Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
The Return of Super-Ash !
Qui n’a jamais rit devant une bande mettant en scène Bruce Campbell ? Quel geek n’a jamais adulé ce héros hors normes du cinéma moderne ? C’est sans doute là la question que l’on peut se poser alors que My Name is Bruce, auto-hommage délirant réalisé par Bruce Campbell, produit en 2007 pour la somme dérisoire d’1,5 millions de dollars, s’apprête à sortir. Film extrêmement attendu, My Name is Bruce n’en demeure pas moins un rescapé des problèmes de distribution puisque, après avoir seulement fait son entrée sur le marché DVD américain le 10 février 2009, il est enfin parvenu jusque dans nos contrées.
Dès lors largement piratée, la bande, et sa sortie, n’en garderont pas moins une saveur particulière dans l’esprit de nombreux fans de l’acteur. En effet, hormis différentes petites apparitions dans quelques blockbusters (la saga Spider-Man, Ladykillers) et des interventions souvent malheureuses dans des bandes zeddardes, le GRAND Bruce Campbell n’a que fort peu reçu les honneurs de la critique ces dernières années. Et c’est d’ailleurs ce que l’acteur, néo-réalisateur à cette occasion (il avait déjà mis en scène le peu recommandé Man with the Screaming Brain) s’échine à mettre en scène dès le début de My Name is Bruce, faisant preuve au passage d’une autodérision assez impressionnante. On retrouve donc l’interprète de Ash (la saga Evil Dead), empêtré dans une vie ennuyeuse qui a vu, petit à petit, se raréfier les amis et se multiplier les mauvais projets cinématographiques. Bruce sombre donc petit à petit dans la dépression, l’alcool et est de plus aux prises avec un agent lui prenant son argent et… sa femme. Tout change le jour où des fans inconditionnels, qui le prennent pour le personnage qu’il a jadis incarné dans Evil Dead, l’enlèvent pour sauver leur petite ville. Cette dernière est en effet aux prises avec un véritable démon.
Au départ de ce pitch déjà terriblement délirant et référentiel, il faut donc s’attendre à ce que Bruce Campbell plonge le spectateur dans son univers propres, agrémenté, çà et là, de quelques exagérations de bon aloi dans la première partie de l’œuvre. L’aventure échevelée qui s’ensuivra mettra en scène une pâle copie de Ash, volontairement déformée par la vision de l’artiste qui, s’il ne possède pas la maestria de Sam Raimi pour mettre en scène le héros demeure clairvoyant quand il s’agit de faire rire.
Citant volontairement nombre de chefs-d’œuvre auxquels il a participé, Bubba Ho-Tep et, bien entendu, Evil Dead en tête, Bruce Campbell n’hésite néanmoins pas à passer du côté obscur de sa carrière en se moquant délibérément (mais de manière respectueuse et attachante) des séries B et Z auxquelles il a participé. En plus de ces savoureux clins d’œil, le spectateur pourra aussi sans nul doute se délecter par l’entremise du traitement d’un personnage qui apparaît plus
couard que jamais : là où le Ash de Sam Raimi montrait un courage et une rage plus proche de la folie, l’acteur dépeint ici un héros couard en diable, détalant au moindre danger. Dès lors, malgré un final en forme de happy end, il est vrai rattrapé par le côté potache de l’ensemble, My Name is Bruce s’impose à tout le moins comme une bonne surprise que chaque fantasticophile se doit de posséder.
Engrangeant seulement 18.800 dollars lors de sa sortie en salles (en circuit limité) aux Etats-Unis en novembre 2008, ce qui, par rapport au budget de base, fut une véritable catastrophe,My Name is Bruce mérite néanmoins que l’on y jette un coup d’œil amusé et nostalgique. Prévu pour le 10 mars prochain dans nos contrées (d’autres évoquent la date du 7 avril), le métrage est distribué par Warner Home Vidéo France qui, pour l’occasion, n’aura pas vraiment mis les petits plats dans les grands. En effet, les bonus seront relativement restreints : les habituels commentaires audio (de Bruce Campbell et Mike Richardson, producteur), making-of et une bande-annonce seront simplement disponibles. En espérant que la distribution de Bruce VS Frankenstein, la séquelle envisagée de My Name is Bruce, soit moins chaotique…
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