Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Henry, portrait d'un serial killer est un film basé sur la vie et les 'exploits' macabres de l'un des tueurs en série les plus monstrueux de toute l'histoire des Etats Unis: Henry Lee Lucas. Comme tous les serial killers Harry possède un double visage, celui d'un homme ordinaire sans histoire, et un autre qui l'entraine dans une folie meutrière sans précédent en compagnie de son ami et 'collègue' Ottis Toole.
Ce premier long métrage signé John McNaughton (qui a ensuite réalisé The Borrower, Mad dog and Glory ou encore Sex Crimes) est, à ce jour, son chef-d’œuvre absolu. S’inspirant des actes sanglants et de la vie du célèbre tueur Henry Lee Lucas, le réalisateur livre une œuvre absolument effrayante de réalisme en suivant pas à pas le quotidien d’un véritable monstre au visage pourtant bien humain. Pour incarner le rôle, McNaughton choisit très justement un comédien incroyable et pourtant inconnu à l’époque : Michael Rooker (l’acteur a depuis joué dans de nombreux films dont JFK, Cliffhanger ou plus encore le désopilant Slither). Celui-ci tient donc le premier rôle du film avec une justesse effroyable, son attitude et son regard faisant véritablement froid dans le dos. Pour l’épauler dans ses actes, Henry n’est pas seul : il partage ses « exploits » meurtriers avec Ottis Toole (interprété par l’excellent Tom Towles, qu’on a pu voir ensuite dans House of 1000 Corpses ou Miami Vice), un assassin à tendance cannibale (dans la réalité mais pas dans le film) ayant inspiré le célèbre personnage d’Hannibal Lecter.
Henry, portrait d’un serial killer est l’un des meilleurs films de serial killer qu’il m’ait été donné de voir, si pas le meilleur. Son ambiance glauque et son aspect hyper réaliste font froid dans le dos. Point de scènes très gore ici, le réalisateur préfère tout miser sur l’atmosphère et la psychologie de ses personnages. Avec son approche quasi documentaire, il réussit à interpeller le spectateur qui se demande alors : « et si, un soir, au coin d’une rue, je tombais sur un tel maniaque ? » ou encore : « Et si, par hasard, j’aurai déjà ouvert ma porte à un type qui me paraissait pourtant tout à fait normal mais qui, en réalité, était un tueur et un violeur ? » Ca, ça fout les boules. Comme quoi, il est inutile d’user d’effets afin de faire monter le trouillomètre, une bonne approche minimaliste et bien ancrée dans la réalité est bien plus efficace. Le choix du point de vue qui nous fait côtoyer au quotidien de tels maniaques n’est pas non plus innocent dans l’horreur véhiculée par ce chef d’œuvre. Une des scènes les plus abominables étant celle où Henry et Ottis visionnent leurs crimes enregistrés sur bande vidéo en se vidant une bière. Plus malsain que ça, j’ai rarement vu.

Henry, portrait d’un serial killer est LE film de tueur en série à voir, si l’on est amateur de la chose. A noter que l’édition dvd collector est très bien pourvue puisqu’elle contient, en bonus, une interview du réalisateur ; une interview très captivante du spécialiste ès tueurs en série Stephane Bourgoin (ce type a rencontré Charles Manson en personne !) ; une émission sur la profession de profiler (cependant pas très intéressante et un peu longue) ainsi que 7 minutes d’entretien avec le véritable Ottis Toole ! Bref, un dvd à l’image du film : à vous glacer le sang.
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