Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Adaptation d’un livre intitulé Let the Right One In, de l’auteur suédois John Ajvide Lindqvist, l’histoire a déjà été transposée au cinéma en 2008 par un autre suédois, Tomas Alfredson. Devant le succès critique qu’engendre Morse (titre sous lequel il est sorti en Hexagone), le film fait l’objet, à peine quelques mois après sa sortie en 2008, d’un rachat des droits par les studios américains, qui aboutit à ce remake, deux ans seulement après l’original. Il faut souligner que le public ricain, peu friand des films étrangers en version originale, avaient quelque peu boycotté le film original. Une attitude que dénonçait voici quelques mois Tomas Alfredson : "C’est assez triste que le grand public américain soit incapable d’entendre des langues étrangères. Pour moi ça sera intéressant si leur remake est original, s’ils parviennent à ajouter quelque chose de nouveau dans l’histoire. Sinon, si c’est pour faire un film « mainstream », je pense que c’est déplorable."
Remake US oblige, la banlieue de Stockholm est abandonnée au profit d’un pavillon de moyenne banlieue aux States. La structure narrative est en revanche quasiment conservée intacte, à de rares exceptions près. L’histoire est centrée sur Owen, un adolescent fragile, élevé par sa mère alcoolique, qui subit quotidiennement les brimades de ses camarades de classe. Lorsqu’il découvre Amy, une voisine de son âge, Owen est d’emblée intrigué par la jeune fille et une indéfectible amitié se noue rapidement entre ces deux parias rejetés par leurs semblables. Il faut dire qu’Amy conserve un lourd secret : elle appartient à la classe des vampires et se nourrit de pauvres hères sitôt qu’elle a les crocs...
Ne se bornant pas à une simple reproduction plan par plan du métrage suédois, Laisse-moi entrer (Let me in en vo) en épouse néanmoins certains cadrages, certains artifices créant une relation intimiste avec les deux enfants héros de l’oeuvre. La recherche d’acteurs capables d’habiter ces deux personnages torturés a d’ailleurs constitué l’essentiel de la phase de production. Des castings menés sur trois continents sous la direction d’Avy Kaufman, aguerrie dans cette tâche ingrate puisqu’elle a notamment déniché Haley Joel Osment pour Sixième sens de M. Night Shyamalan, débouchent finalement sur deux jeunes acteurs talentueux : Kodi Smit-McPhee, le petit garçon de La route et Chloe Moretz, la botteuse d’arrière-trains de Kick Ass. Deux jeunes acteurs avec lesquels le réalisateur Matt Reeves
(Cloverfield) a énormément discuté afin de les préparer à l’interprétation de leurs personnages sombres et complexes.
Captivé par ce conte vampirique, Matt Reeves, à peine sorti de son film de monstre géant sans monstre, s’implique énormément sur le projet et prépare minutieusement son travail afin de rester le plus fidèle possible à l’oeuvre de Lindqvist. Ce dernier tenait d’ailleurs en haute estime Reeves qui avait réussi, avec Cloverfield, à faire du nouveau à partir d’un thème très ancien, de la même façon que son roman revisite et réactualise le mythe du vampire. Il est d’ailleurs cocasse que la Hammer films, restée mutique en terme de production pendant une trentaine d’années, rempile avec des vampires, ceux-là même qui avaient établi sa renommée durant deux décennies.
LA BANDE-ANNONCE
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