Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
A New York, plusieurs femmes sont assassinées de manière atroce par un tueur en série, connu pour être doté d'une voix de canard. L'inspecteur Williams se charge de l'enquête alors que les meurtres sadiques s'enchaînent...
Lucio Fulci est l’un des maîtres incontestés du cinéma bis (et encore...) italien. Certains films célèbres, tels que L’Au-Delà ou Les Quatre de l’Apocalypse, ont fait générer un culte international pour ce réalisateur qui, à chacune de ses oeuvres, ne lésine pas sur les scènes malsaines (et c’est tant mieux pour nous !). Avec ce film, il se réapproprie le mythe de Jack L’Eventreur, mais en le transposant toutefois aux Etats-Unis, et dans les Eighties.
New-York, New-York... Quelle charmante ville que voilà ! Sous ses ponts et grattes-ciel, on trouve de tout. Il se peut même que, là-bas, quand on lance un bâton pour un chien, il
nous ramène un morceau de cadavre ! Et justement, c’est sur cette introduction humoristique que commencent les festivitées sadiques.
De Sadisme il est bien question ici, car depuis quelques temps, les cadavres de jeunes femmes éventrés (du vagin jusqu’au cou donc) s’amoncellent dans les rues, et les seuls indices nous permettant de trouver le coupable sont des appels téléphoniques du meurtrier, qui possède une voix de canard façon dessin animé ! Mais qui est-il donc ? Le mystère ne sera dévoilé qu’à la fin !
Mais ne vous inquiétez pas, c’est Jack Hedley qui s’occupe de l’affaire, et il va tout faire pour y mettre un terme, évidemment, même si pour cela il est aidé d’un intello homosexuel refoulé mais de bon conseil (Paolo Malco), d’une bande de policiers billingues (mi-américain, mi-italien... pratique !), et, surtout d’une victime increvable qui va bien faire avancer les choses (et les emmeler aussi, oui.).
Lucio Fulci ne faillit pas à sa réputation, et signe ici une oeuvre originale, visuellement inspirée, et ce malgré une histoire banale mais dans les codes du giallo. Pour mieux captiver le spectateur (lambda ou averti), il s’attarde sur des détails érotiques omniprésents (Une masturbation au pied on voit pas ça tout les jours !), et des effets gores ambitieux mais réussis de Luigi Rochetti (On retiendra entre autres une scène de massacre avec une petite lame particulièrement troublante), ce qui permet à l’histoire d’aborder plusieurs axes différents..
Ce qui amène par ailleurs quelques confusions peu importantes, mais le scénario garde une certaine cohérence et multiplie avec brio les faux-bonds et ce, gracieusement servi par une excellente mise en scène, une photographie correcte de Luigi Kuveiller (particulièrement efficace lors des scènes sombres) et une bonne direction d’acteurs dans l’ensemble (faut dire : crier, poignarder, tirer, c’est pas difficile), notamment de la part de la ravissante victime malchanceuse Almanta Suska .
Veritable boucherie censurée comme tant d’autres à l’époque (mais disponible chez nous en version Director’s Cut chez Neo Publishing, avec images, sons (décalés) et doublages originaux), L’Eventreur de New-York se démarque pourtant de ses rivaux grâce à son style visuel étonnant et sans limites, et une intrigue solide qui fait de ce film un passionnant jeu de piste, bourré de suspens, de cul et de gore.
Un summum immanquable dans le genre, donc.
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