Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Le pape des morts-vivants...
Pouvez-vous nous parler un peu de la genèse du projet ?
Mes oeuvres zombiesques sont des instantanés des climats socio-politiques dans lesquels elles sont construites. Je souhaitais vraiment créer quelque chose à propos de l’univers omniprésent du « Nouveau Média ». J’ai donc imaginé une histoire sur un film que des étudiants sont en train de tourner pour un projet scolaire au moment même où les morts reviennent à la vie. Les élèves deviennent obsédés par l’idée de rendre compte au monde de ces événements en les téléchargeant sur Internet.
Diary of the Dead est-il un nouveau départ pour vos films de zombies ?
Je suis revenu volontairement à la première nuit. Je ne pensais pas que cela serait crédible que les étudiants travaillent sur un tel projet si le monde n’est pas « normal » quand ils commencent à tourner. Si j’avais placé l’action dans un cadre temporel post-Land of the dead, est-ce qu’Internet aurait seulement existé ?
Votre film traite de manière virulente de la communication et des médias. Que pensez-vous de la manière dont nous partageons les informations sur la toile ?
Je trouve qu’Internet, la blogosphère, fait peu dans le sens de promouvoir l’information ou le dialogue. Les internautes suivent les blogs avec lesquels ils sont déjà d’accord et nous finissons plus souvent séparés qu’unis. Dès lors, des tribus se forment.
Pensez-vous qu’on peut tout montrer au nom de l’information ?
Je ne suis pas de ceux qui pensent que chaque information ou point de vue doit être censuré. Mais il est tant d’idées irresponsables qui sont présentées. Si Hitler avait été en vie aujourd’hui, il n’aurait jamais eu à apparaître sur un balcon. Il pourrait vomir en toute impunité sur un blog et probablement recruter plus d’admirateurs que ce qu’il a eu.
Vous êtes identifié aux zombies. En êtes-vous satisfait ou cet état de fait vous effraie-t-il ?
Je suis très heureux avec mes zombies. Ils sont relativement fiables. A chaque fois que je veux faire une observation à propos de ce qui se passe en Amérique du Nord, tout ce que j’ai à faire, c’est de sortir mes zombies de leur armoire et j’obtiens un financement. Ne suis-je pas en fin de compte le Michael Moore de l’horreur ?
Est-ce difficile d’insérer un commentaire social dans un film zombiesque ?
Pas du tout. C’est beaucoup plus facile que d’écrire une œuvre
intellectuelle non horrifique.
Une suite est-elle prévue pour Diary ?
J’ai écrit un scénario. Nous sommes en pourparlers pour un tournage en septembre mais ce n’est pas encore sûr à 100%. Je n’en serai pas jusqu’à ce que quelqu’un rédige le chèque…
Comment expliquez-vous la difficulté que vous éprouvez à faire produire vos films alors que vous jouissez d’une réputation de maître de l’horreur ?
Mes films sont vus comme quelque chose d’étrange par les producteurs américains, surtout dans les studios hollywoodiens. Ils ne s’adaptent pas à la tendance actuelle (Saw, Hostel, Halloween, Vendredi 13) et je ne suis honnêtement pas intéressé par une opportunité de rentrer dans cette tendance. Du coup, les investisseurs sont sceptiques et suspicieux à propos de mes scénarii … et à propos de moi ! Mais, qu’à cela ne tienne, je suis toujours là ! Et j’arrive toujours à trouver de l’argent quelque part.
Bubu, Bigdaddy, … Quel est votre mort-vivant préféré ?
Bubu reste mon zombie favori. L’acteur, Howard Sherman, a livré une prestation digne de Karloff. Le personnage sert aussi (et je pense avec succès) un but distinct de l’histoire. Eugene Clark, qui incarne Big Daddy, a également fourni une belle interprétation. Le personnage est juste moins sympathique, je pense. C’est donc bien Bubu qui remporte mon Oscar.
Jess Franco considère les zombies comme des êtres ridicules du fait qu’ils sont lents. Qu’en pensez-vous ?
J’ai grandi avec des films de momies, les vieux films de momies bien démodés, vous voyez ? Selon moi, il y a quelque chose de très effrayant quand une créature vient progressivement derrière vous. En quelque sorte, la lenteur prolonge l’agonie. Les mouvements secs me semblent plutôt ridicules en revanche. Un peu comme si les morts ressurgissaient de la terre et commençaient à s’entraîner à la gymnastique. Il me semble qu’un mort-vivant, par essence fragilisé, casserait ses chevilles s’il essayait de courir.
Que pensez-vous de Shaun of the Dead ?
J’adore ce film. Ces gars sont géniaux. Simon Pegg fait d’ailleurs un caméo vocal dans mon film en étant l’une des voix d’Internet.
Si vous étiez confronté à des zombies, que feriez-vous ?
Comme les étudiants de Diary, je tenterais probablement de prendre quelques bonnes photos d’eux (tout en ayant un flingue à proximité).
Etes-vous un adepte des démembrements ?
Je cherche toujours de nouveaux moyens pour détruire les zombies. C’est actuellement la plus difficile partie du processus, au même titre que la destruction du cerveau. Je réfléchis à ça quelques temps après avoir écrit le scénario, n’ayant parfois toujours pas trouvé de bonne idée la veille du tournage.
Si vous étiez un zombie, qui voudriez-vous dévorer en premier ?
Angelina Jolie (rires). Ensuite, si Brad ne m’a pas flingué, je me sustenterais probablement avec Bush, Cheney et compagnie.
Des nouvelles pour Diamond Dead ?
Je pense que le projet est mort. Je n’ai rien entendu à propos du film depuis trois ans. J’aime pourtant beaucoup ce projet mais personne ne semble y adhérer… et personne ne pointe son nez pour le financer.
Interview réalisée par Mae Nak, Damien et Gore Sliclez
Traduction : Han Polo
Et comment ! Je fantasme tous les jours devant cette interview...
Oh que oui...
Quel honneur pour nous...
Romero is GOD !!!!!
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respect Mr romero !