Critique de film

Luster

"Luster"
affiche du film

Thomas Luster est un homme d'affaire marié de Los Angeles perturbé qui tente de donner un sens à une vie dont le contrôle lui échappe au profit d'une force plus proche de lui qu'il ne pensait à première vue. Lorsqu'il se rend compte que l'homme oeuvrant contre lui est une autre facette de sa propre personnalité, il est forcé de se battre contre son manipulateur alter-ego, alors que la folie, le chaos et le meurtre se combinent pour entraîner Luster dans l'aventure la plus bizarre et la plus terrifiante de sa vie.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Luster - 7 à la Mason
Par : Quentin Meignant
Tags : Psychologique, BIFFF 2011

Grand habitué du BIFFF, Adam Mason, le réalisateur de séries B, voire Z, qui captive désormais bien souvent l’Amérique avant d’en faire le même avec le Monde entier, est revenu lors de l’édition 2011 avec Luster, son dernier-né. Fort de l’expérience acquise lors de ses trois derniers longs-métrages, le cinéaste entendait bien asseoir définitivement sa réputation de « bon faiseur » malgré un budget une nouvelle fois plutôt faiblard. Luster suit le Thomas du même nom, un homme d’affaire de Los Angeles, marié, et extrêmement perturbé qui tente de donner un sens à une vie dont le contrôle lui échappe au profit d’une force plus proche de lui qu’il ne pensait à première vue. Lorsqu’il se rend compte que l’homme oeuvrant contre lui est une autre facette de sa propre personnalité, il est forcé de se battre contre son manipulateur alter-ego, alors que la folie, le chaos et le meurtre se combinent pour entraîner Luster dans l’aventure la plus bizarre et la plus terrifiante de sa vie.

S’attaquant, dès son pitch à la schizophrénie, Luster procède malheureusement d’emblée de manière extrêmement maladroite. Premièrement, en annonçant dès l’entame le sujet abordé (ce qui nous change néanmoins des nombreuses bandes à succès de ces derniers temps qui procédaient à des pseudo-pitch ridicules), mais aussi pas le biais d’une voix off tout simplement imbuvable représentant un animateur radio clouant au pilori toutes les tares de la société américaine. Certes, cet élément aurait pu sembler passable dans le but d’une critique sociétale, mais nullement dans le développement de la schizophrénie du héros, victime du battage d’une vedette névrosée.

Qu’à cela ne tienne, malgré une exposition très longue et mal développée, Luster ne tarde pas à livrer les secrets du cinéma d’Adam Mason, celui d’une action efficace au service d’un personnage aussi antipathique qu’il n’est attachant et d’une intrigue certes surfaite mais néanmoins bougrement rythmée. Dès lors, le spectateur ne peut que se plaire à découvrir les aventures et les méfaits d’un personnage brillamment interprété par Andrew Howard, qui, par ailleurs, peut compter sur des seconds rôles de choix tels que Ian Duncan ou Matthew Rhys.

Sans pouvoir se targuer d’être une œuvre totalement acceptable (le film compte au minimum 30 minutes de trop, ce qui peut paraître énorme), Luster constitue un ensemble appréciable. Adam Mason ne propose certes pas le film qui aurait fait de lui une valeur sûre de la série B américaine mais s’en sort néanmoins avec les honneurs, notamment grâce à un casting de choix et une seconde partie bien plus convaincante.


Critique de Luster - Jekyll & Hyde nouveau style
Par : Fred Pizzoferrato

Mine de rien et avec discrétion, Adam Mason creuse son nid dans le domaine du cinéma de genre en proposant, quasiment chaque année, un thriller ou un film d’horreur à petit budget. Né à Cambridge en 1975, Mason tourne près d’une centaine de vidéoclips et se fait également la main via le court métrage. Au début des années 2000, le cinéaste se lance dans l’aventure du long métrage avec The 13th sign puis Dust mais ce sera son troisième essai, Broken, qui attirera l’attention du public et des fameux producteurs Weinstein. Ensuite, Mason prend sa vitesse de croisière et enchaine les titres : Devil’s chair, Blood river et Pig.

Avec Luster, le cinéaste varie les plaisirs et s’éloigne de l’horreur pure pour privilégier l’humour au sein d’un thriller sarcastique inspiré par le mythe de Jekyll & Hyde. Le résultat, pas désagréable, s’apparente malheureusement à un épisode de série télé dans le style de « La Quatrième dimension » fortement tiré en longueur. Thomas Luster est un type sans histoire mais actuellement dans une relative mauvaise passe. Son entreprise fonctionne mal, son voisin Travis, ancien acteur has been, semble attiré par son épouse Jennifer et il souffre d’insomnie. Le seul véritable ami de Luster est un clochard nommé Les qui tente de l’aider en lui offrant des somnifères. Après une bonne nuit de sommeil, notre homme, enfin reposé, trouve pourtant une note manuscrite lui intimant de cesser de prendre les cachets. Paniqué, Luster installe un système de vidéosurveillance sophistiqué et sombre dans une peur paranoïaque…cependant il doit se rendre à l’évidence et admettre que l’inconnu menaçant n’est autre que… lui-même.

Classique, Luster dévoile rapidement le « côté sombre » de son personnage principal, choisissant, contrairement par exemple à Fight club, de révéler sans détour la réalité concernant le mystérieux personnage venant pourrir l’existence de Luster. Une fois l’identité de l’intrus établie, le métrage se transforme en un combat acharné entre la « bonne » et la « mauvaise » facette du « héros », lequel tente par tous les moyens de renvoyer son « Mr Hyde » personnel au néant. Jouant la carte de l’atmosphère pour générer une angoisse saupoudrée d’humour cynique, Luster développe par conséquent une intrigue prévisible, le « maléfique » Luster répondant à tous les clichés possibles en dépit d’une performance convaincante de la part d’Andrew Howard. Malheureusement, en dépit de l’une ou l’autre scène intéressante, Adam Mason emmène le spectateur sur un chemin déjà balisé et sans surprise qui aboutit à un final certes amoral et bienvenu mais aussi décevant par son refus de réellement conclure l’intrigue. La mise en scène, impersonnelle, rappelle, pour sa part, les téléfilms audacieux de seconde partie de soirée (à la manière des « mythiques » Hollywood Night) et peine à élever le sujet, lequel aurait sans doute mérité une approche plus frontale concernant le sexe, la violence et l’humour. Timoré, Mason ne prend jamais son scénario à bras le corps et manque de mordant pour maintenir l’intérêt une fois l’intrigue sur ses rails très linéaires.

Beaucoup trop longuet et prévisible pour véritablement passionner le spectateur, Luster reste toutefois un divertissement plaisant mais qui, hélas, ne s’élève jamais au-dessus d’une honnête moyenne.


Commentaires sur le film

2 etoiles

A nouveau, Mason rejoue le jeu du psycho-killer dérangé, les paysages désertiques en moins. Décevant !

6 août 2011 à 21:08 | Par Damien Taymans

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