Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Lake placid ?
David R. Ellis s’envolait il y a cinq ans à bord d’un avion infesté de serpents venimeux que de vilains mafieux malintentionnés avaient fait embarquer dans le but de se débarrasser d’un témoin gênant. L’agréable surprise des Serpents dans l’avion attestait le pouvoir du cinéaste dans la facture de huis clos anxiogènes, lui qui s’était jusqu’alors plutôt illustré dans le thriller survitaminé chrono-excentique (Destination finale 2 et sa course-poursuite contre la Grande faucheuse, Cellular et sa lutte avec le temps). Depuis Destination finale 4, échec critique retentissant, les inclinaisons d’Ellis pour les bagnoles et aéroplanes semblent s’être
émoussées au profit des milieux humides. Shark 3D (et ses redoutables squales), Hot water (et son championnat de jet-ski), The Briar Lake murders (Jason, où es-tu ?) ; les intitulés des projets du réalisateur ne dupent personne. Si certains bronzés préfèrent s’adonner aux joies de la montagne, Ellis jette son dévolu sur les p’tits culs en bikini qui se dandinent le long des plages.
Shark 3D (le "night" du titre original a mystérieusement disparu) constitue en somme l’aboutissement de la carrière d’Ellis. Ce dernier renoue avec la technologie stéréoscopique pour laquelle il a fait ses armes sur Destination finale 3D et avec les vilains squales qu’il a côtoyés sur le tournage de Peur bleue où il était réal de seconde équipe. A l’instar du récent Piranha 3D d’Alex Aja, l’accent est avant tout porté sur l’omniprésence des requins qui "infestent" littéralement le lac dans lequel sont piégés les personnages. Avec, toutefois, moins d’effusions sanglantes et de sexe que dans le défouloir du spring break qui voyait des nichons entièrement dévorés par une meute de piranhas préhistoriques puisque Shark 3D n’a reçu qu’une interdiction aux moins de 13 ans aux États-Unis. "C’est ce que nous voulions depuis le début. Nous voulions faire un film d’horreur et nous en avions les moyens [...], mais nous n’avions pas besoin de tonnes de sang, de paires de seins ou d’insultes à tout va. Nous voulions faire un film que les plus jeunes puissent également apprécier. Je me souviens avoir vu Les Oiseaux quand j’étais petit ; il n’y a pas de sang, pas de seins, mais la peur est là".
Côté originalité, ce thriller aquatique crie famine. Le scénario recycle une dynamique traditionnelle de l’animal attack movie balnéaire, à savoir une bande de jeunes dont le séjour idyllique tourne au cauchemar sitôt qu’un squale décide de se curer les chicots avec l’un des membres de l’équipe. Le trombinoscope affiche quelques trognes quasi imberbes issues pour la plupart du petit écran : Sara Paxton (vue dans La dernière maison sur la gauche et dans The Beautiful Life), Chris Carmack (NCIS, L’effet papillon 3), Dustin Milligan (L’effet papillon 2), Chris Zylka (10 things I hate about you, également au casting de Piranha 3DD), ou
encore Katharine McPhee, l’American Idol. Et, pour compléter le tableau, celui qui fait ici office de vétéran, Ving Rhames (Piranha 3D), aguerri en matière de bêbêtes subaquatiques dentées.
Même si Shark 3D a pu refroidir les amateurs de sensations fortes depuis son estampillage PG-13, ça risque tout de même de sharkler en cette fin d’été...
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