Critique de film

Massacre au camp d'été 2

"Sleepaway camp 2: Unhappy Campers"
affiche du film

Les meurtres effroyables d'Angela qui ont terrorisés le camp Arawak, sont devenus le vague sujet des moniteurs du camp Rolling Hills, six ans après le cauchemar reprend. Angela est libéré de l'asile, elle est maintenant une femme et elle a un emploi au camp Rolling Hills, celui de tuer.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Sleepaway camp 2 - Une suite bien trop classique
Par : Chroniqueurs
Tags : Slasher

Par Nicore

Première suite du très sympathique slasher Sleepaway camp, ce Sleepaway camp 2 : unhappy campers se sert du personnage d’Angela, l’héroïne trouble du métrage original, pour nous servir un pâle démarcage de Vendredi 13 et consorts, heureusement agrémenté d’un ton semi-parodique référentiel, ainsi que d’une bonne dose d’érotisme et de gore. Le script replace donc Angela Baker, devenue adulte et officiellement une femme, travaillant comme responsable des monitrices d’une colonie de vacances, mais pas vraiment guérie, elle va débarrasser le camp des adolescentes dévergondées.

La séquence d’introduction, sentant déjà quelque peu le réchauffé, présente ces moniteurs autour d’un feu de camp pour se raconter des histoires terrifiantes, dont bien entendu celle du massacre du camp Arawak où quelques années plus tôt un jeune garçon grimé en fille avait assassiné plusieurs personnes. Mais l’arrivée d’une frêle jeune femme apparemment responsable et nommée Angela fait tourner court cette soirée et la seule fille du groupe doit la suivre pour avoir une explication musclée avant d’être finalement tuée par Angela, annihilant ainsi d’entrée tout suspense quant à la personnalité de l’inévitable assassin du métrage.

Ensuite, le métrage nous présente plus clairement ses différents personnages en suivant le quotidien de ce camp de vacances, histoire de mettre en avant le côté espiègle et libéré des demoiselles présentes, qui vont forcément s’attirer les foudres d’Angela. Cette mise en situation reste quand même largement supportable grâce à un érotisme discret mais bien présent et un humour grivois qui n’est que rarement potache, mais qui flirte aussi carrément avec l’auto-dérision. Sans chercher à créer un véritable suspense, le métrage va ensuite régulièrement obliger Angela à dessouder ces jeunes filles débauchées buvant, fumant des joints et n’attendant pas le mariage pour s’amuser avec les garçons du camp. Ce qui donne lieu à des scènes souvent assez sanglantes qui essaient tant bien que mal de se montrer originales dans l’art de présenter ces mises à mort, tout en se référant par moments au genre pour par exemple nous offrir la première rencontre cinématographique bien avant Freddy contre Jason entre un Freddy Krueger de pacotille et un Jason d’opérette, deux adolescents voulant effrayer Angela et qui vont se retrouver mortellement pris à leur propre piège.

Développement pour le moins soft qui conduit patiemment vers le final du métrage, véritable sauf-conduit de cette oeuvre gentillette. C’est donc en respectant à la lettre le cahier des charges de tout slasher qui se respecte que ce Sleepaway camp 2 propose son intrigue guère motivante à la première lecture. Cependant, le métrage amène suffisamment d’éléments graphiques volontaires, avec ces plans gores certes pas foncièrement exubérants mais réguliers soulignant chaque meurtre tout en étant parfois bien méchant, et avec cet érotisme léger mais récurrent déshabillant allègrement les demoiselles et n’hésitant pas à suivre de loin un acte amoureux.

Par contre, les différents personnages, en dehors d’Angela, n’offriront que des personnalités stéréotypées sans grand intérêt, prédisposant de la sorte certains personnages à devenir les futures victimes et n’étant guère secondés par une interprétation sonnant parfois faux et n’avançant aucun charisme à l’écran.

La mise en scène du réalisateur Michael A. Simpson (qui signera ensuite le troisième volet de la trilogie) est assez dynamique pour donner un semblant de rythme à l’ensemble, mais peine à créer le moindre suspense, avec une utilisation basique de la caméra subjective. Les effets spéciaux sanglants sont probants en restant réalistes et mesurés, mais pour autant, ils seront régulièrement graphiques.

Sleepaway camp 2 : unhappy campers se suit sans ennui, mais ne parvient jamais à renouveler le malaise de son prédécesseur en ne sortant que très peu des sentiers battus du genre !

Critique de Sleepaway camp 2 - Angela’s back
Par : Damien Taymans

Sur le camp de Rolling Hills plane le spectre du camp Arawak dans lequel eut lieu, quelques années auparavant, un terrible massacre perpétré par le jeune Peter Baker. La légende raconte que Peter a changé de sexe et est aujourd’hui devenu Angela, en hommage à sa grande soeur trop tôt disparue. Ces légendes urbaines tournent court, la monitrice intervenant pour renvoyer les ados dans leur cahute. Est-il besoin de préciser que ladite monitrice répond au prénom d’Angela ?

Sleepaway camp 2, sans fioritures, se démarque totalement du premier épisode : tout potentiel de suspense est tué dans l’oeuf dès les premières minutes au profit d’une atmosphère plus détendue. Une multitude de plans-nichons et de plaisanteries grivoises en tout genre désamorcent le côté sanglant du massacre (et quel massacre !), en outre édulcoré graphiquement par de nombreux hors-champs. Un choix d’autant plus dommageable que le bodycount ne déçoit pas : armée d’une tronçonneuse, d’acide, d’un bidon d’essence ou d’un couteau, Angela zigouille et dézingue à tout-va, transformant le camp de vacances en un no djeun’s land particulièrement inquiétant et la cabane sise au fond des bois en un musée des horreurs au catalogue pour le moins diversifié. Mention spéciale à cet hommage rendu aux "classic monsters" via une scène où Angela, déguisée en Leatherface, tronçonne à tire-larigot deux ados vêtus en Freddy Krueger et Jason Vorhees.

A la tête de l’hécatombe, Pamela Springsteen, la frangine de Bruce, qui rempilera pour le troisième volet de la franchise (Sleepaway Camp III : Teenage Wasteland), traumatise une équipée d’ados pervers et décérébrés parmi lesquels trône la très innocente Renée Estevez, soeur d’Emilio et de Charlie Sheen et une tripotée d’acteurs amateurs qui en sont à leur coup d’essai. Le mentor d’Angela, Oncle John, est incarné par le vétéran Walter Gotell, le général Gogol des James Bond (Octopussy, L’espion qui m’aimait, Moonraker, Rien que pour vos yeux).

Malgré un résumé succinct et efficace des faits du premier opus via le feu de camp initial, Sleepaway camp 2 s’éloigne de son modèle pour s’inscrire dans un autre registre : celui de l’humour potache agrémenté d’une diversité d’exécutions. L’atmosphère s’en ressent ; toute tension est anéantie d’emblée et ce camp de vacances ne devient plus qu’une immense cour de récréation pour une meurtrière plutôt misanthrope.


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