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X-Men : Le Commencement nous entraîne aux origines de la saga X-Men, révélant une histoire secrète autour des événements majeurs du XXe siècle. Avant que les mutants n’aient révélé leur existence au monde, et avant que Charles Xavier et Erik Lehnsherr ne deviennent le Professeur X et Magneto, ils n’étaient encore que deux jeunes hommes découvrant leurs pouvoirs pour la première fois. Avant de devenir les pires ennemis, ils étaient encore amis, travaillaient avec d’autres mutants pour empêcher la destruction du monde, l’Armageddon. Au cours de cette opération, le conflit naissant entre les deux hommes s’accentua, et la guerre éternelle entre la Confrérie de Magneto et les X-Men du Professeur X éclata…
En 2000, avec la transposition de l’univers choral des X-men, Bryan Singer est loin de se douter qu’il enclenche une mécanique super-héroïque dont vont s’emparer toutes les majors américaines. Spider-man et sa trilogie bientôt suivie d’un reboot. Superman, son retour et son re-retour. Batman et sa trilogie dantesque signée Christopher Nolan. Captain America et son drapeau flambant neuf. Hulk et ses deux adaptations à rendre verts tous les amateurs. Iron man ressuscité par Jon Favreau. Thor aux allures d’Hamlet par le shakespearien Brannagh. Daredevil et son spin-off Elektra. Les quatre fantastiques et leurs aventures lourdaudes. Le nanar Catwoman (Pitof président !). Le revival Punisher. Jumper, avatar déguisé et cool du Marsupilami. Sans oublier l’explosion
promise par le futur The avengers. Et la Toile de se voir engloutie par les teasers, trailers et photos exclusives, les majors de voir leur chiffre d’affaires exploser devant l’afflux de spectateurs qui se pressent pour se pâmer devant les super-pouvoirs d’encagoulés en lycra (ou en latex, c’est selon) et de capés notoires qui, irrémédiablement, bénéficient d’une humanisation d’influence psychanalytique. En proie au doute face aux pouvoirs dont ils sont affublés, les super-héros tombent le masque et dévoilent une psychologie souvent fragile, effritée par des traumas tenaces.
Recyclée à l’envi, la recette cartonne. La déferlante ne s’enraye jamais : rien que cette année, Green lantern, Captain America, Thor et X-men : le commencement passeront par les écrans hexgaonaux, tandis que 2012 s’apprête déjà à accueillir pas moins de quatre nouveaux blockbusters super-héroïques. Matthew Vaughn, décortiqueur du genre via son adaptation du comics Kick-Ass, préconise l’atomisation du genre. "C’est la fin des films de super-héros, ils sont destinés à mourir."
Rattaché un temps au troisième volet de la saga X-men, le réalisateur britannique jette l’éponge à cause du trop court délai accordé par le studio pour terminer le film. Le projet échoira dans les mains de Brett Ratner avec les conséquences que l’on connaît : un échec critique total compensé par des bénéfices pharaoniques, au point que X-men, L’affrontement final aura été l’épisode le plus lucratif de la saga. L’univers complexe tissé par Stan Lee et Jack Kirby semble intarissable : des spin-offs sont annoncés (pour Wolverine, Magneto)
tandis que l’idée d’une préquelle fait son chemin. X-men : first class, inspiré des comics Uncanny X-Men (1963) et X-Men : First Class (2006), vole en plein dans la quête de psyché des personnages qui composent l’univers des mutants. Y seront notamment abordées les origines de la relation entre Charles Xavier et Erik Lehnsherr avant qu’ils ne deviennent le Professeur X et Magneto.
Le script empiète donc déjà sur les plates-bandes du futur spin-off consacré à Magneto, leader charismatique du mouvement de contestation anti-humains. Les films se chevauchent, les sous-intrigues s’entrecroisent, la mythologie X-men s’empâte au fil des multiples adaptations. A l’image de la genèse de ce volet-ci, plutôt chaotique. Confiée à Josh Schwartz, l’écriture du script débouche sur un premier traitement, jeté aux ordures par Bryan Singer fraîchement échu sur le projet. La franchise est sur le point de se voir dotée de vraies origines chapeautées par le créateur du phénomène qui retravaille le scénario avec Jamie Moss (Au bout de la nuit). Pourtant, le fantasme des aficionados ne sera que de courte durée : rappelé par Warner pour commencer le tournage de Jack and the giant killer, Singer bascule dans le siège de producteur et cède sa place à Matthew Vaughn. L’histoire se répète pour le so-british-in-vogue, qui avait refusé de réaliser le troisième volet pour des raisons de contraintes temporelles, puisque les producteurs ne lui accordent qu’une seule année pour boucler son film alors que le traitement scénaristique n’est pas encore terminé. A partir du premier
jet de Singer, Zack Stentz et Ashley Miller (Thor), aidés par Jane Goldman (la complice de Vaughn sur Kick-Ass), ponctuent à la hâte le scénario du film, amputé en cours de route de quelques pages à cause de la sortie d’un certain Inception (un combat télépathique entre Xavier et Magneto est supprimé du script).
S’apprêtant à envahir la toile immaculée des salles françaises, les héros en herbe de l’univers X-men auront fort à faire pour faire oublier la gaudriole de Brett Ratner et le mi-figue mi-raisin Wolverine. L’occasion est donnée à Matthew Vaughn de porter à l’écran son adaptation super-héroïque ("Il ne reste plus beaucoup d’opportunités de faire un film de super-héros à gros budget" déclarait-il pour justifier son opportunisme) et de prouver à la planète Hollywood que son geek power est loin d’être écorné.
LE TRAILER
Alors que les membres des Vengeurs tentent tant bien que mal d’exister sur grand écran, les X-men s’offrent une cure de jouvence des plus rafraîchissantes, sous la direction de l’excellent Matthew Vaughn (Kick-ass), expulsé à l’époque de X-Men l’affrontement final au profit d’un certain Brett Ratner. Un retour aux origines bien pensé pour coller aux films de Bryan Singer qui co-signe d’ailleurs le scénario et intervient au niveau de la production.
X-Men first class remonte dans les années 60, en pleine apogée de la guerre froide. C’est à cette époque que Charles Xavier, un jeune et puissant télépathe allié à la métamorphe Mystique, rentre en contact avec d’autres mutants grâce à la CIA, et décide de leur venir en aide. C’est ainsi qu’il rencontre Erik Lehnsherr, un mutant aux pouvoirs phénoménaux qui n’a pour seul but que de retrouver et tuer le Dr Schmidt, qu’il accuse d’avoir fait de lui un monstre. Bientôt rejoints par d’autres mutants (Le Fauve, Angel, Havok, Le Hurleur, Darwin), les deux hommes vont tenter de contrer les plans du manipulateur Sebastian Shaw, un puissant mutant capable d’absorber et de transformer toute source d’énergie en force surhumaine…
La grande force de cette préquelle est de mêler les mutants à certains grands évènements ayant bouleversé le Monde. Des camps d’exterminations en Pologne (la scène d’ouverture du premier X-Men est ici admirablement prolongée), à la politique de Kennedy en passant par la crise des missiles de Cuba, le script fait la part belle à l’Histoire avec un grand H. Le côté humain des mutants est ici la priorité, ce qui rend chacun d’entre eux unique. Ainsi, la dramaturgie primant sur les effets spéciaux, chaque scène d’action devient réellement palpitante et chaque personnage (à l’exception d’Azazel et de Riptide, quelque peu en retrait) trouve dans le film de Vaughn une caractérisation propre, lui permettant d’exister et d’évoluer de bien belle manière au sein de ce film choral extraordinaire. Évidemment, la relation fratricide entre Xavier et Erik est la pierre angulaire de cet opus, relation rendue d’autant plus intense grâce aux impeccables prestations des formidables James McAvoy (Wanted) et Michael Fassbender (Eden Lake, Inglourious basterds). Mais le reste du casting n’est pas en reste : épinglons en vrac une Jennifer Lawrence (Winter’s bone) parfaite en Mystique emplie de ressentiment, un Kevin Bacon en grande forme et charismatique à souhait dans la peau de Sebastian Shaw ou encore la plantureuse January Jones (Trois enterrements, la série Mad Men) dans la peau de la sexy Emma Frost. Des passages intimistes aux scènes d’action, on ne s’ennuie pas une seconde devant les raisonnements et les affrontements de ces jeunes X-Men plein d’avenir, et ce quel que soit le camp qu’ils rejoignent au final.

X-Men first class affiche une maturité et une intelligence que nombre de films de super-héros feraient bien d’adopter. En étoffant presque chacun de leur personnage d’une aura unique et solide, l’association Bryan Singer/Matthew Vaughn fait plus que des merveilles. Les personnages existent, les enjeux pullulent, les scènes d’action restent perpétuellement limpide et la musique, signée Henry Jackman (Monstres contre Aliens, Kick-ass) s’accorde parfaitement aux images (au point qu’on l’oublie parfois, un bon signe). Trépidant et intelligent, X-Men first class s’impose tout simplement comme l’un des meilleurs opus de la saga X-Men !
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Ce film est tout simplement le meilleur film de la saga
On espère qu’il sera le point de départ d’une nouvelle trilogie tant il nous fait oublier les précédents opus et est plus respectueux de l’univers des comics
Enfin un film de super-héros intelligent et avec un minimum de maturité et la critique est en adéquation avec ce qui nous est présenté à l’écran