Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Premières classes
En 2000, avec la transposition de l’univers choral des X-men, Bryan Singer est loin de se douter qu’il enclenche une mécanique super-héroïque dont vont s’emparer toutes les majors américaines. Spider-man et sa trilogie bientôt suivie d’un reboot. Superman, son retour et son re-retour. Batman et sa trilogie dantesque signée Christopher Nolan. Captain America et son drapeau flambant neuf. Hulk et ses deux adaptations à rendre verts tous les amateurs. Iron man ressuscité par Jon Favreau. Thor aux allures d’Hamlet par le shakespearien Brannagh. Daredevil et son spin-off Elektra. Les quatre fantastiques et leurs aventures lourdaudes. Le nanar Catwoman (Pitof président !). Le revival Punisher. Jumper, avatar déguisé et cool du Marsupilami. Sans oublier l’explosion
promise par le futur The avengers. Et la Toile de se voir engloutie par les teasers, trailers et photos exclusives, les majors de voir leur chiffre d’affaires exploser devant l’afflux de spectateurs qui se pressent pour se pâmer devant les super-pouvoirs d’encagoulés en lycra (ou en latex, c’est selon) et de capés notoires qui, irrémédiablement, bénéficient d’une humanisation d’influence psychanalytique. En proie au doute face aux pouvoirs dont ils sont affublés, les super-héros tombent le masque et dévoilent une psychologie souvent fragile, effritée par des traumas tenaces.
Recyclée à l’envi, la recette cartonne. La déferlante ne s’enraye jamais : rien que cette année, Green lantern, Captain America, Thor et X-men : le commencement passeront par les écrans hexgaonaux, tandis que 2012 s’apprête déjà à accueillir pas moins de quatre nouveaux blockbusters super-héroïques. Matthew Vaughn, décortiqueur du genre via son adaptation du comics Kick-Ass, préconise l’atomisation du genre. "C’est la fin des films de super-héros, ils sont destinés à mourir."
Rattaché un temps au troisième volet de la saga X-men, le réalisateur britannique jette l’éponge à cause du trop court délai accordé par le studio pour terminer le film. Le projet échoira dans les mains de Brett Ratner avec les conséquences que l’on connaît : un échec critique total compensé par des bénéfices pharaoniques, au point que X-men, L’affrontement final aura été l’épisode le plus lucratif de la saga. L’univers complexe tissé par Stan Lee et Jack Kirby semble intarissable : des spin-offs sont annoncés (pour Wolverine, Magneto)
tandis que l’idée d’une préquelle fait son chemin. X-men : first class, inspiré des comics Uncanny X-Men (1963) et X-Men : First Class (2006), vole en plein dans la quête de psyché des personnages qui composent l’univers des mutants. Y seront notamment abordées les origines de la relation entre Charles Xavier et Erik Lehnsherr avant qu’ils ne deviennent le Professeur X et Magneto.
Le script empiète donc déjà sur les plates-bandes du futur spin-off consacré à Magneto, leader charismatique du mouvement de contestation anti-humains. Les films se chevauchent, les sous-intrigues s’entrecroisent, la mythologie X-men s’empâte au fil des multiples adaptations. A l’image de la genèse de ce volet-ci, plutôt chaotique. Confiée à Josh Schwartz, l’écriture du script débouche sur un premier traitement, jeté aux ordures par Bryan Singer fraîchement échu sur le projet. La franchise est sur le point de se voir dotée de vraies origines chapeautées par le créateur du phénomène qui retravaille le scénario avec Jamie Moss (Au bout de la nuit). Pourtant, le fantasme des aficionados ne sera que de courte durée : rappelé par Warner pour commencer le tournage de Jack and the giant killer, Singer bascule dans le siège de producteur et cède sa place à Matthew Vaughn. L’histoire se répète pour le so-british-in-vogue, qui avait refusé de réaliser le troisième volet pour des raisons de contraintes temporelles, puisque les producteurs ne lui accordent qu’une seule année pour boucler son film alors que le traitement scénaristique n’est pas encore terminé. A partir du premier
jet de Singer, Zack Stentz et Ashley Miller (Thor), aidés par Jane Goldman (la complice de Vaughn sur Kick-Ass), ponctuent à la hâte le scénario du film, amputé en cours de route de quelques pages à cause de la sortie d’un certain Inception (un combat télépathique entre Xavier et Magneto est supprimé du script).
S’apprêtant à envahir la toile immaculée des salles françaises, les héros en herbe de l’univers X-men auront fort à faire pour faire oublier la gaudriole de Brett Ratner et le mi-figue mi-raisin Wolverine. L’occasion est donnée à Matthew Vaughn de porter à l’écran son adaptation super-héroïque ("Il ne reste plus beaucoup d’opportunités de faire un film de super-héros à gros budget" déclarait-il pour justifier son opportunisme) et de prouver à la planète Hollywood que son geek power est loin d’être écorné.
LE TRAILER
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