PREVIEWS CINE

PREVIEW CINE - Shutter Island

21 février 2010 | Par : Gore Sliclez

L’île du Dr Cawley

En 1954, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés enquêter sur l’île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. L’une des patientes, Rachel Solando, a inexplicablement disparu. Comment la meurtrière a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée de l’extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Œuvre cohérente d’une malade, ou cryptogramme ?

C’est en 2003 que sort Shutter Island, le roman de Dennis Lehane considéré à raison comme un des écrivains contemporains majeurs du roman noir américain. Révélé par des romans comme Un dernier verre avant la guerre, Mystic River ou encore Gone, Baby, Gone, Lehane touche à la perfection littéraire avec ce Shutter Island (dont Cinemafantastique vous avait présenter la critique] dans sa rubrique Necronomicon) qui ne pouvait rester sans suite cinématographique tant l’atmosphère lourde et ténébreuse du récit permet une adaptation intéressante pour tout cinéaste de qualité. Car c’est bien là que réside le challenge du projet : trouver un réal capable de retranscrire sur l’écran une narration machiavélique, introspective et dont le mix final doit absolument scotcher le spectateur sans possibilité de l’appréhender.

D’ailleurs, la production n’a-t-elle pas voulu dans un premier temps remanier le scénario complexe pour un en faire un film d’action tourné sous la direction de Wolfgang Petersen ? Véritable sacrilège, voire œuvre sacrifiée d’avance ? Heureusement il n’en sera rien. C’est bel et bien Martin Scorcese qui sera désigné pour relever un défi cousu main pour un réal qui aime décidément les films d’atmosphère et d’époque. Que rêver de mieux que cet hôpital psychiatrique niché sur une île au large de Boston pour laisser libre court à son talent de cador du cinéma d’hommage ? Il suffit d’imaginer ces deux policiers isolés par une tempête, obligés d’enquêter sur une disparition étonnante parmi des détenus faisant partie des pire criminels du pays pour imaginer un huit-clos éprouvant et d’une subtilité renversante.

L’un de ces deux policiers ? Leonardo DiCaprio qui retrouve une nouvelle fois (la quatrième en fait) le maître new-yorkais pour un rôle difficile qui exige un contrôle absolu de ses émotions. "Ce fut un travail éprouvant, confie l’acteur, car j’ai dû pousser très loin ce personnage dans ses retranchements émotionnels. Qui plus est, l’intrigue est assez complexe, car elle même rêve et réalité. Le film est comme un tas de pièces de puzzle qu’il faut assembler."

Sur la structure narrative originale du roman : " Elle est assez élaborée, avec une série de flash-back émotionnels et de séances rêvées. Mais à chaque fois avec Marty, ce fut stimulant et gratifiant."

Les deux compères semblent avoir réussi leur pari au vu de l’enthousiasme soulevé il y a peu au festival de Berlin. De plus, "Shutter Island" a récolté pour son premier week-end plus de 40,2 millions de dollars aux Etats-Unis et au Canada, ce qui représente un tiers des recettes totales. Le réalisateur de "Taxi Driver" et l’acteur principal de "Titanic" réalisent ainsi le meilleur départ de leurs carrières respectives.

Mais il est vrai que le casting ne s’arrête pas à la seule présence du génial DiCaprio. On soulèvera également les présences de Mark Ruffalo mais aussi de Ben Kingsley et Max von Sydow, tous les deux responsables de cet hôpital dantesque et livrant des prestations terrifiantes. Quant à Scorcese, après plusieurs documentaires sur les stars de la musique américaine, le revoici plongé dans un polar noir, quatre ans après le superbe "Les infiltrés". Dire qu’il manquait au cinéma est un euphémisme quand on énumère justement les réals capables d’adapter un roman comme Shutter Island. CQFD...

Scorcese sera-t-il parvenu à rester fidèle au chef-d’œuvre de Lehane ? Verdict cette semaine avec la sortie officielle...

TRAILER

Commentaires

Franchement très très très décevant...Depuis un certain temps déja Scorcese se contente de beaucoup de bruit pour pas grand chose...

La il sert vision sans gout c’est du attendu...aucune surprise, aucun double sens...Di Caprio surjoue puissance 3...c’est vraiment du gachi car l’oeuvre est belle...

Mais bon le public est un mouton, il prend ce que lui indique l’horizon...il ya de la HD, un gros budget, des noms qui clac...

26 février 2010 | Par Un Ami qui vous veut du bien...

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