Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Oeuvre culte en devenir ?
Doté d’un titre francophone bateau par excellence, dans la lignée du succès Bienvenue chez les Ch’tis, le fameux Bienvenue à Zombieland, premier long-métrage de Ruben Fleischer s’apprête à débarquer sur nos écrans, où il devrait réaliser
une assez belle percée. A l’image du succès qu’il a connu au Etats-Unis, Zombieland (nous l’appellerons ainsi pour ne pas entrer dans le jeu d’exploitation d’une veine qui s’épuisera rapidement) devrait donc se faire un nom, au même titre que son réalisateur surprise qui, à la manière de Neill Blomkamp, devrait s’imposer comme l’un des grands espoirs du cinéma de genre.
En effet, Zombieland est précédé d’une réputation flatteuse en nos contrées, les divers magazines spécialisés consacrant nombre de pages au véritable phénomène renvoyant tout droit à un certain Shaun of the Dead. Jugez plutôt : Deux amis décident de se rebeller contre les envahisseurs morts-vivants qui ont envahi le monde. Columbus est un vrai froussard, mais lorsque vous avez peur d’être dévoré par des morts-vivants, la peur peut devenir un atout. Tallahassee est un chasseur de zombies déterminé à tous les éliminer sans pitié. Aidés par Wichita et Little Rock, qui ont imaginé des manières uniques d’exterminer leurs ennemis, ils devront déterminer ce qui est le pire : se faire mutuellement confiance ou succomber aux zombies. En présentant, durant la longue phase de promotion de l’œuvre, les morts-vivants de manière assez décalée et en publiant de nombreuses vidéos hilarantes où les héros, incarnés par Jesse Eisenberg et Woody Harrelson, expliquent notamment comment tuer un zombie de manière efficace.
C’est d’ailleurs ce côté décalé qui a le plus occupé les deux scénaristes Paul Wernick et Rhett Reese, qui s’attaqueront bientôt au
scénario de Venom, le spin-off du pendant méchant de Spider-Man, ce qui n’est pas peu dire. Quand ils se mirent au travail, les deux hommes furent tout heureux de pouvoir vendre le projet à la CBS, dans le but d’en faire un téléfilm acidulé, tout en n’étant pas sûr qu’il entrerait un jour dans le créneau d’un chaîne souvent frileuse.
L’achat des droits d’adaptation cinématographique de Zombieland par Columbia Pictures changea considérablement la donne, et Reese et Wernick se remirent au travail visant « un travail plus effrayant et gore, dans le but d’en faire un film classé R ». Ils ne s’y sont guère trompés puisque la MPAA classa le film de la sorte, ce qui promet donc aux amateurs d’effets sanglants un spectacle d’envergure.
Les spectateurs du récent Festival de Sitgès ne s’y sont d’ailleurs guère trompé, l’œuvre de Ruben Fleischer remportant le très envié Prix du Public. Cette récompense, synonyme d’un spectacle de qualité quand on connaît les exigences du public espagnol, finit de rassurer les derniers sceptiques face à cette nouvelle exploitation zombiesque par un cinéaste totalement inconnu.
En effet, Ruben Fleischer est un peu arrivé comme un cheveu dans la soupe dans cette production dotées de grands noms. Driver des acteurs tels que Woody Harrelson, Jesse Eisenberg, Amber Heard ou encore Bill Murray pour sa grande première aux commandes d’un long-métrage ne dut pas être chose aisée, mais le cinéaste a visiblement su tirer son épingle du jeu. Simplement auteur de quelques clips, publicités et courts mineurs ces dernières années, Fleischer fit petit à petit son trou et multiplia les connexions dans le Tout-Hollywood afin de s’emparer d’un poste très envié.
Est-ce là la naissance d’un nouveau Pape des morts-vivants ou tout simplement d’un réalisateur qui, au fil de sa filmographie, explorera toutes les facettes du cinéma de genre ? Toujours est-il que ce Zombieland fleure bon le délire total et le défoulement de zygomatiques.
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