En plein coeur des Midlands, un jeune couple roule sur l'autoroute. Lorsqu'un camion blanc manque de les percuter en doublant, les portes arrière s'entrouvrent l'espace d'une seconde. Fugacement, ils aperçoivent une jeune femme ligotée à l'intérieur...
Par The creeper
Présenté hors-compétition, à Gérardmer, Hush n’y avait sans doute pas sa place. Pas de sang, pas de zombies putréfiés, de membres sectionnés ou de vampires…Mais s’il se rapproche plus du thriller, bon dieu que ce film est enthousiasmant ! Alors oui, il n’est pas connoté « fantastique », il est peut être tourné en bétacam mais il se montre beaucoup plus réjouissant et immersif que The Burowers, Long Week-End, En Quarantaine et surtout Mutants de David Morley (qui soit dit en passant est une purge infâme) !
Pas de fantastique dans Hush ? Du moins explicitement car le film reprend tout de même certains motifs et notamment l’accoutrement du camionneur avec sa capuche qui lui
cache le visage, donnant à sa silhouette des allures de boogeyman tout droit sorti d’un slasher. Zakes et Beth forment un jeune couple qui se disputent en voiture sur le manque d’ambition de Zakes. Quand soudain, un camion déboîte et leur coupe la route, laissant entrevoir à l’intérieur une femme emprisonnée dans une cage. Décidés à en avoir le cœur net et surtout relever la plaque pour en avertir les flics, ils poursuivent ce camion jusqu’à une aire d’autoroute. Evidemment, Beth se fera enlever et Zakes va tenter de la libérer.
Une intrigue qui lorgne fortement vers L’Homme qui voulait Savoir de Georges Sluizer ou de Breakdown (son remake) de Jonathan Mostow, un premier film shooté à la caméra vidéo, cela ne présageait rien de bon. La surprise est d’autant meilleure car Mark Tonderai, réalisateur et scénariste, nous pond un thriller routier de très haute tenue qui exploite toutes les ressources de ses décors (l’aire d’autoroute, ses toilettes ou son centre de surveillance vidéo, une ferme isolée, la carrière où s’est réfugié le camionneur…) et détourne avec délectation et intelligence les clichés habituellement à l’œuvre (le flic qui prendra fait et cause pour lui, la jeune fille rescapée, le vieux couple inquiétant, le chien fidèle, la traque au milieu de containers…) pour livrer un suspense vraiment haletant.
Habituellement dans ce genre de série B, les personnages sont peu fouillés. Or, Tonderai va prendre le temps d’une présentation de son couple au travers d’une discussion qui vire à la dispute rappelant l’introduction du formidable Jeepers Creepers. Et ce jusqu’à l’apparition du camion « démoniaque ». En nous familiarisant ainsi avec les protagonistes de l’histoire, Tonderai renforcera la tension à venir.

Enfin, soulignons la volonté affichée par le réalisateur d’aller à l’essentiel comme sa cohérence car en se focalisant sur les actions de son héros par accident, Tonderai souligne constamment l’urgence de la situation et évite surtout de surligner les motivations du kidnappeur. Comme Zakes, nous resterons dans l’expectative puisque personne ne viendra expliciter les raisons de ces enlèvements, laissant la logique interne au récit et celle du spectateur deviner qu’il s’agit d’un trafic de femmes destinées à des lupanars étrangers.
Epuisant toutes les ressources narratives à sa disposition, Tonderai livre un suspense où les personnages ont des réactions crédibles et authentiques et au rythme maîtrisé et allant crescendo. Dommage que le tournage en vidéo donne une image pas très nette et à la profondeur de champ inexistante, mais les quelques défauts de réalisations ne sauraient atténuer le plaisir pris à sa vision.
« Putain, c’est trop con, ce putain d’camion, mais qu’est-ce qu’il foutait là ? » serine Zakes qui, alors qu’il conduit de nuit sur les autoroutes en compagnie de sa copine Beth, se fait soudainement doubler par un semi-remorque. Le haillon de l’engin, au moment de la manœuvre délicate, s’entrouvre et découvre une cage dans laquelle se terre une femme en tenue d’Eve. Une plaque d’immatriculation illisible et la présence d’un énorme molosse dans le camion suffisent à refroidir Zakes qui abandonne la chasse au camion. Jusqu’à ce que Beth disparaisse à son tour lors d’un pit-stop dans une pompe à essence…
Présenté hors-compétition au festival de Gerardmer 2009, Hush est une pellicule nerveuse, extrêmement rythmée au sein de laquelle évoluent des personnages ordinaires, procédé très présent dans le cinéma de genre britannique qui recèle en protagonistes fragiles et imparfaits, sorte de plus-value à la crédibilité de l’intrigue. En la matière, Hush contrebalance
le manque de dramatisation qui fait cruellement défaut à de nombreuses œuvres trop enclines à verser dans la surenchère : au centre de son action, Zakes hésite, doute, se persuade avant de freiner de nouveau devant l’ampleur du danger qui le menace.
Se détachant de la tradition des road truck movies introduite par l’excellent Duel de Spielberg et depuis amoindrie par quelques sous-émules comme Trucks, Une virée en enfer ou Amusement, Hush multiplie ainsi les rebondissements probants (Zakes se rétracte après avoir pris connaissance du message de Léo, le courtisan de Beth) et s’attache principalement aux faits et gestes de son « héros malgré lui », au détriment des motivations du meurtrier qui, sans cesse tapi dans l’ombre de sa capuche, semble tout droit sorti des slashers de la décennie précédente, I know what you did ... en tête. Accusé de meurtre et de vol, démoralisé par les égarements de sa compagne, effrayé par celui qu’il course, Zakes est soutenu dans sa démarche par une caméra à l’épaule accentuant l’instabilité psychologique du héros face à cette situation extraordinaire qui trouve une résonance dans une série de plans flous et hésitants.
Déroulant son action sur un rythme trépidant, Hush peine cependant à se montrer original de bout en bout et recycle plus qu’à son tour des démarches convenues, forcément prévisibles.


C’est du grand suspens un tres beau scénario les acteurs s’insinue admirablement dans la trame.

pour : un bon suspense contre : beaucoup trop de scenes incoherentes qui nuisent au scenario

Hush est un film qui rempli très bien son mandat de nous tenir sur le bout de notre siège sur toute sa durée ! À voir, vraiment !
Et une toute petite correction au sujet du film Breakdown, qui n’est pas le remake de L’Homme qui voulait savoir. The Vanishing est le remake américain réalisé par George Sluizer, comme l’original.
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Vous me donnez l’eau à la bouche et le putain de regret de l’avoir loupé à Gérardmer...
* "Mutants" n’est peut-être pas LE film de zombie, mais il est moins pire que "Deadgirl" ! (pour faire un clin d’œil à un des films présentés au festival)