Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Deux gangsters de peu d’envergure, Mario et Roberto, avec l’aide de Lina, kidnappent une jeune fille, Florence Danville, dans l’espoir d’en tirer une substantielle rançon. Ils doivent se cacher dans la maison d’un ami avec quelqu’un pouvant traiter avec les indigènes vivant dans la jungle non loin. Mais Mario viole Manuela, qui partage la vie d’Antonio. La jeune femme décide de se venger et parvient à attacher Mario à un arbre, l’abandonnant à ses amis cannibales qui vont le tuer puis le manger. Manuella prévient les parents de la fille kidnappée, qui s’offrent les services d’un ex-mercenaire chargé de traquer les criminels. Mais la petite expédition tourne court quand, encerclés, ils sont capturés et massacrés par les cannibales. Finalement, les parents de Florence décident de se rendre dans la forêt, afin de libérer leur fille… adoptée par la tribu.
A la suite d’un kidnapping qui a mal tourné, une bande de malfrats se retrouve coursée par des cannibales désireux de goûter leur chair…
Une musique de mariachis, un port de plaisance, trois petites frappes tentent de s’introduire en vain à l’intérieur d’un bateau. Action inexistante, musique décalée, dialogues insipides, acteurs vomitifs, pas de doute : on est bien dans un Eurociné. Sauf que, contrairement à ce que pourraient penser certains, Terreur cannibale constitue ce qui se fait de pire en la matière, élevant par sa seule existence les pires
œuvres de Jesus Franco au panthéon des plus belles réussites de la firme.
Le métrage d’Allan W. Steeve et Julio Pérez Tabernero profite de la récente vague bis italienne qui empile année après année des cannibal movie, ultime essai d’une production qui se cherche une voie d’entrée en sol américain. Loin des canons imposés par Umberto Lenzi et Ruggero Deodato, Terreur cannibale se borne à entasser maladroitement les clichés de ce type de production, offrant au final une transposition fantasque des tribus anthropophages en terre française. Sise dans une jungle apparemment proche de la civilisation (on aura tout vu), ladite tribu est essentiellement composée de caucasiens peinturlurés (oh, la belle jaune !) qui coursent les Occidentaux pour leur dévorer les entrailles. Point de voyeurisme déplacé ni d’approximations ethnologiques, Terreur cannibale ne traite ses bouffeurs de tripes qu’en façade pour offrir en tout et pour tout deux scènes d’un cannibalisme médiocre mises en scène par une shakycam digne d’un Ed Wood.
Utilisant au pire les recettes des métrages transalpins, les deux réals parsèment leur œuvre des éléments constitutifs du genre, éléments intégrés aléatoirement sans la moindre recherche de cohérence. Une carcasse de viande moisie aperçue sur le sol, une scène de viol inutile et mal filmée, deux festins d’anthropophages. Terreur cannibale légitime sa narration nauséabonde et son manque de rythme par le biais de caractéristiques censées rappeler les Cannibal holocaust et autres Cannibal ferox, œuvres maîtresses que tout oppose à ce sous-produit d’Eurociné
largement plus vénéneux que n’importe quelle production franquiste. Les gesticulations et grimaces incessantes des membres de la tribu ne parviennent curieusement même pas à un assouplissement de zygomatiques fortement durcis par le rictus de dégoût qui trône au coin des lèvres de spectateurs ébahis par tant d’indigence filmique.
Son titre mensonger à bien des égards (point de terreur et peu de cannibales) aura tôt fait de convaincre les adeptes de ce genre cloisonné, désireux de se gargariser de stock shots inadaptés ou de massacres animaliers non feints. Pourtant, Terreur cannibale ne propose rien de tout cela : il se cantonne à relater les déambulations évasives d’une bande de trous-du-cul dans une jungle en carton-pâte. En d’autres mots : un gâchis éhonté de pellicule !
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