Festival NIFFF de Neufchatel (Suisse)

Journal du NIFFF 2009

4 juillet 2009 | Par : 

Jour 4

Par Colqhoun et Manuel

Séance de rattrapage pour Moon, film de science-fiction anglais avec Sam Rockell en vedette et Kevin Spacey en guest star vocale. Sans revenir sur les éloges formulées par l’ami Colqhoun en début de festival, le film de Ducan Jones constitue un des moments de cinéma les plus excitants de cette programmation. Si Moon souffre de la comparaison avec ses prestigieux aînés, le premier film du fils de David Bowie parvient à se libérer de cette ombre tutélaire pour imposer son empreinte. Débutant sur le terrain de la fable existentielle, le film dérive au fil des circonvolutions de son scénario vers la politique-fiction et brosse en creux le portrait d’une génération autiste recluse dans un univers virtuel. Epaulée par un comédien en état de grâce et par la musique atmosphérique de Clint Mansell, Moon devrait trouver sa place au-delà des étoiles.

Passé ce moment de grâce en apesanteur The Handsome Suit renverse la vapeur et se vautre dans la fange de la comédie potache de bas étage. Jeune cuistot au physique ingrat, puceau de son état, Takuro se voit proposé un costume qui va changer sa vie et le transformer en créature de rêve aux yeux de la gent féminine. Relecture japonaise du Docteur Jerry et Mister Love de Jerry Lewis, le film n’est sauvé que par le jeu survolté de la star du petit écran Shosuke Tanihara dans le rôle du bellâtre maladroit.

Après un documenteur de sinistre mémoire (Tachiguishi Retsuden), Oshii revient à l’animation avec le très attendu Sky Crawlers présenté dans le cadre de la sélection asiatique. Le sujet de ce Sky Crawlers nourrissait les espoirs les plus fous. Des enfants seuls habilités à piloter des avions de combat livrant une guerre sans fin. Autant prévenir les aficionados, le nouveau film du maître est un objet mineur, dénué de l’envergure propre à ses meilleurs travaux. Le film n’atteint pas les prouesses visuelles d’un Ghost in the Shell 2 malgré une combinaison toujours habile de prises de vues réelles, de 3D et d’animation traditionnelle. Oshii semble se reposer sur son fond de commerce, alternant autocitation complaisante à ses précédentes réalisations et nous perd dans les méandres d’un scénario qui ne possède ni la rigueur ni richesse thématique des écrits de Kazunori Itô son fidèle collaborateur.

Le who’s who du festival s’était donné rendez-vous ce soir pour la projection de The Tingler, morceau de choix de la filmographie du génial William Castle. Après un numéro de stand-up de Bruce Goldstein du Film Forum de New York, c’est sous les cris d’une foule en délire, hurlant à en perdre haleine, que la séance put commencer. Véritable trip sous LSD, The Tingler est un petit régal d’inventivité, Castle, totalement décomplexé dans son art, se permet des choses qui mine de rien font mouche à chaque fois. Alternant séquences baroques, dialogues au second degré savoureux et happening délirant, le film de Castle reste un sommet du cinéma horrifique d’une étonnante modernité. L’équipe du Nifff avait tout mis en place pour faire de cette projection une séance d’anthologie, squelette volant dans les airs, scream queen en furie et même un Jean-François Rauger - éminent directeur de la cinémathèque française – en guest star apeuré.

C’est autour d’un verre sous la tente du festival que chacun put reprendre ses esprits avant de rejoindre ses quartiers et se préparer à une nouvelle journée de festivité.


Notes de Manu

Moon - 3/5

Le film de SF de la génération SMS

The Handsome Suit - 1/5

Dr Jekyll et Mister Geek, à bon entendeur !

The Sky Crawlers - 3/5

Long et auto-satisfait, le faux-pas d’un géant de l’animation

The Tingler - 5/5

Plus qu’un film, une expérience de vie

Commentaires

The tingler est ma préféré.
Inscription Youniverse World - > http://www.youniversesworld.eu

1er octobre 2009 | Par

Ajouter un commentaire


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • [Se connecter]

Chroniqueurs

Ursula Von Trash

Tombée entre les lames de Freddy toute jeune, Ursula découvre alors le grand frisson de l’horreur par Argento, Romero, Cronenberg ou encore Carpenter. Cinéphage, afficionada des loups-garous et (...)

Newsletter

Devenir membre du site

Vous inscrire

Entrez votre adresse email dans le champ ci-dessous. Vous recevrez à cette adresse un courrier de confirmation d’inscription et un lien. Ce lien vous permettra de sélectionner les listes de diffusion.

Vous pouvez également vous inscrire en tant qu’auteur.

Newsletter publique

Pour recevoir les dernières nouvelles du site, abonnez-vous à la newsletter !

Forum

Forum

Suivez-nous sur

twitter Twitter
facebook Facebook
myspace MySpace

Statistiques

Ce site compte actuellement :

  • 4108 films
  • 2711 critiques de film
  • 18 chroniqueurs
  • 5964 commentaires