Critique de film

Razorback

"Razorback"
affiche du film

Un soir, dans une maison isolée au milieu du désert australien, un vieil homme, Jake Cullen, et son petit-fils Scotty sont attaqués par un sanglier monstrueux. L'enfant disparaît et le grand-père, amputé d'une jambe, est un moment accusé du meurtre. Deux ans plus tard, Beth Winters, journaliste américaine, débarque dans la région pour enquêter sur un massacre de kangourous...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Razorback - Mulcahy lance sa carrière !
Par : Quentin Meignant
Tags : Animaux-tueurs

Les alligators, les rats, les araignées, les serpents, les chiens, les requins,… Autant d’animaux qui ont toujours fasciné les amateurs de cinéma de genre et, plus encore, les réalisateurs. Au milieu de ces animaux au demeurant effrayants, quelques cinéastes s’attèlent à réaliser des œuvres mettant en scène des animaux a priori quasi inoffensifs : si Black sheep et ses fameux moutons mutants ou encore Isolation avec ses vaches diaboliques ont dernièrement marqué les esprits, Razorback en est sans aucun doute le représentant le plus connu. Un razorback est une sorte de gros sanglier sévissant dans le bush australien. Une histoire de cochon, en quelque sorte, que Russell Mulcahy adapte très vite à sa sauce pour éviter que cela tourne en Babe : le razorback qui nous occupe ici est un véritable monstre qui fait 3 fois la taille d’un sanglier normal et qui s’en prend à tout ce qui bouge.

Le réalisateur d’Highlander nous lance donc directement dans l’action en nous proposant une séquence où la grosse bêbête réduit en poussières une maison au demeurant solide en la traversant de part en part, en y mettant le feu et en prenant même le temps de tuer un enfant en bas âge. Tournée de manière dynamique et multipliant les plans de qualité, cette séquence prend aux tripes et plante le décor. Ce dernier d’ailleurs constitue la pierre angulaire du film : la majesté des paysages du bush australien vient appuyer le caractère assez intimiste du film. Les grandes étendues sont un terrain de chasse redoutable où les humains, chasseurs dans l’âme, se retrouvent pris à leur propre piège et traqués à leur tour dans l’immensité désertique. C’est ainsi que Mulcahy parvient à inverser les codes imposés par l’entame de son film : après nous avoir présenté des personnages crasseux et sans cœur, il les transforme en gibier pour le redoutable prédateur.

D’un point de vue purement théorique, le scénario tient parfaitement la route. Malheureusement, il n’en est pas toujours de même pour le spectacle offert. Malgré quelques scènes d’action menées avec une efficacité certaine, l’inégalité de l’ensemble saute aux yeux dans la deuxième partie du film. La sauce que l’on croyait prise depuis longtemps retombe alors inlassablement malgré les efforts de comédiens appréciables. Les longueurs deviennent réellement pesantes tandis que l’on navigue entre dialogues assez lourdingues et histoires d’amour à deux sous. Tout ceci nous mène vers un final rythmé, puissant et spectaculaire mais, hélas, désastreusement prévisible.

Russell Mulcahy signe, avec ce Razorback, un premier film de genre tonitruant dans sa première partie mais qui s’endort au fur et à mesure que le temps passe. Désormais culte, l’oeuvre se laisse néanmoins voir pour tout cinéphile qui se respecte. Il demeure sans aucun doute un film du bout du monde à découvrir.


Critique de Razorback - Razor’s back
Par : Gilles Penso

Prestigieux réalisateur de vidéoclips dans les années 80, Russel Mulcahy revint dans son Australie natale pour diriger Razorback, son premier long-métrage. Dans la petite ville de Gramulla vivent le vieux chasseur Jake Cullen et son neveu de deux ans Scotty. Un soir de tempête, un sanglier gigantesque, le razorback, surgit sans crier gare, détruisant la maison et emportant l’enfant. Au cours de l’enquête qui suit, personne ne croit au témoignage de Jake, qu’on prend désormais pour un vieux fou. Deux ans plus tard, Beth Winters, une journaliste new-yorkaise de la ligue mondiale de défense des animaux, vient sur place faire un reportage sur le massacre des kangourous. L’accueil des autochtones est pour le moins glacial. Cullen, pour sa part, est désormais obsédé par la chasse au razorback, fidèle au motif classique de Moby Dick et du capitaine Achab.

Un soir, Beth filme deux chasseurs, les frères Baker, qui la prennent en chasse avec leur camionnette rouillée et customisée façon Mad Max 2 et s’apprêtent à la violer. Mais un bruit sourd leur fait prendre la fuite. Bientôt, le razorback défonce la voiture de Beth et l’emporte dans sa gueule. Dans cette scène très efficace, le sanglier n’est aperçu que furtivement, suivant le modèle des Dents de la Mer. Karl, l’époux de Beth, débarque alors à Gramulla pour retrouver sa trace. Il mène l’enquête, part chasser avec les frères Baker qui l’abandonnent en pleine nuit, et se retrouve plongé dans les étendues désertiques et boueuses de l’Australie profonde. Après une nuit éprouvante passée dans la campagne glaciale, juché sur une éolienne, il cherche son chemin et se retrouve en proie à des hallucinations. Il semble alors traverser des étendues post-apocalyptiques, fouler le sol d’une planète inhospitalière. La terre se fissure comme en proie à un séisme colossal, des squelettes de sanglier surgissent du sol, des monolithes de pierre s’érigent sur un sol craquelé… Le temps d’un plan furtif, Karl croit même que Sarah, la jeune femme qui l’a recueilli et soigné, a un visage de sanglier !

Esthétiquement, Razorback est une pure merveille, pour peu qu’on accepte le visuel artificiel alors très en vogue dans les années 80, que Mulcahy hérite de son expérience du clip. Toutes les lumières sont abondamment filtrées, les nuits balayées par des sources de lumière irréelles, les avant-plans savamment composés, les transitions nerveuses et inventives (le cinéaste en fera sa marque de fabrique pour Highlander). Les cieux sont rouges, les nuits bleutées, et le chef opérateur Dean Semler (déjà à l’œuvre sur Mad Max 2) abuse des contre-jours, des mouvements de grue et des fumigènes… Parfois, la pilule est dure à avaler, notamment avec ces cieux écarlates à la Autant en Emporte le Vent ou ces projecteurs géants noyés dans les fumigènes qui percent sans raison l’obscurité nocturne en dessinant des faisceaux dans les arbres. La musique synthétique elle-même a pris un sacré coup de vieux.

Mais le film demeure un spectacle de haut niveau, bénéficiant d’un monstre animatronique extrêmement efficace (conçu par Bob McCarron), nous offrant une belle galerie de rednecks australiens, et s’achevant sur un affrontement spectaculaire dans l’usine des frères Baker.

Pour découvrir les critiques d’Herbert West, cliquez ici

Commentaires sur le film

Tout à fait d’accord !
3 etoiles

Le film a souvent eu très bonne presse et les gens en parlent comme d’un mythe, mais on en est tout de même loin ! Il est agréable, même si parfois très chiant, mais ca vole pas bien haut tout de même !

18 octobre 2008 à 11:10 | Par Masterman
peace and love
5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

waooow !!!!!!!!!!!!!!!!!

7 avril 2009 à 16:04 | Par PEACE AND LOVE

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