Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Le terrifiant Freddy Krueger revient hanter les nuits des adolescents, jusqu'à ce que le docteur Nancy Thompson, qui fut jadis sa victime, engage le combat.
Sans Chuck Russell, la fin de Freddy aurait pu sonner quelques années trop tôt. Réduit en charpie par les essais néo-modernes de Jack Sholder (Krueger n’intègrera le monde réel que sous la houlette de son géniteur, Wes Craven, dans Freddy sort de la nuit), le croque-mitaine semblait promis à une mort certaine dont personne ne pouvait prévoir l’évitement. Il aura fallu une étincelle originelle de Craven et son compère d’écriture, Bruce Wagner. Bien que leur premier jet, jugé irréalisable (Freddy y devenait
un être protéiforme et omnipotent) par les producteurs, passe à la trappe, la substantifique moelle en est conservée par Russell et Frank Darabont. Bigger, better, louder, Freddy 3 oppose au boogeyman carbonisé une communauté d’adolescents se serrant les coudes pour garantir leur propre survie. Mieux, ces aliénés parqués dans un établissement spécialisé par leurs géniteurs mécréants qui ne voient en eux que des paumés aux penchants suicidaires, seront guidés par la rescapée du premier épisode, Nancy Thompson, passée maître ès cauchemars depuis les funestes événements de 1984.
Retour aux sources providentiel, Freddy 3 renoue avec brio avec la mythologie originelle cravenienne. Krueger réinvestit les terreurs nocturnes des ados créchant dans la rue des Ormes, ultimes survivants de la macabre moisson du croque-mitaine. Sous l’impulsion des quatre scénaristes, la légende s’étoffe (la genèse du monstre est abordée par l’entremise de la sœur Mary Helena) et la thèse ésotérico-mystique s’épaissit (les hypnoses de groupe permettent aux patients de connaître une symbiose onirique et de lutter de concert contre le boogeyman). Ces transformations ont un prix, à savoir la disparition de l’épouvante. Si les meurtres, prodiges d’inventivité, flirtent constamment avec le grand-guignol (voir Freddy jouer au marionnettiste avec des tendons pour s’en convaincre), le ton est
plutôt à la gaudriole noyée dans la fantastique, au point que les outrances gesticulatoires et vocales de Robert Englund annoncent le Beetlejuice de Michael Keaton qui sortira l’année suivante. Constat identique pour le monde des rêves, plus bigarré, qui fait office de terrain de jeu pour le plus polymorphe des boogeymans (la scène du serpent géant, à la forme phallique évocatrice, prévaut également à l’une, mythique, du film de Burton).
Ecervelé, foutraque et résolument déviant, ce nouveau cauchemar aux allures de carnaval des âmes propulsera Freddy Krueger au rang de boogeyman le plus fun. A telle enseigne que certains suiveurs tenteront d’accentuer et de colorer encore davantage le show de Freddy jusqu’à s’empêtrer dans l’absurde le plus indigeste. Revival inespéré d’une franchise qui sentait alors le sapin, ce troisième opus offre en outre son lot de pépites à jamais gravées dans l’histoire du cinéma de genre : Patricia Arquette se faisant avaler par une serpent gargantuesque, Larry Fishburne en infirmier costaud, Dick Cavett (acteur dans Beetlejuice d’ailleurs) éconduisant la grande Zsa Zsa Gabor et, cerise sur le sundae, la réplique de Krueger la plus mémorable : "Welcome to prime time, bitch !". Un régal...
Pas de news associées à ce film actuellement
/B_news>Ce site compte actuellement :
Donnez votre avis sur le film !