Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Véritable bête de festivals, I saw the devil (J’ai rencontré le diable en vf) ne cesse d’accumuler les récompenses et dithyrambes. Dernièrement, le jury du BIFFF, mené de main de maître par Enzo Castellari lui a d’ailleurs décerné son précieux Corbeau d’Or. Il faut dire que Kim Jee-Woon (Deux sœurs, A bittersweet life) est un habitué de ces manifestations cinématographiques, ses précédents films ayant d’ailleurs rencontré davantage de succès avec le public des festivals qu’en salles où ceux-ci sont parfois très piètrement distribués (I saw the devil n’ayant d’ailleurs toujours pas de distributeur à ce jour en ce qui concerne le territoire belge). Un état de fait attristant, car I saw the devil est un film à voir à tout prix, et de préférence dans de bonnes conditions.
A la fois captivant et dérangeant (adjectif souvent galvaudé qui est pourtant ici parfaitement à sa place), le dernier film de Kim Jee-Woon explose les codes du revenge movie pour accéder à une dimension psychologique d’une rare puissance où victime et bourreau se confondent. Son histoire de quête vengeresse qui lâche un flic aux trousses d’un tueur en série ayant assassiné et violé sa fiancée est à priori des plus banales. Pourtant, le réalisateur du Bon, la brute et le cinglé détourne et enrichit le genre de par son approche psychologique, son ton froid et naturaliste, ainsi que par ses personnages tous plus borderline les uns que les autres. Dans I saw the devil, il nous montre une société coréenne gangrénée de violeurs, tueurs, pédophiles et autres cannibales tous plus sadiques les uns que les autres, dont Choi Min-Sik(Old Boy, Lady Vengeance) campe ici à la perfection l’un de ses plus haïssables représentants. Le « héros », magistralement interprété par Lee Byung-Hun (A bittersweet life, G.I. Joe), n’est quant à lui pas en reste, et même si ses circonstances sont atténuantes, ses agissements n’en sont pas moins extrêmes, bouleversant et interrogeant le spectateur quant à cette justice sauvage dont il fait preuve. Sans aucun doute, ce jeu du chat et de la souris version hard aurait pu se titrer "How to make a monster".

Et Kim Jee-Woon nous invite à être les témoins de cette abominable naissance dès le 6 juillet dans les salles française. Un rendez-vous corsé auquel il vaut mieux être bien préparé ! Mieux vaut se préserver de tout spoiler, mais si vous désirez en savoir plus sur ce joyau brut et noir comme l’Enfer, n’hésitez pas à aller jeter un œil à la critique avisée de notre expert « Made in Asia », AKA Evil Seb, déjà présente sur le site.
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