Critique de film

Story of Ricky

"Lik wong"
affiche du film

L'histoire se passe dans une prison futuriste, après que Ricky eut pris sa revanche sur les gangsters-dealers ayant tué sa copine. Doté de pouvoirs surpuissants (ses poings peuvent éclater un ventre !) Ricky se retrouve dans une prison où la violence est très courante. Ne pouvant rester insensible à la brutalité des matons envers les prisonniers, Ricky va utiliser ses super pouvoirs et éliminer un gardien de prison. Devenu le héros de la prison, et l'administration ne pouvant en rester là, révoltes et bastons ultragores suivront…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Story of Ricky - Ricky aux poings d’acier
Par : Damien Taymans
Tags : Asiatique, Gore

Nam Nai Choi, ça vous dit quelque chose ? Non ? Normal ! C’est que le cinéma hongkongais n’est pas de ceux qui sont le plus plébiscités. Et, en l’occurrence, lorsqu’il s’agit de cinéma Z à tendance gore, pas étonnant que les foules ne se lèvent pas pour entamer une ola salvatrice, histoire que je ne me surprenne pas à prêcher dans le désert…

Pas de vague humaine ? Dommage car, pour ce seul titre, le réalisateur en mériterait bien une. Rappelez-vous des mangas de votre adolescence. Non, pas celui avec le gamin à queue de singe qui parcourt la planète sur un nuage rose à la recherche de boules de cristal, histoire que Dorothée ferme définitivement son claque-merde. Non, plutôt dans la lignée de Ken le survivant. Nettement plus trash, non ? Et bien, avant que l’exploitation de ce filon ne s’éteigne religieusement à cause du médiocre Fist of the North Star, la série en question ravissait le cœur des inconditionnels de cette violence exacerbée où l’on pouvait mater des démolissages de gueules en toute impunité.

Story of Ricky entre pleinement dans cette lignée-là. Début carpentérien qui nous présente le lieu de l’histoire, à savoir une prison privatisée dans un futur pas si lointain, ainsi que les personnages par le biais d’un appel exécuté par le maton en chef. Dans la file se trouve Ricky, pauvre homme incarcéré pour avoir tué d’un seul coup de poing le dealer qui poussa sa bien-aimée à se suicider. Or, tout le monde le sait, le milieu carcéral est un des seuls capables de transformer une âme chaste et innocente en un malade irrécupérable. En somme, à coups de mauvaises fréquentations et de sodomies inopinées dans les douches (oh non, pas encore le coup de la savonnette, c’est toujours moi les gars !), les malfrats en repentir deviennent des bestioles purulentes aux envies vengeresses omniprésentes.

Comme tout bon détenu vraiment gentil (et le réal n’a de cesse de nous le rappeler en plaçant autour de son personnage une aura romantique contrastant avec le cadre de l’action), Ricky est entouré de sombres salopards au sein desquels se distinguent le sous-directeur à l’œil de verre et la main en forme de crochet (très utile pour harponner les méchants détenus), le vilain directeur et son fils à la trisomie très proche et les quatre prisonniers les plus dangereux qui soient, chacun dévolu à son aire géographique bien déterminée. Au milieu de cette faune, des prisonniers jouissant d’une liberté quasi-totale (ils peuvent déambuler comme bon leur semble) mais menés à la baguette par toutes ces crapules et… Ricky, notre héros, le seul capable de pleurer la mort d’un inconnu ou de jouer de la musique en soufflant dans une feuille, le seul et unique Ricky, celui qui dégomme une mâchoire en un seul coup de poing et traverse le bide de l’homme le plus costaud de la planète juste en exécutant ses prises…

Hormis le côté décomplexé non voulu (les acteurs médiocres et le scénar absurde sont rendus avec un sérieux sans pareil), le métrage brille surtout par l’explosion continuelle de ses effets gore. Du cheap au passable, ceux-ci parsèment l’œuvre et donnent lieu à de nombreuses variations extrêmement jouissives : bides explosés, intestins à l’air, tronches fendues, œil exorbité, j’en passe et des meilleurs. Ricky combat à tout bout de champ les ennemis qui entravent son avancée (non sans les avoir priés de ne pas lutter) et les estourbit en un tournemain, s’offrant même le luxe d’exécuter de bien plus prouesses : il renoue tel un lacet les tendons de son bras ou continue à prouver ses talents de virtuose en musique malgré sept journées passées sous terre (quel homme ce Ricky !).

Alors, je vous le demande, chers amis, comment ne pas apprécier cet essai bien parti pour devenir le pape du cinéma Z ? Comment ne pas reconnaître qu’on a souri et même bien ri devant cette œuvre bidon ? Pourquoi continuer à cacher son amour pour ce cinéma-là auquel on doit autant de plaisir qu’au boulet qu’on traîne depuis des années à la maison (cette question ne convient que si vous en avez marre de votre conjoint) ?

Story of Ricky est une hyperbole jouissive à prendre au neuvième degré (et encore, avec quelques pincettes) mais, franchement, c’est tellement bon et maladroit qu’on ne peut pas l’éviter…

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