Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Blade, un être mi-homme mi-vampire, s'est juré d'exterminer jusqu'au dernier ces créatures assoiffées de sang qui ont tué sa mère et l'ont contaminé. Epaulé par Whistler, son mentor, il est bientôt rejoint par Scud, un informaticien fidèle à sa cause depuis que Blade l'a sauvé des crocs des vampires. Face à eux, un groupe de vampires d'élite connu sous le nom de Bloodpack. Dirigée par la jeune Nyssa, une experte en arts martiaux, cette équipe s'entraîne dans un seul but : tuer Blade. Mais les priorités changent. Une nouvelle menace vient de faire son apparition sous les traits de Jared Nomak. Ce dernier est l'hôte d'un virus hautement contagieux et mortel pour l'homme et les vampires. Les deux races vont devoir unir leurs forces pour éliminer Jarek et les Reapers, une nouvelle espèce de créatures qu'il a engendrée.
Le premier Blade constituait une excellente surprise. Le film était en effet annonciateur de la vague cinématographique de super héros qui allait suivre dès la fin des années 90 et proposait, une année avant Matrix une
esthétique photographique parfaite pour mettre en image ses scènes de combat. Malheureusement, le film de Norrington accusait quelques défauts scénaristiques et ne se limitait qu’à ces accès de violence graphique après une entrée en matière pourtant alléchante.
Blade 2, séquelle directe du premier, est confié à Guillermo Del Toro qui vient de signer Mimic et L’échine du diable et qui représente le renouveau du cinéma fantastique hispanique. En grand fan de comics, Del Toro parvient à faire sien le mythe du Daywalker et reprend à son compte les multiples strates de l’histoire originale. Pour légitimer la création de cette suite, Del Toro repart sur une nouvelle intrigue puisque Blade va désormais être l’allié de ses ennemis. Les vampires, détrônés dans la pyramide alimentaire, deviennent eux-mêmes la proie de vampires mutants plus puissants et plus résistants qu’eux.
Visuellement plus puissant que l’épisode précédent (pourtant pas en reste dans ce domaine), Blade 2 fonce à du 200 à l’heure et ne nous laisse pas une seule seconde de répit. De l’action, des combats, un rythme insoutenable, le film se résume en un flot d’actions tourbillonnant dans le cyclone créé par l’auteur. Usant de toutes les profondeurs et explosant les limites du cadre, Del Toro colle parfaitement à l’éclatement graphique du comic book tout en rendant le tout empreint d’un dynamisme effarant, se payant même le luxe de livrer un montage fluide et aisément compréhensible.
Seulement, cette rapidité fulgurante comporte son pendant négatif puisqu’elle empêche fréquemment le film de se fixer sur tel ou tel aspect. La société vampirique habilement décrite dans le film de 1998 est invisible. Les personnages sont eux réduits à de simples archétypes
sans consistance, ne se contentant qu’à livrer combats sur combats et n’offrant pas la moindre considération psychologique. En ce sens, le blood pack accompagnant Blade (dans lequel on retrouve le très fidèle Ron Perlman) est davantage relégué à la figuration qu’à une réelle interprétation alors qu’il est présent de part et d’autre du métrage.
En conclusion, Del Toro parvient à magnifier les réussites du premier épisode sans jamais réussir à atténuer les défauts imputés à cette même œuvre. A l’instar de son prédécesseur, Blade 2 est un agréable moment à passer pour son graphisme jouissif qui couvre tant qu’il peut la vacuité de son intrigue.
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