Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Afin de découvrir les mystères de "la maison des damnés", une équipe composée d'un couple de physiciens, d'une médium et d'un survivant s'enferme pendant une semaine dans cette maison d'où l'on ressort soit mort, soit fou.
Les périodes allant des sixties aux eighties ont été profondément marquées par l’accession au pouvoir des films de maisons hantées. Dès les années 60, de nombreuses œuvres émergent sur le sujet dont certaines restent de grands classiques du cinéma du genre comme le House on Haunted Hill de William Castle, remis au goût du jour en 1999 par William Malone. Après un endormissement partiel, le genre renaît vers les débuts 80 après la consécration du pourtant mitigé Amityville. Entre les deux, une période qui est tout sauf creuse et qui a su mettre à jour quelques perles rares et
autres films d’ambiance réussis.
S’il est un endroit où l’on pourrait ranger cette Maison des damnés, c’est incontestablement dans la deuxième catégorie précitée. Le film ne brille pas vraiment par son originalité mais peut se vanter d’avoir su faire sa place dans une filmographie pourtant surchargée d’œuvres similaires. Réunissant tous les poncifs du genre, le métrage parvient tout de même à s’en sortir grâce à l’ambiance instaurée dès sa genèse et à des scènes particulièrement réussies.
Au départ, il n’y a pourtant pas de quoi s’extasier. Une histoire comme il en existe tant d’autres avec des personnages stéréotypés à l’extrême : une médium fascinée par les apparitions, un spécialiste en paranormal, unique survivant d’une expérience précédente dans le même lieu et un scientifique, cartésien à l’extrême, bien décidé à prouver que les fantômes n’existent pas. Hough parvient tout de même à donner du tonus à ce canevas lisse et rendu stérile par les films identiques que l’on trouve à foison.
Instaurant une ambiance morbide et ténébreuse, le réalisateur décide de ne pas s’épancher dans des effets spéciaux éreintants qui auraient sans aucun doute cassé l’image de l’œuvre. Il leur préfère une tension palpable qui va s’amplifiant au fur et à mesure du métrage. Hough substitue la tempérance de l’image et la suggestion aux exagérations amityvillesques. Une porte qui claque, une apparition ectoplasmique timide, un chat agressif, des meubles qui bougent : peu d’action pour un maximum de résultats. Mais là où le réalisateur excelle, c’est dans le traitement de ses personnages.

Les souhaitant antagonistes (ainsi s’affrontent deux clans : ceux qui croient et les incrédules), Hough nous les montre souvent en aparté et nous dresse une parfaite peinture de leurs sentiments par rapport à ces phénomènes étranges qui se produisent. Le couple tremble en se persuadant de la supercherie qui est fomentée, Fischer se résigne à les affronter, la médium accepte ceux-ci et y prend plaisir. Bref, l’on s’observe, l’on s’accuse continuellement. De ces tensions naît un climat oppressant se superposant à l’ambiance morbide installée auparavant. On est pris au jeu et on ne peut s’empêcher de se questionner et de remettre en question ce qu’on nous donne à voir. Les acteurs sont un des ingrédients de la réussite de ce film : Roddy McDowall (Fischer) excelle dans son rôle et nous offre un personnage charismatique à souhait. Quant à Pamela Franklin, elle joue à merveille son rôle de medium et parvient à nous faire osciller entre raison et folie.
Toutes ces qualités ayant été mis en lumière, il faut rester prudent dans ce que l’on avance et ne pas s’emballer à l’excès. Dans sa catégorie, le film est un bon produit qui parvient à se faire une place sans entrer à deux pieds dans l’excellence. Un manque de moyens crucial et une photographie assez éloignée de la perfection lui retirent quelques points de prestige et le relèguent au rang des bons films du cinéma bis, sans plus.
Néanmoins, il y a incontestablement un potentiel dans ce métrage qui attire à lui la sympathie autrement qu’en s’abîmant dans des effets superflus…
Pas de news associées à ce film actuellement
/B_news>Ce site compte actuellement :
Donnez votre avis sur le film !