Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Assassiné par une femme, le riche homme d'affaires William Cole est ressuscité par un scientifique fou. Il possède désormais une partie du cerveau de Yegor, un chauffeur de taxi tué par la même personne...
En voyage d’affaires en Bulgarie, l’industriel William Cole profite de ses temps libres pour fricoter avec une magnifique gitane pendant que son épouse s’envoie un chauffeur de taxi autochtone. Un double adultère qui se clôt par un triple meurtre des mains de la gitane en question. Ressuscité par un savant fou qui lui greffe la moitié du cerveau du taximan, Cole part à la recherche de la meurtrière, épaulé par sa femme métamorphosée en cyborg…
Bruce Campbell, coqueluche de Sam Raimi sous lequel il se fit un nom en incarnant le délirant Ash dans la trilogie des Evil Dead, réalise avec Man with the screaming brain son premier film. Adaptation d’un comic book qu’il a lui-même scénarisé, l’œuvre retrace le parcours en Bulgarie d’un magnat de la finance confronté à ses propres démons. Malgré un pitch en apparence jubilatoire, l’histoire montre pourtant assez rapidement ses limites. Campbell bourre son métrage de nombreux renvois à son univers propre (le personnage aux deux moitiés incontrôlables évoque les péripéties liées à la main d’Evil Dead 2) ainsi qu’à ceux des classiques horrifiques (l’opération à la Frankenstein, le cyborg façon Terminator), ce qui transforme l’ensemble en un gloubi-boulga ultra-référentiel souvent ennuyeux. A peine ressort-il de cet échafaudage bordélique quelques bonnes idées qui auraient mérité un peu plus de profondeur (quid de l’opposition entre capitalisme et communisme ?).
Mais, traitée en surface, cette péloche fauchée se cantonne à son statut de « nanar assumé » légitimant les joyeuses pitreries d’un héros bicéphale qui apprend à maîtriser ses pulsions propres ainsi que celles de son cohabitant corporel. Qu’il s’agisse de voler une voiture, de faire la manche ou de commander un repas au restaurant et les deux facettes de Docteur Cole et Mister Kloug se livrent une sévère bataille dictée par leurs intérêts propres et nourrie de leurs modes de vie respectifs. Quand tout les oppose, un but commun les réunit : liquider la romanichelle aux yeux azurés qui causa leur perte à tous les deux. Une tâche ardue (« t’es pas une meuf, t’es un ninja ou quoi ? », paroles
connues) pour laquelle les deux colocataires doivent unir leurs forces et leurs compétences. Témoin de leur lutte intestine, l’assistant du docteur responsable de leur état (Ivan Ivanovitch Ivanov) qui bénéficie de la tronche éminemment sympathique de Ted Raimi, frère du légendaire cinéaste et fidèle collaborateur de Campbell depuis le premier Evil Dead.
Zèderie assumée, Man with the screaming brain offre un pèlerinage pas très attrayant en terre bulgare. Le métrage, basé sur des potentialités pseudo-scientifiques volontairement échevelées, se pose comme un mélange bâtard entre livraisons science-fictionnelles bisseuses des 50’s et oeuvrette décomplexée et ne parvient jamais à décoller réellement. Du coup, quelques esquisses de sourires pointent assez rarement et justifient la vision de cette production monotone.
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