Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Installé depuis peu avec ses parents dans un nouveau quartier, Willy, un jeune garçon solitaire et craintif, voit son existence transformée lorsque son ourson Gooby prend vie et se manifeste à lui sous la forme d'une peluche géante.
Wilson Coneybeare, téléaste réputé notamment pour avoir créé, scénarisé, produit et mis en scène deux séries de dessins animés (les « funs » Monster warriors et les « éducatifs » Timeblazers), fait incontestablement partie de cette vague néo-parentale qui préfère les félicitations aux sanctions et la plasticine à la discipline. Dès lors, pour remédier aux terreurs nocturnes de son marmot de sept ans (plutôt que de le rassurer), le gentil papa méga créatif décide de coucher sur pellicule une histoire inventée de toutes pièces par ses soins, dans laquelle un enfant est épaulé par son ours
en peluche, mystérieusement animé du souffle de vie. Mais, pour retranscrire un tel fantasme, Coneybeare ne doit compter que sur ses propres fonds, ce qui le contraint à reléguer le projet dans le fond d’un de ses tiroirs.
Gooby attendra patiemment l’acculement de son créateur. Devant l’étonnante croissance de son fils qui a déjà atteint la fin de l’enfance, Coneybeare ressort l’histoire de l’ours en peluche, se fabrique un casting idéal et envoie missives sur missives afin de prendre la température. Visiblement séduits par cette fable un brin naïve, une pléiade de figures connues acceptent de participer au délire du cinéaste : Robbie Coltrane (le Hagrid de la franchise Harry Potter et Mr Hyde dans Van Helsing) prête sa voix au nounours de deux mètres, tandis que le jeune Willy, héros du film, se voit interprété par Matthew Knight (The Grudge 2) et que son professeur, l’ignoble Mr Nerdlinger, est campé par Eugène Levy, acteur-phare de la très longue saga des American Pie.
Flanqué d’un casting attrayant, Gooby conte donc la mutation d’un jeune enfant en adolescent dans un contexte difficile. Suite au déménagement imposé par ses parents, Willy doit retrouver des repères, aussi bien dans sa nouvelle maison qu’à l’école, peuplée des habituels stéréotypes (le rondouillard qui use de sa colossale stature pour racketter les petits, le mec cool aux cheveux gominés, le personnel éducatif résumé à une seule figure), que ne lui fournissent pas des parents trop aspirés par leur propre existence pour s’intéresser à leur rejeton pleurnichard, effrayé par la moindre ombre du placard de sa chambre. L’apparition de Gooby, ours de peluche jadis mis au
panier par l’enfant qui juge être trop grand pour ces niaiseries, coïncide avec l’égaiement d’une histoire jusqu’alors foncièrement déceptive. L’énorme ursidé rembourré, enrubanné dans une écharpe bicolore, bariole la vie de Willy, en même temps qu’il nappe d’un parfum rose bonbon un script qui fonce tête baissée vers les traditionnels bons sentiments propres à toutes les bandes familiales. Et la monotonie de séquences concons formatées pour asséner une ultime moralisation à un public lobotomisé par des lobbys prémâchés d’en réduire considérablement l’intérêt, malgré quelques morceaux plutôt efficaces (l’arrivée de Gooby, le saut par-dessus les voitures évoque le passage lunaire d’Elliott dans ET).
Gooby, gonflé de sentiments cannelle jusqu’à l’overdose, déverse avec force et assurance une morale lourdingue que le cinéaste prend plaisir à souligner à plusieurs reprises. « On a réellement peur de ce qu’on ne connaît pas » récitent, au gré des situations, Papa, Maman, l’Ours jusqu’à la prise de conscience du héros, qui concorde étrangement avec le final de l’œuvre. Si ça c’est pas de la précision chronométrique…
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un sentimentalisme ecoeurant, un film simpliste qui prend les enfants pour des abrutis. Domage.