THEMA

THEMA - Le polar coréen

22 juillet 2011 | Par : Seb Lecocq

Kimchi Power

Comme « Michelle » et « My Belle », « Polar » et « Corée » sont deux mots qui vont très bien ensemble. Le polar a plus que jamais le vent en poupe et vient de livrer les deux meilleurs polars, voire films de l’année. Je parle bien entendu des définitifs I saw the devil et The murderer. Respectivement signés Kim Jee Won et No Hong Jin. Si le premier est relativement connu des amateurs de polar grâce à son A Bittersweet Life, le second est encore relativement inconnu mais ne devrait pas tarder à faire parler de lui. Mais tout ça, nous y reviendrons plus tard. Si pour beaucoup l’apparition du polar coréen date de la fin des années 90, il faut savoir que la cinéphilie coréenne est vieille de plus de 100 ans. On date plus ou moins la naissance du premier film made in Corée aux alentours de l’an 1900. Mais, à cette époque, il n’était pas encore question de polar, on y produisait surtout des mélodrames. Ceci dit, il nous est impossible de vérifier vu que l’ensemble de la production d’avant 1945 a totalement disparu. Faisons un bon en avant pour arriver vers la fin des années 1990 qui va marquer l’explosion du cinéma coréen et la naissance de ce qu’on va vite appeler « La Nouvelle Vague du Cinéma Coréen ». Porté à bout de bras par le néo-polar, le style va devenir au fil des ans le fer de lance d’une cinématographie en pleine expansion. Cette explosion doit beaucoup au boom économique que connut le pays durant les années 90. Comme quoi, c’est autant une affaire de moyens que de talent.

Naissance d’une Nation

Les premiers films du genre à arriver chez nous et à entrouvrir la porte seront deux polars très différents mais qui, à eux deux, résument bien la horde de films qui vont suivre. Ces deux œuvres sont Sur La Trace Du Serpent de Lee Myung-se et Shiri de Kang Je-gyu. Le premier est un petit polar noir et extrêmement esthétisant, lorgnant parfois du côté du cinéma hongkongais. Sur La Trace du Serpent doit une grande partie de sa renommée à son incroyable scène de meurtre sous la pluie mise en scène sur une chanson des Bee-Gees. La scène est imparable et montre déjà le goût qu’ont les Coréens pour l’esthétisme et la violence sèche. Le film en lui-même est très correct sans pour autant être exceptionnel. Le second Shiri est lui, le prototype du blockbuster coréen exploitant la passé trouble du pays et la rivalité existant toujours entre le nord et le sud. Maintenant quand je parle de blockbuster il faut savoir que le budget total du film est de 8.500.000$, ce qui, à l’époque était démesuré pour l’industrie locale. Le film sera un énorme succès en salles, détrônant le phénomène Titanic. Shiri, en Corée, c’est un truc énorme qui lui permit de s’exporter et d’arriver en Europe en dvd alors que Sur La Trace Du Serpent avait lui, bénéficié d’une sortie en salles dans certains pays comme la France notamment. On peut donc dire que c’est avec ces deux films que tout a vraiment commencé. Pourtant, le film le plus important de cette période « des débuts » reste JSA. Car en son sein, on retrouve tout un tas d’éléments déterminants dans la percée du polar coréen. Premièrement, le film est d’une qualité exceptionnelle, magnifié par une mise en scène efficace et une magnifique photographie. Ensuite, derrière la camera on trouve le bien connu Park Chan-Wook qui, cinq ans plus tard signera LE film emblématique, bien qu’il soit loin d’être le meilleur, du style : Old Boy. Enfin, devant la camera on retrouve deux des acteurs piliers du genre, le débonnaire Sonk Kang-ho jouant l’officier nord-coréen et le ténébreux Lee Byung-hun interprétant lui l’officier du sud. Le casting compte aussi Lee young-ae qui interprétera le rôle principal de Lady vengeance. Outre ses qualités esthétiques indéniables, JSA se base sur le conflit opposant les deux Corées et le traumatisme toujours vivace aujourd’hui et qui hante tout le néo-polar coréen. On notera aussi deux films importants bien que moins connus par chez nous le moyen La Sixième Victime, resucée gore de Seven et Memento Mori, formidable drame fantastique adolescent. On le voit, la révolution est en marche.

A la même époque, loin des grands studios, un tout jeune réalisateur, Ryoo Seung-wan balançait une petite bombe à la face du pays, le formidable Die Bad !, toujours invisible chez nous mais qui, bien que totalement à part dans la production locale, fait figure de film majeur quand on parle de polar coréen. Die Bad est en fait la réunion de trois courts métrages du réalisateur remontés afin de faire un seul et unique long métrage. Le film peut être perçu comme le pendant coréen de Mean Streets, de L’Enfer Des Armes ou de la trilogie Pusher. Noir et Blanc, camera portée, violence crue et sèche portée par une rage de filmer, le film a marqué au fer rouge la rétine de ceux qui ont eu la chance de le voir. Un film indispensable donc.

Park Kim Bong begins

Tout comme à Hong-kong, l’industrie du polar kimchi (ndla : le kimchi est un chou fermenté et pimenté, spécialité culinaire locale) repose sur une base stable : un trio de jeunes réalisateurs surdoués bien décidés à dynamiter le pays à coups de polars incendiaires et plus généralement de films de genre et d’exporter le septième art local dans le monde entier. Ces trois mousquetaires sont Park Chan-Wook, tout auréolé du succès critique et public de JSA, Kim Jee-Won, qui jusque-là n’a signé que deux comédies à forte portée sociale et bien entendu, Bong Joon ho, sortant lui aussi de la comédie sociale avec Barking Dogs. Ce trio infernal sera plus tard rejoint par Na Hong-jin qui en deux films, vient de s’imposer comme un réalisateur important du genre qui nous intéresse. L’explosion viendra réellement en 2003, année charnière pour le polar coréen et le Big Four naissant.

Mais entre les deux, d’autres films ont fait parler d’eux. Notamment le cinéma d’un Kim Ki Duk, plus auteurisant et inspiré de la Nouvelle Vague Française. Bien que ne touchant pas directement au polar, Kim Ki Duk s’en approche et scrute lui aussi les démons d’un pays encore terriblement balafré par la séparation d’avec ses voisins du Nord. L’homme est un boulimique de cinéma et réalisera sept films entre 1996 et 2001 parmi lesquels Adresse Inconnue, Bad Guy et The Coastguard qui aujourd’hui encore figurent parmi ses meilleures œuvres. Œuvrant à la lisière du polar, du drame et de la satire sociale, Kim Ki Duk dérange en questionnant l’identité sud-coréenne et son histoire récente au travers de personnage désœuvré, en décrochage et en marge de la société. Pendant ce temps-là, Park Chan-wook pose, dans une indifférence mondiale encore relative, le premier jalon de sa trilogie de la vengeance : Sympathy For Mister Vengeance. Un film qui sert de profession de foi à Park en imprimant son style si particulier fait de violence sèche, de sur-esthétisme à la limite de la pose formelle et d’une gestion particulière du rythme qui fera dire à certains détracteurs du cinéma coréen que leurs films sont « lents » ou « chiants ». Bref Sympathy For Mister Vengeance frappe fort et dur en démontant une société gangrénée par le capitalisme et l’appât du gain obligeant les plus démunis à flirter avec l’illégalité afin de survivre. Le film reste mémorable pour l’inversion des rôles qui s’impose à mi-parcours et installe une réflexion nouvelle sur la vengeance.

Ki Duk introduit un personnage, que l’on retrouvait certes déjà dans les films Shiri ou JSA, archétypale du nouveau cinéma coréen : le militaire. Symbolisant à lui seul le déchirement d’un peuple tout entier (nordistes et sudistes réunis), le militaire est la marque visible symbolisant une plaie encore vive. La figure du militaire s’impose comme filigrane de toute une cinématographie. Bien que partagé entre underground, cinéma d’auteur et film de genre, l’apport de Kim Ki Duk est indéniable dans la reconnaissance du cinéma local. Surtout que jusqu’à The Coast Guard, Kim proposait un cinéma beaucoup mois apaisé qu’aujourd’hui, remember L’Ile qui reste son film le plus connu aujourd’hui et avait choqué pas mal de monde à l’époque. Outre Kim, le début des années 2000 sera marqué par la comédie policière avec des films comme My Wife Is A Gangster, She’s On Duty , My Boss My Hero ou encore le surestimé Volcano High. Une série de films qui, si elle ne brille pas toujours par sa qualité, a le mérite d’enfoncer le clou et de placer définitivement la Corée du Sud sur la carte du film de genre.

Mais le vrai choc de ces années post-2003 reste Friend, réalisé en 2001 par Kwak Kyun Taek. Friend est souvent perçu comme le pendant coréen du cinéma de Martin Scorsese mais le film vaut plus que ça même si ses inspirations américaines sautent aux yeux. Friend relate l’amitié puis la déchéance d’un groupe d’ami déchiré par les rivalités et la criminalité. Un splendide rise and fall qui marquera durablement l’industrie locale et internationale. Bien que relativement méconnu par chez nous, le film mérite pourtant une place de choix dans la petite histoire du néo-polar coréen. Le réalisateur récidivera d’ailleurs en 2003 avec Champion , magnifique film de boxe et en 2005 avec le thriller politique Typhoon, explorant lui aussi les relations difficiles entre le Nord et le Sud

2003, The Dark Knights

2003 peut faire figure d’année zéro pour la renommée internationale du polar en Corée du Sud. Car la même année sortiront Old Boy, mètre-étalon du genre pour beaucoup même si, à titre personnel, je le considère comme le film le plus faible de la trilogie de Park, consacré à Cannes par Quentin Tarantino himself. Ce « seal of approval » de Q.T va ouvrir les vannes et dès lors, l’Europe et plus particulièrement la France, va être submergée par tout un tas de polars kimchi. Old Boy marquera durablement le style si bien qu’aujourd’hui encore, chaque film sortant sera irrémédiablement mis en comparaison avec lui. Loin de cette agitation, sort Memories Of Murder qui bien que plus intéressant formellement et thématiquement connaitra une renommée moindre lors de sa sortie malgré un succès critique éclatant. Memories Of Murder marque pour moi la vraie révolution du polar local en cassant les codes habituels du style, s’inspirant d’une histoire vraie et questionnant le public et le pays tout entier. De plus, jusque-là habitué des ambiances urbaines des grandes villes, Bong Joon ho délocalise son intrigue dans les campagnes et met en scène des villageois lambda et des policiers débordés de toute part. Bong affirme son style fait d’un mélange de réalisme, de précision et d’humour loufoque. Il brise la définition de héros pour mettre en avant des personnes normales, pauvres et handicapées. Chacun de ses films mettra en scène un handicapé physique ou moteur qu’on peut percevoir comme la condition de son propre pays, handicapé lui aussi par une cassure irrémédiable. En l’espace d’un film, Bong redéfinit le polar coréen et s’écarte déjà des futurs dogmes qui le domineront pendant les prochaines années. Plus que suivre la vague, Bong préfère s’en écarter et voguer sur ses propres eaux afin de ne suivre aucun courant et protéger son indépendance.

Alors que Old Boy et Memories Of Murder s’imposent comme les deux pierres angulaires d’un genre qui arrive à pleine maturité, Kim Jee won sort Deux Sœurs, un film horrifique qui remportera un grand succès et placera le nom de Kim sous les feux de la rampe même si, pour le moment, il n’a pas encore fait du polar son terrain de jeu. De cette année 2003 on retiendra encore 2009 Lost Memories, polar uchronique, Double Agent un thriller d’espionnage efficace, Wild Card chronique policière ultra réaliste et Save The Green Planet, un film fou aux confins du polar, du fantastique et de la comédie. Ces films, moins mis en lumière font pérenniser le genre en étoffant une cinématographie en pleine expansion. Désormais qualité et quantité vont de paire lorsqu’on parle de cinéma coréen. Pendant ce temps-là, dans l’ombre, Na Hong jin se fait la main sur des courts métrages.

La Porte ouverte a toutes les fenêtres

La Boite de Pandore est maintenant ouverte et, chaque semaine ou presque, la Corée nous amène LA nouvelle bombe. L’amateur éclairé aura appris à se méfier de ces effets d’annonce car si d’excellents films débarquent en effet chez nous, l’exportation outrancière nous envoie aussi des films quelconques même si, Dieu merci, les vraies purges sont rares et concernent plus le cinéma d’horreur. Désormais, une horde de jeunes cinéastes locaux se lancent dans le grand bain en se contentant bien souvent de singer leurs glorieux ainés. L’exemple le plus frappant est un Bloody Tie dénué du moindre intérêt qui se contente de copier le style, les intrigues et les grands thèmes du polar que sont la vengeance, la violence et la déshumanisation de la société. Parmi les films à retenir de cette période de bombance, il faut parler de No Mercy For The Rude et son héros renvoyant aux heroic bloodshed hongkongais, l’avènement de Ryoo Seung Wan qui signera coup sur coup No Blood No Tears, version noire et violente du cinéma de Guy Ritchie, Arahan, relecture grand public du film de baston et Crying Fist encore considéré aujourd’hui comme son meilleur film. Il persistera avec le jouissif City Of Violence, film hommage à tout un pan du cinéma d’action et policier local. Un nom à retenir car son futur film The Unjust, prévu pour la fin 2011 prévoit de faire pas mal de bruit et de se placer dans la droite lignée de I Saw The Devil et The Murderer.

Continuons ce panorama non exhaustif des polars de qualité en citant en vrac le vengeur et féministe Princess Aurora, Face, polar dramatique de Sang Goon yoo, Tube, gros film d’action sympathique s’inspirant du Speed de Jan De Bont. No Mercy et The President Last Bangf méritent eux aussi le coup d’œil pour leur approche originale du genre. Citons enfin la trilogie Public Enemy. Parmi cette meute de jeunes loups, un réalisateur parvient malgré tout à sortir de l’ombre : Yoo Ha qui, en l’espace de deux films, Once Upon A Time In Highschool et surtout A Dirty Carnival, va se faire une petite place au panthéon des réalisateurs à suivre. A Dirty Carnival s’essaie à la mise en abyme du style en mettant en scène un jeune metteur en scène sur le point de réaliser un polar coréen et qui va demander de l’aide d’un gangster. Le film navigue donc entre le polar pur et dur et la mise en abyme critique de celui-ci. Le résultat est excellent et le film n’est pas loin d’être un des purs chefs-d’œuvre du style. D’ailleurs Yoo Ha devrait bientôt refaire parler de lui puisqu’on attend The Howling pour la fin 2011.

Le polar local se diversifie et se trouve une place entre blockbuster et film d’auteur même si, à la longue, les poncifs du genre et clichés commencent à s’installer. Certains films se contentant d’empiler les passages obligés de ce qu’on appelle désormais « Polar Coréen ». Pire, tous les films ont l’air de sortir du même moule, que ce soit en terme d’affiche, de scénarios, d’éclairage et de mise en scène. On y retrouve aussi une violence sèche de plus en plus brutale et gratuite, des scènes de combats homériques à l’arme blanche, un héros vengeur et des protagonistes en costumes Armani. Le polar coréen semble avoir perdu son âme et ses qualités sociologiques. C’est là qu’intervient à nouveau Bong Jon ho qui, après avoir signé The Host, chef d’œuvre absolu du film de monstre, avec Mother signe une variation de Memories Of Murder en mettant une fois de plus en scène un personnage handicapé porté au pilori par la populace rurale dont la mère s’est jurée de prouver l’innocence. Mother tient tout autant du polar que du portrait de femme et de l’étude sociologique d’un pays que son réalisateur ne comprend visiblement plus. Parallèlement à Mother sort le post moderne A Bittersweet Life première incursion, et première réussite, dans le polar pour Kim Jee Woon qui prouve que désormais il faudra compter avec lui. Et dire que le meilleur reste à venir…

Regain de Tension

Entre-temps, les films coréens raflent la mise lors de nombreux festivals et profitent de la crise qui frappe le cinéma de Hong-Kong pour s’installer aux avant-postes de l’industrie asiatique toujours dominée par le Japon certes mais qui sent le souffle du boulet coréen siffler à ses oreilles. C’est en pleine période de vaches grasses que Na Hong jin sort les griffes en sortant The Chaser, polar noirissime marqué par une mise en scène extraordinaire, une ambiance déliquescente et une violence qui retrouve sa portée sociale. Le film frappe par sa violence sèche, mais aussi par la maestria de ses courses poursuites à pied empreintes d’une énorme tension. The Chaser est désormais le film dont tout le monde parle. Na persiste et signe avec The Murderer, un polar noir, violent, politique et désenchanté. En deux films, il vient de s’imposer et de prendre la place d’un Park Chan-Wook en perdition dans le cœur des amateurs de polar hard boiled. Dans la même veine, on signalera aussi Breathless marchant sur les plates-bandes de The Chaser. Mais, plus encore que The Murderer, le film qui fait parler de lui ces derniers mois, c’est le définit I Saw The Devil de Kim Jee Woon mettant en scène Choi Min Sik et Lee Byung hun. I Saw The Devil marque l’apogée en terme de violence et de tension d’un cinéma qui, en dix ans, a tout dévasté sur son passage. Ces deux derniers films font office d’impasse pour le style qui, après une telle démonstration de force, sera obligé de se réinventer pour ne pas tourner en rond. The Murderer et I Saw The Devil sont les films terminaux d’une dizaine d’années de règne de la Corée du Sud sur le monde du polar hard boiled. Il me semble impossible d’aller plus loin dans cette direction. Qu’attendre du futur dans ce cas ? Et bien toutes les hypothèses sont envisageables. On attend bien sur le retour aux affaires de Bong Jonn ho et pourquoi pas un nouveau polar de Park Chan-wook. Mais malgré cela, il se passe encore des choses très intéressantes au Pays du Matin Calme.

Le futur, que nous réserve-t-il ?

Bien que la fin de l’année et le début de 2012 seront marqués par les films de guerre qui sortiront en nombre, on attend encore énormément de choses du polar coréen. Notamment certains films qui sont déjà annoncés comme « the next big thing » en provenance de Séoul. On devrait certainement entendre parler de The Unjust de Ryoo Seung wan et de The Howling de Yoo ha que j’ai déjà évoqué plus en amont. Les autres films attendus sont The Informers de Park In-jae, un thriller politique et conspirationniste, The Drama, mi-polar, mi-film de procès de Sohn Young Sung. Hindsight , quant à lui, mettra en scène Song Kang ho, gage de qualité, devant la camera de Lee Hyeon Seung. Le réalisateur, spécialiste des mélos réussi, on lui doit notamment Il Mare, se lance dans le néo-polar mais compte bien y ajouter sa patte dramatique dans un style mélopolar HK.

Dans un style différent, Gabi devrait atteindre notre contrée. Le film se veut un policier old school prenant place au XiXé siècle, une époque peu illustrée dans le cinéma local. Quick de Jo Bum gu devrait s’imposer comme le film d’action estival local tandis que Countdown de son côté avance toutes les qualités du néo-polar traditionnel. Avec toutefois, une énorme plusvalue, la participation de l’actrice Jeon Do youn palmée à Cannes pour Secret Sunshine. Comme on peut le voir, du côté de la Corée du Sud, les flingues ne sont pas près d’être remisés au placard et les lames sont encore bien aiguisées. La genre polar est à la croisée des chemins, arrivé à maturité très vite, il doit maintenant se développer et se diversifier sous peine de mourir étouffé sous lui-même. Mais comme on vient de le voir, l’avenir semble malgré tout radieux pour un genre qui a encore énormément de choses à offrir, d’histoires à raconter et dont les fers de lance sont encore de jeunes réalisateurs qui ne demandent qu’à se construire une filmographie et à durer dans le temps. Si, jusqu’à la fin de XXé siècle, le polar parlait anglais ou chinois, celui du XXIè siècle s’exprimera en coréen. Ou restera muet à jamais.

Commentaires

Pour info the Unjust est une sacrée daubasse, sans doute le plus mauvais film coréen sorti dans nos contrées depuis un moment. Sinon pour moi c’est clairement Memories of murder qui ressort du lot (Old boy n’étant pas un polar). Sinon très bon article !

29 juillet 2011 | Par Snake19

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