Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Alors que le panorama du cinéma de genre espagnol ne cesse de s’élargir et creuse allègrement et avec brio les chemins de traverses de l’angoisse, certaines productions ibères se veulent plus légères, se démarquant complètement des métrages de Balaguero ou de Bayona pour ne citer qu’eux. Si le champion toute catégorie de l’humour made in Spain demeure bien entendu le célèbre Sieur de la Iglesia, d’autres réals plus modestes entreprennent petit à petit de marcher sur ces pas. Ainsi, 2009 a vu la naissance d’un espèce de copycat du cinéaste mondialement connu en la personne de Miguel Marti qui, avec son Sexykiller, aka Sexykiller, morirás por ella, fit le tour des festivals.
De Seattle à Sigtes, en passant par Amsterdam, Sexykiller sillonna le monde à la recherche d’un public assez indulgent que pour accepter ce qui, à la base, devait être une pellicule originale mais fauchée. Ce public fut rapidement trouvé puisque les spectateurs acclamèrent et encensèrent l’œuvre lors de chacune de ses projections, au point que ceux du BIFFF lui décernèrent même leur prix (alors qu’il était aux côtés de monstres tels que La Dernière maison sur la gauche, Dead Snow, Morse). Cet énorme succès a mené Sexykiller tout droit dans les bacs, l’œuvre faisant son apparition cette semaine sous la forme d’un DTV qui, soyons-en sûrs, s’arrachera.
Mais quel est, au fait, l’histoire développée par le film ?
Depuis toute petite, Barbara n’a qu’une seule ambition : ressembler trait pour trait à Cindy Superstar, sa poupée favorite. Et, jusqu’à présent, il faut bien avouer que c’est plutôt réussi. Look de pétasse, garde-robe bien fournie, Barbara se met maintenant en tête de se trouver un homme ressemblant à Glen, le copain de Cindy Superstar. Ce qu’elle ne tarde pas à trouver en la personne de Tomas, un jeune bellâtre avec trois mots de vocabulaire. Ce dernier est employé dans une morgue, ce qui ne gâche rien puisque Barbara est aussi, fallait y penser, un espèce d’Hannibal Lecter féminin, massacrant d’innocentes personnes à tour de bras. Malheureusement, Tomas est aussi l’inventeur d’une drogue qui permet de découvrir les dernières images vues par un mort, ce qui risque de révéler les agissements coupables de Barbara.
Une belle poupée Barbie dans le rôle du bourreau, un superbe Ken décérébré et des victimes totalement consentantes sont sans aucun doute les points forts d’un scénario loin d’être convenu. Néanmoins, avec un pitch évoquant instantanément l’hilarant Crime Farpait de de la Iglesia, Sexykiller risque fort de rameuter aussi les amateurs de comédies un brin délirantes, mais aussi les amateurs de belles plastiques qui trouveront leur bonheur
dans le physique d’une Macarena Gomez (Dagon) omniprésente.
Sexykiller s’adresse donc à un public très large qui devrait être comblé par l’approche résolument légère de Miguel Marti. Parti de (presque) rien (quelques comédies de fort mauvais goût), le cinéaste devrait s’imposer dans le cœur du grand public comme une véritable révélation, capable de tutoyer les sommets de l’humour européen. La distribution rapide de son film en DTV en est une preuve : il faudra compter avec lui à l’avenir.
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