Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Suck my kiss
"You’re my only reason to stay alive... If that’s what I am."
Les gorges se serrent, les cœurs palpitent et les mains de dizaines et de dizaines d’adolescentes se mettent gentiment à trembler ; et pour cause. Sur un écran gigantesque, pâle comme la mort, les lèvres aussi rouges que celles de Blanche Neige, Edward Cullen tient dans ses bras la femme de sa vie - ou de ce qu’il en reste - et ferme langoureusement les yeux, comme pour prolonger à jamais ce moment plein de grâce. Peut-être réfléchit-il à sa condition. Car Edward a désormais une lourde responsabilité. Outre s’être entiché d’une mortelle de dix-huit berges, le bonhomme représente surtout le néo-vampire, celui qui fascine et effraie de nos jours, comme Nosferatu et Dracula avant lui. Dur. C’est grâce à cette charmante créature qu’un nombre incalculable de buveurs de sang modernes ont vu le jour, et que dans les librairies, aux rayons jeunesse, SF ou fantastique, des centaines de livres foisonnent, prétendant ou non réinventer le mythe. D’où vient-il, ce vampire adorable, et pourquoi fascine-t-il encore, plus d’un siècle après son apparition, avec autant d’élégance et de sublime cruauté ?
"I have crossed oceans of eternity to find you."
Tout commence à la fin du XIXe siècle, quand un Irlandais un poil macabre publie le roman qui va donner ses lettres de noblesse au vampirisme. Le très fameux Dracula connait nombre d’adaptations cinématographiques, mais c’est finalement le film de F.F. Coppola qui, un petit siècle plus tard, en 1992, pose les bases du néo-vampirisme. La créature de Stocker est un chef de file ; c’est l’Adam des vampires, et Coppola, dans sa réécriture l’a bien compris. Si sa vision de l’œuvre est éminemment différente, il n’en reste pas moins que le personnage que campe Gary Oldman - bouleversant - est doté des mêmes attributs et faiblesses que son model. Mi-homme, mi-monstre, le Dracula de Coppola est véritablement une créature de la nuit. Maîtres des loups, araignée, cruel, violent, volage, il incarne sans emphase une bonne partie des vices humains, si chers au XIXe. Coppola va même jusqu’à transfigurer son vampire lors des scènes de transformation : la métamorphose de Lucy, la meilleure amie de Mina Harker (Winona Ryder), se fait sous le joug d’une étrange et monstrueuse créature, mi-humaine, mi-loup - loup garou peut être... - et pousse à son paroxysme le fantasme de viol, de virilité de toute femme, ou presque. Attirée par une force irrésistible, animée d’un désir féroce, saignée à blanc, pervertie, la chaste mais sulfureuse Lucy est pour le Comte, une première victime anglaise parfaite. Mais, au-delà du monstre, de la goule améliorée de l’auteur du roman, le père Francis veut voir un personnage romantique, nostalgique, mélancolique, en mal d’amour. C’est là un changement radical. En transformant l’ouvrage horrifique de Stocker en histoire d’amour, Coppola réussit un pari osé, et donne naissance à une nouvelle race de buveurs. Dracula est un monstre, le réalisateur ne le nie pas, mais c’est un de ces monstres qu’affectionnent les rêveurs, les poètes de l’image, un de ces monstres que l’on refuse de totalement détester ; tout simplement parce qu’il nous fascine. Dracula fascine parce qu’il est tout ce que nous ne pourrons jamais être, mais il lui manque quelque chose pour rester crédible dans nos sociétés contemporaines, où le vampire classique de Murnau est plus que
dépassé.
En effet, le romantisme est le domaine des artistes, et il est dès lors inconcevable pour Coppola de vivre sans amour. Il fait de Dracula un dandy raffiné, cultivé, charismatique et troublant ; le vampire devient un rêveur, un alchimiste, un illusionniste même, à la poursuite du fantôme de son épouse défunte, passionnée, suicidée parce qu’elle le croyait mort à la guerre. C’est le pré-générique du film qui transforme Dracula et consacre la race des vampires amoureux. Contrairement à la légende, le héros de Coppola ne devient pas vampire en ressuscitant grâce au sang de ses victimes, mais parce qu’il passe un pacte avec le Diable et lui vend son âme, brisé qu’il est par la mort de sa femme. Ce sont des larmes d’amour qui le damnent et, loin de s’estomper avec le temps, sa capacité à aimer va grandir, jusqu’à atteindre son paroxysme avec Mina, troublante et surtout, innocente. Le drame qui lie ainsi les deux personnages principaux, dans sa splendeur, sa cruauté et sa tristesse, fait de l’amour et de la passion des éléments incontournables de la nature du vampire moderne.
"Oh Louis, how you love your precious guilt."
Deux ans plus tard, ce sont les vampires d’Ann Rice qui font leur apparition au cinéma et viennent nourrir le néo-vampirisme. Les trois principaux protagonistes d’Interview With A Vampire (Neil Jordan) poussent plus loin le concept initié par Coppola, dans une lutte désespérée pour retrouver leur
humanité. Ensemble, Lestat (Tom Cruise, génial), Louis (Brad Pitt, touchant) et Claudia (Kirsten Dunst, troublante) forment à ce jour le triangle amoureux le plus pervers de ce genre de cinéma. Rice et Jordan mettent en scène des vampires esthètes et solitaires, animés d’une conscience éminemment humaine. C’est tous les trois dans le deuil qu’ils connaissent la transformation ; c’est dans le deuil qu’ils renaissent, comme si la douleur les faisaient accéder à un degré de conscience auquel nul autre humain de pourrait prétendre. A l’image du Dracula de Coppola, le personnage de Louis aspire à la mort, suite au décès de son épouse. Le diable est ici représenté par Lestat, vampire cynique et pervers, carapace qui cache une gigantesque solitude. Ce concept est amplement développé dans le film de Jordan : les vampires ne supportent pas d’être seuls, confrontés à eux mêmes, à leur nature profonde. Un jeune vampire est comme une enfant, il a besoin des conseils de son créateur pour survivre, tout comme l’ancien a besoin de son infant, qui est sa seule raison d’exister. Cependant, à la relation paternelle se greffe rapidement un embryon de relation amoureuse.
Les vampires d’Ann Rice, dans leur quête d’humanité, sont de plein fouet confrontés au sentiment amoureux et aux sacrifices que celui ci entraine. La progéniture est amante, mais c’est un amour chaste, et donc lourd, qui est partagé. Le seul acte charnel est celui de la transformation. Chez Rice, le vampire saigne à blanc sa victime, la vide, puis la fait boire à son poignet, son sang mêlé au sien. Les deux créatures ne font donc plus qu’une ; elles sont quelque part responsables l’une de l’autre. Et comme il fallait s’y attendre, c’est l’amour, ou la fascination qui guide le choix du futur vampire. Lestat transforme ainsi Louis car il est ému et fasciné par son chagrin, par sa capacité et son besoin de se sentir coupable, par son refus d’abandonner toute moralité. Il voit en lui ce qu’il ne sera jamais, ce qu’il aspire à devenir peut-être, sans pour autant se l’avouer. Avoir Louis à ses côtés, c’est se rappeler ce qu’il a perdu, ce qu’il aime et déteste à la fois, et ce qu’il ne peut -plus- supporter de perdre. C’est
pourquoi, quand Louis le quitte, Lestat brave l’interdit, désespéré de se sentir à nouveau vide et sans âme. En créant Claudia, huit ans, il offre à Louis une raison de rester et de donner un sens à son existence. Pourtant, si le corps de Claudia cesse de grandir, son esprit lui ne gèle pas, si bien que c’est bientôt une femme que retient prisonnier la carcasse de l’enfant. Claudia est consciente de ce changement, et sa gueule d’ange ne fait pas le poids face à la perversion de son esprit. A la fois attirée et révulsée par Lestat, amoureuse de Louis (les deux vampires étant la métaphore des deux côtés de l’homme, la cruauté et la violence, la douceur et la sécurité), la jeune fille/femme porte en elle tous les stigmates moraux qu’incarne le vampire. Complexes d’Electre et d’Oedipe réunis, relation au père, à l’homme, virginité éternelle, innocence perdue, tentation, solitude, elle est par sa jeunesse et sa folie le vampire moderne exacerbé. En incarnant en un seul être, les personnalités de Lestat et de Louis, elle est la personnification même de l’humain et de sa dualité. Perversité, innocence, cruauté, tendresse, immoralité, culpabilité y sont interdépendants, si bien que tuer Lestat, rompre le triangle, cause sa perte, et achève de parfaire la métaphore : l’homme ne peut survivre sans ses sombres recoins. A noter aussi, qu’à ce jour, et depuis les vingt dernières années, Claudia est la seule fille à avoir été transformée et à soulever les questions que Bella Swann ne semble pas spécialement prendre en compte. Aimer, désirer mon père fait-il de moi un monstre ?
Ainsi donc, de croisements en croisements, de consanguinité en consanguinité, sont nés les vampires 2.0, ceux que nous ne connaissons que trop bien. Si auparavant, la monstruosité de la créature a pu fasciner, au même titre que la quête d’identité ou d’humanité, qu’en est-il aujourd’hui ? Le temps est en fait à la transition. Dans les salles obscures et sur les sièges pourpres des cinémas, deux écoles s’affrontent ; celle qui tente de réécrire le mythe, et celle qui, l’air de rien, l’aseptise jusqu’à ne faire du vampire qu’un prétexte.
"I’m going to give you the choice I never had."
Ces trois dernières années, deux films ont tenté d’apporter du sang neuf au genre, Thirst, Ceci est mon sang, du Coréen Park Chan-Wook et le fameux
Morse (Let The Right One In), du Suédois Tomas Alfredson. Mettant l’un et l’autre l’accent sur des thématiques différentes (la bestialité, le péché, la rédemption dans Thirst ; l’innocence, la naissance du désir et la fascination dans Morse), ces deux films d’auteur ont la particularité d’être une lecture très personnelle du mythe, et de vraiment prendre leur sujet au sérieux, ce qui en nos contrées et à notre époque, se fait de plus en plus rare. Le titre du premier film est finalement très évocateur des thématiques qu’il soulève. En appelant son film Thirst, Chan-Wook pose d’emblée une ligne directrice : il s’agit de la soif, ce désir incontrôlable de sang qui anime tout vampire, et dont découlent pulsions de mort, de chair et de meurtre. Chères à l’auteur, les questions de vengeance et de rédemption sont ici exploitées en creux. Contaminé suite à une expérience médicale, un prêtre, Sang Yun, mute et devient vampire. Outre de déplacer l’action et le mythe en Asie, l’originalité est ici de faire d’un homme de bien, la figure absolue du mal, celle qui incarne la tentation et que rien n’oblige à résister. Du jour, le prêtre passe à la nuit, et est contraint de tuer pour survivre. Bad karma for a priest. Victime de sa soif, Sang Yun succombe aux charmes de la gracile Tae Joo, dont il fait sa compagne nocturne. L’animalité de la jeune fille contraste amplement avec son physique et l’innocence de son visage. Elle est, au delà du sang et du meurtre, l’ultime maitresse du prêtre ; la tentatrice, la femme, celle qui, une fois son carcan de discipline brisé, révèle avec force et cruauté son cruel pouvoir. Véritablement, ce qui fascine ici, c’est le caractère cru et gore des scènes de sexe et de carnage, comme si il n’y avait pas de place pour l’amour dans ce couple uni par son essence même, mais seulement pour la passion et la violence des corps.
Dans le film d’Alfredson, au contraire, c’est l’innocence et la jeunesse des protagonistes qui étonnent. Le héros, Oskar, est une figure ambiguë. Petit garçon martyrisé à l’école, il ne trouve refuge que dans la cour enneigée de son immeuble où il improvise des scènes de vengeance des plus glaçantes. Le môme connait la violence ; elle ne l’effraie plus car elle fait partie de son quotidien. C’est sans tristesse qu’il accepte de s’en nourrir car, aux yeux des autres enfants, il n’existe qu’en tant que tête de turc. Aussi, quand il rencontre Eli, vampire à jamais figé dans un corps de petite fille, les rôles s’inversent. Aussi bizarre et dangereux que cela puisse paraître, c’est lui qui va devenir le bourreau. Pourquoi ? Parce que l’enfant vampire le fascine. Elle le fascine comme un chat prisonnier d’une boîte, ou comme une mouche à qui un petit garçon arracherait les ailes. On
retrouve dans Morse, les thématiques classiques (sang, soif, solitude et naissance du désir), mais le regard de l’enfant sur ce monde de symboles adultes, leur donne une toute autre dimension. Le glauque et la perversité du scénario sont ici latents, tout comme la violence, presque toujours filmée hors champs. Tout est calme et blanc, et d’une tristesse infinie, qui tranche indéniablement avec l’espoir que suscitent pour les deux enfants leur rencontre et leur amitié. Eli a besoin d’un gardien, le précédent étant mort ; elle a besoin de quelqu’un pour l’aider à se nourrir et à survivre, tout comme Oskar a besoin d’une amie pour vivre. De l’interdépendance nait une fascination réciproque. Leur deux natures sont complémentaires et essentielles, et rien, au fur et à mesure du film, ne semble pouvoir ébranler cette conviction. Dans ce contexte, le désir d’Oskar pour Eli n’est que matérialisation d’un sentiment plus complexe. L’enfant vampire incarne à la fois la salvation et la douleur qui est si familière au garçon, et sans laquelle il n’existe plus. Il y a quelque chose d’indéniablement réel et viscéral dans cette relation, car l’amour des deux enfants n’est pas vécu comme une bénédiction ou une malédiction, selon l’humeur, mais plutôt comme quelque chose qui est, et qu’on ne peut défaire. Eli est en paix avec sa nature, et apporte la paix à Oskar. Elle ne cherche pas le pardon ou la rédemption comme dans Thirst ; non, elle cherche juste à vivre.
"Your evil is that you cannot be evil."
Dans le genre amour qu’on ne peut défaire, le couple Cullen/Swann se pose là. En quelques deux malheureuses années, Twilight et ses personnages ont commercialement redoré le blason du mythe, mais potentiellement fait s’arracher les cheveux de millions d’amoureux du genre. Il s’agissait au tout début de la saga de monter un film de vampire qui évoquerait des questions d’ado, telles que la naissance du désir, la rupture, les parents, grandir, le lycée, les amis, les meilleurs amis musclés et les jeunes hommes mystérieux qui nous jettent des regards éloquents. Pour parfaire le tout, les rênes du premier opus sont confiées à Catherine Hardwicke, qui avait précédemment réalisé Thirteen, et semblait donc s’y connaître en matière de
déboires adolescents. Pas une si mauvaise nouvelle que ça, donc. Pourtant, à l’heure de faire le film, il lui faut composer avec un scénario des plus gentillets, et qui surtout, ne va jamais au bout des thématiques qu’il distille, et ne creuse pas sa mythologie. L’originalité de Twilight ne réside donc pas dans son histoire, mais dans son pouvoir attractif. Jamais vampire n’avait autant déchainé les foules qu’Edward Cullen et la belle gueule que lui prête Robert Pattinson. A priori, rien n’est spécialement neuf dans Twilight. La relation entre Edward et Bella (Kristen Stewart) est des plus classiques (une jeune fille jolie et intelligente tombe amoureuse d’un vampire beau comme un dieu), le vampire lui même est probablement le descendant le plus fade qu’aient pu engendrer Ann Rice et son Louis de La Pointe du Lac, la passion des deux personnages s’inspire directement de la passion de Dracula et Mina dans le film de Coppola, et le prétexte donné quant au refus d’Edward de transformer sa belle est exactement le même : comme le Comte, il refuse de condamner sa bien-aimée.
Ce qui change avec le film adapté de la saga de Stephenie Meyer et enclenche la machine, c’est le traitement infligé aux personnages, et particulièrement à celui du vampire. Volontairement ou non, l’auteur a créé avec Edward le plus bel avatar du désir adolescent de tous les temps. S’il est indéniable que l’animal est canon, le potentiel sexuel d’Edward s’arrête là, et il faut reconnaître que pour un vampire de cette époque, c’est très étrange. Tous les attributs plus ou moins érotiques du buveur sont absents. Il est simplement dit qu’il est magnétique, qu’il émane de lui une force à laquelle on ne peut résister, et sa beauté est (censée être) magnifiée au soleil. Un comble. Mais à part ça, Edward n’évoque rien de l’homme censé effrayer les donzelles. Pas de cynisme, pas de musculature roulante, pas de sourire carnassier, pas de bras forts et protecteurs (il est d’une maigreur et d’une pâleur maladives), pas de bestialité, assumée ou non... Nada. Et plus encore que les attributs physiques, ce sont les attributs raciaux qui lui sont retirés. Bien sûr, il va plus vite, il grimpe aux arbres et est doté d’une force considérable ; mais malgré tout, il n’est pas effrayant. Il boit du sang d’animaux, il évolue le jour sans problème, il n’use et n’abuse pas de son pouvoir, il refuse catégoriquement sa nature et est d’un romantisme que même sa gonzesse trouve lourdingue. Et plus encore, il n’est compensé par aucune figure du même genre, qui pourrait justifier, à l’image du couple Lestat/Louis, son attitude et son caractère (la bestialité de Jacob étant finalement relative puisqu’elle ne tente jamais Belle de façon claire ; si elle est sur le point de céder physiquement au loup (encore un symbole), son cœur ne lui appartient pas. Edward rôde, et ne lâche pas l’affaire). En annihilant ainsi son personnage, en endiguant complètement le caractère concret du désir que le vampire est censé représenter,
Meyer, Harwicke et Chris Weitz (réalisateur du deuxième opus) réussissent à exacerber la tentation, car tout se passe dans la tête des fans. Le vampire est aseptisé, il n’est finalement qu’un prétexte (puisque rappelons le, la nature même de la créature suffit à le doter, sans aucune explication, d’une immense aura de séduction et d’interdit) pour mettre en branle l’imagination des lecteurs et des spectateurs. Car les valeurs hypra conservatrices que véhiculent en creux Edward Cullen sont finalement gage de sécurité en cette période de débauche. Sa gentillesse, son amour sans limites et l’infime respect qu’il porte à sa compagne font de lui un prince charmant moderne, qu’il est logique d’adorer. Il n’y a rien de vampirique dans ce vampire qu’on aime comme une ado aime son premier copain, et est convaincue qu’il n’y aura jamais d’autres garçons dans sa vie. Pas de subversif ici, juste la manifestation d’un désir de sécurité et de pureté de conte de fée.
Etrangement présent, mais pourtant profondément absent, le vampire semble s’être lui-même trahi. De fil en aiguille, les feux de la rampe l’annihilent et le brisent si bien que ce que le mythe avait gagné d’épaisseur avec le travail de Rice et de Coppola se perd au profit de productions commerciales (au mauvais sens du terme) et faussement symboliques. Ce qu’il faut craindre maintenant, c’est que le mythe tel que nous le connaissons et l’aimons s’efface, non pas pour donner naissance à un nouveau type de vampire, aussi subversif que le précédent, mais plutôt à une race qui ne voudrait plus rien dire. A force de normalisation, rien chez la créature ne sera plus fascinant. Alors, aux armes, vous geeks, gamers et poètes. Rendez nous la bête. Rendez nous le monstre.
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