Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Quelle heure reptile ?
Il y a un peu plus de dix ans, Jennifer Lopez plongeait son délicieux postérieur dans les eaux tempérées de l’Amazone et tentait d’échapper à un anaconda, plus grande variété reptilienne connue depuis la disparition des dinosaures. Depuis, les serpents géants n’ont cessé d’envahir le genre pour une série de délires pseudo-horrifiques aux décors souvent exotiques, qui écument aussi bien les banlieues californiennes (King Cobra) que la jungle brésilienne (Anaconda, The Snake King).
Depuis que son père est décédé, victime d’une morsure de serpent, Les Daniels a une terrible phobie des reptiles. Son frère Duff, crétin patenté, est au contraire passionné par ces animaux et conserve, dans une jarre, un Unteka, une espèce extrêmement rare et terriblement dangereuse. Inconscient du danger, Duff néglige l’animal qui parvient finalement à s’enfuir et à survivre en croquant l’un après l’autre tous les animaux de la maisonnée (du chat aux poules). Un garde-manger d’autant plus important que le reptile grandit en proportion de ce qu’il avale…
Tibor Takacs, habitué des monstres gargantuesques (Ice spiders et ses araignées géantes, Kraken et sa créature tentaculaire, Mansquito et ses insectes mutants), reprend en main cet énième fantasme de terrariophile qui vient grossir les tableaux de l’inépuisable écurie Nu images, toujours encline à fournir au genre ses fleurons irrécupérables. Pourtant, Mega snake parvient à faire illusion, du moins dans un premier temps : les rues de Sofia ne dépareillent pas avec les quartiers américains qu’elles sont censées représenter, les personnages sont aussi débiles qu’à l’accoutumée et le serpent visqueux bénéficie de CGI relativement crédibles (signés Ruskov et Jivkov, signataires des fx pourris de Mansquito et qui ont bossé depuis sur des projets autrement plus importants comme le Day of the Dead de Steve Miner et Le Dahlia noir de DePalma), à l’exception de l’une ou l’autre incrustation foireuse. Des promesses rapidement étouffées par un script infantilisant qui plante divers personnages grossièrement définis (le héros et le frère débile, le méchant de service qui a, de surcroit, piqué la petite amie au héros) et
enquille les conventions propres au genre, ne cherchant que rarement à s’extirper de ce mécanisme prévisible par l’entremise d’un second degré pataud (le serpent, tel un grand gamin, joue à cache-cache avec Duff en guise de préliminaires, avant de lui gober la tête d’une traite).
Sous la direction du vétéran Takacs, nous retrouvons deux figures connues : Michael Shanks (le docteur Daniel Jackson de la série Stargate, déjà sujet aux piqûres de guêpes dans Swarmed) et Siri Baruc (Glass Trap), que viennent soutenir une pluralité d’habitués aux zèderies estampillées Nu images.
Mega Snake sort en DVD chez Metropolitan ce 23 septembre 2009, en même temps qu’Octopus et L’attaque du Griffon.
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