Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Un ancien marine et trois criminels sont déposés sur une île afin de participer à un jeu très particulier : ils serviront de gibier à quelques millionnaires en mal de sensations fortes. Mais l'île abrite une forme de vie inconnue, une créature à plusieurs têtes et dotée d'une force incroyable...
Actuellement super-tendance le dépoussiérage de créatures issues de la mythologie grecque antique abonde dans le milieu du film d’horreur de série B. Déjà à la base de Cerberus (qui mettait en scène, le plus légitimement du monde, le chien à trois gueules), Cinetel films ressuscite dans la foulée une autre bestiole pluricéphale mythique : l’Hydre de Lerne. Dotée de plusieurs têtes dont l’une est immortelle, l’Hydre constituait l’un des douze travaux d’Heraclès. Une mission pénible puisque lesdites têtes
se régénéraient doublement sitôt tranchées. Couvert d’une peau de lion et épaulé par Iolaos qui cautérisait les plaies et empêchaient ainsi la repousse, Hercule vint à bout du fabuleux animal en coupant la dernière tête et en l’enterrant sous un rocher.
Enseveli pour de bon, le reptile géant hante pourtant depuis une île déserte qui n’est recensée sur aucune carte (la version taiwanienne de Google maps excepté). Un lieu exceptionnel pour chasser en toute tranquillité, surtout quand le gibier en question est composé de repris de justice qui n’ont passé que quelques mois au trou alors que leurs crimes sont abominables (ou présentés comme tels). Désireux de venger leurs proches qui ont été les victimes de bandits à la petite semaine, des multimillionnaires vident leurs bourses (mais vous voyez le mal partout, ma parole !) pour accéder à cette chasse à l’homme qui promet d’être très réjouissante.
Jadis conté par Homère et plus récemment matérialisée par le magicien Ray Harryhausen dans Jason et les Argonautes (1963), la créature reparaît aujourd’hui sous des atours moins reluisants via des CGI peu soignés et incapables de faire illusion. Le réalisateur Andrew Prendergast, auteur de deux produits télévisuels assez moyens (Evil Elvis avec son tueur qui se réclame du King et Parasite avec son Leviathan aux dents acérées qui sème la panique sur une plate-forme pétrolifère), et son scénariste libèrent leurs pauvres connaissances mythologiques dans un récit « survival » monotone, sorte d’artefact à Wilderness auquel il emprunte l’essentiel de la ligne rouge (de petites frappes et un
seul impératif : la survie). Plus grave, réduits à de simples esquisses de personnages, seconds couteaux du cinoche et figurants télévisuels se disputent la palme de « l’acteur le moins investi » dans cette bande si approximative qu’elle en devient finalement attachante.
Hydra, The Lost island aura tout de même permis de revoir dans un contexte différent une créature mythologique habituellement confinée aux affrontements herculéens. Son quota d’apparitions drastiquement contrôlé par la production et son nombre de têtes régulé par les spécialistes d’effets Photoshop, la créature n’aura connu qu’une très courte heure de gloire. Sitôt déterrée, sitôt oubliée...
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