Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Phyllis vit avec sa tante, sa cousine et la femme de ménage dans une grande maison au bord d'un parc où sévit une femme loup-garou. Elle croit être le monstre et retarde son mariage...
Phyllis Alenby, persuadée qu’elle est touchée par la malédiction qui frappa sa famille, repousse continuellement les projets de mariage que lui formule Barry, son fiancé. Après s’être réveillée dans son lit, les mains couvertes de sang et sa robe de nuit souillée, Phyllis ne peut en démordre : comme ses aïeuls, elle se transforme à chaque pleine lune en loup-garou et écume le parc jouxtant son domain à la recherche d’un individu à croquer. Malgré les rappels à la raison de sa tante et de sa cousine qui habitent avec elle, la jeune femme n’en démord pas. Il lui faut mourir pour anéantir le mauvais sort…
She-wolf of London, littéralement La louve-garou de Londres, possède un titre assurément équivoque. Les inconditionnels de la Universal auront tôt fait de reconnaître dans ce titre un ersatz féminisé
des aventures londoniennes des lycanthropes déjà abordés par la firme (Le monstre de Londres en 1935 et Le loup-garou en 1941 qui voyait Lon Chaney Jr. se prêter aux mêmes jeux de transformation que son feu paternel). Les esprits lubriques et salaces s’attendront certainement à une énième variation des nazisploitations largement explorées par la firme Eurociné avec des femmes en bottes, des poils, du fouet et des croix gammées. Sauf que, s’adonner à une telle entreprise en pleine sortie de la seconde guerre mondiale, s’avérerait être une expérience sinon inconsciente au moins couillue. Rassurez-vous, le métrage de Jean Yarbrough n’a rien à voir avec tout ça.
Les nostalgiques de la femme à barbe du Freaks de Browning devront se retaper la foire du coin pour y croiser de nouveau le regard enjôleur de ces femmes à la pilosité étonnante car, contrairement à ce que le titre peut avancer, aucune louve-garou à se mettre sous la dent dans cette oeuvrette bisseuse. En lieu et place de transformations subtilement amorcées à coups de surimpressions et de fondus-enchaînés qui auraient permis d’assister en accéléré à la puberté de Nana Mouskouri, une intrigue policière aux accents mystiques doucereux qui entretient davantage de similitudes avec un épisode de Scooby-Doo qu’avec les exploitations lycanthropiques d’Universal. Usant d’artifices narratifs communs (même pour un métrage des 40’s), surchargeant son œuvre d’expositions et de logorrhées indigestes, Yarbrough et ses deux scénaristes, avec qui il vient de signer un autre métrage d’épouvante intitulé House of Horrors, ralentit considérablement le rythme de son entreprise au point de seriner d’une langueur monotone (n’est-ce pas Verlaine ?) des enchaînements similaires ramenant continuellement au même dilemme cornélien dans le chef de la jeune Phyllis : vivre poilue ou mourir rasée ?
Pas très inspirée, cette variation plus soporifique que lycanthropique ne comporte que peu d’arguments pour séduire. Reprenant à son compte la mythologie des loups-garous sans l’exploiter jamais, She-Wolf of London est une œuvre même pas fantastique franchement oubliable…
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excellent