Le week-end à la montagne d'un jeune couple se transforme en descente aux enfers lorsqu'ils deviennent les jouets d'une bande de dégénérés locaux.
Mike et Sheryl, couple ultra-moderne (ils consomment le fruit défendu sans alliance à l’annulaire et ce, en pleine nature), se paient une randonnée pédestre dans les vallées de la Virginie occidentale. Inconscients, les tourtereaux empruntent, sur les recommandations d’une autochtone un peu louche et contre l’avis du garde forestier, le sentier de Timber Falls, réputé pour ses cascades naturelles et ses épais fourrages. Sans brame préalable à tout bon coït en pleine nature, Mike et Sheryl profitent de la période du rut pour forniquer à même les fougères, avant d’être surpris par trois indigènes qui les humilient et les malmènent. Très
proche en apparence du séminal Eden Lake de Watkins, Timber Falls prend cependant la tangente assez rapidement et bifurque dans une toute autre direction, puisque les rednecks locaux sur lesquels reposent les soupçons, laissent le bénéfice de la torture à un couple de fondamentalistes religieux animés de desseins scabreux.
Les bourreaux, d’apparence amènes et sociables, constituent d’ailleurs la seule vraie originalité de ce nouveau survival sylvestre qui recycle à l’envi tous les clichés du genre et y implante, comble de l’infamie, des références tirées de récents succès (la garde-forestier Clyde renvoie au shérif Hoyt du Massacre à la tronçonneuse de Nispel, le rejeton mongoloïde plus proche des frangins de Détour mortel que du Leatherface cité par le scénariste). Adhérant à la perfection au moule de la nouvelle vague, la première incursion horrifique de Tony Giglio, signataire de Chaos avec Jason Statham (qui avait plus de chien que les héros de son Soccer dog), déçoit par excès de conformisme. S’y bousculent pêle-mêle des pochards écervelés, des adeptes de la torture, un rebut de la nature au visage déformé et des citadins paumés qui se retrouvent inexorablement liés à un sous-sol défraichi et obscur, dans lequel les héros sont censés procréer à la gloire du Seigneur. Car, Ida et Clyde, pratiquants de la première heure, désirent obtenir de leurs proies un bébé en bonne santé qui leur fera oublier les cuisants échecs de leurs accouplements passés, dont les résultats, enfermés dans des bocaux remplis de formol, trônent sur la cheminée. De bien macabres trophées en phase avec l’atmosphère poisseuse qui suinte de cette bande, dans
laquelle le sadisme est à nouveau poussé à l’outrance via quelques purs morceaux de boucherie soulignés avec férocité par une caméra-témoin.
Véritable petit guide d’exploration des paradis ruraux (avec de sublimes panoramiques sur une nature verdoyante, jamais dépeinte comme hostile), Timber Falls ne s’extirpe jamais des conventions dont il se barbouille volontairement de bout en bout. Ensablé dans un canevas vu et revu, le récit compense par quelques séquences sanglantes efficaces que des dialogues atroces, débités par de vrais doux-dingues fanatiques, rendent quasiment insoutenables. Et Clyde d’insister : « Nous ne sommes pas des gens violents. Ca nous fait mal de vous faire souffrir ».
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