Critique de film

New York 1997

"Escape from New York"
affiche du film

En 1997, Manhattan est devenu une immense île-prison ou trois millions de détenus sont organisés en bandes rivales. A la suite d'un attentat, l'avion du Président des Etats-Unis se crashe dans le pénitencier. Le chargé de sécurité Bob Hauk décide d'envoyer un prisonnier pour le récupérer. Ce détenu s'appelle Snake Plissken. Lâché à l'intérieur, il doit se frayer un chemin en évitant les loubards et les cannibales qui peuplent Manhattan. Snake n'a que quelques heures pour récupérer le président, éviter un incident diplomatique catastrophique et surtout... désamorcer les mini-bombes qu'on lui a implantées dans le corps à son insu.

Les critiques à propos de ce film

Critique de New York 1997 - Call me Snake
Par : Chroniqueurs
Tags : Aventure, Course motorisée

Par Dante

Ce n’est un secret pour personne, Carpenter est un pape du cinéma d’horreur. Souvent imité mais jamais égalé, son New York 1997 est à l’image de sa carrière : sacrément couillu, toujours sincère et incroyablement jouissif.

Imaginez New York transformé en prison géante à la suite d’une poussée de criminalité vertigineuse. Mettez-y le président des Etats-Unis himself et avec lui une cassette qui peut changer le sort du monde. Faites-le kidnapper par une bande de clochards ultra-violents. Et saupoudrez le tout avec un anti-héros monolithique et des personnages tous plus fous les uns que les autres. Vous tenez quand même un script des plus casse-gueule, frôlant dangereusement avec le ridicule. Mais faire état d’une telle fermeture d’esprit reviendrait à renier l’une des données les plus importantes mises en jeu : son réal. Le génie carpenterien prouve une nouvelle fois, quelques années après Assaut, sa capacité à détourner les genres pour créer des pastiches foutrement jouissifs.

Carpenter évite soigneusement les écueils propres à l’entreprise. Le New York devenu une prison sur fond d’apocalypse et de décadence est magnifié par de longs panoramiques et des vues aériennes. Image soignée aidée par des effets spéciaux qui n’ont presque pas pris une ride. Carpenter esquive avec brio le premier écueil d’une telle production en polissant sa photographie à l’excès tout en conservant la noirceur de l’arrière-plan socio-politique.

Le deuxième écueil, scénaristique, est à peine contourné sans être réellement évité. Le scénar reste ici au stade de prétexte pour faire cabotiner les protagonistes et montrer sous toutes les coutures les décors post-apocalyptiques. Point de grandes réflexions futuristes, l’histoire est à peine parsemée d’une petite critique sur la société totalitaire telle qu’elle devrait être.

Quant à son héros aussi expressif qu’un mur de brique, Carpenter s’arrange pour en faire une icône du cinéma de genre, qui deviendra au fil du temps une légende vivante. Anti-héros stéréotypé, cynique et nihiliste, Snake Plisken est l’ambassadeur de tous les bad guys du cinéma des eighties. Incarnation du héros geek par excellence. Les autres personnages sont de la même facture : pas un seul pour tendre la main à une veuve en détresse. Carpenter se permet de regrouper toutes les sales gueules du cinéma de genre, comme Lee Van Cleef, Harry Dean Stanton ou encore Isaac Hayes pour dépeindre son bestiaire de brutes bêtes et méchantes. Mention spéciale à l’hilarant Ernest Borgnine, bien loin de son rôle dans La Horde Sauvage, qui apporte son point d’humour et rend l’ensemble un peu plus fun, ce qui permet au passage de digérer les quelques archaïsmes qui parsèment le film (le lot de tout bon film de sf une fois la date de péremption passée). On ne pourra s’empêcher de sourire devant ces talkies-walkies affublés d’antennes de trois mètres. Ce petit côté old school, finalement peu dommageable, ne peut que réveiller une pointe de nostalgie dans nos cœurs d’enfants perdus à jamais dans les circonvolutions de nos adolescences étriquées qui ont fait de nous les reliquats de la société actuelle.

Une grande œuvre fondatrice dans l’approche du cinéma d’anticipation et du post nuke, genre qui florissait dans les années 80 et auquel Neil Marshall a récemment rendu un vibrant image avec son Doomsday. Fondamental, un pilier du cinéma de genre, peuplé de personnages mythiques et porté par un réalisateur qui côtoie le panthéon du cinéma. Profane si tu n’as pas encore vu ce film, cours te le procurer !

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