Critique de film

Vierges de Satan (Les)

"The Devil's Bride ET The Devil Rides Out"
affiche du film

Le duc de Richleau s'oppose à une secte satanique qui veut sacrifier sa nièce.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les vierges de Satan - Pour les groupies de Fisher
Par : Quentin Meignant
Tags : Sorcellerie, Hammer

Avant d’entamer une oeuvre comme Les vierges de Satan, il est bon de s’assurer que le titre original en est bien l’équivalent français. En effet, nombre de distributeurs aiment intercaler le mot « vierge » dans le titre, histoire d’attirer curieux et pervers érudis. Après Christina, princesse de l’érotisme, le film de Jess Franco transformé en Une vierge chez les morts-vivants, Les vierges de Satan paraît donc être la nouvelle supercherie des distributeurs. Le titre original, The Devil’s Bride, vient en effet démentir la présence de quelque pucelle dans l’oeuvre et, mieux, résume à merveille le synopsis du film. Le duc de Richleau s’oppose à une secte satanique qui veut sacrifier sa nièce mais celle-ci entretient une liaison télépathique avec le chef de la secte mais aussi avec le Diable en personne. Ce scénario, tout droit tiré d’un roman de Dennis Wheatley (Le peuple des abîmes), a été adapté pour l’occasion par le grand, l’immense, Richard Matheson (Le survivant, Je suis une légende). Avec aux commandes un Terence Fisher, qui, deux ans plus tôt, avait éclaboussé le monde entier avec son chef-d’oeuvre Dracula, Prince des ténèbres, l’oeuvre promettait d’être un véritable régal.

Comme de fait, les premiers instants de l’aventure enchantent véritablement la pellicule après un générique, constitué des différents signes astrologiques, qui restera dans les annales. A grands coups d’une bande originale suscitant le mystère, Fisher étale la profondeur d’une oeuvre couchée sur le papier par Weathley et travaillée par Matheson. Le propos est clair et étalé en long et en large durant une première demi-heure qui, même si elle manque de rythme, offre un véritable feu d’artifice documenté. Après une séquence d’auto-strangulation d’une efficacité extrême et une scène de bagarre bien ancrée dans son temps qui rappelle les premiers James Bond, le film entre de plein pied dans l’aventure proprement dite, c’est-à-dire le sauvetage d’une nièce peut-être déjà perdue.

S’enchaînent alors des moments de grand trouble où Fisher installe petit à petit une ambiance cauchemardesque tout en déclinant toujours plus le thème des sectes et de leurs traditions. Malgré un aspect assez répétitif (le nombre de séances d’hypnose est presque incalculable) et une lenteur toujours présente, le cinéaste parvient à tirer le meilleur parti des éléments qu’il s’est échiné à mettre en place : les héros se retrouvent acculés, pris au piège d’une force maléfique venue chercher son dû. Cette ambiance oppressante à la limite du traumatisme, vient quelque peu rehausser la tension de l’oeuvre jusqu’à un dénouement assez décevant. Alors que Fisher avait privilégié une vision sombre et négative durant tout le film, il offre un happy end aussi long qu’ennuyeux, y allant à gros coups d’explications abracadabrantes.

La déception est donc tout de même de mise pour un film qui avait jusque là démontré sa richesse thématique. Même si le manque de rythme pourrait en rebuter certains, Fisher signe là un oeuvre estimable qui est à mettre en bonne place dans le palmarès de la Hammer. Elle se destine avant tout aux fans de la société de production britannique qui trouveront en elle tous les éléments qui firent la gloire du cinéaste.

Critique de Les vierges de Satan
Par : Gilles Penso

Entre deux épisodes de la flamboyante saga Frankenstein ressuscitée par la Hammer, Terence Fisher se pencha sur le roman « The Devil Rides Out  » de Dennis Wheatley, dont l’adaptation fut confiée à un autre écrivain de talent, l’excellent Richard Matheson (auteur de « Je suis une légende » et pilier de la série La Quatrième Dimension). Les Vierges de Satan démarre sur des chapeaux de roue, annonçant le rythme alerte, l’efficacité et l’économie d’artifices qui caractériseront l’ensemble du métrage. Dans toute son altière élégance, Christopher Lee incarne le duc de Richleau, un expert en satanisme et en démonologie.

S’invitant de force dans une soirée privée organisée par son jeune protégé Simon Aron (Patrick Mower), il découvre un soi-disant club d’astronome camouflant d’occultes activités. En compagnie de son ami Rex Van Ryn (Leon Greene), le duc arrache Simon des griffes de cette secte sataniste. Mais l’amie de ce dernier, Tanit Carlisle (Nike Arrighi), est encore sous l’emprise des adorateurs du diable. Pour la libérer, nos protagonistes assistent en pleine nuit à un Sabbat au cours duquel surgit une étrange divinité à tête et à pattes de bouc. « La chèvre de Mendes ! Satan en personne ! » s’écrie alors le duc, apparemment en terrain connu. « Ce n’est pas seulement votre vie que vous risquez, c’est aussi votre âme ! », ajoute-t-il à l’attention de l’impétueux Rex, prêt à intervenir. La séquence d’évasion des jeunes gens, sur le point d’être rebaptisés par les satanistes, s’avère franchement palpitante, appuyée sur une poursuite automobile plutôt bien troussée.

Mais la tension monte encore d’un cran avec l’intervention du chef du culte, interprété par l’extraordinaire Charles Gray (qui sera Blofeld dans Les Diamants sont éternels). Le regard froid, la voix mielleuse, il instille l’inquiétude tout en finesse lorsqu’il se rend chez la nièce de Richleau pour réclamer son dû, autrement dit Simon et Tanit. Sa tentative d’hypnose échouant, il bat en retraite en déclarant qu’il ne reviendra pas en personne, mais que « quelque chose » viendra la nuit suivante pour les récupérer. Une certaine panique s’empare alors de nos héros. Tandis que Rex veille sur Tanit dans la maison abandonnée où elle s’est enfuie, ses autres compagnons d’infortune tracent un cercle protecteur dans le salon et y demeurent toute la nuit. Les manifestations surnaturelles surviennent alors.

Là, le bât blesse légèrement, Terence Fisher évacuant la retenue au profit d’effets démonstratifs un peu grand-guignolesques qui ne seront guère du goût de Richard Matheson – lequel s’avéra d’ailleurs souvent déçu par la transposition de ses écrits à l’écran. Il faut reconnaître que cet ange de la mort (un chevalier à tête de mort montant un cheval aux ailes de chauves-souris) ou cette araignée géante semblent un peu incongrus, dans un contexte où une épouvante suggérée façon La Maison du Diable eut été de meilleur aloi. Ces petits excès visuels, assortis de bondieuseries quelque peu outrées, gâchent un tantinet le final du film, sans toutefois ôter aux Vierges de Satan son charme vénéneux et ses nombreuses audaces.

Pour découvrir les critiques de Gilles Penso, cliquez ici


Commentaires sur le film

hammer for ever
0 etoiles

daube Daube !

a voir uniquement pour le jeu d’acteur de Lee et les décors...

20 mars 2009 à 02:03 | Par olipacha

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