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Une oeuvre astro-nomique ?
Si Astro Boy constitue encore aujourd’hui l’un des plus populaires personnages de mangas, ce n’est pas un hasard. Créé dans les années 50, ce sympathique robot pédomorphe n’a jamais cessé d’envahir les écrans de cinéma, les rayonnages de boutique mangas et les petites lucarnes télévisuelles, faisant rêver des générations d’enfants accros aux aventures de ce justicier volant dont la condition robotique s’avère moins dévalorisée que celle de pantin pour le jeune Pinocchio de Disney.
Le parallèle n’est pas innocent. Astro Boy peut être vu comme une sorte de version nippone du pantin articulé inventé par Carlo Collodi et repris plus tard par Walt Disney qui en fait sa star. Rejeté du monde des hommes, Pinocchio recherche énergiquement le moyen de devenir un petit garçon, à l’image du jeune Astro qui, également victime de l’ostracisme, manifeste vivement au gré de ses missions de sauvetage l’envie de voir les humains et les robots cohabiter sereinement. Il répond ainsi au projet utopiste de son mentor, le professeur Ochanomizu qui l’a recueilli et sauvé des griffes du cruel directeur du cirque de robots auquel il a été revendu par son propre créateur. Au gentil et vieillissant Gepetto, ébéniste sans le sou succède, dans le manga d’Osamu Tezuka, le génie Tenma qui utilise ses connaissances technologiques avancées pour construire un robot à l’effigie de son enfant Tobio, tué dans un accident. Les rapports créateurs-créatures diffèrent largement entre l’œuvre nippone et celle italienne, les relations entre Tobio robotisé (rebaptisé plus tard Astro) et son inventeur (qu’il appelle « papa ») connaitront de nombreux remous, le créateur ne supportant plus de voir cet ersatz aussi humainement imparfait qu’il est techniquement parfait.
Astro Boy fait sa première apparition dans le comic Atomu Taishi en
1951 où il est un personnage secondaire. L’année suivante, son créateur, Osamu Tezuka, l’un des pères fondateurs du manga, exploite plus avant le personnage et crée une série qui lui est entièrement consacrée. Très tôt, le robot peut épanouir ses articulations sur les écrans de télé puisqu’une première série d’animes en noir et blanc voit le jour en 1963 sur Fuji TV, série qui sera diffusée du 1er janvier 1963 au 31 décembre 1964. Le grand écran s’empare à son tour du héros en 1964 pour Astro Boy : Hero of Space réalisé par Tezuka lui-même. Dans les années 80, la série Astro, le Petit Robot naît et inonde les écrans avant que le héros ne revienne près de quinze ans plus tard avec Astro Boy 2003.
Aujourd’hui, Astro connaît une sortie en grandes pompes sur les écrans du monde entier. Réalisé par David Bowers, spécialiste de l’animation qui a notamment contribué au scénario du Prince d’Egypte et mis en boite Souris city, le métrage dispose d’un étonnant casting vocal (Nicolas Cage, Kirsten Bell, Charlize Theron, Samuel L. Jackson, Freddie Highmore) et se montre extrêmement fidèle à l’univers originel, les équipes d’Imagi studios ayant collaboré avec Macoto Tezuka, le fils du paternel d’Astro.
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