Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Mortis et Bigelow, deux détectives de Los Angeles, sont à la poursuite de gangsters ayant commis six hold-up. Ils les surprennent en pleine attaque d’une bijouterie et parviennent, non sans mal, à les abattre. Le médecin légiste remarque avec horreur que les cadavres autopsiés l’avaient déjà été 8 jours auparavant...
Mark Goldblatt est une réelle pointure dans le monde du cinéma fantastique. Ne cherchez pas du côté de ses réalisations qui ne sont qu’au nombre de deux : ce savoureux Flic ou zombie et le mauvais The punisher qui sonnera le glas de sa carrière d’auteur. Non, la formation de base de Goldblatt est le montage. Et question montage, il en a à son actif. Commençant sa carrière par le Piranhas de Joe Dante, celui-ci va enchaîner par Hurlements
du même réalisateur, Halloween 2, Terminator et sa suite, Cabal, Predator 2, Pearl Harbor et, plus récemment, X-men 3.
Au moment où les films de zombies commencent à entrer dans une phase de franche poilade, Goldblatt a l’idée sympathique de mêler ce genre à un autre, également en vogue, le buddy movie. Les buddy movies sont ces métrages qui mettent en scène un tandem de héros composé d’un flic sérieux et bien sous tous rapports avec son assistant, en général débile au possible ou complètement sciant (genre qui a repris du poil de la bête il y a peu avec le génialissime Hot Fuzz). Vous savez ces policiers très américains qui passent le plus clair de leur temps au volant d’une décapotable et qui préfèrent boire de l’alcool dans un bar ou se taper un hot dog que de se taper la paperasserie des bureaux cloisonnés, dont le plus illustre exemple, buddy movie magnifié, sera L’arme fatale.
Rentrant dans le creux de la vague, le genre a proposé à cette époque tout ce qu’il y a à imaginer : alliance du flic avec un animal (Turner et Hooch ou Rex chien de flic) ou même avec un étranger (Double détente ou Rush hour). Dès lors, quoi de mieux que d’y incorporer un peu d’éléments de films d’horreur pour corser le tout ? Après tout, le zombie de Flic ou zombie ne donne pas un résultat pire que l’extraterrestre de Futur immédiat.
L’intention principale du réalisateur est de faire sourire grâce à cette œuvre décalée et complètement délirante. D’ailleurs, même lorsque Roger se transforme en mort-vivant, le film ne prend pas une tournure tragique et reste confiné dans cette débauche de gags rigolards très généreux.
Reste que si le film n’est pas fait pour faire peur, il n’en est pas moins le terrain favorable pour le déballage des effets visuels attractifs. Des maquillages craspecs qui font plaisir à voir et nous rappellent les meilleures réalisations du genre (bien que ceux-ci ne soient pas toujours parfaits). De même, nous avons droit à de belles réalisations en latex comme cette décomposition de la jeune femme (assez réussie) et cette superbe séquence, étouffante de drôlerie, où nos deux compères vont devoir lutter contre des poulets et des quartiers de viande réanimés par un Asiatique sans scrupules.
Bien entendu, des tas de reproches pourraient être formulés à l’encontre du film comme un scénario qui tourne souvent en rond (mais c’est souvent le cas dans les buddy movies) ou des acteurs pas toujours très convaincants. On pourrait également reprocher un humour trop gras à certains moments ou des clichés extrêmement grotesques. Mais ce serait renier la nature première du film qui est celle d’un film comique. N’en déplaise aux amateurs d’art, il faut aussi savoir apprécier ce genre de films grands publics qui plaisent aux grands comme aux petits et qui permettent d’étayer quelque peu notre domaine de prédilection.
Un film à regarder à plusieurs devant un bon verre, un pur moment de plaisir et un vrai retour aux buddys des années 80…
Piranhas, Hurlements, Halloween 2, Terminator, Starship Troopers,… autant de films qui ont pu bénéficier de l’immense talent de Mark Goldblatt en tant que monteur. Doué, l’homme a côtoyé les plus grands, de Joe Dante à James Cameron en passant par Clive Barker, tous sont tombés sous le charme de ce technicien de génie. Malheureusement pour lui, Goldblatt ne fait par contre pas l’unanimité pour le poste de réalisateur dans lequel il n’a officié que quatre fois. Après un court-métrage dédié au Punisher, il s’attèle en effet à prouver son talent
avec une comédie horrifique, Flic ou Zombie, qui précédera son terrible échec aux commandes du premier vrai film concernant Frank Castle. Depuis, l’homme n’est apparu qu’en 1992, à la tête d’un épisode d’une série éphémère diffusée par la Fox, Eerie Indiana. Dès lors, sa carrière en tant que réal pourrait se résumer au simple Flic ou Zombie, film au scénario simple mais bien ancré dans son temps. Mortis et Bigelow, deux détectives de Los Angeles, sont à la poursuite de gangsters ayant commis six hold-up. Ils les surprennent en pleine attaque d’une bijouterie et parviennent, non sans mal, à les abattre. Le médecin légiste remarque avec horreur que les cadavres autopsiés l’avaient déjà été 8 jours auparavant...
En tant que réalisateur débutant, Mark Goldblatt s’échine surtout à ne pas contrarier les espoirs du spectateur en livrant dès les premières minutes ce à quoi ce dernier est susceptible de s’attendre. Mettant en scène deux flics dans une décapotable rouge, Flic ou zombie évoque indéniablement la mode des buddy movies, ces films ou séries suivant les aventures de deux policiers aux tempéraments opposés, et plus particulièrement les caractéristiques propres à Starsky et Hutch. En bon faiseur, Goldblatt n’hésite pas à appuyer chaque séquence par des dialogues bien lourdingues qui, sans être spécialement originaux, ancrent parfaitement le film dans l’esprit un peu fou des 80’s. Empruntant aussi plus que de raison à l’humour et au comique de situation au splendide Arme fatale sorti l’année précédente, le cinéaste en manque d’inventivité règle son métrage comme du papier à musique, soulignant ses effets plus que de raison dans une bonne humeur jamais démentie.
Sans se prendre une seule fois au sérieux, Flic ou Zombie
relève donc du simple divertissement auquel est néanmoins adjoint quelques doses d’un gore assez gentillet, qui n’entre en aucun moment en conflit avec l’aspect léger de l’ensemble. Mettant en avant des créatures de qualité au design original travaillées par l’excellent maquilleur Kenny Myers (Le retour des Morts-vivants), Goldblatt parvient même à surprendre grâce au traitement tout particulier qui y apporte. Des zombies qui parlent, braquent, enquêtent et, surtout, se décomposent petit à petit, se livrent une lutte sans merci et surtout sans aucune complication scénaristique. Fluide, le métrage se déroule sans aucune embuche malgré des SFX loin d’être convaincants. Léger tout au long de son action, Flic ou Zombie livre tout de même un final troublant qui laisse à réfléchir malgré son léger porte-à-faux par rapport à l’ensemble.
Véritable comédie horrifique légère et sans prise de tête, Flic ou Zombie fait partie de ces petits séries B débridées et jouissives que l’on prend un malin plaisir à revoir. Goldblatt n’a certes pas proposé le film du siècle mais est parvenu à livrer sans encombre un buddy movie comme on n’en voit désormais trop peu.
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Un de mes films culte, certes pas parfait, mais tout de même génial... Une suite serait du meilleur effet !