Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Sam Flynn , informaticien émérite et fils de Kevin Flynn, part sur les traces de son père et se retrouve propulsé dans le monde virtuel, rempli de programmes inquiétants et de jeux de gladiateurs, où se trouve son père depuis 25 ans. En compagnie de la loyale confidente de Kevin, le père et le fils embarquent pour un voyage sans retour dans l’univers virtuel, qui est devenu bien plus moderne et dangereux que tout ce qu’ils avaient affronté jusque là.
On aimerait vous dire que cette suite du Tron de 1982 est une petite merveille. On aimerait vous dire que la
franchise est réussie, que Walt Disney Pictures et Joseph Kosinski nous tiennent la dragée numérique haute.
On aimerait.. mais malgré notre respect pour Mr Steven Lisberger, qui en son temps, avec les mêmes studios,
s’est commercialement planté en se tenant à l’avant-garde expérimentale de l’utilisation de l’ordinateur, pour élaborer
un film qui est devenu avec le temps aussi culte que kitch, cette nouvelle version, qui surfe sur la vague 3D très en
vogue aujourd’hui, n’a hélas pas d’autre pertinence que de moderniser l’esthétique minimaliste du modèle original.
En clair, cantonné à la dimension visuelle plutôt restrictive de son aîné, Tron : L’Héritage, au lieu de se distinguer en
nous offrant l’élaboration d’une intrigue à part entière, reprend à quelque chose près exactement la même trame
scénaristique et les mêmes idées, auxquelles il met un gros coup de polish technologique, et qu’il sous-poudre de
quelques variantes. C’est donc reparti pour le même tour de manège, avec Daft Punk pour la musique : un laser high
tech sert de porte entre le monde réel et une grille virtuelle. Une fois que le concepteur se trouve piégé dans cette grille,
il évolue au milieu de programmes, prend conscience que cette création informatique est totalitaire, et ne pense plus
qu’à se sortir de ce mauvais pas. En 1982, Kevin Flynn (Jeff Bridges) était seul. En 2011, c’est en famille que cela se passe,
puisque Sam Flynn (Garett Hedlund) et Clu (Jeff Bridges en images de synthèse) lui font respectivement office de fils biologique,
et de fils informatique, façon Abel et Caen. Le programme Tron, quant à lui, vestige éponyme du film de Lisberger, rode dans
les ombres de cette "suite" dont le seul ovni est l’interprétation
jubilatoire de Michael Sheen dans le rôle de Castor/Zuse (sorte
de clone du Mérovingien de Matrix) ; "suite" qui en définitive prend des accents épouvantablement biblique, pour se clore en
clonant Star Wars.
Ni remake ni suite, mais le bâtard des deux, Tron : l’héritage tronque un testament conceptuel qui manifestement l’handicape plus qu’autre chose, et n’a manifestement de valeur cinématographique que celle que lui confère le statut culte du Tron de 1982. Mais l’héritage n’est pas dans ce feu d’artifice en 3D. L’héritage, c’est plutôt du côté des Star Wars (seconde génération), Matrix, Avatar et consorts qu’il faut le chercher. Et le khôl qui entoure les splendides yeux d’Olivia Wilde n’y peut rien changer.
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