Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Yes, They Can !
Tiana travaille très dur comme serveuse pour amasser assez d’argent pour pouvoir un jour ouvrir son propre restaurant. Lors d’un bal masqué, organisé par le père de son amie Charlotte, elle enfile une robe magnifique ainsi qu’un diadème et prie l’étoile du berger pour que son rêve son réalise. Une grenouille se présente alors à elle, prétendant être un prince ayant été victime d’un mauvais sort, et lui réclame un baiser. D’abord effrayée, Tiana finit par accepter d’embrasser le batracien, mais la transformation ne se déroule pas comme prévu Au lieu de voir apparaître un prince séduisant sous ses yeux, Tiana est face à son propre reflet ; une grenouille aux yeux globuleux et couverte de mucus. Les deux amphibiens s’engageront alors dans une grande aventure pour retrouver la sorcière Mama Odie capable de leur rendre leur forme humaine.
Voici donc le pitch de la nouvelle création Disney, La Princesse et la grenouille, aka The Princess and the Frog, qui, durant le mois de décembre 2009, a fait un véritable malheur au box-office américain. Certes, son succès initial fut rapidement mis sous l’éteignoir avec la sortie du somptueux Avatar de James Cameron, mais avec des rentrées de 25 millions de dollars lors de son premier week-end d’exploitation, le métrage de Walt Disney Pictures avait d’ores et déjà rempli son contrat.
Alors que l’animation est plus que jamais au goût du jour et a livré de véritables pépites lors de la première décennie des années 2000, notamment par le biais de la technologie 3D, plus que jamais présente au sommet,
La Princesse et la Grenouille se démarque complètement de ce marché. En effet, le métrage se présente en deux dimensions, chose qui n’était plus arrivée chez Disney, depuis les plantureux ratés de l’année 2004 (La Ferme se rebelle). Cette audace au niveau de la mise en forme, ainsi qu’un retour à l’animation à la main, ses mouvements fluides et ses lignes souples, se sont donc avérés payants outre-Atlantique et devraient charmer petits et grands lors de la sortie française, ce 27 janvier (le 3 février en Belgique).
De plus, si les derniers échecs 2D de Disney étaient avant tout à mettre sur le compte d’un scénario se révélant souvent filiforme et relevant de l’exploitation pure et dure de concepts élimés, La Princesse et la Grenouille devrait littéralement trancher avec ce passé peu glorieux, renouant avec la tradition qui fit le succès de la firme aux grandes oreilles. En effet, au vu du pitch
mis en place par Ron Clements, John Musker et Rob Edwards, déjà tous trois responsables de l’échec Treasure Planet, mais, surtout, pour les deux premiers nommés, de la réalisation de l’excellent Aladdin, l’œuvre devrait donner lieu à un habile mélange entre les classiques que constituent Blanche-Neige et les sept nains et La Belle et la Bête, des chefs-d’œuvre toujours bien présents dans l’imaginaire collectif.
Enfin, LA grande sensation de cette sortie réside sans aucun doute dans le fait que Disney vende La Princesse et la Grenouille comme « le film mettant en scène sa première princesse noire », preuve de l’évolution des mœurs aux States, société bien consciente que le « yes, we can » de son Obama de président n’est pas si anodin que cela. Véritable révolution donc (il aura fallu plus d’un siècle de cinéma pour que l’animation oublie quelques instants durant la question raciale) que cette œuvre, qui aura tôt fait de plaire par son caractère terriblement décalé ainsi que par son ouverture à une culture par rapport à laquelle le studio s’était montré plutôt hermétique (les Indiens ont eu leur Pocahontas, les Asiatiques leur Mulan). En effet, les deux héros (dont les voix ont été prises en mains par Anika Noni Rose et Bruno Campos) visiteront la Nouvelle-Orléans, avec ses bayous, son vaudou et ses joueurs de trompette, de quoi se montrer encore plus déphasant… d’autant que le conte original, signé E.D. Baker, s’inspire de la mythologie slave où un roi, pour déterminer son successeur, fait tirer une flèche à l’aveuglette à ces fils qui devront épouser la femme sur laquelle elle tombera. L’une d’elles tomba dans un marais, et le prince dut épouser une grenouille qui se révéla être au mauvais endroit...
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