Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Après avoir successivement redoré le blason de vieilles franchises cultes avec ses deux longs-métrages, Mission Impossible III en 2006 et Star Trek en 2009, et révolutionné le monde de la série télé avec les excellents Lost et Fringe, J.J. Abrams revient avec Super 8, film hommage, film d’enfant, film de monstre, marchant sur les traces d’un classique bien connu, E.T. du grand Steven Spielberg.
Un village de l’Ohio, en 1979. Alors qu’ils tournent un film de zomblards entre geeks et en super 8, des gosses sont témoins d’un accident de la route peu commun : leur prof’ de physique se jette en pleine vitesse sur un train en marche pour en libérer le mystérieux contenu. Peu de temps après le drame, les disparitions et autres événements inexplicables se multiplient et, si la police et les adultes mènent l’enquête, c’est aux enfants que la vérité va finalement apparaitre.
Trois choses s’entrechoquent donc au cœur de ce résumé. La magie de l’enfance, l’importance du passé et des références, et cette bobine magique qui a permis l’éclosion de nombre d’imaginaires, ceux de J.J Abrams, Matt Reeves et M. Night Shyamalan en tête. A l’imagerie culte des films de famille et de vacances muets dont étaient faites les enfances de ces réalisateurs, c’est substitué l’espace immense et inconnu des monstres et du ciel, que leur ont offert leurs pères de cinéma (Spielberg, Lucas et Carpenter entre autres) dans les années 80, et qu’ils se sont eux-mêmes réapproprié en grandissant. Héritier lucide de cette digestion, J.J. Abrams raconte : « Ca a été très étrange de faire ce film, à cause du ton général, du mélange des genres, et parce qu’il est une sorte d’écho à un cinéma des années 80 et à ma propre enfance tout en n’étant pas du tout un méta-film. » La pellicule qui donne son nom au film, cependant, est bien à l’origine chez son auteur d’un basculement. En effet, le mythe raconte que c’est au cours d’un festival de courts métrages réalisés en super 8 qu’Abrams et Matt Reeves, tous deux alors âgés d’une quinzaine d’années, sont repérés par le Los Angeles Time, puis par Kathleen Kennedy, l’assistante de Spielberg, en plein tournage d’E.T. Les deux ados se voient proposer de restaurer les tous premiers films que le Parrain a réalisé dans son enfance en super 8, en font ainsi leur entrée dans le club très fermé des faiseurs de rêves et de magie. C’est très logiquement alors que l’on retrouve de nombreuses traces de l’influence de S.S. dans le travail de son poulain. J.J. Abrams s’en défend et s’en explique : « On m’a beaucoup parlé des influences des films des années 80, et surtout de ceux de Steven
Spielberg sur Super 8. Bien sûr, Steven a accompagné le projet, il a eu une influence énorme, nous en avons longuement parlé. Parfois, au cours de l’écriture, je disais à Steven : ‘Nous sommes trop proches’. Mais il me répondait qu’il y avait là aussi beaucoup de conventions de genre dont il n’était pas l’inventeur, et que je devais simplement accepter. Le plus extraordinaire dans la collaboration avec Spielberg est qu’il m’a encouragé à suivre mes instructions. ».
Pour autant, il ne s’agissait pas uniquement pour J.J. Abrams de faire de Super 8 un simple film de monstres old school, mais bien de combiner le genre avec le teen-movie ou encore le drame familial. « Je savais que je voulais faire un film sur ces enfants, et sur ce garçon qui avait perdu sa mère. Je savais aussi qu’il y avait un premier amour, et les deux pères à l’arrière-plan. Ce sont les éléments qui m’intéressaient, mais je manquais d’une image schématique, d’une métaphore visuelle. Pour moi, un film a besoin, d’une manière ou d’une autre, d’une manifestation physique de l’idée. J’ai compris ensuite qu’un autre de mes projets, un film de monstre très classique façon série B des années 50 pourrait servir de métaphore à l’expérience de la perte et au chagrin éprouvés par l’enfant. ». C’est donc au cœur de la souffrance et de la douleur que prend racine le nœud dramatique qui fonde Super 8, qui fait du monstre l’image fulgurante d’un deuil auquel il faut se confronter, en dépit de sa peur et de sa jeunesse, pour avancer. De ce face à face entre deux figures antagonistes (l’enfant et le monstre), mais aussi de deux cinémas opposées (le drame et le blockbuster : « D’un côté, explique Abrams, une histoire fondée sur des personnages sans effet choc. De l’autre, du pur spectacle qui pourrait se passer de personnages consistants. »), J.J. Abrams tire ce qu’il nomme lui-même « un vrai défi de cinéma », défi qui pourrait bien devenir le hit culte de la décennie. A vos caméscopes le 3 août.
Ce site compte actuellement :
Commentaires
Moi qui avais suivi le buzz de Cloverfield, et qui avais adoré , quel plaisir de voir Abrams de retour avec un autre film rempli de mystères qui vont nous faire réfléchir pendant un an !