Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire...
On le sait, The Tree of life est la Palme d’or du dernier Festival de Cannes, mais c’est avant tout le nouveau film de Terrence Malick, cinéaste aussi mystérieux qu’adulé, parfois comparé au grand Kubrick, qui nous a précédemment offert quatre œuvres magnifiques, presque à chaque fois des chefs d’œuvre répondant aux titres de Badlands, Les moissons du ciel, La ligne rouge et Le nouveau monde. C’est dire si The Tree of life, projet que l’homme porte en lui depuis plus de 30 ans, était attendu au tournant. Hélas, le tournant est plus que serré, car on déchante très vite devant cette tentative de grand film sur les origines de la vie sur Terre.
The Tree of life est indéniablement le type de film qui se vit plutôt qu’il ne se décrit. Il y est question d’un trauma au sein d’une famille (la perte d’un enfant) où le père exerce une autorité stricte sur ses enfants ainsi que de l’origine de la vie, le tout sous forme de longue prière adressée au Tout-puissant. Il y a ainsi deux parties entremêlées au sein du film : celle qui revient sur divers évènements vécus par cette famille, avec en son centre le personnage de Jack (joué par Sean Penn dans sa version adulte) et celle, nettement moins passionnante, où le cinéaste accumule des plans contemplatifs sur la Création (images stellaires, lave en fusion, organismes vivants, et même des dinosaures !). Pour peu, on se croirait dans un documentaire de Yann Arthus-Bertrand ! Mais non, on est bien chez Malick. Son goût pour les images contemplatives n’est pas neuf et ici, il semble qu’il ait ici voulu faire son grand film sur les origines de la vie, son 2001, l’Odyssée de l’espace. Mais Malick en fait de trop et se perd dans ces images ostentatoires. On comprend très vite où il veut en venir et pourtant, ça dure encore et encore, les scènes se répètent inlassablement, et le film s’étire jusqu’à n’en plus finir. 2h20 d’un trip mystico-poético-existentiel où la narration passe quasi-exclusivement par voix off, voilà de quoi est fait The tree of life. Alors oui, bien sûr, Malick est un metteur en scène audacieux, ses plans sont magnifiques, les comédiens parfaits et le cinéaste parvient même à décrire très justement certains évènements survenant dans notre vie et qui de manière certaine façonnent notre personnalité. Mais nom de Dieu,
qu’est-ce qu’on s’emmerde !!
The Tree of life est typiquement le genre de film qui divise. Il n’est d’ailleurs pas étonnant de le voir remporter le prix suprême cette année à Cannes, festival qui aime récompenser les œuvres décriées (Pulp fiction ou plus récemment Antichrist). Hormis sa beauté plastique, sa mise en scène envolée et ses interprètes formidables, Malick semble cette fois s’être perdu dans ses images contemplatives. Certains crieront une fois de plus au génie, mais beaucoup resteront circonspect face à cet Arbre de vie aussi gigantesque que difficilement accessible.
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