Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Un groupe d'adolescents fait la découverte qu'une multinationale teste sur des humains une toxine qui réanime les morts à des fins militaires.
Hybra-Tech, multinationale très proche d’Umbrella corporation, est une énorme compagnie qui touche à tout, de l’exploitation de vignobles à la construction d’igloos, de la fermentation du levain à la fabrication d’armes bactériologiques. Responsable de l’éradication des morts-vivants, Hybra-Tech continue pourtant en cachette ses expérimentations sur des humains avec le gaz Trioxyn-5, à l’origine du fléau zombiesque. Julien, Zeke et leurs amis, un groupuscules d’ados accros aux sensations fortes (comme sauter en moto sur un tremplin, waouw !) tentent d’enrayer l’épidémie...
Sorti en 1985, Le Retour des morts-vivants ouvre une voie dissidente aux classiques
zombiesques dont George Romero est devenu le maître incontesté avec son triptyque (La Nuit des morts-vivants, Dawn of the Dead et Le jour des morts-vivants). Les traînards silencieux romériens, sous l’impulsion de Dan O’Bannon, qui réajuste pour le coup un scénario écrit par John Russo au lendemain de Zombie, se transforment en sauvages surexcités doués d’intelligence et capables, de surcroît, de balbutier quelques phrases rudimentaires mais efficaces (« Cerveau !!! », « Plus de policiers !!! »). Depuis, la franchise a pris du plomb dans l’aile. Réduit à une vaste gonzolade pas drôle, le deuxième volet sent déjà le sapin. L’essai plus sérieux et abouti de Brian Yuzna, cinq ans plus tard, ne suffit pas à consolider une saga quelque peu bancale.
Ensommeillée depuis une bonne dizaine d’années, la franchise tente de faire peau neuve sous l’égide d’une boîte de prod’ roumaine et d’Ellory Elkayem, le réalisateur du consternant Arac attack, qui compte signer d’une pierre deux coups deux nouveaux tomes : Return of the living dead : Necropolis et Return of the living dead : Rave to the grave dans les mêmes installations et avec un casting presque inchangé. Moins potache que les deux premiers épisodes, Return of the living dead : Necropolis abandonne sur l’affiche tout signe d’appartenance à la saga et refuse une filiation dommageable pour la réputation du film. Evidée de ses lourdeurs censément humoristiques et de ses références pataudes, la franchise renaît sans la moindre identité. Rendu apatride (les States à Bucarest) et orphelin (seules quelques rares idées sont réutilisées comme la Trioxyne ou la demande zombiesque d’envoyer plus de gardes), le métrage se
contente d’être un produit sans âme qui compile sans conviction les clichés habituels : une bande de jeunes opprimés, une multinationale omnipotente, un produit hautement toxique qui fait renaître des tas de zombies affamés. En outre, William Butler et Aaron Strongoni, scénaristes désormais à la solde de Full Moon qui ont co-écrit Gingerdead man 2, injectent une poignée de militaires musclés, un scientifique véreux (incarné par Peter Coyote) et des morts-vivants high-tech, sortes de super soldats armés jusqu’aux dents jamais rassasiés.
Le retour des morts-vivants : Necropolis ne contient que de très maigres ressemblances avec ses aînés. D’épisode en épisode, l’esprit de la franchise s’étiole au profit de récits bavards et incolores qui contrastent complètement avec la visée première du métrage d’O’Bannon. Ennuyeux dès l’entrée, le métrage s’avère pourtant plus fun que son successeur...
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