Festival Fantasia (Canada)

Chronique du FanTasia 6 juillet 2008

7 juillet 2008 | Par : Damien Taymans

De notre correspondante à Montréal

Montréal, 6 juillet

19h15.

25 degrés.

Probabilité de pluie : -100%.

Mes nouveaux amis m’ont laissé un message pour me dire qu’ils allaient au parc Lafontaine. Armée de mes plus belles intentions, je me mets en route vers Let the Right One In avec la ferme résolution de me jeter hors la salle pour les rejoindre si le film est nul... L’affiche ne donne que peu d’envies : des petits vampires suédois, sortes de reliquats dentés façon IKEA, je sens que ça va meubler... Mets-en me disent mes amis ("tu parles" en québécois dans le texte).

Le film est cette fois dans la salle H = Théâtre Hall Concordia, située dans un bâtiment juste en face de celui qui abrite la salle S. Dans ce théâtre, première surprise, se trouvent :

• Des toilettes publiques propres et, cherchez la différence avec celles du Bifff, personne ne se tient assis sur une chaise devant la porte en présentant un petit panier pour recueillir votre argent (notez que j’ai réussi à prendre une photo politiquement correcte des toilettes féminines, ce qui n’est pas une mince affaire)

• Des robinets à eau fraîche (ça aussi, c’est assez rare que pour être souligné)

• Des téléphones publics (moins fondamental peut-être mais ça fait la petite touche US)

• Un petit stand de bouffe (comme on dit ici, pour vrai, comme on dit aussi ici)

La salle fait la moitié du Grand Eldorado (UGC de Brouckère), soit les 2/3 de la regrettée salle du Passage 44 de Bruxelles (snif, snif). Presque comble. Moyenne d’âge 25 ans. Des métaleux, des cheveux roses, d’autres personnes d’aspect plus classique (ce sont peut-être gouré de salle). Hard rock en fond musical. Les gens attendent le début du film, on est debout, on bavarde, mon jeune voisin mange un repas à emporter du Mac Do (en clair, une tranche de salade super bien cachée par 99% de graisse). Il y a une ambiance teenager américain + la simplicité sympathique québécoise + l’accent québécois + des accents anglophones. Mélangez le tout et vous obtenez... ben le FanTasia pardi, vous êtes lourds là !

A l’heure prévue, on passe directement aux bandes de présentation du festival, qui sont bilingues français-anglais : personne ne vient vous dire pendant plusieurs minutes ce que vous savez déjà sur le film, vu que vous y êtes et que vous avez toutes les infos dans votre programme. J’apprécie.

Il n’y a plus un bruit, ça commence.

Le film s’ouvre sur la cour de ce qui semble être des logements sociaux en Suède, dans les années 90. C’est l’hiver, Oskar s’ennuie, délicat début adolescent, il a douze ans. Il rencontre Eli, une gamine de son âge, d’une beauté fascinante. Malgré la neige et l’heure tardive, elle ne porte qu’un jean et une chemise, mais elle ne paraît pas avoir froid… (quelle hardiesse ces Suédois !)

Dans un contexte d’adolescence typique - racket, parents divorcés, solitude – commence alors une histoire d’amitié et d’amour, toute simple mais émouvante. En somme, c’est sûr qu’on s’aperçoit petit à petit que la jeune fille est un vampire, mais quelle différence finalement ? ’est sans doute une des forces du film.

Rempli d’images magnifiques et de paysages enivrants (le côté exotique des étendues neigeuses doit y être pour beaucoup), le métrage est porté par des acteurs d’une rare efficacité. La musique joue parfaitement son rôle, tour à tour discrète ou amplificatrice d’émotion.

Ne se bornant pas à reproduire à l’envi les clichés habituels du nauséabond mélange teen movie et blood sukers movie, Let The Right One In peut se targuer de présenter son histoire de manière originale baignée par une multiplicité d’influences et de références tout en conservant sa propre personnalité cinématographique.

Que se passe-t-il quand un vampire entre chez quelqu’un sans y avoir été invité ? Il y a de l’humour. Et puis surtout, il y a aussi de la véritable horreur (vous ne serez plus jamais embarrassé des bruits que fait votre estomac quand vous avez faim, lorsque vous aurez entendu ceux que font celui d’Eli). Il y a du gore (défiguration à l’acide, bain de sang…), copieusement applaudi par toute la salle à plusieurs reprises (vive les connaisseurs !).

Let the Right one In est un film extraordinaire, tout en subtilité, effrayant, innovant, intriguant et attachant, qui réussit son coup, et qui frappe fort, et qui reste imprégné dans votre esprit. Horrifiant et subversif, choquant et émouvant, le film d’Alfredson frappe un grand coup tout en faisant oublier les produits américanisés à la Frosbitten. Let the Right offre une âme horrifique au cinéma suédois.

Commentaires

Très belles toilettes en tout cas ! ;)

Et pas payantes, c’est encore mieux... Pcq’au BIFFF, faut avoir un bouchon au cul ou être milliardaire pour aller aux toilettes autant de fois que l’on en a besoin...

10 juillet 2008 | Par 2. Mae-Nak

let the right one fait finalement bcp parlé de lui. vivement qu’il arrive en france !

7 juillet 2008 | Par vorhees777

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Horrifié (entre 6 et 10 ans), intrigué (entre 10 et 14) puis fasciné (de 14 à….) par les films d’épouvante, le genre me colle depuis à la peau tel un parasite extra-terrestre et coule dans mes veines tel (...)

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