est donc déjà positionné comme l’un des phénomènes numéro 1 de l’horreur mondiale en cette année 2009, chose que ne regrettera pas un Raimi qui, pour tourner le film, a bénéficié d’un budget de 20 millions de dollars. Si cette somme reste fort éloignée de l’hyperproduction Spider-Man, force est de constater que cela fait de Jusqu’en enfer l’un des films d’horreur les plus friqués
de l’année.
Cette richesse pécunière se traduit notamment par un casting où l’absence de très grands noms n’est pas synonyme d’un manque de talent, loin s’en faut. Ainsi, Alison Lohman (Big Fish, La légende de Beowulf), exquise naïade, donnera la réplique à l’un des jeunes acteurs les plus en vogue d’Hollywood, Justin Long, que l’on avait notamment aperçu dans Die Hard 4. Ils seront accompagnés dans leurs pérégrinations par Lorna Raver, une grande habituée des séries contemporaines, Dileep Rao, qui jouera prochainement dans le fameux Avatar de James Cameron, David Paymer (Payback), Adriana Barraza (Babel), Chelcie Ross (Basic Instinct, The Horsemen) et Reggie Lee (Pirates des Caraïbes 3, Star Trek).
Ce casting, prouvant une véritable volonté de surprendre par le biais d’acteurs de talent dont le visage n’est pas encore connu du grand public (on est loin de Toby McGuire dans Spider-Man), traduit à lui seul la volonté de Raimi de réconcilier un certain grand public avec l’horreur la plus viscérale qui soit. Encensé par la critique, Jusqu’en Enfer risque fort de faire beaucoup de bruit et, allez savoir, de relancer dans son domaine de base un maître de l’horreur. Une chose est certaine, il fera bon être en salles ce mercredi 27 mai…
Nature morte
Présenté en compétition au festival de Cannes 2009, le très attendu Antichrist du Danois Lars von Trier a reçu un accueil des plus mitigé : sifflé, hué, le cinéaste a dû ensuite subir la délicate épreuve de la conférence de presse lors de laquelle les journalistes n’ont pas été très tendres, obligeant l’auteur à justifier certains de ses choix scénaristiques. Il faut dire que le réalisateur, loin de renouer avec le cinéma plus « dramatique » qui lui avait valu un franc succès sur la Croisette (la comédie musicale Dancer in the dark, le mélo Breaking the waves), s’était engouffré dans un genre assez mal-aimé des
professionnels qui sied plutôt mal aux pingouins emmaillotés dans leur costume trois pièces. Persévérant dans sa découverte des genres, von Trier revient avec Antichrist, quinze ans après la série L’hôpital et ses fantômes (adaptée outre-Atlantique par Stephen King, le maître de l’horreur), moissonner les terres horrifiques en adoptant un postulat irrévérencieux : la création du monde, couramment attribuée à une autorité divine devenue depuis bien silencieuse, incomberait dans sa pellicule au Diable. Une inversion inspirée par le livre éponyme de Nietzsche, pamphlet acerbe contre la religion, dont von Trier reprend le titre pour édifier sa propre vision du mal.
Dès lors, la Nature, devenue l’Eglise de Satan, perd ses vertus régénératrices et contraint plutôt à la dégénérescence tant physique que psychologique. L’homme (Willem Dafoe, ancien Jésus Christ tenté de Scorsese) et la femme (Charlotte Gainsbourg), les deux figures de l’hétérosexualité symbolisant Eve et Adam, heurtés par la perte de leur fils, partent se ressourcer dans une cabane (baptisée Eden) perdue dans les bois. Un endroit d’apparence paradisiaque dans lequel l’homme compte bien poursuivre seul la thérapie de sa femme, rongée par le remords. Mais la dégradation mentale guette le couple et la forêt qui les entoure semble tout faire pour les enfoncer encore un peu plus dans leur perte…
Alors qu’il est en pleine dépression, von Trier utilise son nouveau projet comme une thérapie qui lui permet de sortir de la morosité du quotidien et de travailler sur du concert au lieu de se morfondre dans une léthargie incurable. Atypique, le métrage n’est pourtant pas son œuvre la plus sombre. Loin de l’atténuation technique de son Dogme 95 et du simplisme formel de Breaking the waves, von Trier lèche sa photographie, déstructure sa narration, polit son image et livre une série de séquences éminemment visuelles (la scène de sexe du trailer n’en est qu’un bref aperçu). Film d’auteur autant que film d’horreur,
Antichrist ne se laisse pas soumettre aux conventions habituelles mais prend plutôt le pari de dépeindre de vrais personnages torturés. Entreprise d’autant plus ardue que les personnages en question ne sont qu’au nombre de deux, interprétés par Willem Dafoe et Charlotte Gainsbourg. Deux êtres plongés dans un univers hostile, effrayant, une nature à l’exact opposé de celle décrite dans Ushuaïa, une nature où les animaux se dévorent et enfantent des carcasses sans vie en guise de progénitures. La pellicule est fortement imbibée par l’horreur même si le film s’avère au final inclassable, à l’image des autres œuvres réalisées par le cinéaste et ne reproduit pas les schémas classiques du cinéma d’épouvante.
La sortie en salles, ultime étape d’Antichrist, scellera à jamais sa destinée et donnera raison ou tort aux critiques cannoises. Les voies du public sont-elles également impénétrables ?
Résurrection d’une saga
Le troisième opus de la franchise Terminator sonnait déjà le glas de l’investissement de James Cameron. Ce nouvel opus, intitulé Terminator Renaissance (Terminator Salvation) se passe pour la première fois d’Arnold Schwarznegger, le mythique Terminator du titre qui poursuivait dans le premier film de Cameron la belle Sarah Connor (la suave et vachement musclé Linda Hamilton) dans le but de l’éliminer
afin d’éviter la naissance de John Connor. Devenu au lendemain de la sortie du troisième film gouverneur de Californie, l’Autrichien renonça à l’idée d’endosser une nouvelle fois le rôle de la créature robotique, arguant au passage avoir passé l’âge pour en livrer une interprétation crédible.
En 2003, après la sortie de Terminator 3, Le soulèvement des machines, le réalisateur Jonathan Mostow et les acteurs Nick Stahl et Claire Danes devaient rempiler pour un quatrième volet. La visée à l’origine était d’édifier une pentalogie dont le dernier tome serait réalisé par James Cameron himself afin de boucler de manière originale une saga exceptionnelle. Face au refus de Cameron investi à 200 pourcents dans son Avatar, les données changent et les cartes sont redistribuées : Michael Ferris et John Brancato, auteurs du script du faramineux The Game et des imbuvables Primeval et Catwoman, déjà à l’œuvre sur le précédent opus de la saga, rédigent un nouveau script destiné à être le premier d’une nouvelle trilogie, portant du même coup la saga à un total de six épisodes, à l’image de l’hexalogie Star wars. Sauf que, loin de dessiner une préquelle, forme en vogue dans le genre science-fictionnesque (le Star Trek de J. J. Abrams en atteste), les scénaristes optent pour une trilogie novatrice qui ne se contente pas de remodeler l’entièreté d’une mythologie. Dès lors, comme l’annonce l’intitulé originel (Terminator Salvation : The Future Begins, handicapé depuis de sa dernière partie devenue tagline de la préquelle Star Trek), Terminator Salvation se déroule dans le futur : le métrage abandonne ainsi les habituels voyages spatiaux qui avaient été utilisés dès 1984 et prend plutôt place dans une société post-apocalyptique où s’affrontent sans relâche machines et humains. Une nouvelle ère s’ouvre donc à la franchise. Une ère qui contraint à revoir le cahier des
charges tout en restant fidèle aux œuvres précédentes.
En octobre 2007, un communiqué anéantit les espoirs des fans : le poste de réalisateur reviendra à McG, auteur de Charlie et ses drôles de dames et de sa suite, Les Anges se déchaînent, deux opus qui recyclent pour le grand écran la fameuse série télévisuelle Drôles de dames. Actioner fracassant, rempli de belles charpentes (Lucy Liu, Drew Barrymore et Cameron Diaz s’y disputent l’affiche) et bourré d’action, Charlie’s angel, malgré un maigre bilan critique, rencontre son public et signe un score honorable au box-office, ce qui ne sera pas le cas de la séquelle. Le nom de McG rime dans l’esprit collectif avec "blockbusters légers", ce qui sied assez mal à l’univers post-apo de Terminator, censément plus épais et plus ténébreux que les amusements d’une tripotée de belles nanas adeptes du kung-fu. Néanmoins, les esprits s’apaisent suivant le dévoilement progressif du casting. Christian Bale, symbole du renouveau Batman de Christopher Nolan, incarnera John Connor (faisant suite à Edward Furlong et à Nick Stahl) et sera accompagné d’Helena Bonham Carter, de Sam Worthington et d’Anton Yelchin. Du beau monde pour un nouvel opus qui s’annonce d’ores et déjà étourdissant comme le laissent présager les teasers vus çà et là sur la Toile. Des prouesses visuelles, une nouvelle ligne de conduite : la Renaissance pourrait bel et bien avoir lieu.
Esthétisme teinté de noir
Non, non, mille fois non, Tim Burton
n’est pas le réalisateur de L’Etrange Noël de Monsieur Jack, contrairement à une idée reçue largement répandue au sein des conversations cinéphiliques des admirateurs de la plastique de Pamela Anderson dans le désormais cultissime Barb wire. Pour le coup, le déjanté Burton était avant tout l’instigateur de l’histoire, le cinéaste griffonnant déjà les aventures de Jack et Sally du temps de son enrôlement par les studios Disney. La chaire de réalisateur, elle, incombait à Henry Selick, spécialiste visuel à la tête d’une équipée d’animateurs aguerris. Loin des récentes vagues en 3 dimensions, Coraline bénéficie de nouveau de l’image par image photographique qui permettait au conte halloweeno-noëlaire de sublimer la toile tout en narrant une histoire certes enchanteresse mais qui s’avérait parée de ténébreux atours, renvoyant les adultes à un monde autant bercé d’un imaginaire infantile que noyé dans une macabre réalité.
Coraline, à l’instar de son illustre grand frère, voit son esthétisme se teinter de noir suite à l’accession du héros dans le monde des couleurs, Selick optant à nouveau pour un renversement total des valeurs chromiques. Située dans un quotidien morose poussant l’héroïne à l’évasion, l’oeuvre décrit deux univers distincts aux points de comparaison d’autant plus forts qu’ils se différencient en puisant dans un symbolisme puissant. Variation obscure d’Alice au pays des merveilles, Coraline dépeint l’entrée d’une petite fille délaissée par des parents surbookés dans un monde arc-en-ciel intriguant aux bariolages éblouissants. Un parc grandeur nature au sein duquel les parents, quoique dotés de boutons à la place des yeux, éprouvent un amour sans limite pour la bambine. Mais, Coraline se rend rapidement compte que le strass et les paillettes cachent une réalité plus inquiétante. La réincarnation colorée de son voisin est certes plus sympathique mais semble cacher quelques secrets inavouables. La réincarnation de son compagnon de jeu, privé de paroles, semble annoncer un glas qui ne saurait tarder à retentir. Les parents, plus ouverts et plus accueillants, constituent un couple étrange où le père n’est qu’un pantin désarticulé au service de son épouse. De lentes transformations qui mènent vers un cauchemar sans nom. La fuite est-elle encore possible ?
La bonne blague belge !
Pouvait-on raisonnablement passer à côté de Panique au village et le toiser sous prétexte qu’il ne rentre pas exactement dans le cadre de notre site ? Assurément, non. Et ce pour une série de raisons tellement évidentes qu’il semble absurde de les décliner. Pourtant, on ne se lassera jamais de rappeler à quel point cette pellicule détonne en regard d’autres plus conventionnelles qui n’hésitent pas à se fondre dans des moules aux contours ennuyeux. Vincent Patar et Stéphane Aubier ne mangent pas de ce pain-là. Ils tiennent, depuis la création de leur Pic-Pic André Shoow en 1988 un filon qu’ils ne lâcheront plus tant ils excellent dans le domaine.
Depuis, ils ont créé une kyrielle de personnages aussi amusants qu’attachants qui partagent tous deux singularités : André l’étalon qui sirote de la bière, Magik le cochon rose, Cheval, Coboy et Indien possèdent un inénarrable accent belgo-belge et semblent être dotés d’un don particulier pour les bêtises. La première version de Panique village remonte à 1991, sous la forme d’un court qui ne comptait que quatre minutes au compteur. Une courte durée qui ne diminue en aucun cas le potentiel du produit, sorte de course effrénée vers le fou rire dorée par une nappe d’absurde et marinée dans un humour nonsensique irrésistible. Depuis, les personnages ont connu plusieurs épopées et ont pu ainsi gagner la sympathie d’un public entièrement acquis à leur cause forcément déraisonnable. C’est d’abord Le gâteau, pilote de série qui, en 2000, ravive le trio infernal avant que ceux-ci n’atteignent une importante consécration dans leurs
vingt épisodes s’étendant chacun sur cinq minutes. Couronnés dans de nombreux festivals francophones ou non de courts métrages, les deux réalisateurs – mieux connus sous le nom de Pic-Pic en référence à leur premier succès – franchissent le pas du long format et ambitionnent de projeter de plus longues mésaventures de leur fabuleux trio sur des écrans de cinoche.
Tourné image par image en Scope à la manière du temps jadis, que Villon déjà exhumait avec beauté, Panique au village a été fabriqué pour un budget total de 3 millions et demi d’euros, à peine la moitié d’un film d’naimation actuel. Conservant l’âme même de leur œuvre, Aubier et Patar, sur une idée de base très simple (l’anniversaire de Cheval fêté par ses deux amis), échafaudent des tonnes de péripéties et convoquent les éléments naturels à constituer autant de pièces de leur terrain de jeu grandeur nature. Ainsi, au gré d’aventures extraordinaires et quelque peu échevelées, les éblouissants acteurs de cette gigantesque fresque surréaliste rencontrent-ils une pléiade de figures décalées (les Atlantes de retour !) sur fond de pluie, de tempête de neige et de soleil. En tout, la tâche scénaristique s’étalera sur une durée de deux ans, les deux compères étant aidés par quatre autres mains, celles de Vincent Tavier (le producteur de La Parti, à la base du projet Calvaire) et de Guillaume Malandrin. Ensuite, s’enchaînent les phases de préprod’, de tournage, de mixage, de montage et de création des bruitages, bref une affaire de quelques mois supplémentaires et de litrons de sueurs déversés pour arriver au résultat final, étonnant, éblouissant, désopilant. Un travail acharné auquel
ont participé une vingtaine de personnes à temps plein, rejoints le temps du doublage sonore par Poelvoorde, Jannin et Bouli Lanners, preuve de la belgitude du projet qui, comble du comble, effectuera une sortie en salles belges en même temps en français et en néerlandais.
Cinemafantastique.net vous exhorte à bouger votre arrière-train et à vous précipiter en salles dès ce mercredi 17 juin pour découvrir les nouvelles aventures rocambolesques d’Indien, Coboy, Cheval, Gendarme, Steven, Janine et Madame Longrée (la dulcinée de Cheval) sur grand écran. Les fous rires sont garantis ou remboursés (en nature par Mae-Nak).
Harcèlement moral
Photographe spécialiste des célébrités, Connor Mead est un célibataire fêtard qui jongle sans aucun scrupule avec ses nombreuses conquêtes féminines. Cynique absolu, il parvient même à saper la répétition du mariage de son frère Paul. Étrangement, seule Jenny, une de ses amies d’enfance, semble résister à son talent dévastateur... Juste au moment où Connor semble avoir définitivement réussi à gâcher le grand jour familial, il reçoit la visite du fantôme de son oncle Wayne, lui-même débauché notoire. Grâce aux fantômes des ex-petites amies de Connor -passées, présentes et futures- l’oncle Wayne est venu faire passer un message essentiel à son protégé. Pour Connor, c’est le début d’une odyssée aussi hilarante que révélatrice qui va le conduire vers une vérité qu’il n’imaginait pas...
Preuve d’un engouement sans pareil pour le fantastique, les autres genres se plaisent à l’incorporer afin de renouveler l’intérêt de leurs ficelles élimées et de donner une plus-value scénaristique à leurs intrigues souvent monotones. La romance cinématographique – parfois déguisée sous le masque de comédies censément drôles - a ainsi fait preuve ces dernières années d’une vigoureuse attirance pour quelques gimmicks fantastiques. Entre deux rives exploitait les failles temporelles pour faire vivre à ses protagonistes une idylle impossible, Et si c’était vrai, comme Le fantôme de mon ex-fiancé, convoquait des spectres aux formes avantageuses (respectivement, Reese Witherspoon et Eva Longoria) tandis que Ma super-ex préférait le style super-héroïque pour dépeindre les frasques amoureuses d’un couple déconstruit. Autant de titres qui attestent de la difficulté qu’affiche la comédie romantique à renouveler ses thèmes, continuellement centrées autour de deux personnages qui s’embrasent d’une inexplicable passion et patientent – le temps de l’heure et demie syndicale – pour laisser libre cours à leur passion pressentie dès l’entame.
Prenant comme modèle A Christmas Carol de Charles Dickens, Mark Waters, coupable de l’ignoble adaptation d’Et si c’était vrai, reprend à la lettre l’habituel credo de l’ex spectrale et du nigaud qu’il convient de hanter. Dans les rôles-titres, le couple brûlant d’Hollywood Jennifer Garner-Ben Affleck est initialement prévu avant que le tournage, au départ censé débuter en 2003, ne capote en raison de contraintes
budgétaires. Finalement, c’est le séduisant Matthew McConaughey qui obtient le droit de se glisser dans la peau de Connor Mead, playboy ingrat qui a calqué son existence et sa réussite sur celle de son oncle Wayne (campé par Michael Douglas), Dom Juan qui a passé l’arme à gauche. Un casting cinq étoiles qui n’a pas été assez costaud pour concurrencer les aventures de Wolverine lors de sa sortie aux States même si le film a engrangé d’honnêtes recettes sur l’ensemble de son exploitation américaine, dépassant au final les 50 millions de dollars d’entrées. Dès le 17 juin, Hanté par ses ex sortira dans les salles françaises avant que le début des vacances scolaires ne marque son accessit aux cinémas belges (sortie : 01 juillet). L’avenir du cinéma de genre passera-t-il par ce genre de productions où les pointures cachetonnent et les effets ne sont réduits qu’à de vagues poilades sans tendresse ? Espérons que non...
Saya, chasseuse de vampires
Sorti en 2000, l’anime Blood : the last vampire réalisé par Hiroyuki Kitakuba pour le compte de IG Productions a été encensé pour son habile mélange de 2D et de 3D. D’une courte durée (48 minutes montre en main), ce moyen métrage, s’il a déchaîné une furie auprès de fans manga et d’amateurs de l’animation nippone pur jus, souffrait d’un manque de développement au niveau de ses personnages, tous expédiés à une vitesse v-v’ au profit d’une intrigue parfaitement menée pour sa part. Depuis, le phénomène ne cesse de s’épandre : transpositions vidéo-ludiques, publications de mangas et adaptation sous forme de série télévisuelle, baptisée Blood + qui s’inspire totalement de l’ambiance médiévale originelle.
Dans ce panorama hétéroclite, une transposition live avec des acteurs faits de chair et d’os semblait inéluctable. En mai 2006, Bill Kong, producteur de Tigre et Dragon, annonce officiellement qu’il compte produire cette adaptation et que Ronny Yu, relégué depuis aux sous-produits made in Hollywood (Freddy contre Jason), en sera le réalisateur et le scénariste. Finalement, en lieu et place de Yu, Stephen Chow, scénariste du Maître d’armes, siège aux côtés de Kenji Kamiyama et de Katsuya Terada tandis que la mise en scène revient à Chris Nahon, réalisateur français formé à l’école Luc Besson. L’occasion pour lui de faire oublier ses exactions passées que constituaient Le Baiser mortel du dragon et L’empire des loups, deux œuvres esthétiquement irréprochables dont la mise en scène fut édifiée à la tractopelle.
L’histoire suit le cheminement de Saya, chasseuse de vampires vieille de quatre cents ans qui, à l’instar de Blade et de Bloodrayne, est une créature hybride née des amours d’un hominidé et d’une suceuse de sang. Armée d’un katana, Saya est envoyée par une organisation secrète dans la base US de Yokota, située à quelques kilomètres de Tokyo, afin d’y traquer les vampires qui se tapissent parmi les habitants du camp militaire. Dressée dans un contexte géopolitique lourd (post-Hiroshima et pré-Guerre du Vietnam), cette pellicule évacue toute légèreté propre aux oeuvres vampiriques qui en ont fait des dandys crétins et de vagues séducteurs plus portés sur leur apparence que sur leur fatum maudit. Le métrage distille une atmosphère pesante, ténébreuse et offre un traitement extrêmement sérieux à cette relecture du mythe vampirique initiée par son créateur. Le casting, destiné à charmer autant l’international qu’à séduire le marché asiatique dont on ne saurait se passer, constitue un patchwork de trognes orientales et de seconds couteaux occidentaux. Dans le rôle principal, la ravissante Gianna Jun, star du cinéma sud-coréen, enfile le costume traditionnel des écolières nippones qui continue à faire fantasmer nombre d’accros à la gente féminine asiatique. Pour lui donner la réplique, Liam Cunningham (La Momie 3) et Allison Miller, l’amie américaine de Saya recomposée afin de susciter l’identification du spectateur.
Sortie le 17 juin 2009 en France
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Chemin escarpé
Véritable touche-à-tout artistique, Abel Ferry a travaillé dans la pub (Honda, Nike, Knorr...) le clip (pour Diva Avari surtout), pour la télévision (les Guignols notamment) et a déjà réalisé quelques courts métrages reconnus et remarqués dans le milieu (Le bon, la brute et les zombies avec, en son cast, le tromeur Lloyd Kaufman et la trogne Dominique Pinon). Suite classique et logique oblige, ce réal talentueux et prometteur se lance désormais dans son premier long métrage qui s’annonce d’ores et déjà comme un des films à suivre de l’année. Film de commande sur lequel Abel Ferry est parachuté alors que le scénario est déjà écrit, Vertige (intitulé qui remplace celui originellement choisi, Ferrata) est un film d’aventures qui tourne au survival, dans la lignée du Humains de Pierre-Olivier Thévenin et Jacques-Olivier Molon. Un parallèle d’autant plus
évident que les deux métrages émanent de l’Hexagone, habituellement avare en péloches de genre, qu’ils sont tournés quasi intégralement en décors naturels et qu’ils sont chapeautés par des novices du format long.
Pourtant, la comparaison s’arrête net dès lors que Vertige atteste d’une maestria cinématographique autrement plus convaincante que la péloche aventuro-foireuse des artisans en effets spéciaux. Produit par Sombrero Films (déjà producteurs du transcendant Mutants de David Morley), Vertige traite d’une randonnée effectuée par un groupe d’amis, tous d’anciens potes de chambrée, qui se retrouvent des années plus tard pour une escapade montagneuse sur les flancs de Croatie. L’ascension prend une tournure dramatique lorsque l’écroulement d’une passerelle les contraint à se réfugier en pleine nature. Une nature luxuriante qui devient rapidement hostile suite à l’apparition d’un homme sauvage qui les prend pour cibles…
Marqué d’une simple interdiction aux moins de douze ans, Vertige prend, pour sa part, essentiellement pour cible un public adolescent friand en sensations fortes et encouragé par les mésaventures de ces victimes potentielles, servies en pâture à un tueur sanguinaire. A mi-chemin entre Délivrance
(pour la trame narrative et les décors utilisés) et Cliffhanger (pour le côté haletant de l’ascension montagnarde), le métrage part avec une plus-value indéniable sur son concurrent de La Fabrique de films en ce sens qu’il plonge directement ses personnages dans l’action et ne relâche jamais son souffle jusqu’au dénouement, ne s’encombrant pas au passage de vains bavardages ni de louvoiements interminables comme seuls colmatages d’une intrigue un peu trop simpliste. Ferry parvient au contraire à tirer de son pitch déjà-vu la substantifique moelle en se reposant principalement sur des personnages crédibles dans leurs faits et gestes, autant lors des simples moments de copinage que lorsque ceux-ci sont acculés par une monstruosité tapie dans l’ombre.
Vertige, ultime bastion d’un cinéma français qui parvient, enfin, à rivaliser avec les prods aventuresques hollywoodiennes. Une réussite à constater dès ce mercredi en salles.
Le petit sorcier, héros de l’été
Par Carrie
L’étau démoniaque de Voldemort se resserre sur l’univers des Moldus et le monde de la sorcellerie. Poudlard a cessé d’être un havre de paix, le danger rode au cœur du château... Mais Dumbledore est plus décidé que jamais à préparer Harry à son combat final, désormais imminent. Ensemble, le vieux maître et le jeune sorcier vont tenter de percer à jour les défenses de Voldemort. Pour les aider dans cette délicate entreprise, Dumbledore va relancer et manipuler son ancien collègue, le Professeur Horace Slughorn, qu’il croit en possession d’informations vitales sur le jeune Voldemort. Mais un autre "mal" hante cette année les étudiants : le démon de l’adolescence ! Harry est de plus en plus attiré par Ginny, qui ne laisse pas indifférent son rival, Dean Thomas ; Lavande Brown a jeté son dévolu sur Ron, mais oublié le pouvoir "magique" des chocolats de Romilda Vane ; Hermione, rongée par la jalousie, a décidé de cacher ses sentiments, vaille que vaille. L’amour est dans tous les coeurs - sauf un. Car un étudiant reste étrangement sourd à son appel. Dans l’ombre, il poursuit avec acharnement un but aussi mystérieux qu’inquiétant... jusqu’à l’inévitable tragédie qui bouleversera à jamais Poudlard...
En lisant ce synopsis, vous l’aurez compris, J.K Rowling n’ y est pas allé de main morte en écrivant le sixième épisode de la saga Harry Potter. En effet, la romancière nous présente un roman complexe où se mêlent amour, magie noire, mystères, drames et secrets en tout genre. Si le synopsis retranscrit à merveille les ingrédients du roman,
on peut aussi compter sur l’excellent David Yates (Harry Potter et l’Ordre du Phénix) pour traduire au mieux l’ambiance toute entière de l’œuvre de la romancière. Cette année, le réal, un temps dévolu aux séries télé anglaises, va encore nous époustoufler en accordant les nombreuses qualités de la franchise et, notamment, des effets spéciaux, comme tendra à le prouver la spectaculaire scène d’entrée : la réduction d’un pont de Londres à l’état de poussière. A ce titre, les nombreuses photos dévoilées dans les médias ces dernières semaines démontrent une nouvelle recherche esthétique qui devrait nous en mettre plein les mirettes (la boutique des jumeaux Weasley devrait particulièrement valoir le détour. Rien n’a visiblement été laissé au hasard comme en attestent les alléchantes bandes-annonces et le métrage devrait s’adresser à un public toujours aussi large.
Du côté du casting, de nouveaux personnages font leur apparition. Chez les adultes, nous découvrirons le professeur Slughorn, un personnage érudit, manipulable, intéressé par la gloire des autres et un peu porté sur la bouteille à l’occasion. Il est interprété par Jim Broadbent (Indianna Jones et le crâne de cristal et Le monde de Narnia). Chez les jeunes, Lavande Brown, la petite amie de ce rouquin de Ron, fait son apparition, interprétée par Jessie Cave (Summerhill, Cœur d’encre). A l’image de cette amourette naissante, les hormones
des principaux protagonistes de la saga entrent totalement en éveil avec ce sixième opus qui devrait s’avérer riche en butinages : tandis que Romilda Vane (Anna Shaffer) prépare des philtres d’amours, Harry batifole avec Ginny Weasley, Lavande flirte grossièrement avec Ron (mets-lui la langue, mon beau !), Hermione, folle de rage, essaie tant bien que mal de rendre jaloux son rouquin avec Cornac Mclaggen (Freddie Sorma). La sensualité de l’œuvre risque donc fort de s’en trouver exacerbée et, sans pour autant que Yates ne s’attarde à ces détails, Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé pourrait revêtir des petits airs de Twilight : Fascination. Les scènes de baisers et de jalousie seront légion et devraient permettre à la franchise d’accrocher un public encore plus large.
Toujours du côté des nouveaux arrivants, on remarquera la présence d’Hero Fiennes-Tiffin, un jeune garçon qui est en fait le neveu de Ralph Fiennes (piston, quand tu nous tiens) et qui ne s’est signalé que par un rôle mineur dans un drame de Suzie Halewood, Bigga Than Ben. Mais, comme le hasard fait bien les chose, le neveu de Fiennes
incarnera Voldemort (le personnage de son tonton) durant des flashback concernant le personnage. Ces retours dans le passé servent en fait à Harry Potter dans sa quête. Cette dernière sera, par contre, émaillée d’une présence accrue du détestable Drago Malfoy, toujours incarné par Tom Felton, qui, cette fois, profitera d’un rôle de premier rang.
Ce casting et les moyens mis en œuvre durant un très long tournage a bien entendu un prix : 150 millions d’euros, allongés par une Warner qui sent dans son dos le souffle de Summit Entertainment, firme qui a lancé la nouvelle franchise en vogue auprès des ados, Twilight.
Dès lors, la société a décidé d’empocher le pactole par n’importe quel moyen : Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé a été reporté de près de 8 mois sur ordre des décideurs. Warner Bros. entendait comme cela profiter d’une période estivale toujours propice aux recettes cinéma. Le petit sorcier binoclard s’est dès lors transformer
en leader d’un blockbuster estival, les producteurs multipliant de ce fait les annonces et publications fracassantes. Avec une phase promotionnelle de près d’un an, le sixième volet des aventures d’Harry Potter a sans doute battu des records dans le domaine, nous gratifiant presque chaque jour d’affiches, de photos ou d’extraits inédits. Harry Potter et l’Ordre du phénix, dont on se demande encore comment il pourrait vraiment nous surprendre, envahira les salles obscures dès ce 15 juillet et devrait, comme d’habitude, tutoyer les sommets du box-office mondial durant quelques semaines. Le petit sorcier n’a pas fini de vous enchanter, qu’on se le dise !
D’après une histoire vraie !?
Il ne s’agit nullement du personnage créé par Stan Lee et qui trône, comme seule représentante oestrogénée dans la bande très masculine des 4 fantastiques. Ni d’une quelconque amante translucide du savoureux savant fou créé par H. G. Wells. Plutôt d’une femme lambda, extrêmement quelconque, qui disparaît sporadiquement de la vue de ses concitoyens, au point de se demander si elle n’est pas dotée de
super-pouvoirs. "Au début, je n’y ai pas cru. Je pensais que les autres ne me voyaient pas parce qu’ils ne faisaient pas attention à moi, parce qu’ils ne me trouvaient pas intéressante, parce qu’au fond, j’étais nulle. C’est après que j’ai compris que, par moment, je devenais vraiment invisible. J’étais là et on me voyait plus ! Quelque chose qui n’arrive jamais était en train de m’arriver, à moi."
Une introduction très proche de celles d’Amélie Nothomb pour ce drame sur fond de fantastique qui ne flirte que très relativement avec les gimmicks habituels des films super-héroïques. « C’est davantage un portrait qu’un film à intrigue ou qu’un film de super-héros à l’américaine », explique la cinéaste, Agathe Teyssier, dont c’est le premier long-métrage. « J’ai l’habitude de dire que le film finit là où commence un film américain ! Même si j’ai utilisé les codes du film de super-héros (dont on reconnaît la progression : découverte du don, refus de s’en servir, puis acceptation de sa singularité et naissance du héros) ce qui m’intéresse c’est de traiter sur un mode surnaturel et humoristique les difficultés psychologiques d’une jeune femme d’aujourd’hui. (...) Ce que j’aime dans l’idée du super-héros, c’est que l’accomplissement, ça n’est pas l’acceptation de la réalité prosaïque, qui peut confiner au renoncement. C’est encore un rêve de soi-même, une projection, comme l’impression d’être invisible aux yeux des autres. Mais cette fois-ci, c’est une image de soi-même positive, héroïque, justement. » Quelques codes régurgités au sein d’un drame des plus actuels qui se concentre quasi intégralement autour de son personnage principal : Lili, une femme représentative de son époque où le culte de la réussite ne laisse que peu de place aux singularités anonymes, une société qui croule sous le syndrome Susan Boyle et porte aux nues ce qu’elle a précédemment rejetée sitôt que l’opportunité se présente.
Pas étonnant dans ce contexte que la mention « d’après une histoire
vraie » découle d’une expérience vécue par la réalisatrice : « Il y a une scène qui est vraiment tirée d’un souvenir réel : un jour, alors que je jouais dans une pièce de boulevard pas très glorieuse, ma grand-mère est venue me voir. Je revois encore son visage consterné, et je ressens encore le vide qui m’a envahi quand j’ai vu son visage au milieu du public. »
Malgré l’aspect vécu, La femme invisible dépasse le simple cadre de l’autobiographie onanique pour atteindre des considérations bien plus universelles, celles de l’estime de soi et de cette désagréable sensation de n’être plus rien devant l’indifférence du tout-venant. Métaphore puissante et constat glacial mais touchant de la compétitivité sociétale qui s’impose jour après jour dans nos vie d’« hommes pressés ». Au centre de toutes les attentions, la troublante Julie Depardieu endosse le rôle principal et permet à la pellicule d’être véritablement éblouie de son omniprésence (malgré ses absences, d’où contradiction habile entre contenu et contenant).
Plus d’infos sur ce filmHommes préhystériques
Petite devinette : Que se passe t-il lorsque Harold Ramis, génie comique des années 80, rencontre Judd Apatow, le nouveau maître de cette discipline depuis près de 10 ans ? Cela donne Year One, une production légèrement décérébrée portée par la crème des stars comiques de notre époque. Et si ma devinette n’est désespérément pas drôle, il y a fort à parier que le film le sera.
Après s’être occupé d’un mafieux dépressif campé par Robert De Niro dans le diptyque Mafia Blues, l’ex-Egon Spengler de S.O.S Fantômes nous emmène au tout début de notre ère avec l’histoire de Zed et Oh, deux chasseurs-cueilleurs tellement bas du plafond qu’ils se font chasser de leur village natal. Etant d’irrécupérables bons à rien, ils devront s’unir et s’entraider pour aller de l’avant afin de découvrir de nouveaux horizons et - du coup - affronter de nombreux dangers. Mais pas seulement, puisque leur grand périple les mènera sur les traces de légendes religieuses, tels Isaac et son père Abraham, ou les frères ennemis Abel et Caïn. Lorsqu’on lui a proposé le rôle, Ramis "a immédiatement pensé à deux choses : d’abord le personnage interprété par Mel Brooks, "L’Homme âgé de 2000 ans" (dans La Folle Histoire du Monde - ndlr) et à un sketch improvisé que j’avais mis en scène il y a longtemps avec John Belushi et Bill Murray. Dans ce sketch, Bill était un Homme de Cro-Magnon classe et moderne, alors que John un Néandertalien complètement abruti." Plus tard, le comique ira jusqu’à comparer Jack Black avec l’interprète de Jake Blues des Blues Brothers.

En plus de promettre une relecture insolente des mythes bibliques, cette incursion jusqu’alors inédite permet à Ramis, de confession juive, de disposer d’un beau casting. Commençons par le début avec Jack Black et Michael Cera, qui campent les deux hommes préhistoriques naïfs. Si l’on ne présente plus le premier, toujours à l’aise dans n’importe quel registre, comme le prouveraient le génial King Kong et le délirant Tenacious D in The Pick of Destiny, intéressons-nous de plus près au jeune et déjà indispensable Cera. Révélé en 2007 par l’hilarant Supergrave de Greg Mottola, déjà produit par Judd Apatow, et la série Arrested Development, le jeune homme continue de se frayer un chemin dans le monde du cinéma, explorant aussi bien le cinéma indépendant (Juno) que les productions pour jeunes (le futur Scott Pilgrim VS The World d’Edgar Wright).
Quant à sa présence dans Year One, Michael l’explique ainsi : "J’avais trouvé le scénario génial, et je suis un grand admirateur de Harold Ramis. Il a beaucoup influencé ma vie... Je trouvais que travailler avec lui était très excitant (...), je me suis dit que ce serait marrant.". Le tournage lui a permis de se découvrir une certaine proximité avec Jack Black et le metteur en scène, prêt à tout pour le satisfaire... C’est également la même motivation qui a mené Judd Apatow à confier le projet à Harold Ramis, jusqu’alors second rôle récurrent dans ses productions En Cloque - Mode d’Emploi et le génialissime Walk Hard - The Dewey Cox Story.
Malgré tout, une scène n’a pas été une véritable partie de plaisir dans cette modeste production pour le jeune comédien : "C’était déjà énervant d’avoir une perruque collée sur la tête tous les jours, mais être entièrement peint en or était bien pire. C’est la chose la plus désagréable que j’ai eu à faire pour un rôle. Il m’a fallu une éternité pour l’enlever. (...) Il y a aussi un moment dans le film où je me retrouve pendu à l’envers... J’ai vraiment souffert, en fait.". Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour divertir le public de nos jours...
Outre nos deux héros, il y a du beau monde qui se bouscule dans le casting du film, à commencer par Harold Ramis lui-même, qui s’accorde seulement le rôle d’Adam, premier Homme sur Terre. David Cross, également transfuge de la série Arrested Development, obtient le rôle de Caïn, tandis que le génial Paul Rudd fait une apparition en tant qu’Abel, dont on connait tous le triste sort. Hank Azaria, récemment vu en Kah Mun Rah dans La Nuit au Musée 2, campe le non moins important Abraham, alors que son fils Isaac est interprété par Christopher Mintz-Plasse, le McLovin culte du même SuperGrave. Vinnie Jones (Midnight Meat Train), Bill Hader, Kyle Gass et les belles Juno Temple et Olivia Wilde complètent en beauté cette palette d’acteurs chevronnés.
Car malgré son sujet plus ou moins original, son budget de 60 millions de dollars et ses 46 décors grandeur nature (réalisés en dix semaines par une équipe qui mérite d’être saluée), le film reste avant tout une pure comédie US telle qu’on en voit souvent, avec des gags délicieusement régressifs et souvent en-dessous de la ceinture. Ce qui, on le sait, est loin d’être du goût de tout le monde. La preuve ? Le film, sorti le 19 juin dernier Outre-Atlantique, a recueilli un grand nombre de critiques négatives. Pas seulement sur le fameux site Rotten Tomatoes, où seuls 17 % de bons avis sont répertoriés, mais surtout dans la presse. Ainsi, on a pu lire que selon Michael Phillips, critique au Chicago Tribune, "L’An Un ne rejoindra pas la liste des comédies cultes, que Harold Ramis a contribué à créer lui-même en tant que scénariste, auteur et acteur.". Même le célèbre Roger Elbert n’a donné qu’une étoile dans son fameux barème de quatre étoiles.
Comme si ça ne suffisait pas, il n’y a pas que les mauvaises "reviews" qui laissent craindre le pire avec le film. Dans l’Hexagone, on sait déjà à quel point les comédies américaines sont détestées des distributeurs. L’année dernière, la formidable comédie geek Frangins Malgré-Eux n’avait bénéficié que d’une vingtaine de salles seulement, dont les seules copies VOST étaient disponibles dans l’agglomération de la capitale. Même son de cloche pour I Love You, Man avec Paul Rudd, sorti la semaine dernière en France et en Belgique avec le même constat. Enfin, même Zack et Miri tournent un Porno du cultissime Kevin Smith n’a pas encore de date de sortie en France, alors que nos confrères belges ont pu le voir - de façon très limitée - en février dernier. Dès lors, avouez que l’on ne peut qu’avoir peur avec la sortie prochaine de L’An Un, que certains ne pourraient finalement qu’apprécier uniquement en DVD, et ce malgré les présences - franchement bénéfique - de Harold Ramis et de Jack Black.
Pourtant, il sera difficile de résister à la curiosité d’aller voir le film au cinéma, quitte à en ressortir déçu. Après tout, certaines comédies cultes des années 80 avaient été violemment critiquées à leur sortie, non ? Et même s’il n’y a plus ou peu de place à notre époque pour que John Landis, les ZAZ ou même John Hughes (quelques jours après avoir écrit cet article, le réalisateur culte de Weird Science décédait - ndlr) puissent revenir sur le devant de la scène correctement, on a toujours le doit d’espérer un bon retour ?
Mais pour retrouver le vrai Harold Ramis que l’on connait tous, il faudra probablement attendre la sortie de Ghostbusters 3. Et à en croire les rumeurs, c’est pour bientôt !
BANDE ANNONCE VF :
Quand les jouets prennent vie...
1963. Depuis 4 ans, la firme Mattel a lancé un jout qui a révolutionné l’industrie, conquérant au passage le cœur de toutes les fillettes, la Barbie. La société Hasbro, fort présente dans le monde du jouet en ressent les effets et cherche une création capable de concurrencer la blonde aux formes aguichantes. La solution viendra d’un consultant d’Hasbro qui trouva l’idée de créer un héros pour jeunes garçons, le G.I. Joe. Soldat articulé de 30 cm, l’objet frappe de plein fouet l’industrie du jouet pour s’imposer rapidement comme le maître achat d’une jeunesse en manque de sensations. Rapidement portée au devant de la scène, la firme déchante néanmoins à cause de la guerre du Vietnam qui donne mauvaise conscience au peuple américain qui, petit à petit, boude son armée et donc, tous ses produits dérivés. En plein creux, Hasbro décide alors de muer son héros en explorateur, personnage bien plus vendeur qui, de plus, se miniaturise afin d’acquérir la taille bien plus pratique de 9,5 cm. Les aléas de la mode se chargeront alors de transformer le personnage en véritable espion, membre d’une troupe secrète aux multiples personnages et aux véhicules qui émerveilleront des générations entières.
Quel gamin n’a jamais eu en main un G.I. Joe ? C’est sans doute là la réflexion des dirigeants de la firme Hasbro qui, depuis quelques temps déjà, désiraient voir les aventures du héros déclinées sur grand écran, à l’image des comics génialissimes dont les différents personnages avaient joui. Dès lors, lorsque Lorenzo Di Bonaventura décide de
développer Transformers, autre produit maison, les dirigeants de la firme décident de lui proposer en parallèle de produire un métrage voué à la gloire de G.I. Joe. Warner étant relativement réticent, le projet met du temps à se monter jusqu’à ce que Paramount Pictures trouve son bonheur dans une mythologie aussi riche que plaisante pour un public assez large.
Doté d’un budget encore supérieur à celui de Transformers (c’est-à-dire plus de 140 millions de dollars), le projet G.I. Joe, le réveil du Cobra se développe de manière assez lente mais la production engage rapidement un cinéaste de talent en la personne de Stephen Sommers, déjà responsable des Aventures d’Huckleberry Finn, du très peu inspiré Van Helsing et du Livre de la Jungle. Pas toujours servis par des producteurs et scénaristes tout acquis à la cause du box-office et de la rentabilité, le réal comptait bien se faire un véritable nom en adaptant ce qui ressemblait à l’idole de nombreuses générations. De son propre
aveu, Sommers désirait verser dans le film d’espionnage à la James Bond, domaine qu’il apprécie particulièrement pour en être un véritable fan.
Dès lors, G.I. Joe, le réveil du Cobra devrait être un véritable régal naviguant à volonté entre des univers filmiques totalement différents. En effet, Lorenzo Di Bonaventura, ainsi que Stuart Beattie, David Elliott et Paul Lovett, ses scénaristes, désiraient avant tout préserver les multiples facettes qu’a acquis le héros au fil des années. Tantôt espion, tantôt soldat ou encore aventurier, le tout parsemé de SF grâce à des gadgets et à des locaux hors du commun, c’est l’univers développé durant 30 années de marketing qui sera présent en une seule bande d’1h47 .
Plus encore qu’une simple adaptation de comic book et d’un univers mercantile toujours à la pointe, c’est à quelques innovations qu’il faut s’attendre avec le métrage de Stephen Sommers.
Car la pellicule de Paramount Pictures va, selon les dires de son producteur, creuser la mythologie des différents personnages et fournir diverses explications inédites à leurs existences et comportements.
Ceux-ci seront d’ailleurs sans doute exprimés au mieux par un casting impressionnant. La superbe Sienne Miller, interprète d’une Baronne toute de cuir vêtue, donnera notamment la réplique à la star Dennis Quaid (Général Hawk), à l’omniprésent Channing Tatum (Duke, représentant du premier jouet G.I. Joe), au français Saïd Taghmaoui, à la sexy Rachel Nichols ainsi qu’aux ninjas Byung-hun Lee et Ray Park, et, bien entendu, le vilain Joseph Gordon-Levitt, qui incarnera le Cobra, chef d’une institution criminelle bien connue. Ce dernier sera le chef d’une organisation terroriste contre laquelle les G.I. Joe devront lutter… pour le plus grand plaisir des fans de la franchise dès ce 5 août dans les salles.
LA BANDE-ANNONCE
Tim Burton presents...
Dans un futur proche, la Terre a été ravagée par une grande guerre entre les hommes et les puissantes machines qu’ils avaient crées. Sachant l’humanité condamnée, un scientifique créé 9 petites créatures, fragiles et sans défense à partir d’objets divers ramassés dans les décombres. Incapables de s’opposer aux machines, ils ont formé une petite communauté survivant au jour le jour dans les décombres. Mais le dernier né de cette famille, le Numéro 9 a une mission. Il détient en lui la clé de leur survie et devra convaincre ses camarades de quitter leur refuge de fortune pour s’aventurer au coeur du royaume des machines. Ce qu’ils vont découvrir en chemin représente peut-être le dernier espoir de l’Humanité.
Autant le répéter une nouvelle fois d’entrée : Non, ce n’est pas Tim Burton qui réalise ce nouveau film d’animation. Non, il n’est pas non plus à l’origine de cette histoire sombre et originale, au contraire de l’injustement attribué The Nightmare Before Christmas. Non en fait, il ne fait que produire, à l’instar du cinéaste tout aussi visuel Timur Bekmambetov. Et c’est tout, maintenant, arrêtons de le placer en avant dans ce métrage qui doit absolument tout à son créateur, Shane Acker.
A l’origine, 9 n’était rien d’autre qu’un court métrage de 11 minutes. Enfin, c’est facile à dire pour celui qui n’a pas passé 4 ans et demi dessus à bosser comme un dingue. C’est le temps qu’il a fallu pour Acker et sa petite équipe d’une dizaine de personne afin d’aboutir au résultat final, dévoilé en 2005 dans certains festivals, et que l’on peut admirer désormais sur tous les bons sites de partage du web.
D’abord diplômé dans une école d’Arts et d’Architecture, Shane Acker change de registre et se lance dans l’Animation. Ses quelques travaux d’étudiants, comme le cartoonesque et plutôt gore The Hangnail ou le court mais jubilatoire The Astounding Talents of Mr.Grenade, se font vite remarquer.
Visant une nouvelle carrière, il se munit de plusieurs ordinateurs et de logiciels essentiels pour se lancer dans un premier grand court métrage, en hommage à ses modèles assumés, les encore jeunes Pixar. Le résultat : un court métrage sombre et apocalyptique dans lequel une poupée de chiffon baptisée 9 tente de survivre à d’impitoyables et énigmatiques créatures robotiques qui déciment les siens, et qui rafle de nombreuses récompenses, parmi lesquelles la Médaille d’Or du Student Academy Award, ou le Best In Show du SIGGRAPH (bon, le Special Interest Group on GRAPHics and Interactive Techniques). Il rata même de peu l’Oscar du Meilleur Court-Metrage d’Animation, dévolu à The Moon and the Son : An Imagined Conversation de John Canemaker.
Mais c’est en remportant le Prix du Meilleur Film Animé au San Diego Comic-Con que les premières rumeurs de transformer le court en long métrage apparaissent. En effet, c’est à cette énorme convention qu’un certain Tim Burton (merde les mecs, on avait dit qu’on arrêtait d’en parler !) a remarqué le jeune réalisateur et son film, qu’il clame être "les dix minutes de film les plus impressionnantes qu’on aie jamais vu". Après tout, n’est-ce pas avec le génial Vincent que l’étrange cinéaste a fait ses premières armes ?
Ainsi pistonné, la production du véritable film peut commencer, à travers différents la tutelle d’Universal Studios et sa branche artistique, Focus Feature. Aidé de studios plutôt efficaces, comme les Luxembourgeois d’Attitude Studio, pujis ensuite les Américains de Starz Media, derrière The Simpsons. Timur Bekmambetov, réalisateur "visionnaire" de la saga surestimée Night Watch/Day Watch, prête à son tour toute son attention sur le projet entre temps.
L’Histoire, elle, sera complètement réécrite, avec l’aide de la scénariste Pamela Pettler (Corpse Bride). Ainsi, le film apporte des explications attendues par rapport au court d’origine, et rend le monde des Hommes apocalyptique, suite à une nouvelle guerre entre les Humains et les Machines qu’on a crée. Comme il n’y avait qu’en tout 3 personnages dans le court métrage original, il fallait bien évidemment étoffer le tout, et c’est ainsi que l’on passe à un groupe de 9 poupées inédites aux caractéristiques propres.
Ce n’est qu’en 2007, lorsque le casting de voix fut révélé, que l’intérêt porté à Numéro 9 ne fut plus que celui des fanatiques d’animation. Et jugez du peu : 6 des neuf nouvelles poupées chargées de sauver le monde déchu des Humains sont doublées par des comédiens plutôt talentueux, voir cultes. Commençons par Christopher Plummer, qui prête sa voix à N°1, la plus ancienne des poupées, et être de raison bien précieux dans cette quête qu’il mène inévitablement. N°2, doublé par Martin Landau, s’avère être l’inventeur du groupe, téméraire et inventif. Le bipolaire John C. Reilly (à la fois acteur dramatique et comique génial) devient N°5, une poupée débordant d’idées, sur qui ils peuvent bien entendu compter. Petite dédicace de la part de Shane Acker, N°6, l’excentrique de la bande, s’inspire directement de Tim Burton (encore !)... mais qui de mieux que le génial et hystérique Crispin Glover pour lui donner âme ? Seule poupée femelle du groupe, N°7 est la plus combattante d’entre elle, et est doublée par la non moins séduisante Jennifer Connelly. Enfin, N°9, héros éponyme et jeune poupée élue pour remettre de l’ordre dans ce chaos apocalyptique, se voit dotée des cordes vocales d’Elijah Wood, Frodon en personne.
"Le scénario a attiré mon attention tout autant que le court métrage, confiait-il lors du dernier Wonder-Con. Je l’ai trouvé excitant (...), je voulais en être. Avec la vision de Shane Acker, que demander de plus ?"
. A propos de son personnage, il confie "C’était génial de le doubler... Mais il a vécu une aventure similaire à l’un de mes anciens personnages, et je n’arrive pas à me rappeler quoi... Une sorte de quête."
Egalement touché par cet univers "terriblement sombre et déprimant", la présence d’Elijah au casting ne fait que rajouter du prestige à un film qui ne va pas tarder à se faire un nom.
Décembre 2008 : la première bande annonce officielle débarque sur le net, et toute une communauté découvre le choc. "Enfin un film d’animation adulte !" scandent les joyeux geeks, "C’est moche !" crient les irrécupérables trolls. Une chose est sûre, 9 ne laisse personne indifférent. De par la beauté de ses graphismes, fluides et incroyablement éclairés, ou par l’ingéniosité visuelle des batailles entre poupées et machines, la bande annonce laisse bouche bée, bercée par un extrait épique du désormais culte "Welcome Home" de Coheed and Cambria. Dès lors, une bonne partie des cinéphiles de la planète s’intéressent de près à ce métrage animé, pourtant déjà alléchant rien qu’à l’idée de la présence de Burton (Oh !) et Bekmambetov associé à ça. L’arrivée de Danny Elfman et sa collaboratrice Deborah Lurie (gentiment "prêtés" par "Tim B.") à la Bande Originale ou encore le marketing viral toujours aussi efficace contribuent au buzz grandissant de ce que certains clament déjà comme "le Renouveau du cinéma d’animation".
Etrangement, la France sera la premier pays a avoir la chance de pouvoir admirer ces poupées aventurières sur grand écran. En effet, la sortie est programmée pour le 19 Août prochain, soit 3 semaines avant les Etats-Unis, où le film sortira le 09 Septembre (09.09.09 quoi). Quant à la Belgique, ils ne découvriront le film que le 16 Septembre. Espérons que de notre côté de l’Atlantique le succès soit au rendez-vous, et que le public ne se laisse pas penser qu’il s’agit d’un film uniquement pour enfants. Après tout, avec un nom affiché aussi grand que celui de Tim Burton sur les posters, impossible que le film n’aie pas son succès auprès des cinéphiles et des adolescents, non ? Misère...
Bande Annonce VOST :
Nymphomanie chronique
Au moment même où les négationnistes Dieudonné et consort tiennent le haut du pavé dans la presse française, le réalisateur serbe Uros Stojanovic rappelle, à l’instar de Georges Brassens (oui, l’autre moustache qui faisait rimer « couille » avec « nouilles », pour reprendre les termes de
Bernard Frédéric), que la guerre de 14-18 était un conflit vachement dévastateur. En territoire serbe, chaque homme, dès qu’il atteint la taille d’un fusil, est directement enrôlé pour le front et rares sont ceux qui en reviennent. Du coup, certains villages se sont considérablement oestrogénés et les mégères, sujettes à de grandes crises de nymphomanie primaire, attendent impatiemment qu’un quidam vienne leur arpenter le mont de Vénus.
A Pokrp, la situation est d’autant plus dramatique qu’on ne compte plus qu’un mâle survivant, surnommé papi Bisa. Mala et Ognjenka, deux sœurs aux formes généreusement sculptées, angoissent de ne connaître un jour les vertiges de l’amour et approchent le vieillard pour lui extirper un souffle synonyme de jouissance. Mais, devant le corps buriné, les jeunes femmes s’affolent et le cri strident de l’une d’elles tue sur le coup le dernier bastion de la gent masculine. Les deux sœurs bénéficient de trois jours pour retrouver un autre homme et le ramener au village, faut de quoi elles périront sur le bucher.
Doté d’un budget de 5 millions d’euros, Charleston et Vendetta (la traduction s’approche davantage du titre original que de la transposition américaine, Tears for sale) intègre le rang de blockbuster dans l’industrie cinématographique serbe. Bâti comme une fable décalée à la manière des derniers films de Jean-Pierre Jeunet (Le fabuleux destin d’Amélie Poulain ou, plus proche encore, Un long dimanche de fiançailles), ce premier long métrage du cinéaste serbe Uros Stojanovic est inspiré d’une situation bien réelle puisque le relevé démographique de nombreuses auréoles villageoises autochtones affichent un équilibre délicat entre hommes et femmes, ces dernières étant jusqu’à cinq fois plus nombreuses que leurs
congénères masculins. Une situation instable qui est prétexte à une peinture surréaliste, décalée en regard de la dureté des événements (les désastres de la guerre, la détresse des veuves) que des mouvements de caméras éthérés soutiennent adéquatement. Des plans d’ensemble vertigineux abondent et rendent pittoresque, presque exotique, la misère d’un monde dont les structures se démantèlent de toutes parts.
Le film est distribué en France par EuropaCorp, la société de Luc Besson, qui a d’ailleurs investi quelques billes lors de la titanesque phase de post-production du film.
LE TRAILER
Plus d’infos sur ce filmEnfance difficile ?
Yanka est une ancienne foraine qui dut porter dans son ventre, et ce contre son gré, une étrange créature parlant et réclamant régulièrement du sang frais… Croyant avoir mis fin à la vie du monstre dans un accident auquel elle a miraculeusement survécu, Yanka tourne progressivement la page et s’enrôle même dans la police. Vingt ans après, elle est confrontée au retour de la bestiole qu’elle avait enfanté, et qui prend désormais possession de personnes innocentes afin de se rapprocher de son ancienne mère porteuse…
1990. Alain Robak offre au public un des premiers films gore Made in France, où
le gore et l’humour noir se mêlent pour donner naissance à une péloche aussi déjantée et hallucinante que la créature portée par l’héroïne. En bref, une série Z totalement barrée comme l’Hexagone n’eut pas souvent l’occasion d’en voir, avant que survienne, une quinzaine d’année plus tard, un regain d’intérêt pour les bobines de genre dans le pays. Il paraissait presque impensable d’espérer une suite, et pourtant, c’est Emmanuelle Escourrou, qui interprétait Yanka dans le premier opus, qui fut à l’origine de ce projet. En effet, alors qu’elle participait à l’enregistrement de bonus pour le DVD de Baby Blood, l’idée d’une suite lui est venue. Endossant le rôle de scénariste, elle commença alors à écrire, remettant ainsi la franchise au goût du jour, épaulée par Jean-Marc Vincent, qui signe son premier long métrage. Habitué du genre, il avait déjà mis en scène trois courts, à savoir la comédie fantastique Noël et les garçons, le lycanthropique Wolfpack ainsi que Faux départs.
Si Baby Blood jouait la carte de la série B, Lady Blood se rapproche davantage d’un « drame sur fond d’univers fantastique et sur fond de polar », pour reprendre les mots de Jean-Marc Vincent. C’est « un long métrage qui ne rentre pas dans une case. Lady Blood parle d’un élément qui fait irruption au sein d’une cellule familiale et la fait exploser ». Moins de gore et d’humour noir que le premier opus, ce qui en faisait sa particularité. « Je voulais me démarquer du long métrage d’Alain, que j’aime beaucoup, même si ce n’est pas l’humour que je préfère ». L’accent semblerait donc être mis davantage sur la suggestion, bien que la bande annonce présage une ambiance quelque peu… glauque ! Les effets ont été confiés à Sébastien Drouin et David Scherer, qui reprendront le flambeau du talentueux et regretté Benoît Lestang, disparu fin juillet 2008.
A l’image de Baby Blood où des personnalités comme Alain Chabat et Jean-Yves Lafesse en profitaient pour faire des apparitions, Lady Blood
comptera aussi son lot d’acteurs plus ou moins habitués au genre, comme Philippe Nahon (Haute Tension, Calvaire), Serge Riaboukine, Bruno Solo ou le réalisateur Xavier Gens.
En dépit de la censure des affiches originelles (celle représentant un homme dont le visage est solidement entouré de barbelés ayant été remplacée par une version nettement plus soft), les premières images présagent un film jusqu’au-boutiste, en espérant avoir droit à une version uncut à sa sortie en salles le 19 août…
La 3D traine la patte
En 2000 sort sur les écrans Destination finale, premier long métrage du réalisateur James Wong, alors réputé pour son travail de scénariste sur les séries X-files et Millenium. Adeptes des gimmicks sur lesquels reposent des œuvres entières, Wong et Glen Morgan, le futur réalisateur des remakes Willard et Black christmas, désossent un concept pondu par Jeffrey Reddick et échafaudent ensemble une histoire de fatalité morbide qui frappe les rescapés d’un accident d’avion. L’épisode, point de départ du récit, est
tiré d’un fait divers réel, celui du crash du vol TWA 800 qui s’est déroulé en 1996 à New York, quelques minutes après le décollage de l’appareil de l’aéroport JFK.
En convainquant certains de ses condisciples de sortir de l’appareil à la suite d’un rêve prémonitoire, le jeune Alex Browning a déjoué les plans de la Mort qui va dès lors s’escrimer à rattraper le coup en zigouillant un à un les heureux survivants de cette catastrophe préprogrammée. S’enchaînent des accidents plus rocambolesques les uns que les autres tandis que le héros tente d’enrayer les plans de la Grande Faucheuse en protégeant les potentielles victimes. D’une logique implacable, le planning mortuaire s’échelonne selon l’ordre de décès de l’accident originel et tout chamboulement de cet ordre sauve définitivement la peau du cadavre en puissance. L’argument fantastique, remarquablement utilisé, donne naissance à une série de séquences morbides très graphiques où sang et tripes se mélangent dans un feu d’artifice sanguinolent qui prépare doucement le terrain aux futurs torture porns. A la fois effrayant et ludique, Destination finale ravit un public qui redécouvre les entertainment sanglants et leur voue un indéfectible amour (au point que James Wan doive préciser sur Facebook qu’il n’était pas le réalisateur de Destination finale 3).
Fort de ce succès (plus de 30 millions de dollars de bénéfice), New line réenclenche la féroce mécanique qui ne varie plus d’un iota d’un épisode à l’autre. Alternativement, James Wong (pour le premier et le troisième tomes) et David R. Ellis (pour les volets 2 et 4) resservent les mêmes ingrédients : une catastrophe à laquelle échappent une poignée de cocus, des accidents de plus en plus farfelus et gore, un plan démoniaque (jamais le même) à déjouer.
Réduit à son plus simple appareil, le procédé finit par lasser. Tant et si bien que ce quatrième volet de la franchise doit se parer des ornements de la 3D pour attirer un public de plus en plus méfiant à l’égard de ces mascarades filmiques. Sans surprise, à l’instar des récents Scar et Meurtres à la Saint-Valentin, Destination finale 4 thésaurise essentiellement sur lesdits effets stéréoscopiques et privilégie la forme à un fond déjà fortement épuisé. Au crash du vol 180, à la spectaculaire collision de l’autoroute A23 et aux dérèglements des
montagnes russes du Diable succède donc une course automobile décapante à laquelle vont échapper une poignée de spectateurs qui devront rivaliser d’ingéniosité pour échapper ensuite à leur funeste destinée.
Autant dire que le concept, déjà largement rebattu, n’intéresse plus grand monde et que le gimmick du 3D commence également à filer la migraine aux cinéphiles étourdis par la consternante facilité dans laquelle se réfugient les utilisateurs du procédé. Pis, Destination finale quatrième du nom constitue le plus affligeant épisode de la franchise, en ce sens qu’il s’avère bien incapable de renouveler quoi que ce soit et se contente à l’inverse de réchauffer une bouillie qui a dépassé sa date de péremption. Au programme, des exécutions peu inventives, des effets visuels médiocres, une intrigue enflée par les stéréotypes et une utilisation fainéante à la troisième dimension qui se voit réduite à l’envoie de l’un ou l’autre matériel vers une assistance lassée de ce genre d’amusements de foire.
LE TRAILER
Plus d’infos sur ce filmQuand un Sud-Africain révolutionne la science-fiction
Promis à un brillant avenir suite à une publicité Citroën qui obtint un franc succès (celle imitant à bien des égards les Transformers de Michael Bay), Neill Blomkamp, réalisateur sud-africain, déchanta néanmoins rapidement, les sirènes d’Hollywood étant plus fausses qu’il ne croyait. Alors qu’il avait été embauché sur l’immense projet d’adaptation cinématographique Halo, le cinéaste fut mis à rude épreuve et après bien des ennuis d’ordre financier, le projet fut abandonner, laissant Blomkamp sur le carreau. Heureusement, le talentueux et clairvoyant Peter Jackson prit Blomkamp sous son aile et lui permit de s’exercer à la réalisation en produisant, par l’entremise de sa firme WingNut Films, son premier long-métrage, District 9.
Le concept du métrage, sorti directement de l’imagination de Neill Blomkamp, véritable passionné de SF et bien aidée dans l’écriture du scénario par le néophyte Terri Tatchell, brille par une originalité énorme, qui se traduit de manière généreuse par le biais d’un pitch alléchant. Il y a trente ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre... Les humains avaient tout imaginé, sauf ce qui se produisit. Les extraterrestres n’étaient venus ni nous attaquer, ni nous offrir un savoir supérieur. Ces visiteurs d’au-delà des étoiles étaient des réfugiés, les derniers survivants de leur monde. Ils furent temporairement installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire... Depuis, la gestion de la situation a été transférée à la MNU (Multi-National United), une société privée qui n’a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d’énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner
leur extraordinaire armement. Jusqu’à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l’ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsqu’un agent de terrain du MNU, Wikus van der Merwe, contracte un mystérieux virus qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l’homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu’une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien. Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu’un seul endroit où se cacher : le District 9...
Alors que la plupart du casting se résume en une liste de noms inconnus, Blomkamp compose donc avec une histoire assez novatrice que pour surprendre dans un paysage cinématographique trop souvent livré en pâture à hyper-productions SF. Si le budget de de 30 millions de dollars suffisait à contenter Blomkamp, ce dernier a dû se frotter les mains en voyant le battage médiatique mis en place par WingNut Films. Peter Jackson étant
certain d’avoir misé sur le bon cheval et de tenir là une œuvre marquante, sa firme a largement contribué à faire connaître District 9.
De bandes-annonces marquantes en affiches étonnantes, la promotion de l’œuvre de Blomkamp acquit encore une autre dimension lorsque WingNut livra quelques vidéos délirantes, tournées de manière documentaire, expliquant la sexualité chez les extraterrestres et autres joyeusetés du genre. Le métrage fut par ailleurs décliné en un jeu vidéo flash en ligne particulièrement passionnant qui accrocha encore un peu plus l’attention d’un large public.
Néanmoins, la sortie de District 9 au mois d’août aux Etats-Unis demeurait difficile puisque le métrage de Blomkamp allait devoir faire
face à de véritables machines commerciales telles que Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (pourtant sorti longtemps avant), G.I. Joe, le Réveil du Cobra, un terrible concurrent, et L’âge de Glace 3. Rien ne laissait donc présager une quelque réussite au box-office. Et pourtant… Dès son premier week-end d’exploitation, District 9 coiffa tout le monde au poteau et s’imposa en tête du box-office avec… 37 millions de dollars engrangés en trois jours. Depuis, c’est la success story pour District 9 qui a trôné une semaine en tête des recettes (avant l’arrivée d’Inglourious Basterds) et qui a déjà obtenu plus de 80 millions de dollars en deux semaines à peine (chiffres arrêtés au 29/08/09)
sur le marché domestique, tandis que les premières sorties à travers le monde faisaient déjà état d’un relatif succès, le métrage engrangeant plus de 15 millions. Ce succès commercial est, de plus, doublé par une véritable avalanche de compliments, les spectateurs plébiscitant volontiers District 9 sur la toile et notamment sur le site IMDb (8,7 de moyenne pour 35.000 votes, chiffres arrêtés au 29/08/09).
Le public francophone pourra d’ailleurs bientôt participer à ce succès qui fait de District 9 l’une (si pas LA) révélation de l’année. Le 16 septembre en France, le 30 du même mois en Belgique, le public découvrira enfin le travail d’un réalisateur qui devrait faire encore plus de bruit dans les prochaines années. Voulez-vous assister à la naissance d’une étoile ?
Jeu de rôle grandeur nature
Thème assez peu traité au cinéma, les intrications entre l’univers des jeux vidéo et la réalité prend une autre consistance à l’heure où les MMO ne cessent de se développer et de convertir à leur cause des foules d’aficionados. Shootés aux pérégrinations en « mode réel » de World of Warcraft, les gamers ne suivent plus passivement la partie mais la vivent littéralement, au point de s’y sentir parfois plus investis que dans leur propre existence.
Sorte de mix entre Running Man et Avalon, le
script de Gamer dépeint une société futuriste dans laquelle les avatars desdits jeux sont remplacés par de vrais humains, manipulés à distance et sans le moindre risque par des joueurs, tranquillement affalés dans leur fauteuil. Cette innovation technologique est l’œuvre de Ken Castle (Michael C. Hall) qui compose un nouveau style de jeu pour divertir le peuple : Slayers. Dans ce shooter s’affrontent des criminels condamnés à la chaise électrique, qui convoitent une potentielle libération. En effet, le participant, toujours commandé par un joueur externe grâce à un sérum nanotechnologique implanté dans le cerveau des volontaires, qui parviendra à aligner trente victoires de rang, retrouvera l’air libre. En tête de la compet’, Kable (Gerard Butler) espère bien continuer sur sa lancée et parvenir à remporter les trois victoires manquantes pour accéder au précieux sésame. Mais Ken Castle veut à tout prix éviter le criminel de retrouver l’air pur…
Ultimate game (aka Gamer), sous ce pitch mi-science-fictionnel mi-thriller, cache en fait le nouvel actioner du tandem composé par Mark Neveldine et Brian Taylor, deux ex-cameramen qui se sont directement imposés dans le panorama hollywoodien comme les spécialistes du film d’action sur-vitaminé, shooté sous coke, grâce au déjanté diptyque Hyper Tension. Le magnat de la finance Castle prend les traits de Michael C. Hall, expert en serial killer, pour avoir interprété le rôle de Dexter dans la série éponyme tandis que, dans un rôle pas très éloigné de celui revêtu jadis par Jason Statham, les cinéastes ont opté pour une autre carrure stéroïdée et tout aussi survoltée, celle de Gerard Butler, qui s’est révélé sous la cuirasse du roi Leonidas dans le 300 de Zack Snyder. Son marionnettiste, Simon, est incarné par le jeune Logan Lerman, aperçu dans L’effet papillon et Le nombre 23.
Un casting performant, lancé à du 200 km/h dans une intrigue simplifiée à l’extrême au profit de l’action omniprésente. Avec une
frénésie proche de celle qui habitait Hyper Tension, Gamer déroule son lot de cadrages improbables, de personnages de premier et de second plan et d’affrontements testostéronés, les deux auteurs adoptant une mise en scène qui emprunte une nouvelle fois beaucoup à la réalisation vidéo-ludique, érigée en grammaire cinématographique autonome, comme en son temps Mamoru Oshii avec Avalon ou, à moindre échelle, Matrix des Wachowski brothers. Pur entretainment sans prétention (à la manière, dans son propre registre de certains films de Kitamura), Gamer s’affranchit de toute métaréflexion sur la thématique qu’il aborde et se cantonne à n’être qu’un trip sensitif amenant lentement à l’overdose, sans jamais atteindre le nirvana.
LE TRAILER
Plus d’infos sur ce filmLa petite révolution d’Alvart ?
Après avoir marqué les cinéphiles du monde entier avec son agréable Antibodies, l’Allemand Christian Alvart se vit rapidement proposer une place au soleil dans les studios hollywoodiens, Paramount Pictures se chargeant de débusquer ce cinéaste au talent reconnu. C’est ainsi que ce dernier se retrouva aux commandes du Cas 39, thriller fantastique dont la distribution (avec Renée Zellwegger en tête d’affiche) n’avait d’égal que le budget. Hélas, Alvart dut vite se rendre à la curieuse évidence que tout n’est pas toujours rose à Hollywood et que réaliser un film de commande pour un énorme studio était tout sauf une sinécure. Deux ans après le tournage de ce qui devrait s’avérer être un échec retentissant (le film ne sortira qu’à la fin de l’année), le réal semble néanmoins avoir repris des couleurs puisqu’il s’est attelé à la réalisation d’une œuvre SF aguichante nommée Pandorum.
Cette co-production américano-allemande aura sans doute le don de consacrer véritablement Alvart sur le sol américain, ce dernier n’ayant pas répété deux fois les
mêmes erreurs, agissant cette fois sur sa propre impulsion à partir d’une idée personnelle et se laissant aider par des producteurs de talent, tels que Paul W.S. Anderson et Jeremy Bolt. Doté d’un budget de 40 millions de dollars et d’un pitch réellement intéressant, Pandorum avait dès lors tout pour susciter un véritable engouement.
Deux astronautes, le Lieutenant Payton et le Caporal Bower se réveillent dans leur gigantesque vaisseau spatial après un long séjour en hyper-sommeil. Désorientés et plongés dans le noir, ils ne se souviennent ni de leurs identités ni de leur mission. Les seuls sons qui leur parviennent sont des vibrations provenant du cœur du vaisseau. Le Caporal Bower part en exploration et ne tarde pas à découvrir quelques survivants qui vivent cachés, traqués par d’effroyables créatures. Ensemble ils vont essayer de découvrir ce qui s’est réellement passé lors de cette mission…
Avec un synopsis évoquant la merveilleuse saga Alien, qui est d’ailleurs l’objet d’un véritable culte de la part d’Alvart,
ce métrage de science-fiction aux relents thrilleresques et mystérieux risque de donner dans le grand spectacle, à l’image d’un casting de premier choix. Outre l’excellent Dennis Quaid, les spectateurs bénéficieront de l’apport non négligeable de Ben Foster, Cam Gigandet et de l’omniprésent Cung Le. Alvart ne renie par ailleurs pas ses racines allemandes puisqu’il a été débusquer la ravissante Antje Traue, atout charme indéniable dont la stature n’est néanmoins pas sans rappeler celle de Sigourney Weaver.
Mais, plus encore qu’une œuvre envoûtante au casting impressionnant, Pandorum devrait se traduire par un très grand spectacle à l’écran. C’est en tout cas ce que laissent à penser les diverses bandes-annonces, extraits et autres photos qui ont inondé la toile durant la
longue post-production de l’œuvre. A l’inverse du chaos régnant sur Le Cas 39 (dont Alvart ne veut plus entendre parler), le cinéaste a pu fignoler et fouiller son œuvre jusqu’au moindre détail, en vue de faire un véritable malheur au box-office, fort friand de bandes SF ces derniers temps. Après le semi-succès G.I. Joe, le réveil du Cobra et, surtout, le mini raz de marée District 9, le public semble en tout cas enclin à soutenir un Pandorum qui pourrait peut-être faire date dans l’histoire du cinéma et constituer une rampe de lancement idéale à une solide franchise.
Après quelques reviews encourageantes provenant d’outre-Atlantique, Pandorum pourrait fort bien provoquer un enthousiasme général lors de sa sortie dans nos salles, le 30 septembre prochain.

Le doute m’habite
Présenté en sélection officielle au défunt festival de Cannes (d’où il
repartit avec le Prix du jury ex-aequo avec Fish Tank), Thirst de Park Chan-Wook décrit la lutte d’un homme d’église en proie à une malédiction sanguine. Parti en Afrique servir de cobaye pour les tests d’un nouveau virus mortel, Sang-hyun, jeune prêtre respecté et aimé, succombe à la maladie. Mais une transfusion sanguine d’origine inconnue le ramène in extremis à la vie. De retour en Corée, le prêtre subit d’importantes mutations physiques et psychologiques : il est devenu un vampire.
Centré sur son personnage principal placé devant un dilemme irrésoluble (rester fidèle à sa foi ou tuer des humains pour survivre), Thirst dépeint autant la lente dégression de son héros qu’il ne déstructure le mythe du vampire, pour le coup défiguré par rapport aux archétypes du modèle occidental (le suceur de sang est ici façonné à l’image de l’être qu’il était, faible, sentimental et innocent, contrairement aux habituels prédateurs hématophages made in US). Changement de registre pour le réalisateur coréen qui persévère, après sa trilogie de la vengeance (Old boy, Sympathy for Mr Vengeance et Lady Vengeance) et sa comédie sentimentale Je suis un cyborg, dans le développement de personnages torturés, confrontés à des problèmes d’ordre éthique : Sang-hyun, prêtre qui se
voit transformé en vampire suite à une transfusion, est obligé de se nourrir de sang humain pour survivre mais, être humaniste par excellence, il se refuse à ôter la vie de ses contemporains. Pour survivre, il est contraint de tuer son prochain, ce qui, à ses yeux, est le plus grand des péchés. En perdant l’amour de Dieu, mais en acceptant l’amour d’une femme, il se retrouve face à un dilemme où un instant de plaisir peut provoquer sa propre perte. Le chemin de croix, censé mener le héros du péché à la rédemption, semble tortueux et rempli d’embuches.
Megan Fox movie
Des photos un brin dénudées de Megan Fox… Voilà qui aura suffi à lancer, voici quelques mois, la promotion de la bande horrifique américaine de ce mois d’octobre, Jennifer’s Body. Basé sur un scénario de Diablo Cody, le métrage s’intéresse à Jennifer Check, une jeune fille sublime, pom-pom girl émérite de son lycée, qui jouit d’un succès incroyable auprès des garçons. Les choses se compliquent le jour où un démon prend possession de l’esprit de Jennifer, qui se met à dévorer ses conquêtes masculines. Sa meilleure amie, Needy, tente de comprendre le mystère qui l’entoure. Le climat se dégrade rapidement.
Des djeunz, des scènes dévoilant Megan Fox en position scabreuse et un traitement on ne peut plus sensuel, voilà à quoi l’on devrait assister en découvrant Jennifer’s Body le 21 octobre prochain dans nos salles. Décrit comme un hommage aux bandes horrifiques des 80’s, le film de Karyn Kusama devrait néanmoins plus s’assimiler
à un ensemble plutôt gentillet donc émane principalement l’incroyable sex-appeal de l’interprète principale.
Fox Atomic, branche de la 20th Century Fox, productrice de l’œuvre, l’a d’ailleurs bien compris et a basé l’essentiel de sa campagne publicitaire sur les courbes généreuses et le visage d’ange (à grande bouche) de Megan Fox. Titillant ainsi un public toujours enclin à rechercher la beauté formatée de quelque star hollywoodienne et la fibre pubère d’un public adolescent, la société a mis le doigt dans le mille, chaque publication sexy remportant un franc succès et créant le buzz sur la toile.
Pourtant, résumer Jennifer’s Body à la seule Megan Fox serait
sans doute une grave erreur. Certes, si l’on ne s’attend guère à une pépite du cinéma de genre, le métrage sera l’occasion de (re)découvrir des acteurs promis à un bel avenir. Ainsi, la présence au casting d’une Amanda Seyfried, qui s’est illustrée dans Mamma Mia ! mais vautrée dans Solstice, pourrait peut-être servir à l’ensemble. Actrice de talent, cette dernière tarde à confirmer, se trompant parfois de registre, et, à ce titre, Jennifer’s Body pourrait lui servir d’ultime test quant à la qualité de son jeu de scène dans le domaine de l’horreur.
L’actrice pourrait donc bien servir de second fer de lance derrière Megan Fox qui pourra aussi compter sur la présence de Johnny Simmons, jeune acteur déjà vétéran du film de genre puisqu’il s’y est accroché avec peu de bonheur ces dernières années (les calamiteux Boogeyman 2 et The Spirit).
Ce casting à la fois prometteur mais loin d’être
rassurant constitue en fait la personnalisation parfaite d’un scénario un peu mince qui ne devrait jamais pousser le spectateur dans ses derniers retranchements. A l’inverse de la vague de remakes des slashers old school hargneux et rageurs, Jennifer’s Body se base sur une idée originale mais moins alléchante que les resucées de ses concurrents de 2009. Néanmoins, si les fantasticophiles purs et durs craignent une bluette peu encline à les faire tressaillir, le public adolescent devrait apprécier, d’autant que la date de sortie pourrait inciter les exploitant de grands complexes à caser le film dans l’une ou l’autre nuit halloween, histoire de filer les chocottes à un public pas regardant.
Vous l’aurez compris, Jennifer’s Body, qui a été mis sur pieds avec un « frêle » budget de 16 millions de dollars et a rapidement peiné au box-office américain, ne devrait pas constituer une révolution ni même d’ailleurs une œuvre phare de l’année 2009, mais devrait servir de moment de délassement à de nombreux jeunes (et moins jeunes) accros aux formes de Megan Fox et à un spectacle plutôt facile. Ceux-là se rendront avec un certain enthousiasme dans les salles le 21 octobre prochain.
Il y a des films d’horreur... Et il y a des films qui font peur...
Souvenez-vous, en 2005 sortait un film discret mais à la réputation flatteuse qui allait connaître un succès retentissant et propulser aussi soudainement son réal au sein même du sacrosaint Splat Pack avec Rob Zombie, Lucky McKee, James Wan, Elie Roth etc. The Descent racontait l’histoire d’une bande de sportives et sexy copines réunies pour un week-end spéléo au cœur des ténébreuses et fascinantes Appalaches. Perdues et isolées dans des grottes inconnues, les nanas se rendent vite compte qu’elles sont prises en chasse par des créatures sanguinaires à la morphologie adaptée au monde des profondeurs.
Étrangement, la fin du film ne sera pas la même en Europe qu’aux Etats-Unis. Alors que chez nous Sarah, jeune veuve et mère en deuil, magnifiquement interprétée par Shauna Macdonald, voit ses espoirs de survie disparaitre dans une salle souterraine sans issues vers l’extérieur, elle parvient cependant à retrouver la surface dans la version US. C’est donc ici que tout logiquement, The Descent 2 prend la relève même si selon Axelle Carolyn (interview CF 13/10/2008) “la suite fonctionne aussi bien avec la fin d’origine que la fin tronquée de la sortie américaine”. Recueillie mais suspectée de meurtres, Sarah se voit obligée par le sherif local de redescendre dans la grotte afin de guider l’équipe de secours qui cherche désespérément ses cinq amies disparues.
L’attente, quatre ans après, est forcément à la hauteur du succès rencontré par le premier opus et il est d’ores-et-déjà légitime d’espérer, à la lecture des premières rumeurs, une suite aussi rondement menée que sous les directives d’un Neil Marshal en 2005. Celui-ci préférant décliner la réalisation au profit de Jon Harris tout en souhaitant rester actif via la production exécutive. “Neil avait un droit de regard s’il le souhaitait", témoigne encore Axelle Carolyn, "et comme le tournage se passait pour l’essentiel à cinq minutes de là où on habitait à l’époque, il a visité le plateau plusieurs fois. Mais à part l’un ou l’autre conseil, il a laissé Jon faire son film comme il l’entendait. Il était clair depuis le départ que Jon et le scénariste James Watkins savaient ce qu’ils faisaient, donc il s’est tenu un peu à l’écart”. Il faut dire que le choix de Jon Harris est plutôt judicieux. Le réalisateur britannique a fait ses armes en tant que monteur sur des fleurons de l’industrie cinématographique anglaise comme The Descent, Eden Lake ou encore Snatch. Et pour former le trio magique, l’homme fut secondé par James Watkins (Eden Lake), l’étoile montante des scénaristes de genre de la belle Albion et par Paul Hyett, la nouvelle star des effets spéciaux pouvant se targuer d’avoir quelques beaux succès à son actif comme Mutant Chronicles, Eden Lake, Doomsday ou encore The Cottage.
Celui-ci eut la lourde charge tâche d’améliorer les crawlers (ces monstres albinos à l’apparence vaguement humaine, difformes et naviguant à l’ouïe) en les rendant plus effrayant encore. “Neil Marshall avait beaucoup d’idées", nous confiait Hyett il y a presque un an (interview CF 07/11/2008). "Tout en partant de Nosferatu, il les voulait visqueux, maigrichons et effrayants. Nous avons donc effectué des tas d’essais pour finalement parvenir à ce que nous souhaitions. Les monstres seront identiques, il était nécessaire que ce soient les mêmes créatures, bien que cette fois, nous les avons rendus plus répugnants, plus marqués et légèrement plus déformés, notamment leur dentition dégoûtante devenue beaucoup plus acérée (ndlr : chaque crawler possède une dentition de six rangées de dents comme celles des requins). Et nous avons aussi créé un crawler surprise ainsi que quelques effets bien sanglants".
Si comme toute suite fort attendue, l’effet de surprise risque de ne plus être au rendez-vous, l’accent devrait être mis en priorité cette fois sur le côté musclé de la nouvelle aventure ainsi que sur les effets spéciaux qui s’annoncent spectaculaires au vu de la bande-annonce qui circule sur le web depuis deux mois maintenant. L’arrivée dans le film d’une nouvelle équipe de secours mieux préparée n’est pas sans rappeler, toutes proportions gardées, la bande de marines frapadingues de Cameron pour le deuxième opus de la franchise Aliens et Shauna Macdonald n’est pas moins convaincante en Ripley du monde souterrain. Pour le reste du casting, ne vous attendez pas à de grands noms (même si le spectateur aura la chance de revoir subrepticement la bande des six donzelles initiales) ce qui devrait accentuer sans doute cette empathie pour les personnages lambda.
C’est ce 14 octobre que les Français pourront se faire leur opinion sur ce second opus. Aucune date confirmée par contre pour la Belgique même si cela ne devrait plus tarder. Alors ben que les premiers servis nous fasse part de leur avis sur CinemaFantastique...
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Une moumoute de Bruce Willis qui pourrait valoir le détour !
Créé par le scénariste Robert Venditti et le dessinateur Brett Weldele, l’univers de The Surrogates, aka Clones, est celui d’un comic book édité en 2005 et 2006 chez Top Shelf Productions. Rapidement l’œuvre tape dans l’œil de nombreux studios hollywoodiens, dont Touchstone Pictures qui souhaiterait distribuer le produit cinématographique dérivé partout dans le monde. The Walt Disney Company acquiert donc les droits d’adaptation de l’œuvre et nomme les scénaristes Michael Ferris et John Brancato pour l’écriture du script.
Arrive alors Johnathan Mostow qui, depuis son semi-échec Terminator 3, s’est fait assez discret, les fantasticophiles ne lui ayant pas réellement pardonné les écarts de conduite de sa dernière œuvre en date. Néanmoins, Disney et Touchstone se montrent confiant envers le projet et confient au cinéaste une enveloppe de près de 80 millions de dollars pour mener à bien sa mission : construire un PG-13 pas avare en spectacle et contenant au moins un grand nom.
Ce dernier est bien entendu Bruce Willis qui, à 54 balais, paraît plus affuté que jamais au vu de ses explosives acrobaties dans des œuvres rythmées telles que 16 Blocs et Die Hard 4. Les fans de ce grand monsieur du cinéma d’action constituant une communauté assez important, la réussite de Clones en salles devrait donc être assise plus facilement, d’autant que le traitement de ce héros des temps modernes semble assez original. En effet, au fil des publications promotionnelles concernant l’œuvre, le public a pu découvrir un Bruce d’une autre forme, affublé d’une moumoute, il est vrai assez ridicule, mais surtout d’une sérénité retrouvée.
Pourtant, il campera l’Agent Greer qui se retrouve dans une situation plus qu’inconfortable : 2054. Les humains vivent isolés les uns des autres et interagissent uniquement par le biais de robots de substitution, versions améliorées d’eux-mêmes. L’Agent Greer est un policier qui, à travers son robot, enquête sur les meurtres d’autres substituts. Ses investigations le forcent à s’aventurer hors de son domicile, ce qu’il n’avait pas fait depuis des années, pour mettre à jour une vaste conspiration.
Plutôt que de réduire son casting à la présence du seul Bruce Willis, Mostow a par ailleurs su faire preuve de clairvoyance en embauchant notamment l’omniprésent Ving Rhames, une Radha Mitchell plus que jamais dévolues aux grands rôles dans les films de genre ces derniers temps. Cette dernière
donnera la réplique à d’autres artistes tels que Rosamund Pike (qui doit encore confirmer son talent pour le cinéma de genre) et à Boris Kodjoe qui, après avoir longtemps donné dans les séries de tous poils, compte bien s’imposer au grand écran en multipliant ses participations à des œuvres d’envergure (Starship Troopers 3, Resident Evil : Afterlife,…)
Bref, Touchstone et Disney ont su mettre sur pied un casting fait d’éléments confirmés et d’acteurs plus revanchards ou cherchant tout simplement à faire leurs preuves, une curieuse alchimie qui pourrait bien porter
ses fruits avec, aux commandes, un cinéaste qui, lui aussi, nous doit une fameuse revanche.
Le public américain ne s’y est en tout cas pas trompé puisque l’œuvre a remporté près de 33 millions de dollars en deux semaines à peine sur le marché domestique, ce qui constitue des chiffres plutôt passables pour un film venu de nulle part et bénéficiant, il est vrai, d’assez peu de battage. Par ailleurs, Clones a d’ores et déjà engrangé 8 millions supplémentaires à travers le monde, chiffres qui devrait être confirmés par une sortie plus que louable en France et en Belgique. Pour rappel, ces deux pays accueilleront l’œuvre de Mostow le 28 octobre prochain (se positionnant une fois dans les derniers pays hôtes du film).
Enfants terribles
Deux couples partent pour les fêtes de Noël avec leurs cinq enfants, quatre bambins et la grande sœur en pleine crise d’adolescente tendance gothique. Dans une maison de campagne idyllique, les enfants réclament de plus en plus d’attention pour que les parents jouent avec eux. Alternance de pleurs et de consolation, de cris et de rires, jusqu’à l’accident, ou plutôt ce que les parents croient être un accident…
Attention, événement ! Dans la lignée des films d’horreur sur les enfants maléfiques tels que Damien : la malédiction ou Les Révoltés
de l’An 2000, le réalisateur anglais Tom Shankland nous offre, après WAZ, thriller horrifique dans la lignée de Saw, une bobine faisant passer la soit-disant pureté de l’enfant pour utopique en mettant au centre de l’action une sauvagerie immaculée et inattendue, ne semblant présenter aucune frontière…
Si, pour vous, les films d’infectés sont synonymes de créatures zombiesques, visages blafards et yeux injectés de sang, vous allez devoir revoir votre définition avant de visionner The Children. L’atmosphère horrifique que propage le film de Tom Shankland va de paire avec la frappante dichotomie entre la barbarie des meurtres et la pureté apparente de ceux qui les commettent. Si les occupations initiales des enfants paraissent innocentes au premier abord, elles deviennent progressivement empreintes d’une touche perturbante, qui tourne rapidement au malsain. Crayon planté dans l’œil, luge jetée avec puissance dans les tibias, poupée profondément enfoncée dans les tripes, rien ne semble avoir de limites pour les quatre marmots qui semblent davantage dignes d’une création diabolique que d’une publicité haut en couleur pour Benetton.
Les causes du brusque changement comportemental des enfants restent relativement obscures : les quelques plans de germes et de cellules infectées laissent sous-entendre une contamination virale. « Paul Andrew Williams (NdlR : scénariste et metteur en scène de Bienvenue au Cottage) avait écrit un script traitant du passage d’une comète, et de l’arrivée d’aliens sur Terre. » déclare Tom Shankland. « Ils auraient créé des embryons qu’ils auraient implantés dans les enfants. Ces derniers ayant une immunité plus faible que celle des adultes, ils seraient donc devenus des sortes de zombies, et auraient commencé à tuer leurs parents. » Pourtant, nulle présence d’extra-terrestres ou autre créature from outer space. Ici, l’horreur est belle et bien réelle, davantage proche d’un soudain revirement schizophrénique que de la science-fiction. « J’aimais l’idée des enfants tueurs plutôt que celle des morts-vivants et des météorites. Je voulais quelque chose de plus réaliste, je savais que ça serai plus effrayant si ça restait dans une atmosphère plus familière, sans explication. Il y a pas mal d’allusions au film Les Oiseaux de Hitchcock. Ce que j’aime, c’est qu’on ne sait jamais vraiment d’où vient le mal qui touche les oiseaux, c’est irrationnel. »
Se déroulant en huis-clos, la cellule familiale se trouve fissurée et torturée jusqu’à l’implosion. Symbolique de pureté, le décor hivernal révèle finalement que la blancheur de la neige se dégrade au contact du sang, tout comme la candeur apparente des bambins. « Dès le moment où j’ai décidé de tourner le film dans la neige, j’ai eu envie d’en faire une métaphore de la violence cachée sous l’innocence. J’aimais cette idée de vouloir jouer avec l’idéalisation des enfants dans la société actuelle. On se sent facilement mal à l’aise quand on songe à la sauvagerie dont ils sont capables s’ils ne sont pas éduqués. » C’est d’ailleurs en dehors de la maison que se dérouleront les premiers évènements, taxés « d’accidents » par les parents, qui ne pensent pas une seconde à remettre en question la responsabilité de leurs rejetons. Comme dans Les Révoltés de l’An 2000, du réalisateur espagnol Narciso Ibanez Serrador, une question revient sans arrêt au cours du film : qui peut tuer un enfant (le titre original du film espagnol étant d’ailleurs ¿Quien puede matar a un nino ?) Incapables de voir la réalité en face, les adultes iront même jusqu’à accuser Cassie de leur étrange comportement. Adolescente rebelle, elle se dit « rescapée » de l’avortement, arborant le tatouage d’un fœtus au niveau du nombril, se démarquant des adultes de par son comportement, et des enfants de par son âge. Si elle ne semble proche d’aucun d’entre eux (excepté de son oncle pour qui elle semble avoir le béguin), c’est vers sa personne que se tourneront les premiers reproches. Il faudra attendre que le cercle familial se resserre progressivement pour que les parents cessent de nier la dure réalité : dès que les attaques commencent à se dérouler dans le sein même du cottage, il ne leur restera plus qu’à faire face à la situation, laissant l’horreur s’immiscer librement dans leur
conscience. Pamphlet anti-avortement ou rébellion de l’enfant-roi ? Tom Shankland laisse planer le doute, préférant laisser à chacun sa vision de la chose, plutôt que de chercher à tout prix à justifier faits et gestes.
Le rapport qu’entretient le film de Shankland avec l’horreur est le fruit d’un travail ingénieux entre l’image, le son et les situations classiques habilement détournées. A l’instar du film de Narcisco Ibanez Serrador, The Children se déroule uniquement de jour. Si les plans extérieurs sont lumineux voire éblouissants (la neige pose bien des soucis du point de vue de l’éclairage d’une scène), ils font ressortir avec talent la montée d’une tension qui se fait de plus en plus palpable, véhiculée par de très brefs inserts d’yeux crevés et de corps éventrés. A ce sujet, le réalisateur dit : « J’avais l’idée d’alterner les points de vue. […] Lors du dîner de Noël, les enfants ont une sorte de flash sur ce qui va arriver. Je voulais que le public soit proche de leurs pensées, pour ressentir leur évolution. D’autre part, dès le moment où j’ai su qu’il y aurait cette scène où Rachel Shelley se prend un crayon dans l’œil, j’ai pensé que placer de courts plans sur des yeux aurait amené le public à penser, inconsciemment, à l’œil et à sa vulnérabilité ! » Une méthode qui se révèle particulièrement efficace ! D’autre part, The Children ne tranche pas totalement au niveau du comportement des marmots, faisant aisément passer une crise d’hystérie pré-massacre pour la turbulence propre aux gosses, lors de la scène du repas notamment. La bande-son se résume principalement au parallèle entre le bruit (rires cristallins des enfants, hurlements des parents) et la quiétude (bruit feutré des pas sur la neige, soufflement du vent, silence). A première vue, cela passerait aisément pour un détail, mais The Children est un film qui réveille les plus simples angoisses aussi bien que les instincts primitifs.
Oscillant entre innocence et monstruosité, les enfants jouent dans le film de Shankland des tueurs plus efficaces que n’importe quel croque-mitaine, oeuvrant dans une bobine brève (85 minutes) mais diablement efficace.
L’INTERVIEW DE TOM SHANKLAND
"C’est vraiment une bonne chose que ce film soit projeté en France. Comme ça vous pouvez tous avoir une idée de la manière dont se déroulent les vacances en famille en Angleterre. Aucun enfant n’a été blessé durant le tournage de ce film. Par contre, ce sont peut-être les parents qui ont été marqués à vie…"
Avez-vous une dent contre les enfants ?
J’ai beaucoup d’amis qui ont des enfants. C’est une sorte de revanche vis-à-vis de mes amis, en fait. Ils m’ont emmené aux anniversaires de leurs gosses. Ca criait de partout, ils donnaient des coups, vomissaient… Les parents disaient toujours « c’est pas grave, ils sont juste un peu fatigués ! » Une fois, je suis parti en vacances avec ces amis-là, et l’un d’entre eux, père de famille, avait organisé un jeu compétitif avec les enfants. Un des adultes a triché pendant le jeu, et une fille a piqué une crise d’hystérie, c’était vraiment effrayant. Et l’explication du père était la suivante : « Diana a un fort sens de la
justice ! » Mais non, en fait c’est juste une petite peste !!
Rachel Shelley est une actrice que l’on voit assez peu en France, et qui ne semble pas prédestinée à ce genre de films… Qu’est-ce qui vous a amené à la choisir ?
Je ne connaissais pas Rachel Shelley auparavant. Je savais qu’elle était en tournage à Vancouver, alors je lui ai envoyé un DVD. J’avais aussi appelé une actrice, que je ne nommerai pas, avec qui j’avais travaillé, et qui, au premier abord, semblait être une maman poule. Je me suis rendu compte qu’en fait elle était complètement folle ! Rachel Shelley était vraiment belle, chaleureuse. Beaucoup d’actrices lui ressemblent. On les fait tourner dans des films historiques, avec de beaux costumes, et c’était là l’occasion pour Rachel de faire quelque chose de totalement différent. Par contre, elle a commencé à avoir peur de la fille qui jouait Léa. Quand celle-ci a entendu qu’elle devait jouer une scène où elle mettait un crayon dans l’œil de Rachel, elle n’arrêtait pas de faire ça pendant le déjeuner (il répète le geste d’une main qui plante un objet pointu dans quelque chose), et ce dès qu’elle la voyait. C’était une petite fille très gentille, elle ne disait pas grand-chose durant cette période. Au début c’était marrant, mais à la fin Rachel avait vraiment peur…
On pourrait presque considérer votre film comme étant contre l’avortement, dans un sens ! Il y a le cas de Cassie, son tatouage, le fait qu’elle se déclare comme étant une « rescapée », et sa mère qui finit par se faire attaquer par le fruit de sa chair… Les enfants qui apparaissent dans le plan final seraient-ils le symbole de la vengeance de toutes ces vies ôtées par leur propre génitrice lors de l’avortement ?
Pour moi, cette histoire entre le tatouage et l’avortement n’est qu’un détail du film, comme je l’ai dit précédemment. Mais j’aime le fait que chacun l’interprète différemment !
Est-ce difficile de tourner avec des enfants et d’inverser l’image classique de leur innocence ?
Les enfants savent parfaitement faire la différence entre la fiction et la réalité. Je ne leur ai pas donné la script, mais la plus âgée l’a lu et a raconté toute l’histoire aux autres ! Nous avions vraiment peur qu’ils soient choqués, mais en fait ils ont adoré, et ils avaient hâte de tuer les adultes ! Cela ne leur posait pas le moindre souci. Au début, ils avaient des doutes quant au réalisme de leur jeu, ce n’était pas convaincant. Pour moi, c’est comme travailler avec un adulte. Il y a toujours cette recherche de naturel.
Comment avez-vous choisi tels enfants plutôt que d’autres ?
C’était un peu comme Pop Idol, ou des émissions de ce genre… On a fait des centaines et des centaines d’auditions avant de trouver ces quatre fabuleux enfants. Nous recherchions une véritable force, qu’ils ne prennent pas trop la situation au sérieux, mais qu’ils comprennent que ce n’était qu’un jeu. Les jeunes acteurs du film ont d’ailleurs commencé à tourner leur propre version de The Children durant le film, qui est bien plus violente que la mienne !
Dans un genre un peu différent, il y a Eden Lake, du réalisateur anglais James Watkins. Qu’en avez-vous pensé ?
Je l’aime beaucoup. C’est un peu différent, vu que les acteurs sont plus âgés. Eden Lake est très ancré dans la réalité. The Children est plus fictionnel, mais il est vrai que plusieurs films sur le même thème sont sortis en même temps.
The Children est assez proche d’un film de zombies, les enfants ayant été touchés par un virus d’origine inconnue. Mais si on retourne en arrière, on remarque que le fond de l’histoire d’un film de morts-vivants est souvent celui d’une critique de l’univers contemporain du réalisateur. Par exemple, Zombie était une satire de la société de consommation. Avez-vous le sentiment d’avoir ajouté une pierre à l’édifice avec The Children, qui pourrait être perçu comme une critique de l’enfant roi ?
Je ne sais pas si c’est aussi le cas en France, mais en Grande-Bretagne, il y a beaucoup de programmes de reality-show comme Super Nanny, qui donnent des conseils pour éduquer des enfants. Bien que je n’en aie pas, j’adore cette émission. Un film comme Les Révoltés de l’An 2000 représente bien notre obsession vis-à-vis des enfants, et notre tendance à vouloir expliquer leur violence. Mais c’est le comportement des parents qui m’intéresse et m’interpelle. On pourrait presque dire que leurs névroses sont représentées par ces rejetons monstrueux.
Il y a beaucoup de gros plans sur des yeux dans votre film… Y a-t-il une signification particulière ?
A vrai dire je pense qu’il y a deux explications. Tout d’abord, pendant
que je tournais, j’avais l’idée d’alterner les points de vue, entre celui des enfants et celui des adultes, qui doivent faire face aux évènements. Lors du dîner de Noël, les enfants ont une sorte de flash sur ce qui va arriver. Je voulais que le public soit proche de leurs pensées, pour ressentir leur évolution. D’autre part, dès le moment où j’ai su qu’il y aurait cette scène où Rachel Shelley se prend un crayon dans l’œil, j’ai pensé que placer de courts plans sur des yeux aurait amené le public à penser, inconsciemment, à l’œil et à sa vulnérabilité !
Au niveau des scènes de meurtres, on ne voit pas vraiment les enfants assassinent les parents. Par contre, quand c’est l’inverse, les plans sont beaucoup plus clairs et directs. Est-ce une volonté que de ne pas montrer la violence des enfants ?
Je n’ai pas un problème moral concernant le fait de montrer des enfants tuer des adultes. Je pensais seulement que la différence de taille entre les deux ne serait pas très effrayante. Le public serait toujours en train de penser qu’il suffirait d’un revers de main et l’affaire serait réglée ! Les enfants devaient assassiner les adultes d’une manière assez créative, les manipuler afin de les pousser à se sacrifier plutôt que de commettre un meurtre. Ce côté suggéré est assez délibéré. Durant le film, quand les adultes tuent les enfants, c’est toujours par accident. Je voulais amener les spectateurs à désirer ardemment leurs morts. En Grande-Bretagne, quand j’ai projeté le film pour la première fois, il y a eu des applaudissements dans la salle ! J’aimerais que le public dise : « Oui, tuez le monstre ! » Mais en fait ici ce sont les enfants, ces monstres ! Dès que les jeunes acteurs ont appris qu’ils devaient tuer les adultes, ils ne tenaient plus en place. Ils avaient vraiment hâte de tourner ces scènes !
N’avez-vous pas eu la crainte de voir votre film censuré ?
Nous en avions peur, mais en Angleterre il a seulement été interdit aux moins de quinze ans ! Si on avait tué des animaux, ça aurait été moins de dix-huit ans, mais apparemment en Angleterre, ça ne les dérange pas de tuer les enfants… (rires) Nous préférions faire un film intelligent, avec beaucoup de suspens, plutôt qu’un film d’exploitation… Je savais dès le début que je ne voulais pas montrer trop de violence.
La plupart des scènes de violences se déroulent en dehors du cadre familial : dans la forêt, la neige… Est-ce une manière de montrer le lien qui existe entre la sauvagerie de la nature et celle des enfants, avant qu’ils ne soient éduqués ?
Dès le moment où j’ai décidé de tourner le film dans la neige, j’ai eu envie d’en faire une métaphore de la violence cachée sous l’innocence. J’aimais cette idée de vouloir jouer avec l’idéalisation des enfants dans la société actuelle. On se sent facilement mal à l’aise quand on songe à la sauvagerie dont ils sont capables s’ils ne sont pas éduqués. Mais il y a aussi le fait que les adultes dénient, inconsciemment, ce qui se passe. A la fin du film, la violence arrive au sein même de la maison, alors qu’auparavant, elle était à l’extérieur, dans le paysage. A partir de cet instant, ils ne peuvent plus refuser ce qui se passe, ou dire que c’est de la faute de Cassie. Ca pénètre vraiment dans leur conscience, et ils doivent finalement faire face à ce qui se passe réellement.
Comment s’est déroulée votre collaboration avec Paul Andrew Williams, le scénariste et réalisateur de Bienvenue au Cottage ?
Paul avait un script intitulé Miria, qui est un anagramme du nom d’un célèbre metteur en scène américain. Il s’agissait, à l’origine, d’un scénario mettant en scène le passage d’une comète, et l’arrivée d’aliens sur Terre. Ils auraient créé des embryons qu’ils auraient implantés dans les enfants. Ces derniers ayant une immunité plus faible que celle des adultes, ils seraient donc devenus des sortes de zombies, et auraient commencé à tuer leurs parents. J’aimais l’idée des enfants tueurs plutôt que celle des morts-vivants et des météorites. Je voulais quelque chose de plus réaliste, je savais que ça serait plus effrayant si ça restait dans une atmosphère plus familière, sans explication. Il y a pas mal d’allusions au film Les Oiseaux de Hitchcock. Ce que j’aime, c’est qu’on ne sait jamais vraiment d’où vient le mal qui touche les oiseaux, c’est irrationnel. Je trouvais que Miria était un titre ridicule, ça faisait trop Disney. Nous avons donc décidé de le renommer The Day. Le public-test aimait beaucoup le film mais détestait ce titre. J’y tenais, mais on a finalement décidé de suivre le conseil du producteur, qui nous disait de le changer. Paul m’a permis de réécrire le scénario. J’ai toujours d’excellentes relations avec lui, et c’est d’ailleurs un excellent metteur en scène.
Avez-vous d’autres projets en tête ?
Oui, j’en ai quelques-uns ! Une de mes idées serait, qu’à chaque film, il y ait une personne de moins qui meurt. Au final, j’en arriverais à réaliser des comédies… Donc dans mon prochain film, il n’y aura qu’une personne qui mourra ! Mais ça restera effrayant, avec du suspens…
(Propos recueillis et traduits par Metzgerin)
Attention, ils z’arrivent
Pour resserrer les liens familiaux, toute la famille Pearson décide de passer ses vacances dans une grande maison perdue en pleine campagne. L’oncle Nate, son fils Jake, grand-mère Nana Rose et les jumeaux Art et Lee viennent les rejoindre. Un soir, une étrange tempête s’abat sur la maison, et quatre mystérieux objets atterrissent sur le toit.
Ce sont des vaisseaux spatiaux transportant des extraterrestres bien décidés à conquérir la Terre... Les aliens disposent d’une technologie redoutable capable de contrôler les esprits... mais cela ne marche que sur les adultes ! Pour sauver leur famille – et le monde – les enfants ne peuvent compter que sur eux-mêmes. S’engage alors dans l’ombre, à l’insu des adultes, un combat dont l’issue décidera du sort de l’humanité tout entière...
Depuis le début des années 2000, les films d’aventure destinés à un jeune public tombent systématiquement sous la coupe de l’heroic fantasy, que les majors ont décliné sous la forme de monumentales franchises (Les chroniques de Narnia, Harry Potter, A la croisée des mondes). Fonctionnant à rebours, Les zintrus (Aliens in the attic, en v.o.) renoue avec une tradition du film familial tel qu’il était pratiqué lors des années 80, époque bénie où Spielberg et consorts produisaient à la pelle des œuvres d’entertainment à la fois spectaculaires et attachantes.
Mark Burton, scénariste notamment de Madagascar, reçoit des amis chez lui et, tandis que leurs progénitures provoquent bruits et vacarmes à l’étage, Burton se demande : Que se passerait-il si les enfants étaient en train de lutter contre une invasion extraterrestre sans que les adultes n’en sachent rien ? De cette question anodine naîtra le script de Les zintrus qui raconte le combat acharné que mènent cinq rejetons face à un trio d’aliens hostiles, désireux d’envahir la planète Terre. Répondant à la lettre au canevas-type de l’œuvre familiale à destination
enfantine, Burton extrapole à partir de cette idée et tente de trouver une parade pour éradiquer les parents de l’intrigue, du moins momentanément. Il imagine alors une arme spéciale que possèdent les envahisseurs qui les rend capables de contrôler les adultes. Ce gadget projette une petite pointe qui se fixe à la base de la nuque de la victime et déverse son énergie à l’extérieur de son corps, le transformant ainsi en marionnette que les aliens ont tout le loisir de manipuler à distance grâce à une sorte de console de jeu vidéo avec joystick et oreillette.
Séduit par le projet, le producteur Barry Josephson (co-producteur des Contes de la crypte en son temps et d’Il était une fois, un des derniers succès de Disney) met le pied à l’étrier et incorpore dans le projet le réalisateur John Schutz qu’il a chaperonné pour Magic baskets. Les effets visuels sont confiés à Rhythm and Hues (les effets de grosses pointures comme L’incroyable Hulk, A la croisée des mondes : la boussole d’or, Land of the lost ou encore Appelez-moi Dave) qui s’occupent essentiellement du design des extraterrestres, principale attraction de la pellicule.
LE TRAILER
L’Apocalypse selon Emmerich
Alors qu’il rêve désormais à des séquelles de ses œuvres les plus marquantes, telles que Stargate ou Independence Day, Roland Emmerich reste à n’en point douter le maître des blockbusters à grand spectacle sur la Planète Hollywood. En effet, rarement un metteur en scène s’était vu confier autant de projets conséquents sans pour autant bénéficier de scénarii bien ficelés (ni, parfois même, un temps soit peu réfléchis).
C’est pourtant là le triste sort de celui qui fut appelé en son temps, « The Little Spielberg from Sindelfingen », nom de sa ville natale. Ce sobriquet, largement repris au début de sa carrière et qui lui fit énormément plaisir, lui-même étant un fan absolu du metteur en scène des Dents de la Mer, a néanmoins eu tendance à s’éroder ces dernières années, sous les coups répétés (et répétitifs des semi-échecs au box-office, couplés à des critiques de plus en plus acerbes et dubitatives. Alors qu’Independence Day surnageait tranquillement au-delà d’un script gentillet, son Godzilla parut bien indigeste avant qu’il ne se vautre totalement avec Le Jour d’Après ou, encore, le véritable échec 10,000 BC.
Emmercih a-t-il touché le fond ? Cette question, que tout un chacun est en droit de se poser après tant de réalisations mi-figue mi-raisin, semble trouver, dans les effets visuels déployés dans 2012, quelques éléments de réponse. En effet, si l’œuvre ne devrait guère voler bien plus haut que les autres métrages présents dans la filmographie du cinéaste, force est d’avouer que le design de 2012 semble déjà valoir autre chose que la simple gaudriole pseudo-catastrophe à laquelle on avait été habitué.
Fort d’un battage médiatique exceptionnel (les bandes-annonces ont fait leur apparition dans les salles voici déjà des mois), Roland Emmerich pourrait bien reconquérir le cœur de ses fans avec une œuvre qui lorgne non seulement vers la science-fiction (visiblement bien plus que les métrages catastrophe habituels) mais aussi vers le mystique et un passé religieux assez prégnant.
En effet, l’œuvre et son titre prennent leur source dans certaines croyances des Mayas, peuple disparu depuis des centaines d’années qui, selon certaines interprétations, annonçaient la fin du monde pour l’année 2012. Et plus précisément au solstice d’hiver le 21 décembre. Le pitch du métrage part dès lors du fait qu’après moultes recherches, les astrologues ont confirmé les dires des Mayas et que le monde court droit à sa perte. Lorsque les plaques tectoniques se mettent à glisser, provoquant de multiples séismes et détruisant Los Angeles au passage, Jackson Curtis, romancier, et sa famille se jettent à corps perdu, comme des millions d’individus, dans un voyage désespéré. Tous ne pourront pas être sauvés...
S’il apparaît déjà certain qu’Emmerich va
encore tenter de livrer un ensemble assez gentil, ne pouvant guère choquer le large public qu’il adore, l’aspect visuel de l’ensemble devrait s’avérer assez charmeur pour tout cinéphile qui se respecte. En effet, le réal a su s’entourer de techniciens aux capacités démentielles, tels que Dean Semler en tant que Directeur de la Photographie, le monteur oscarisé David Brenner ou encore le responsable des effets spciaux Mike Vézina, qui s’est occupé il y a peu de L’imaginarium du Docteur Parnassus.
Cette somme de talents va par ailleurs de pair avec un casting pour le moins encourageant puisque l’omniprésent John Cusack donnera la réplique à Amanda Peet ainsi qu’au
génial Chiwetel Ejiofor et au trop rare (du moins sur grand écran) Oliver Platt.
Bref, à l’inverse d’un 10,000 BC qui ne fait déjà guère plus parler de lui (l’a-t-il jamais réellement fait un jour ?), 2012 sent la franche réussite, du moins commerciale, grâce au simple fait qu’Emmerich a, cette fois, su s’entourer de grands talents. Reste désormais à voir si le petit Spielby allemand redeviendra grand…
Dans la lignée de Fascination ?
Novembre-décembre 2008 : la folie Twilight s’est abattue sur le monde entier, drivant des millions de jeunes ados et de fantasticophiles dans les salles et imposant le métrage comme l’un des maîtres du box-office comme la franchise en devenir, seul rempart contre la suprématie déjà fort longue d’Harry Potter sur le petit monde du fantastique. Tiré du premier volet d’une série de roman de Stephenie Meyer, mettant en scène de jeunes adolescents vampires côtoyant d’innocents congénères, Twilight : Fascination a marqué les esprits au point de faire de la firme productrice, Summit Entertainement, une société de premier rang.
Novembre 2009 : Summit remet le couvert avec la sortie de Twilight : Tentation, deuxième adaptation fidèle de l’univers dépeint par Stephenie Meyer au fil de ses romans. Avec un pitch collant strictement à l’action mise en place par la romancière, Twilight : Tentation devrait continuer une veine déjà connue par cœur mais toujours très populaire auprès des adolescents.
Lors d’une fête d’anniversaire chez les Cullen en l’honneur de Bella, celle-ci se coupe bêtement le doigt avec un papier cadeau. Cela déclenche la soif de Jasper qui se rue sur elle. Edward la sauve de justesse de son frère. Suite à cet incident, Edward et sa famille décident de quitter Forks pour ne plus mettre Bella en danger. Edward promet à Bella qu’il ne la reverra plus jamais, que ce sera comme s’il n’avait jamais existé. Après son départ, Bella est complètement désespérée et tombe dans la dépression. Son père Charlie la menace de la renvoyer chez sa mère mais la jeune fille lui fait voir le contraire en essayant d’oublier Edward et de se rapprocher de Jacob qui apaise sa douleur. Bella va apprendre que Jacob est lui aussi hors du commun ( car Jacob et sa meute vont sauver Bella de Laurent en se transformant alors qu’il faisait une patrouille dans la forêt) : Jacob est un loup garou,les ennemis ancestraux des vampires, cela explique alors le froid qui est présent entre Jacob et Edward. Mais Bella va faire une étrange découverte : en se mettant en danger, elle entend la voix douce et mélodieuse d’Edward. Après cette expérience vraiment troublante, elle fera tout pour entendre de nouveau la voix de l’être le plus cher à ses yeux même si au fond d’elle elle hésite un peu : doit-elle rester avec un souvenir qui ne reviendra peut-être jamais et qui est douloureux ou doit elle avancer de l’avant avec son meilleur ami à ses côtés ?
Alors que ce synopsis très complet traduit au mieux ce à quoi l’on doit s’attendre avec Twilight : Tentation, Summit Entertainement a enfoncé le clou durant des mois, allant même jusqu’à perturber la d’habitude très tranquille promotion du rival Harry Potter, par l’entremise de multiples publications promotionnelles de plus ou moins bon goût. Ne sentant guère la machine s’essouffler sur la toile, la société productrice de la franchise vampirique a en effet placé celle-ci au devant de la scène par le biais de vidéos et autres clichés parfois attrayants, souvent dispensables et répétitifs.
On ne compte ainsi guère plus les scènes de baisers (de quoi mettre sur pieds une romance longue d’au moins 24 heures) ou les clichés tirant largement la corde
de la sensualité, à l’image des torses musclés d’acteurs bien blancs. Voilà peut-être d’ailleurs la grande marque de fabrique de la franchise cinématographique : la sensualité à tout prix, le fantasme à peine masqué que représentent des icônes modelées à l’image d’un produit et d’une société tirant toujours sur la corde de l’esthétisme.
Et, en ce sens, si Twilight constitue sans doute l’un des produits cinématographiques les plus horripilants pour la majeure partie des cinéphiles, peu enclins à un battage manipulateur de cette envergure, l’objectif de vendre à tout prix ce produit devrait être atteint sans problème, la suresthétisation du monde des djeunz et les effets de mode aidant.
Après tout, doit-on obligatoirement trouver cela choquant ? Pas spécialement puisque, outre le fait que le cinéma de genre trouve là un de ses représentants les plus grands publics (même si d’aucuns ne considèrent guère des œuvres pareilles comme telles), la saga Twilight s’appuie sur un casting talentueux de jeunes pousses, certes formatées et pipolisées au possible, mais aussi sur une scénarisation de grande qualité.
Dès lors, s’il est certains que la mise en forme risque d’en rebuter plus d’un à cause d’un formatage un peu trop prégnant, force est d’avouer que le retour de Robert Pattinson et Kristen Stewart sur les grands écrans devrait s’avérer être une bonne nouvelle pour les fantasticophiles, qui pourront par ailleurs retrouver la jeune Dakota Fanning.
Reste donc à découvrir, ce 18 novembre, si Chris Weitz (sans doute par le réal le plus indiqué pour ce type d’œuvre, vu l’ignoble La Colline a des yeux 2 et le passable A la croisée des Mondes : La Boussole d’Or) saura mettre en valeur les véritables thèmes et talents de Twilight : Tentation et, de ce fait, s’il permettra à David Slade d’évoluer paisiblement dans la préparation du troisième chapitre, Twilight : Hésitation.
Oeuvre culte en devenir ?
Doté d’un titre francophone bateau par excellence, dans la lignée du succès Bienvenue chez les Ch’tis, le fameux Bienvenue à Zombieland, premier long-métrage de Ruben Fleischer s’apprête à débarquer sur nos écrans, où il devrait réaliser
une assez belle percée. A l’image du succès qu’il a connu au Etats-Unis, Zombieland (nous l’appellerons ainsi pour ne pas entrer dans le jeu d’exploitation d’une veine qui s’épuisera rapidement) devrait donc se faire un nom, au même titre que son réalisateur surprise qui, à la manière de Neill Blomkamp, devrait s’imposer comme l’un des grands espoirs du cinéma de genre.
En effet, Zombieland est précédé d’une réputation flatteuse en nos contrées, les divers magazines spécialisés consacrant nombre de pages au véritable phénomène renvoyant tout droit à un certain Shaun of the Dead. Jugez plutôt : Deux amis décident de se rebeller contre les envahisseurs morts-vivants qui ont envahi le monde. Columbus est un vrai froussard, mais lorsque vous avez peur d’être dévoré par des morts-vivants, la peur peut devenir un atout. Tallahassee est un chasseur de zombies déterminé à tous les éliminer sans pitié. Aidés par Wichita et Little Rock, qui ont imaginé des manières uniques d’exterminer leurs ennemis, ils devront déterminer ce qui est le pire : se faire mutuellement confiance ou succomber aux zombies. En présentant, durant la longue phase de promotion de l’œuvre, les morts-vivants de manière assez décalée et en publiant de nombreuses vidéos hilarantes où les héros, incarnés par Jesse Eisenberg et Woody Harrelson, expliquent notamment comment tuer un zombie de manière efficace.
C’est d’ailleurs ce côté décalé qui a le plus occupé les deux scénaristes Paul Wernick et Rhett Reese, qui s’attaqueront bientôt au
scénario de Venom, le spin-off du pendant méchant de Spider-Man, ce qui n’est pas peu dire. Quand ils se mirent au travail, les deux hommes furent tout heureux de pouvoir vendre le projet à la CBS, dans le but d’en faire un téléfilm acidulé, tout en n’étant pas sûr qu’il entrerait un jour dans le créneau d’un chaîne souvent frileuse.
L’achat des droits d’adaptation cinématographique de Zombieland par Columbia Pictures changea considérablement la donne, et Reese et Wernick se remirent au travail visant « un travail plus effrayant et gore, dans le but d’en faire un film classé R ». Ils ne s’y sont guère trompés puisque la MPAA classa le film de la sorte, ce qui promet donc aux amateurs d’effets sanglants un spectacle d’envergure.
Les spectateurs du récent Festival de Sitgès ne s’y sont d’ailleurs guère trompé, l’œuvre de Ruben Fleischer remportant le très envié Prix du Public. Cette récompense, synonyme d’un spectacle de qualité quand on connaît les exigences du public espagnol, finit de rassurer les derniers sceptiques face à cette nouvelle exploitation zombiesque par un cinéaste totalement inconnu.
En effet, Ruben Fleischer est un peu arrivé comme un cheveu dans la soupe dans cette production dotées de grands noms. Driver des acteurs tels que Woody Harrelson, Jesse Eisenberg, Amber Heard ou encore Bill Murray pour sa grande première aux commandes d’un long-métrage ne dut pas être chose aisée, mais le cinéaste a visiblement su tirer son épingle du jeu. Simplement auteur de quelques clips, publicités et courts mineurs ces dernières années, Fleischer fit petit à petit son trou et multiplia les connexions dans le Tout-Hollywood afin de s’emparer d’un poste très envié.
Est-ce là la naissance d’un nouveau Pape des morts-vivants ou tout simplement d’un réalisateur qui, au fil de sa filmographie, explorera toutes les facettes du cinéma de genre ? Toujours est-il que ce Zombieland fleure bon le délire total et le défoulement de zygomatiques.
Oserez-vous appuyer sur le bouton ?
On avait laissé Monsieur Kelly tyranniser le monde et annoncer sa fin avec Southland Tales, on le retrouve aujourd’hui à la tête
d’un ambitieux et alléchant projet, The Box.
Nouvelle de l’écrivain Richard Matheson (Je suis une légende) parue en 1970 sous le titre le Jeu du bouton, script d’un épisode de The New Twilight Zone (La Cinquième Dimension pour les francophones) du même Matheson en 1986 sous le titre Button, Button, l’histoire narrée dans The Box n’est donc guère une nouveauté. Un couple au bord de la ruine se voit offrir un étrange objet (sorte de buzzer), dont l’activation leur offre des milliers de dollars, causant mécaniquement la mort d’un homme qu’ils ne connaissent pas. Cas de conscience : tuer en ignorant qui est la victime, est-ce un meurtre ?
Le réalisateur Richard Kelly, déjà adepte de l’intrusion d’un élément fantastique inexplicable dans un quotidien réaliste (exemple grandeur nature dans Donnie Darko), tente donc aujourd’hui une nouvelle adaptation de la nouvelle du maître. Arthur et Norma Lewis (James Marsden et Cameron Diaz), jeune couple au bord de l’asphyxie financière découvrent un jour devant leur porte une boîte contenant un bouton. Le dépositaire, un homme inquiétant nommé Arlington (nom d’un des plus célèbres cimetières militaires américains, ambiance mortifère donc) Steward leur explique le dispositif démoniaque : chaque fois que le bouton sera poussé, le couple recevra 1 million de dollars alors qu’une vie anonyme sera ravie pour payer leur dette.
Situé en 1976 (décennie de l’écriture de la nouvelle par
Matheson), The Box n’en parle pas moins de notre époque, secouée par une crise économique violente (particulièrement aux USA), où l’argent (celui qu’on n’a pas) revêt les atours du bonheur. Or quand l’argent devient la finalité d’une vie humaine (et son apogée), quand son absence peut sonner le glas d’une existence (réel ou ressenti comme tel), quelle morale s’autorise-t-on, quelles limites se pose-t-on ? Le culte de la richesse et l’utopie du bonheur qu’on y accole vaut-il le sacrifice d’un homme qu’on ne connaît pas ?
Autant de questions que sous-tendent The Box, métaphore à la fois de la mythique boîte de Pandore, dont l’ouverture engendre des cataclysmes, et de la lampe d’Aladin, exauçant les vœux les plus fous.
LE TRAILER
Que la partie finisse...
L’agent spécial Strahm est mort, et le détective Hoffman s’impose alors comme le légataire incontesté de l’héritage de Jigsaw. Cependant, tandis que le FBI se rapproche de plus en plus dangereusement de lui, Hoffman est obligé de commencer un nouveau jeu qui révélera enfin quel est le véritable grand dessein derrière les machinations de Jigsaw...
En déclarant pour la première fois « Que la partie commence », le
célèbre tueur au puzzle Jigsaw se doutait-il que le jeu prendrait les allures d’une interminable partie de Monopoly ? Aujourd’hui parvenu à son sixième volet, la saga ne semble ne plus avoir grand-chose d’original à offrir. Son titre, prenant les atours d’un jeu de mots somme toute facile, annonce une nouvelle boucherie dont vont faire les frais une série d’innocents cobayes mis en face de leurs responsabilités. Le synopsis officiel répond déjà à quelques interrogations : le détective Hoffman, légataire officiel du vilain Jigsaw, continue ses exactions en l’honneur de son mentor décédé depuis le troisième opus mais seulement découpé lors du quatrième bien qu’il en était toujours l’une des figures emblématiques.
En bref, la franchise Saw, manne financière non négligeable (plus de 700 millions de dollars engrangés sur les cinq premiers opus), persévère dans le recyclage et se complaît dans son insatiable course aux étalages de tripailles. Au fond, cette routine ne serait-elle pas le seul intérêt qu’il reste à cette lucrative saga ? Les scénaristes Patrick Melton et Marcus Dunstan, en composant d’une fournée les scripts des quatrième, cinquième et sixième épisodes, ont huilé à l’emporte-pièce une mécanique légèrement rouillée depuis le trépas de son iconique meurtrier. Le programme depuis n’a pas bougé d’un iota : une série de pièges de plus en plus complexes desquels tentent de s’extirper une pléiade de brebis égarées au casier bien rempli (qui du pédophile ou du meurtrier s’en sortira, telle est la question ?), un meurtrier plus charismatique du tout et un twist final capillotracté comme ultime coup
de boutoir asséné au séant de spectateurs abêtis par tant de crédulité. Le tout chapeauté par un nouveau réalisateur puisque pour remplacer David Hackl, c’est sur Kevin Greutert que Lionsgate a mis son dévolu, un homme qui connaît excessivement bien la maison pour avoir officié comme monteur sur les cinq premiers films.
A bien y réfléchir, le seul intérêt de cette sixième livrée repose sur les frêles épaules de la californienne Tanedra Howard, scream queen amateure incorporée dans le film suite au concours Scream queens, reality show diffusé en fin 2008 sur le câble américain dans lequel luttaient dix candidates qui devaient relever une série de défis autour du cinéma horrifique. Elue par un jury composé de James Gunn (Horribilis) et de Shawnee Smith (actrice de Saw), la lauréate bénéficiait d’un royal privilège, à savoir figurer au casting de Saw, sixième du nom.
En attendant de constater ce qui pourrait bien constituer un nouveau naufrage, voici la bande-annonce toujours aussi vendeuse de cette indestructible franchise :
Terry au pays des merveilles
La filmographie de Terry Gilliam flirte toujours avec un baroque de bric et de broc à l’écran et parfois avec la tragédie hors plateau. Après l’abandon cuisant du tournage de son Don Quichotte (de nouveau en préprod), un énième malheur s’est abattu sur un projet du vieux
Monty Python. Alors qu’une bonne moitié de l’Imaginarium était en boîte, l’acteur principal, Heath Ledger décède brutalement en Janvier 2009. Comment terminer un film dont le héros est mort ? Telle fut la gageure à relever, et l’ingéniosité ne quittant jamais Gilliam, il eut l’idée farfelue de confier le rôle de Tony (Heath donc) à trois autres acteurs et pas des moindres : Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell. L’Imaginarium ne fut donc pas condamné à rester une œuvre inachevée.
Profitant d’un scénario qui balade ses personnages dans des mondes oniriques et protéiformes, le subterfuge de l’incarnation démultipliée, loin de nuire au propos, renforce au contraire le sentiment de réalités parallèles s’entrechoquant dans ce décor de foire ambulante.
Parnassus (Christopher Plummer), directeur d’une étrange troupe de théâtre, l’Imaginarium, a passé il y a quelques siècles, un pacte avec le Diable (le trop rare Tom Waits), lui assurant l’immortalité. Vient le jour du paiement de la dette, en l’état sa fille de 16 ans, mais Parnassus, plus très enclin à tenir sa promesse, va avec l’aide d’un mystérieux étranger (le combo infernal Heath/Johnny/Jude/Colin) tenter de déjouer les manigances du Malin. Démarre alors un voyage échevelé
à travers des mondes imaginaires pour sauver sa fille, Valentina.
Barnum visuel, qui lorgne vers Les Aventures du Baron de Munchausen (scénario de Charles McKeown de nouveau en piste pour cet Imaginarium), le nouveau film de Gilliam se présente comme une compilation de délires, entre collages baroques, esthétique rétro moderne, tout autant loufoques que poétiques. Un miroir magique, qui ne déplairait pas à Alice, pour naviguer dans les rêves, un Monsieur Loyal derrière un masque de carnaval, des hommes qui marchent sur des nuages, des montgolfières anthropomorphes, un Londres victorien à souhait (et pourtant contemporain), les ingrédients propres à Gilliam sont au rendez-vous. Il est à espérer que la magie des images ne prenne pas le pas sur cette étrange histoire de sauvetage (et d’amour).
LE TRAILER
"Balivernes !"
On ne change pas une recette gagnante. A chaque fin d’année, il est strictement impossible de passer à côté d’une quelconque adaptation du classique littéraire de Charles Dickens, Un chant de Noël, que ce soit à la télévision, ou quelquefois, au cinéma. En 2009, c’est au tour du génial Robert Zemeckis de livrer sa version du célèbre conte, avec une idée originale et réjouissante : utiliser la Motion Capture et la 3D.
Ecrit en 1843 afin par Dickens afin de rembourser une dette, Un Chant de Noël nous emmène à la rencontre de Ebenezer Scrooge, un vieil homme acariâtre et grippe-sou qui, le soir de Noël, reçoit la visite de trois entités : les Fantômes des Noëls passés, présents, et futurs. Ces esprits lui font revivre certains moments de sa vie, lui en feront découvrir d’autres, mais ont surtout pour but de lui montrer la voie de la rédemption, qui passe inévitablement par l’altruisme. Malgré des frais
de production désespérants pour l’auteur, c’est par miracle que son ouvrage, initialement intitulé A Christmas Carol in Prose, Being a Ghost Story of Christmas, connait à la fois un grand succès public et critique, et les éditions se vendent comme des petits pains (tiens, une expression que je n’avais pas utilisé depuis au moins 8 ans !).
La toute première adaptation cinématographique de l’œuvre-phare remonte à 1908, où l’acteur Tom Ricketts tenait le rôle de Scrooge. Depuis, on dénombre près d’une trentaine d’adaptations audiovisuelles, allant aussi bien de la comédie musicale (Scrooge - 1970) à la comédie tout court (Scrooged, avec Bill Murray - 1988), sans oublier les innombrables versions animées avec les Muppets ou Mickey Mouse (d’ailleurs, rappelons que Carl Barks a créé le personnage Balthazar Picsou d’après le texte de Dickens, d’où le nom original du célèbre canard, Scrooge McDuck). Un must pour les fêtes de fin d’année, avec son lot d’humour, d’émotion, et de morale chrétienne pour toute la famille.
2003, Robert Zemeckis, réalisateur célèbre et adulé de Retour Vers Le Futur, Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (et pas l’inverse) ou encore l’Oscarisé Forrest Gump, signe un joli conte de Noël tout en images de synthèse - et en 3D selon les salles - nommé Le Pôle Express. Le film reçoit des avis partagés de la presse, il y a ceux qui aiment la performance capture et admirent l’aspect visuel du métrage et ceux qui trouvent le résultat moche et creux. Le même problème se posera avec le pourtant grandiose, que dis-je, épique La Légende de Beowulf, où si l’on note une véritable amélioration,au niveau de la captation des expressions du visage, certains choix de mise en scène n’étaient pas sans rappeler certaines cinématiques de jeux vidéo. Toujours est-il que dans une scène du Pôle Express, l’un des nombreux personnages incarné par Tom Hanks utilise une marionnette de Ebenezer Scrooge, dont le design, inspiré des illustrations originales de John Leech, restera le même entre les deux films.
Pour Walt Disney Pictures, dont c’est la troisième adaptation depuis
l’achat de la compagnie de Jim Henson, et donc, de Noël chez les Muppets, le choix était plus qu’évident : pour redonner vie au conte, Robert Zemeckis était l’homme de la situation.
"Evidemment, c’est une incroyable histoire de rédemption, et bien entendue, universelle... Mais j’ai aussi réalisé à quel point elle était cinématographique !, explique le cinéaste, Dickens l’a écrit un siècle avant la création du cinéma, et il l’a pourtant écrite de façon totalement filmique. C’est stupéfiant, et c’est surtout cela qui m’a donné envie de l’adapter sur grand écran."
Vu la passion du bonhomme pour placer des éléments irréels dans un semblant de réalité (une DeLorean qui disparait, des Toons qui se saoulent dans un bar, Tom Hanks qui rencontre Kennedy et j’en passe, sa filmographie recelant d’exemples), et chez qui l’aspect visuel dessert avec brio une bonne histoire, on ne peut que comprendre son enthousiasme et lui accorder notre entière confiance.
Souvent critiqué, Zemeckis justifie son utilisation de la technique de performance-capture : "J’aime beaucoup la liberté que cela permet au réalisateur... Je ne sais pas si je l’utiliserais sur tous mes films, mais j’aime vraiment ce procédé, et si je trouve une histoire qui convient, je serais heureux de l’utiliser à nouveau.".
Le Performance-Capture, comme son nom l’indique, permet de saisir le meilleur du jeu des acteurs pour le retranscrire ensuite dans des images entièrement composées, le cinéaste utilisant la métaphore de la peinture : il faut écrire le film en réfléchissant à l’avance au contrôle total de chaque scène... Un enjeu risqué, mais libre, où le physique des acteurs importe peu, tant que sa prestation est juste. "La direction d’acteur ne change pas par rapport à un film classique [...], il faut expliquer à l’acteur si on veut que son jeu soit plus ou moins intense. Ce procédé met les acteurs à égalité, si vous êtes parfaits pour un rôle, le physique ne compte pas."
L’autre aspect attirant de cette relecture moderne, c’est l’implication de Jim Carrey dans le projet. Totalement fasciné par l’univers du conte, qu’il a découvert tout jeune grâce a un Téléfilm datant de 1971, où la prestation de Aleister Sim l’a bluffé, c’est presque sans hésiter que le comique canadien au mimiques légendaires s’est engagé dans l’affaire.
"Il y a des challenges [à faire ce film, ndlr], mais il y a aussi beaucoup de bénéfices, puisque tu peux jouer une scène entière, descendre 25 pages de scénario par jour. C’est incroyable, c’est comme jouer une pièce de théâtre, tu dois connaître tes répliques par cœur" confiait le comique à la presse au début du mois, avant de poursuivre : "J’étais entre de bonnes mains, je n’avais donc pas peur... et j’étais fasciné par la technologie et les possibilités qu’elle offre. [...] Maintenant que j’ai vu le résultat, je envie de recommencer. C’est vraiment une forme d’art merveilleuse." Il faut dire qu’il ne se contente non pas d’un seul rôle mais 8... enfin presque, puisqu’il incarne, grâce à la magie d’aujourd’hui, Scrooge a différentes époques de sa vie, ainsi que les 3 fantômes de la rédemption.
Si la star hilarante assure évidemment le show même sous ses avatars
numériques (à coups de gesticulations et de "Balivernes !") , il est accompagné par les tout aussi excellents Gary Oldman (qui joue feus ses anciens associés Bob Cratchit, Marley et le jeune Tiny Tim), Colin Firth (Fred, le neveu optimisme de l’homme d’affaire mal-aimé) et Bob Hoskins (Mr. Fezziwig, ancien patron de Ebenezer), entre autres. C’est la première fois que les acteurs sont confrontés à une telle manière de jouer, et autant dire qu’ils n’ont pas l’air désenchanté de jouer dans cette histoire, justement, enchantée.
Quant à Zemeckis, il renoue évidemment avec son compositeur fétiche, Alan Silvestri, pour signer une Bande Originale aux accents de poésie et d’aventure, combinés à l’esprit de Noël.
Sorti le 4 novembre au Royaume-Uni et le 6 Outre-Atlantique, le film a rapporté en 10 jours pas moins de 74 millions de dollars à travers le monde. Un joli score pour un succès programmé de fin d’année (mais attention, le grand méchant AVATAR ne va pas tarder à arriver !) qui, semble t-il, n’a pas convaincu toute la presse, assez partagée, mais louant ) l’unanimité - et c’est rare - la richesse visuelle du film. A nous de juger le 25 Novembre prochain, et autant dire que, tel un gamin devant ses cadeaux sous le sapin, on en trépigne d’impatience !
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On the road again
Adapter Cormac Mc Carthy à l’écran n’est pas une mince affaire. Le bonhomme fait partie des vestiges de la littérature américaine et forme avec Thomas Pynchon et Philip Roth un cercle très fermé. Son roman, The Road est célébré par la critique et acclamé par le public dès sa sortie et sera d’ailleurs récompensé par le prix Pulitzer en 2007. Après la sublime adaptation de No Country For Old Men des frères Coen, c’est John Hillcoat (Ghost... Of The Living Dead, The Propostion) qui s’y colle.
Depuis quelques années, force est de constater que le drame post-apocalyptique a plutôt le vent en poupe. Si la saga des Mad Max commence à vieillir, des films comme Doomsday ou I Am Legend ont amplement rempli leur rôle au box-office (à tort ou à raison). Malgré sa post-production houleuse (sortie repoussée plus d’une fois par les studios), La Route sort enfin sur les écrans français le 2 décembre et peut se vanter d’avoir réuni un très beau casting. Dans les rôles principaux, Viggo Mortensen, dont on connait déjà les prouesses, et le jeune Kodi Smith-Mac Phee, qui n’en est pas à son premier rôle, et sûrement pas à son dernier, à en croire Aragorn : "J’aimerais vraiment que certains acteurs adultes soient aussi intelligents que ce garçon".
A la photo, on peut compter sur Javier Aguireresarobe (Les Autres), et sur Chris Kennedy à la production design. Une équipe atypique donc, mais qui colle bien aux objectifs de Hillcoat. En effet, si la critique littéraire a souvent souligné que Mc Carthy s’employait à renouveler les genres qu’il exploitait dans ses romans, c’est aussi le cas du réalisateur : "Quand je m’attaque à une genre bien spécifique, j’essaie toujours de trouver une nouvelle approche". Il était donc capital pour Hillcoat d’éviter l’imagerie de Mad Max, ou tout autre univers trop SF ou fantastique. La Route raconte l’histoire d’un père et de son fils qui, dans une Amérique en ruine, tentent de rallier la mer, terre d’espoir et de salut. Le rapport entre l’homme et la nature est essentiel : pour Hillcoat, qui voulait respecter un maximum l’esprit du bouquin, il s’agissait de donner un aspect humain au chaos, de confronter ses personnages et son spectateur à leurs angoisses les plus profondes. Qu’en serait-il réellement de nous si toute civilisation devait disparaitre ? Pour répondre au mieux à cette question, le film fut presque entièrement tourné à Pittsburg dans l’Oregon, ou à la Nouvelle Orléans après les ravages de Katrina ; l’esthétique des camps de concentration, des massacres de populations durant la deuxième Guerre Mondiale et des SDF d’aujourd’hui furent aussi des sources fondamentales pour l’équipe. La Route offre donc les paysages apocalyptiques les plus anxiogènes et plausibles qu’il nous ait été donné de voir au cinéma, et ce depuis longtemps.
Mais le film n’est pas seulement un conte post-apocalyptique. Comme le
livre de Mc Carthy, il peut se lire à plusieurs niveaux. Malgré une bande annonce décevante, qui tient plus du trasher que du véritable film de caractérisation, il semblerait que le réalisateur n’ait absolument pas oublié d’exploiter la relation entre le père et son fils. La Route se devait de poser de véritables questions métaphysiques. Dans un monde dévasté, à quoi tient mon humanité ? Que puis-je transmettre à mon fils, moi le père, si plus rien n’existe ? Pour Hillcoat, La Route est d’abord une étude de caractères : "C’est une histoire sur le caractère inéluctable de la mort, et sur la plus grande peur des parents : la culpabilité et la douleur de laisser un fils derrière eux, et par extension la peur que ressent n’importe qui à l’idée de se retrouver seul et abandonné.". C’est d’ailleurs cet aspect du film qui a profondément séduit Viggo Mortensen et l’a conduit à accepter le rôle : " Mon personnage a enseigné la bonté à son fils, mais il n’est plus capable de la trouver en lui. C’est une transformation qui m’a profondément touché. [...] Il y a quelque chose de profondément spirituel dans ce voyage. On se rend compte que vivre pour survivre n’a pas de sens.". Pourtant - et c’est là l’un des paradoxes les plus humains qui soit - c’est un combat quotidien d’une violence rare que vont mener les deux personnages pour défendre la chose la plus précieuse qui existe, et finalement la seule qu’il leur reste : la vie. A ce titre, La Route pourra se vivre comme un cauchemar universel car il se fait l’écho d’interrogations collectives. Qui suis-je, où vais-je, et surtout, pourquoi ? Si Hillcoat ne prétend pas apporter de réponses, au moins nous fera-t-il réfléchir.
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Home sweet home
A l’origine de Paranormal Activity, il y a le couple que formait à l’époque le réal’ et Toni Taylor (co-productrice), et leur emménagement dans une maison de banlieue aux nuits très calmes, où chaque bruit un peu incongru se trouvait sublimé. "La plupart du temps, ce n’était que des grincements, raconte Peli, mais il y avait une poignées de choses qu’on n’arrivait pas à expliquer. Un paquet de lessive est tombé d’une étagère une nuit, et on a eu une trouille bleue". Très vite, Toni Taylor prétend que la maison est hantée. Son homme - bien qu’il avoue être terrifié par les spectres au point de ne pouvoir regarder Ghostbusters - la rassure avant d’émettre l’idée de truffer la baraque de caméras pour tenter de capter la source de tous ces
étranges évènements. Le concept de Paranormal Activity était né.
Diffusé pour la première fois en 2007, la péloche jouit depuis d’un buzz considérable et peut se vanter de drainer autour d’elle sa propre mythologie. Entièrement tourné dans la maison soi-disant hantée du réalisateur avec un budget de quelques malheureux 11 000 $, Paranormal Activity s’inscrit en plein dans la veine du docu horrifique, initiée par Cannibal Holocaust en 1981, puis par le célèbre Projet Blair Witch ; mouvance plus récemment reprise par Rec et Cloverfield. "Ce que je voulais faire, explique Oren Peli, c’est réaliser un film qui symbolise la tendance actuelle du cinéma de genre. Tout comme on a dit qu’on ne pourrait plus prendre de douche après Psychose, ou camper dans les bois après Le Projet Blair Witch, je voulais que les gens aient peur de se retrouver et de dormir chez eux." Sympathique, le mec... P.A. est explicitement conçu pour effrayer les masses et se fend d’acroches plus qu’alléchantes : le LA Weekly le qualifie de "scariest movie of the year", et Stephen Spielberg lui-même n’oserait regarder le film qu’en plein jour. La légende raconte même qu’il aurait ramené la copie de P.A. en sa possession chez Dreamworks, dans un sac poubelle, prétendant que le fichier était hanté - il se serait retrouvé enfermé de l’intérieur dans son bureau après avoir visionné le film.
Réalisé en 2006 sur une semaine, Paranormal Activity fait sensation au Slamdance Festival de 2007 et attire l’attention des producteurs Jason Blum et Steve Schneider. L’équipe peine cependant à trouver un distributeur pour diffuser le film sur grand écran. Emballés par le projet, les studios Dreamworks offriront d’abord à Peli d’en réaliser un remake et d’inclure l’original en bonus sur le DVD. Mais c’est sans compter sur la perspicacité du jeune réalisateur. Il persuade les studios d’organiser une unique projection publique de P.A. et d’observer la réactions des spectateurs. Ce sont ces images que nous voyons dans le trailer, et bien entendu, elles suffiront amplement à
convaincre Dreamworks de l’efficacité - et de la potentielle rentabilité - du film Oren Peli lui-même n’a jamais douté : "On a toujours su qu’une fois que Dreamworks aurait vu l’effet du film sur les gens, ils oublieraient le remake". Malheureusement, le divorce de Dreamworks et Paramount gèle la sortie du film jusqu’au 25 novembre 2009. Mais qu’importe, ces deux années de battements n’ont fait que renforcer le buzz autour du film, si bien que ce dernier se vend dans 52 pays en un temps record de 24 heures.
Reste à savoir maintenant si le buzz et la légende ne vont pas finalement porter préjudice au film, au fur et à mesure de sa diffusion dans les salles d’Europe et d’ailleurs. Entre excès de zèle et coups médiatiques, le risque que la campagne marketing ait crevé dans l’œuf le potentiel horrifique de P.A. est plus qu’envisageable. Sur internet déjà, les spectateurs peu convaincus foisonnent et les premières critiques françaises sont finalement plutôt tiédasses. A tort ou à raison... Réponse officielle ce 02 décembre.
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Une oeuvre astro-nomique ?
Si Astro Boy constitue encore aujourd’hui l’un des plus populaires personnages de mangas, ce n’est pas un hasard. Créé dans les années 50, ce sympathique robot pédomorphe n’a jamais cessé d’envahir les écrans de cinéma, les rayonnages de boutique mangas et les petites lucarnes télévisuelles, faisant rêver des générations d’enfants accros aux aventures de ce justicier volant dont la condition robotique s’avère moins dévalorisée que celle de pantin pour le jeune Pinocchio de Disney.
Le parallèle n’est pas innocent. Astro Boy peut être vu comme une sorte de version nippone du pantin articulé inventé par Carlo Collodi et repris plus tard par Walt Disney qui en fait sa star. Rejeté du monde des hommes, Pinocchio recherche énergiquement le moyen de devenir un petit garçon, à l’image du jeune Astro qui, également victime de l’ostracisme, manifeste vivement au gré de ses missions de sauvetage l’envie de voir les humains et les robots cohabiter sereinement. Il répond ainsi au projet utopiste de son mentor, le professeur Ochanomizu qui l’a recueilli et sauvé des griffes du cruel directeur du cirque de robots auquel il a été revendu par son propre créateur. Au gentil et vieillissant Gepetto, ébéniste sans le sou succède, dans le manga d’Osamu Tezuka, le génie Tenma qui utilise ses connaissances technologiques avancées pour construire un robot à l’effigie de son enfant Tobio, tué dans un accident. Les rapports créateurs-créatures diffèrent largement entre l’œuvre nippone et celle italienne, les relations entre Tobio robotisé (rebaptisé plus tard Astro) et son inventeur (qu’il appelle « papa ») connaitront de nombreux remous, le créateur ne supportant plus de voir cet ersatz aussi humainement imparfait qu’il est techniquement parfait.
Astro Boy fait sa première apparition dans le comic Atomu Taishi en
1951 où il est un personnage secondaire. L’année suivante, son créateur, Osamu Tezuka, l’un des pères fondateurs du manga, exploite plus avant le personnage et crée une série qui lui est entièrement consacrée. Très tôt, le robot peut épanouir ses articulations sur les écrans de télé puisqu’une première série d’animes en noir et blanc voit le jour en 1963 sur Fuji TV, série qui sera diffusée du 1er janvier 1963 au 31 décembre 1964. Le grand écran s’empare à son tour du héros en 1964 pour Astro Boy : Hero of Space réalisé par Tezuka lui-même. Dans les années 80, la série Astro, le Petit Robot naît et inonde les écrans avant que le héros ne revienne près de quinze ans plus tard avec Astro Boy 2003.
Aujourd’hui, Astro connaît une sortie en grandes pompes sur les écrans du monde entier. Réalisé par David Bowers, spécialiste de l’animation qui a notamment contribué au scénario du Prince d’Egypte et mis en boite Souris city, le métrage dispose d’un étonnant casting vocal (Nicolas Cage, Kirsten Bell, Charlize Theron, Samuel L. Jackson, Freddie Highmore) et se montre extrêmement fidèle à l’univers originel, les équipes d’Imagi studios ayant collaboré avec Macoto Tezuka, le fils du paternel d’Astro.
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Bridget Jones : L’âge de déraison ?
Après avoir accueilli Pandorum, les salles françaises s’apprêtent à recevoir sur leurs écrans un autre film du réalisateur allemand Christian Alvart (Antibodies) qui signe avec Le cas 39 sa première expédition en terres hollywoodiennes. Succédant aux prodiges asiatiques et à d’autres maestros européens, Alvart fait ses premières armes pour le compte de la Paramount, major qui a récupéré le film assez tôt et se charge
personnellement de sa distribution à l’international.
L’histoire est des plus conventionnelle : Emily Jenkins, une assistance sociale qui pense avoir tout vu dans son métier rencontre un cas mystérieux, celui de la petite Lilith Sullivan, âgée de 10 ans. Ses pires craintes se confirment lorsque les parents de la jeune tentent de tuer leur fille unique. Emily parvient à arracher l’enfant à l’enfer qu’elle vit auprès de ses parents. Mais les apparences sont trompeuses…
Des histoires de mômes aux intentions malveillantes, le septième art en compte à la pelle. Des Révoltés de l’an 2000 au récent Esther en passant par The children, tout aura été fait ou presque en matière de gamins fascinés par la mort et désireux d’en finir une fois pour toutes avec les adultes. Quant au personnage de l’assistante sociale qui guide la mission de sauvetage, l’image n’en est que trop élimée, usée par les multiples variations qu’elle a elle-même enfantées, allant de la psychiatre en charge de la petite Reagan dans le troisième volet de L’exorciste aux débordements maternels de celle en charge de Dorothy dans le film éponyme. Compilant les œillades à des classiques comme The Omen, Le Cercle ou Le bon Fils, le métrage ne présente finalement qu’une formule éculée qui se voit encore amoindrie par une mise en scène d’un académisme navrant.
Pourtant, la présence de Bridget Jones au casting avait de quoi intriguer. Renée Zellweger, habituellement confinée au registre des drames et des comédies, s’illustre pour la seconde fois dans le genre après avoir interprété un petit rôle dans le fumiste Massacre à la tronçonneuse : la nouvelle génération de Kim Henkel, scénariste de l’opus de Tobe Hooper. A ses côtés, la jeune Jodelle Ferland n’en est pas à son coup d’essai puisqu’on a pu la voir dans Silent Hill, Les Messagers et une adaptation télévisuelle de Carie au bal du diable.
C’est dire si la révélation a pu seconder Zellweger, notamment lors des séquences d’incendies, tournées sans le moindre effet spécial selon la volonté du réalisateur. Ce qui valut une grosse frayeur à l’ensemble de l’équipe lorsqu’un des effets pyrotechniques a provoqué l’embrasement du plateau et la perte d’une grande partie du matériel technique. A croire que certains films sont maudits à juste titre !
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Le retour d’Amenabar
Rome nouvelle saison ?
Les studios hollywoodiens sont en train de redécouvrir les possibilités de l’Antiquité, après le succès de 300, le futur Choc des titans et l’hypothétique séquelle des aventures de Léonidas, les scénaristes n’ont de cesse de se replonger dans les origines de nos civilisations modernes. L’empire romain, dont l’histoire s’étale sur près de cinq siècles, fut une intarissable source d’inspiration de grands films tel que le Spartacus de Kubrick ou le Gladiator de Scott. Plus récemment, c’est HBO et John Milius qui ont ressorti les toges avec l’énorme série Rome, fresque épique qui prenait le parti de montrer les mœurs de l’époque dans tout ce qu’elles avaient de dérangeantes et de déplacées.
Suivant l’exemple de ses aînés et explosant du même coup le cadre resserré qu’il affectionne habituellement, Alejandro Amenabar vient apporter sa vision de l’Histoire avec son Agora. Cette fois, point de César ou de gladiateurs, mais l’histoire de Hypathie, une astronome grecque vivant à Alexandrie qui va devoir faire face à la révolte des Chrétiens face à l’autorité romaine. Bien que les premières bandes-annonces laissent présager une grande fresque historique, où la rage des batailles n’aura d’égal que l’exaltation des grands sentiments, Agora serait, selon les dires du cinéaste, avant tout une réflexion sur la religion et plus généralement sur le besoin de croire. Un parti pris déroutant, qui a fait son petit effet au festival de Cannes, où il était présenté hors compétition.
Et c’est un pari risqué pour Alejandro Amenabar, réalisateur de Tesis et d’Abre los ojos, qui avait finalement cédé aux sirènes hollywoodiennes pour réaliser le très efficace Les Autres, redonnant par la même occasion un coup de booster à la carrière de Nicole Kidman. L’actrice a d’ailleurs un temps été envisagée pour le rôle d’Hypathie mais a été, selon les rumeurs, refroidie par les considérations religieuses que le film soulève.
Amenabar avait su retourner à un cinéma plus intimiste, avec le touchant Mar Adentro, plaidoyer sur le droit d’euthanasie des malades qui avait rencontré un succès international. Dès lors, le retrouver à la tête d’un péplum en toges doté d’un confortable budget de 73 millions de dollars pouvait surprendre. Malgré ces allures de grosse production, le réalisateur espagnol n’en a pas perdu pour autant sa sensibilité artistique, puisqu’il a pris le pari de n’engager qu’une seule tête d’affiche, en la personne de Rachel Weisz, et, du coup, de composer le reste de son casting avec des acteurs moins connus tels qu’Oscar Isaac (vu dans le Che partie 1) ou Max Minghella (qu’on verra bientôt dans The Social Network de Fincher).

L’antithèse du blockbuster donc, qui prend à contrepied toutes les attentes qu’on aurait pu placer dans ce film, surtout que Rome est désormais représentée dans l’inconscient collectif par la série d’HBO. Mais aux dires d’Amenabar, Agora ne sera pas un film sur Rome mais bel et bien une réflexion, retranscrite à travers un triangle amoureux entre la belle philosophe, son disciple et un esclave converti au christianisme. Cependant, loin d’être une énième romance, Agora ne s’attarde sur chacun de ses personnages que parce qu’ils sont les marionnettes de la grande Histoire, ce qui permettra au réalisateur d’aborder des thèmes tel que la religion, la place de la Raison, l’esclavage ou, plus généralement, la place de la croyance dans un société , le tout doublé d’une critique sur le fanatisme religieux. Un film aux abords philosophiques qui risque de rebuter tous les amateurs de Titus Pullo bien que les talents de conteur d’Alejandro Amenabar ne puissent être remis en cause, lui qui a toujours su livrer des œuvres dont l’iconoclasme n’a d’égal que leur efficacité. Et ce n’est pas le public espagnol qui dira le contraire, puisqu’Agora a battu les records de démarrage, engrangeant 7 millions de dollars en quatre jours.
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Justicier et Puritain
Dans un XVIe siècle ravagé par les guerres, le capitaine Solomon Kane est une redoutable machine à tuer, aussi brutale qu’efficace. Armé des pistolets qui font sa marque, de sa dague et de sa rapière, lui et ses hommes laissent libre cours à leur soif de sang alors qu’ils combattent au nom de l’Angleterre d’un continent à l’autre. Pourtant, lorsque Kane décide d’attaquer une mystérieuse forteresse quelque part en Afrique du Nord, sa mission va prendre un tournant fatal... Un par un, ses hommes sont décimés par des créatures démoniaques, jusqu’à ce qu’il reste seul face à l’envoyé du diable, venu des profondeurs de l’Enfer pour s’emparer de son âme atrocement corrompue. Kane parvient à s’échapper, mais il sait qu’il doit maintenant se racheter en renonçant à
la violence et en se consacrant désormais à une vie de paix et de pureté.Sa nouvelle spiritualité ne tarde pas à être mise à l’épreuve lorsqu’il revient dans une Angleterre dévastée par des hommes diaboliques à la solde d’un être masqué terrifiant, l’Overlord...
Voilà donc à quoi ressemble cet intriguant Solomon Kane qui suscita de nombreuses rumeurs sur la toile depuis l’annonce de l’adaptation du célèbre roman éponyme de Robert E. Howard, père de la fantasy moderne. Ce nom ne vous est pas inconnu ? Quoi de plus normal puisque celui-ci est l’auteur à succès de Conan le barbare, Kull ou encore Red Sonja dont on attend également l’adaptation. Mais Kane se présente comme l’antithèse du fameux Cimmérien qui fut adapté par John Milius en 1982. Kane apparaît plutôt comme un homme sobre, taciturne, fuyant le vin et les femmes, ne se livrant à l’aventure que lorsqu’un « plan céleste » l’exige. « Ses yeux profonds et rêveurs étaient rendus encore plus sombres par le costume foncé et austère de Puritain qu’il aimait porter ». Le Mal auquel s’attaque Solomon Kane est infernal, diabolique, immédiatement reconnaissable. Sous cet angle, son fanatisme apparaît donc comme justifié.
Produit notamment par les frères français Samuel et Victor Hadida (Silent Hill, Le Dahlia Noir…), c’est au réalisateur très prometteur Michael J. Bassett (réal de Deathwatch ou du très sympathique Wilderness) qu’est revenu la lourde tâche d’adapter au cinéma le roman dans la belle ville de Prague (Tchéquie) du 14 janvier au 8 avril 2008 avec un budget accordé à 45 millions de dollars. Décidant de penser son film plan par plan via des storyboards, celui-ci les a ensuite scannés pour
créer des animatiques sur ordinateur allant jusqu’à les illustrer musicalement, ce qui confère au film une photographie superbe et très réaliste. Certains compareront le film à un certain Van Helsing, un constat sans doute trop simpliste et totalement infondé au vu des images très poétiques et très violentes (le film est quand même classé « R ») visibles sur le web proches du bestiaire effrayant d’un (tiens, tiens) Silent Hill ou d’un Underworld. Il est vrai que les effets spéciaux étant diligentés par les studios de Patrick Tatopoulos, le spectateur est en droit d’attendre des peintures fantastique proches des œuvres fantasy de ces dernières années. À noter que Michael J. Bassett a déjà envisagé son film comme une possible trilogie, dirigeant son projet d’après son propre scénario.
Mais la surprise provient néanmoins du casting avec le choix de James Purefoy dans le rôle de Kane. Aperçu dans A Knight’s Tale et la série Rome, Hadida justifie néanmoins sa sélection de Purefoy par sa capacité à incarner les forces et les faiblesses de Kane et qui font de lui le parfait héros moderne. Il apporte selon lui " un puissant réalisme" au héros du film. Un soutien qui aura fait du bien au principal concerné après les nombreuses déconvenues du tournage et notamment lors d’une scène de duel durant laquelle un cascadeur maniant une épée a frappé l’acteur anglais à la tête. Résultat : cinq points de suture et une jolie cicatrice ! Quand on vous disait que le film était physique…
Verdict ce 23 décembre, date de la sortie officielle du film en France.
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Yes, They Can !
Tiana travaille très dur comme serveuse pour amasser assez d’argent pour pouvoir un jour ouvrir son propre restaurant. Lors d’un bal masqué, organisé par le père de son amie Charlotte, elle enfile une robe magnifique ainsi qu’un diadème et prie l’étoile du berger pour que son rêve son réalise. Une grenouille se présente alors à elle, prétendant être un prince ayant été victime d’un mauvais sort, et lui réclame un baiser. D’abord effrayée, Tiana finit par accepter d’embrasser le batracien, mais la transformation ne se déroule pas comme prévu Au lieu de voir apparaître un prince séduisant sous ses yeux, Tiana est face à son propre reflet ; une grenouille aux yeux globuleux et couverte de mucus. Les deux amphibiens s’engageront alors dans une grande aventure pour retrouver la sorcière Mama Odie capable de leur rendre leur forme humaine.
Voici donc le pitch de la nouvelle création Disney, La Princesse et la grenouille, aka The Princess and the Frog, qui, durant le mois de décembre 2009, a fait un véritable malheur au box-office américain. Certes, son succès initial fut rapidement mis sous l’éteignoir avec la sortie du somptueux Avatar de James Cameron, mais avec des rentrées de 25 millions de dollars lors de son premier week-end d’exploitation, le métrage de Walt Disney Pictures avait d’ores et déjà rempli son contrat.
Alors que l’animation est plus que jamais au goût du jour et a livré de véritables pépites lors de la première décennie des années 2000, notamment par le biais de la technologie 3D, plus que jamais présente au sommet,
La Princesse et la Grenouille se démarque complètement de ce marché. En effet, le métrage se présente en deux dimensions, chose qui n’était plus arrivée chez Disney, depuis les plantureux ratés de l’année 2004 (La Ferme se rebelle). Cette audace au niveau de la mise en forme, ainsi qu’un retour à l’animation à la main, ses mouvements fluides et ses lignes souples, se sont donc avérés payants outre-Atlantique et devraient charmer petits et grands lors de la sortie française, ce 27 janvier (le 3 février en Belgique).
De plus, si les derniers échecs 2D de Disney étaient avant tout à mettre sur le compte d’un scénario se révélant souvent filiforme et relevant de l’exploitation pure et dure de concepts élimés, La Princesse et la Grenouille devrait littéralement trancher avec ce passé peu glorieux, renouant avec la tradition qui fit le succès de la firme aux grandes oreilles. En effet, au vu du pitch
mis en place par Ron Clements, John Musker et Rob Edwards, déjà tous trois responsables de l’échec Treasure Planet, mais, surtout, pour les deux premiers nommés, de la réalisation de l’excellent Aladdin, l’œuvre devrait donner lieu à un habile mélange entre les classiques que constituent Blanche-Neige et les sept nains et La Belle et la Bête, des chefs-d’œuvre toujours bien présents dans l’imaginaire collectif.
Enfin, LA grande sensation de cette sortie réside sans aucun doute dans le fait que Disney vende La Princesse et la Grenouille comme « le film mettant en scène sa première princesse noire », preuve de l’évolution des mœurs aux States, société bien consciente que le « yes, we can » de son Obama de président n’est pas si anodin que cela. Véritable révolution donc (il aura fallu plus d’un siècle de cinéma pour que l’animation oublie quelques instants durant la question raciale) que cette œuvre, qui aura tôt fait de plaire par son caractère terriblement décalé ainsi que par son ouverture à une culture par rapport à laquelle le studio s’était montré plutôt hermétique (les Indiens ont eu leur Pocahontas, les Asiatiques leur Mulan). En effet, les deux héros (dont les voix ont été prises en mains par Anika Noni Rose et Bruno Campos) visiteront la Nouvelle-Orléans, avec ses bayous, son vaudou et ses joueurs de trompette, de quoi se montrer encore plus déphasant… d’autant que le conte original, signé E.D. Baker, s’inspire de la mythologie slave où un roi, pour déterminer son successeur, fait tirer une flèche à l’aveuglette à ces fils qui devront épouser la femme sur laquelle elle tombera. L’une d’elles tomba dans un marais, et le prince dut épouser une grenouille qui se révéla être au mauvais endroit...
Le fabuleux destin de Nemo Nobody
Treize ans après la sortie du Huitième jour arrive sur les écrans Mr Nobody, troisième long métrage du réalisateur Jaco Van Dormael. Une très longue gestation explicable par l’ampleur colossale de la tâche que s’est fixée le cinéaste : envisager pour un seul et même personnage une multiplicité de vies potentielles selon les choix qu’il opère.
"Le film découle d’un court-métrage de 1982, intitulé E pericoloso sporgersi qui entrainait une bifurcation à deux possibilités, explique le réalisateur. L’histoire envisageait deux possibilités à partir d’une seule situation : un enfant qui court derrière un train, s’il part avec son père ou s’il s’enfuit avec sa mère, avec deux trajectoires différentes selon le choix. Les possibilités étaient juste binaires." Désireux d’exploiter plus avant ce mode binaire, Van Dormael se voit finalement devancé par les sorties de Lola rennt et de Sliding doors qui reprennent cette dynamique. Dès lors, le cinéaste décide de calquer son procédé sur la complexité de la vie, à la manière des jeux vidéo qui, à partir d’un choix, entraînent plusieurs possibilités, elles-mêmes subdivisées en plusieurs options.
"Je voulais m’intéresser à ces multiples possibilités et à la dynamique du choix elle-même, poursuit-il. Quand on tombe amoureux et qu’on décide de vivre avec quelqu’un, on choisit mais pour quelles raisons ? Qu’est-ce qui fait qu’on tombe amoureux ? Pourquoi cette femme-là ? Chaque option contient une série de causes et de conséquences qu’on ne contrôle absolument pas. Souvent, le choix implique un pari sur des choses dont on ne maîtrise ni les conséquences ni les causes qui peuvent être génétiques, éducatives, physiques. Je souhaitais parler avec un médium qui est en général simplificateur de complexité de la condition humaine. J’adore faire du cinéma et raconter des histoires. Mais dans le cinéma, toutes les scènes ont une nécessité et servent toutes à aller vers la fin de l’histoire, les conséquences et les causes sont immédiates alors que la vie d’un homme est remplie d’une foison d’imprévus. Je peux tenter de justifier tout ce qui arrive mais uniquement par consolation car, fondamentalement, ça m’échappe. La vie fonctionne selon le principe de l’entropie, tout va vers la dissipation et sans doute que le fait de raconter une histoire amène le phénomène inverse, tous les éléments convergeant vers une sorte d’entonnoir. Le film est peut-être une consolation, une justification de ce qui m’échappe habituellement."
Pour donner corps à cette multiplicité des vies, Van Dormael use de toute une série de procédés filmiques qui assurent la cohérence tant formelle que narrative de l’oeuvre. "On a essayé avec Christophe Beaucarne, le
chef opérateur, de trouver une manière différente de filmer pour chaque vie, ce qui est assez jouissif pour un cinéaste qui peut puiser dans toute la palette du cinéma." Ainsi, chaque vie possède-t-elle sa propre grammaire visuelle (caméra à l’épaule, caméra indépendante, découpage claqué sur d’autres séquences) et ses propres teintes chromatiques (rouge, jaune, bleu et blanc, selon l’existence dans laquelle on se trouve). Autant de détails qui soutiennent le récit, le rendent uniforme et assurent une certaine fluidité de cette oeuvre inclassable qui puise autant dans le registre de la SF (l’épopée martienne, notamment) que du tragique, dans la comédie que dans le fantastique. S’inscrivant dans une pluralité de genre sans s’en réclamer d’aucun, Mr Nobody est une sorte de film-somme de cent ans de cinéma. Un pied-de-nez au conformisme réducteur de certains réalisateurs trop prudents. Un pendant cinématographique aux épandages philosophiques d’un Paulo Coelho.
LE TRAILER
Les Hughes, de l’Enfer à l’apocalypse
Et bien, il leur aura fallu le temps. Neuf ans précisément depuis leur dernier long métrage From Hell, film souvent sous-estimé voire décrié par certains alors qu’elle représente toujours, pour le moment, la meilleure adaptation d’une œuvre d’Alan Moore. Les frangins Hughes jouissent d’un statut étrange dans l’industrie Hollywoodienne, nantis d’une réputation de francs-tireurs et de
défenseurs de la cause noire américaine, ils sont plus connus comme des réalisateurs blacks que comme des réalisateurs de films tout court. Ils l’avaient un peu cherché en débutant leur carrière par une trilogie incendiaire examinant à la loupe la culture noire américaine avec Menace II Society, Generation Sacrifiée et American Pimp. Comme pour rompre définitivement avec ce créneau, ils embrayent avec l’histoire de Jack l’Eventreur et plongent ainsi en plein cœur de l’époque victorienne. Cette fois, ils reviennent avec un tout autre genre, exit le milieu urbain caractérisant tous leurs films et bonjour les étendues désertiques. Après le passé et l’époque contemporaine, voilà les frangins projetés en plein futur, s’attaquant maintenant à un autre genre emblématique du cinéma fantastique : le post-apo. Genre né dans les années 80 et dont le porte-étendard est Mad Max II.
Le genre est souvent décrié et perçu comme le parent pauvre de la science-fiction du fait des nombreuses bandes fauchées surfant sur la vague Mel Gibson venues d’Italie. Avec Book Of Eli, les frères Hughes ont à cœur de redorer le blason du post-apo dans le panorama du cinéma mond