Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Un homme a été élevé à l’orphelinat où il a servi en tant que fermier ninja. Devenu l’un des plus grands assassins de la planète, il a été transformé au fil des années en machine à tuer par le Clan Ozunu, une organisation que beaucoup considèrent comme un mythe. Hanté par les carnages du Clan, il tente de fuir et de se faire une place dans le monde moderne.
Par Dante
James McTeigue est l’un de ses obscurs artisans du septième art, mercenaire de la bobine au service des producteurs, mais parfois animé par un amour sincère du cinéma. Protégé de la machine Wachowski et soldat de l’écurie Joel Silver, Mr McTeigue a commencé par l’exercice risqué de l’adaptation d’un monument du comics : V pour Vendetta. Accueil mitigé pour un film bourré de qualités. McTeigue enchaîne alors des choix de carrière hasardeux, devenant l’homme qui a massacré la version des Profanateurs de sépultures
d’Oliver Hirschbiegel et le réalisateur de la seconde équipe du mal-aimé Speed Racer. Il a également été assistant sur la trilogie Matrix et Star Wars épisode 2. Bizarrement, le sieur abandonne un temps la SF pour livrer ce Ninja Assassin.
Les ninjas font partie de l’univers fantasmé qu’ont les occidentaux de l’orient. Ces êtres tout de noir vêtus, virevoltant dans les airs et courant sur les murs pour mieux tuer leurs proies ont connu leurs heures de gloire dans les productions asiatiques qui s’exportaient au compte goutte en Europe. Puis les modes passant, les ninjas ont disparu des écrans. Leur dernière apparition en public, aussi courte que redoutable, date du Dernier Samourai d’Edward Zwick. L’occasion était trop belle et James McTeigue décide de réaliser une honnête série B, rendant leurs titres de noblesse à ces fameux combattants de l’ombre.
Série B parce que Ninja Assassin ne peut pas se targuer d’être autre chose. Petite production internationale, bénéficiant d’une sortie française quasi confidentielle, portée par des acteurs inconnus et sans vraiment de buzz commercial. Ninja Assassin a tout de la petite péloche d’action correctement emballée, suffisamment pour satisfaire les fans du genre en tout cas. Car la plus grande force du métrage, c’est sa volonté d’assumer son statut et le jusqu’au-boutisme qui en découle. Oubliez les combats inoffensifs de Blood the last vampire, ici le sang est en CGI mais coule abondamment, et les membres volent dans tous les sens. Dès la scène d’ouverture, le ton est donné : les sabres tranchent, les shurikens déchiquètent et les bad guys n’ont que très peu de temps à vivre. Devant une violence aussi graphique, héritée quelque part des frères Wachowski, les amateurs d’action ne pourront que se réjouir.
Mais malgré sa courte durée, McTeigue a visiblement voulu un peu plus, mettant en scène un scénario faussement ficelé, qui ne trouve son sens qu’à une demi-heure de la fin. Même si on peut se réjouir de suivre en parallèle la formation de ces fameux ninjas, les motivations du héros et son utilité restent très floues. Peu importe me direz-vous, c’est un film
d’action. En effet, mais quand la pseudo enquête policière, doublée d’un complot international, prend le pas sur les combats, le métrage devient rapidement soporifique. Heureusement, les dernières vingt minutes sont réservées à des combats ultra-violents et pas avares en hémoglobine, on y oublie toutes notions scénaristiques et on tranche à tout va.
Côté graphique, on peut apprécier l’effort de McTeigue qui essaie de garder une certaine lisibilité dans les combats, ne sacrifiant pas l’efficacité sur l’autel de la shaky cam. On peut également apprécier les essais de lumière qui font des ninjas des créatures de l’ombre et rendent leurs combats irréels. Le métrage est bien sûr fortement empreint de la patte des frères Wachowski, ce qui tend à tirer vers le haut cette bande qui, dans les mains d’un autre, n’aurait été qu’un énième film d’action shooté en Roumanie.
McTeigue ne se contente donc pas d’emballer une série B d’action mais apporte du soin à quelques détails qui font de ce Ninja Assassin un divertissement de choix pour ceux qui ne craigne pas le sang CGI et qui savent mettre leur cerveau en veilleuse le temps d’un film.
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