Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Planète interdite
Par Dante
L’animation est devenue un genre très important au cinéma depuis quelques années, explosant un carcan qui le limitait à un public enfantin restreint pour s’émanciper et prendre une tournure plus "adulte" sur les écrans. Avec l’essor des deux géants que sont Pixar et Dreamworks, l’animation est devenue un média respecté de ses confrères, qui a prouvé à plusieurs reprises qu’il pouvait ressembler des spectateurs (le succès incontestable de Wall-E en 2008) mais aussi procurer des
émotions et délivrer des messages profonds (Wall-E ou Là-haut). Malheureusement, l’anime s’est en même temps souvent limité à ces deux majors dont l’omnipotence financière laisse peu de place aux initiatives personnelles. La course à la technologie a également réduit les productions plus modestes. Mais à l’heure où Disney récidive dans la 2D traditionnelle et que même la France a trouvé un créneau, quelques indépendants se lancent dans l’aventure.
Planète 51 est de ceux-là. Réalisé par Jorge Blanco, issu du milieu du jeu vidéo (il était directeur artistique sur la franchise des Commandos) et écrit par John Stillman (un ancien de Dreamworks), il fait partie de ces films qui essaient de réconcilier des publics généralement opposés : les enfants et les adultes. L’histoire raconte donc l’arrivée d’un astronaute sur la fameuse Planète 51, mais loin de ne trouver que des cailloux et des cratères, l’explorateur de l’espace atterrit au beau milieu d’une zone résidentielle extra-terrestre, aux coutumes étrangement terriennes. Le terrien se voit alors poursuivi par les forces armées de la planète et considéré comme un envahisseur. Le film joue essentiellement sur cette inversion des rôles, où aliens et humains se confondent. Une idée de départ originale qui laisse le champ libre au scénariste d’aborder la question sous bien des rapports. Sans doute vecteur de morales infantiles, le métrage devrait également laisser filtrer des réflexions un peu plus matures. En ce sens, les premières images rassurent : même si le film ne se met pas à dos les enfants, il semble qu’il n’en oublie pas non plus les geeks amateurs
d’animation que nous sommes. Ne serait-ce qu’à voir le chien de la famille qui ressemble étrangement au Alien de Ridley Scott.
Espérons quand même que ce genre de clin d’œil ne se limite pas à un catalogue de références et de coups de coude complices, comme l’était Monstres vs Aliens qui avait pour le coup complètement raté sa cible. Mais libéré des contraintes des grands studios tel que Dreamworks, Jorge Blanco pourrait peut-être réussir à nous livrer une œuvre fonctionnant sur plusieurs niveaux, efficace et divertissante mais qui ne prend pas son média de haut. Le meilleur exemple récent reste Tempête de boulettes géantes, qui derrière son intitulé risible, cachait un divertissement de haute volée, mature et infantile à la fois. On ne peut qu’espérer que Planète 51 soit du même acabit.
LE TRAILER
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