Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Dès que les vents souffleront, nous nous en ailerons
Présenté en compétition Thriller au BIFFF et à la veille d’une sortie en DVD (via Wild side, le 21 juin), The reef de l’Australien Andrew Traucki (co-réalisateur du film de crocos Black water) se distingue foncièrement de la sharksploitation traditionnelle. D’abord, par son intérêt relatif porté aux personnages, véritables héros du métrage, transformés en simples chairs à canons dans les récentes purges à squales. Ensuite, parce que l’essentiel des prises de vue des requins proposées dans l’oeuvre sont des images réelles tournées par le réalisateur à quelques mètres seulement des mâchoires voraces. Enfin, parce que, y a pas à dire, The reef est tout simplement comme les créatures qu’il traque, il a de la gueule !
L’INTERVIEW DU REALISATEUR
Comment est né le scénario de The reef ?
The Reef est ce que j’appellerais un thriller à tendance survival. Il est basé sur de faits réels qui se sont produits sur la côte du Queensland en Australie au milieu des années 80. J’ai lu le vrai compte-rendu il y a longtemps dans un livre et l’histoire m’a hanté toutes ces années. Le fait que l’histoire soit restée avec moi pendant si longtemps m’a
convaincu qu’il s’agissait peut-être bien de quelque chose d’intéressant à exploiter.
Pensez-vous que la plupart des spectateurs vont s’éloigner des plages ?
Oui, beaucoup de mes amis m’ont dit qu’ils ne voulaient pas le voir parce qu’ils aimaient trop nager dans l’océan. Mais vous savez, quand je fais du surf dans la mer, j’ai toutes ces images de vrais requins dans la tête, alors je pense qu’ils sont juste un peu ridicules.
Où le film a-t-il été tourné ?
Il a été filmé à Queensland principalement, dans un endroit qui s’appelle Hervey Bay mais aussi sur une magnifique île de corail qui fait partie de la Grande Barrière de Corail, qui s’appelle Lady Elliot island.
Souhaitiez-vous imprimer à votre film la même tension que celle des Dents de la mer ?
Ma plus grande source d’inspiration pour mes deux films, celui-ci et mon précédent Black Water, était de faire du suspense “ old school style ” comme Hitchcock ou Jacques Tourneur avec Cat People. J’ai essayé de me distancer le plus possible des Dents de la Mer, il ne s’agit pas la d’un film mais d’un phénomène, c’est impossible de rentrer en compétition avec un tel film.
Comment s’est déroulé le tournage avec de vrais requins ?
Les prises de vue des requins, comme pour tout animal sauvage, sont difficiles à tourner. En fait, c’est moi qui ai filmé la moitié des images dans lesquelles figurent les requins, du coup j’ai été contraint de nager à proximité de leurs ailerons.
Les acteurs passent la plupart du temps dans l’eau. Physiquement, ça devait être éprouvant pour eux, non ?
C’était incroyablement dur à filmer. Tout partait tout le temps à la
dérive ou a été endommagé par l’eau. Et c’était aussi physiquement épuisant d’être dans l’eau dix heures par jour, six jours par semaine pendant cinq semaines, c’est un vrai test d’endurance. Toute l’équipe avait des combinaisons de plongée afin d’être maintenu dans une certaine chaleur mais les acteurs, eux, n’en portaient pas toujours. Les acteurs ont fait un travail incroyable quand on voit toutes les épreuves qu’ils ont dû endurer.
Après Black water et ses crocodiles, vous vous intéressez ici aux requins. Quels animaux allez-vous caster pour votre prochain film ?
Je ne parle jamais de mes futurs projets, c’est le meilleur moyen pour découvrir que quelqu’un travaille sur un projet similaire, mais je suis en train de bosser sur quelques scénarios alors, avec un peu de chance, ça ne sera pas trop long avant que je fasse un nouveau film.
Interview réalisée par Damien et traduite par Sophie Grob
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