Critique de film

Chambre 1408

"1408"
affiche du film

Bien qu'il soit un auteur réputé de romans d'épouvante, Mike Enslin n'a jamais cru aux fantômes et aux esprits. Pour lui, la vie après la mort n'est que pure invention, et il a passé suffisamment de temps dans des maisons hantées et des cimetières pour le vérifier... En travaillant sur son dernier ouvrage, il découvre l'existence d'une chambre, la 1408 du Dolphin Hotel, où se sont produites de nombreuses morts inexpliquées et souvent violentes. Malgré les mises en garde du directeur de l'hôtel, Enslin décide d'y passer une nuit.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Chambre 1408 - Toc ! Toc ! Toc ! Ghost Room service... puis-je entrer ?
Par : Gore Sliclez
Tags : Stephen King, Fantômes

Mike Enslin, un écrivain raté, fuyant son passé (la mort de sa fille) et ses espoirs de carrière, rédige désormais des guides touristiques spécialisés dans les établissements hantés et sillonne le pays à la recherche de nouvelles demeures. Ne croyant pas aux fantômes il est cependant un jour intrigué par un appel anonyme suggérant la chambre 1408 de l’hôtel Dolphin à New York. Celle-ci, condamnée au public, fut le lieu de nombreuses morts violentes relatées en partie à Enslin par un directeur d’hôtel bien ennuyé. L’écrivain, malgré les nombreuses mises en garde, décide de prendre le pari de rester une heure dans la chambre au péril de sa vie…

Il n’y a pas que les Français et les Espagnols que l’on vient débaucher pour s’attaquer au marché des States. Mikael Hafström, auteur d’un Derailed (2004) plutôt sympa, hérite pour son deuxième film US d’une adaptation d’une nouvelle de Stephen King. Excusez du peu ! Quand on connaît la pression et les difficultés hors normes que connurent bon nombre de réalisateurs avant lui pour transposer à l’écran une histoire d’un maître incontesté du genre...

Heureusement, le Suédois peut se reposer en partie sur les frères Weinstein (toujours aussi inspirés) et la présence d’un John Cusack au casting pour se munir d’un maximum de chances de réussite. Ce qui frappe d’emblée le spectateur c’est cette ambiance étrange, un peu onirique, un peu surannée, admirablement entretenue. Certes on y retrouve tous les poncifs du genre : les portes qui claquent, la télé qui s’allume (celle-là, si on ne la pas fait cent fois au ciné, hein !) les fantômes qui passent et repassent en transparence, les pleurs de l’enfant perdu ou encore ces murs qui saignent… mais l’abord est bien différent que les classiques déjà vu et revus. La succession nerveuse et crescendo de scènes montrant les tentatives désespérées de fuites, de contacts extérieurs, de changements soudains de décors (un comble quand on sait que toute l’histoire se passe dans une seule et unique pièce) ou de conditions climatiques, vous retourne allègrement sans vous donner la possibilité de souffler quelque peu.

Le regard terrifié d’un Cusack se rendant compte soudainement que plus rien n’est du jeu et qu’il devient victime d’un piège effrayant, est un grand moment de tension qui fait basculer le film dans l’angoisse pure. Parfois brouillonne et illisible, la mise en scène est malgré tout astucieusement dirigée et nous fait penser irrémédiablement à certains passages d’un Shining (1980) par ce côté old fashion de l’hôtel et cette impression dérangeante d’effluves anciennes comme maintenues en suspension et terriblement menaçantes. Un poids du passé qui écrase l’atmosphère malgré une vision ordonnée et proprette d’une chambre anodine, la 1408. Soudain, celle-ci semble le centre de l’Enfer, isolée, éloignée, perdue, le tout comme dans un cauchemar éveillé ou dans les pensées surréalistes d’un esprit malade et retors.

Accumulant les twists aux réussites aléatoires, Chambre 1408 est malheureusement parfois trop long et répétitif dans ses développements que pour être excellent, mais renoue par bonheur avec l’angoisse pure tout en offrant à John Cusack la possibilité d’exprimer tout le talent d’un acteur décidément trop discret. Film inégal, nerveux et déjanté, le réal n’a pas oublié cependant le plus important peut-être : nous faire peur…


Critique de Chambre 1408 - Horreur de bas-étage
Par : Chroniqueurs

Par The creeper

Stephen King, maître de l’horreur littéraire (étiquette forcément réductrice) mais également roi des adaptations foireuses ! Mais une partie du résultat final peut logiquement lui incomber, puisqu’il a toujours préféré les illustrations serviles (Le Fléau, Ca,…) aux visions d’auteurs à part entière (Shining de Kubrick vertement renié). La volonté de rester fidèle à l’esprit de l’œuvre est d’autant plus ardue que les livres en question sont des pavés impossibles à mettre en images en l’état sans un véritable travail d’adaptation. Frank Darabont est le rare à avoir pu apporter un certain regard neuf et respectueux. Loués à la fois par la critique, les spectateurs et le King lui-même, Les évadés ou La ligne verte demeurent des exceptions. Ah non, j’oubliais le magnifique Stand by me de Rob Reiner.

Afin d’endiguer le flot de déception, l’écrivain s’essaya même à la réalisation mais le catastrophique Maximum overdrive (adaptation de sa nouvelle « Trucks » parue dans le recueil « Danse macabre ») le renvoya à sa véritable place : derrière une machine à écrire ! Alors, le King inadaptable ? Ce n’est pas loin d’être devenu une évidence. Car quelque soit l’option choisie, les puristes ou les cinéphiles trouveront souvent à redire. Pourtant, ce n’est pas ce qui va effrayer les producteurs. Ainsi, est lancé l’adaptation d’une nouvelle parue dans le recueil « Tout est fatal », Chambre 1408.

Choix curieux car la nouvelle évolue dans un registre inhabituel pour King, dépeindre des visions dantesques proprement délirantes (on s’interroge constamment sur la santé mentale du protagoniste), créer un sentiment d’immersion absolu qui confine parfois à l’abstraction pure et qui lorgne vers Poe et Lovecraft. Bref, loin d’être une histoire classique de maison hantée (ou chambre en l’occurrence) où seules importent les sensations fortes. Evidemment, le film de Mickael Hafstrom diverge quelque peu des visions extraordinaires que la lecture de la nouvelle pouvait produire. On est également assez éloigné du discours promotionnel qui vendait ce film comme une excroissance au Shining de Kubrick, en investissant cette fois-ci une chambre particulière de l’hôtel Overlook. Entièrement porté par le toujours très bon (ou presque) John Cusack, le film bénéficie également de la présence, la prestance de Samuel L. Jackson (l’acteur le plus cool du monde).

De réalisation assez classique, le film réserve cependant quelques scènes assez inquiétantes. Une ambiance plus déliquescente aurait été plus appropriée mais le réalisateur parvient à désorienter suffisamment le spectateur pour rendre la vision de ce film sinon intéressante du moins agréable à suivre. Malgré tout, Hafstrom ne retrouve le caractère immersif de la nouvelle qu’au détour d’une scène, lorsque Cusack croyant être sorti de ce cauchemar y replonge aussitôt lorsque le bureau de poste où il se trouvait s’avère un décor que les employés détruisent à coups de masse, révélant les murs et le mobilier de la chambre maudite. A défaut de rigueur narrative et d’inventivité en termes de réalisation pure, on pourra se contenter d’efficaces effets-spéciaux, transformant une chambre d’hôtel en chambre froide ou faisant se déverser au sol une peinture de bateau. Ne sachant comment aborder le matériau original et ses nécessaires transgressions, le film navigue entre deux étages. Soit le cul entre deux chaises. Une posture qui se voit illustrée par l’existence d’une nouvelle conclusion au métrage. Alors que la version salles bénéficiait d’un happy-end inquiétant (sacré trouvaille, non ?), la fin alternative proposée sur le dvd était plus conforme à une série B classique où le personnage de Samuel L. Jackson venait clore les débats lors des funérailles du personnage de Cusack, avec apparition fantomatique et tout le tralala.

Au final, et même sans se référer à la nouvelle prêtant son intrigue, Chambre 1408 ne restera pas dans les annales. Ce n’est pas non plus une purge, loin s’en faut. Mais une fois encore, l’œuvre de King se sera révélée difficilement transposable telle quelle. Le seul problème étant qu’ici le travail d’adaptation aura consisté à amoindrir le caractère incongru et délirant du travail de l’écrivain pour donner un résultat accessible à tous publics.

Commentaires sur le film

4 etoiles

Hafstrom nous livre un film de très bonne qualité avec tout ce qu’il faut pour un bon film d’horreur. Les seuls regrets que l’on peut avoir sont par rapport au nombre de chocs, nettement insuffisants, et au niveau de la longueur du film qui semble un peu traîner sur la fin. Sinon, si vous êtes fans de Stephen King et de l’horreur en général, ce film est à voir.

22 septembre 2008 à 16:09 | Par Haddonfield
Titres oubliés
2 etoiles

Faut pas oublier non plus The mist, nouveau Darabont qui était une belle adaptation. Tout comme Misery du Rob Reiner de Stand by me... Chambre 1408 par contre, est en dessous, clairement

27 septembre 2008 à 23:09 | Par clashik
4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

11 juillet 2010 à 22:07
angoissant
4 etoiles

bon film qui tient ses promesses. je me suis surpris à éviter de regarder l’écran par moment pour ne pas faire de poussée de tension...lol

autrement dit, il fout les jetons par moment, et c’est notre imagination qui fait le travail.

je le recommande donc.

8 septembre 2010 à 01:09 | Par Vidal

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