Critique de film

Planète 51

"Planet 51"
affiche du film

Tout est normal sur la Planète 51. Le ciel est bleu, les habitants sont vert pomme et tout y est rond. Dans les salles de cinéma, "L’attaque de l’humain" fait un carton. Aux JT, les journalistes répètent en agitant leurs huit doigts que l’humain est un monstre extragalactique, une créature même pas verte qui rêve de les envahir. A part ça, tout est normal. Lorsque Chuck, un astronaute aussi futé qu’une huître, déboule de sa fusée pour planter le drapeau américain comme si toutes les caméras du système solaire étaient braquées sur lui, la Planète 51 bascule dans la terreur. Une invasion terrienne, tous aux abris ! L’armée débarque avec ses tanks (ronds), ses hélicos (absolument ronds), ses jeeps (définitivement rondes) pour capturer le monstre (nettement moins rond). Soupçonnant qu’il n’est pas aussi bienvenu que prévu, Chuck se carapate. Réfugié dans le planétarium du coin, il fait la connaissance de Lem. Un ado tout ce qu’il y a de charmant, avec des antennes jaunes, un régime de bananes mal coiffé sur le crâne. Et une sacrée dose de curiosité. Malgré toutes les mises en garde qu’il a reçues à propos des humains, Lem vient en aide à Chuck...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Planète 51 - Dans la lignée de Pixar
Par : Damien Taymans

Le calme plat règne sur la planète 51. Ses habitants se dorent la pilule sous le soleil, vaquent à leurs occupations tandis que leurs enfants dévorent chaque nouveau film de science-fiction dans le cinéma de quartier. Des films envisageant une invasion de la planète par d’énormes monstres venus de l’espace fortement déconseillés par les parents. Seul Skiff, adulescent gavé de comics, est assez illuminé pour croire en une autre forme de vie qui pourrait envahir la planète 51. Pourtant, lorsque Chuck Backer, astronaute balourd et paumé, débarque sur le sol extraterrestre et y plante le drapeau américain, les autochtones changent d’opinion et commencent à craindre pour leur propre vie…

En 2009, Dreamworks offrait un sympathique hommage aux productions de science-fiction et films de monstres avec Monstres contre aliens quand, de son côté, la Fox exploitait un filon assez proche avec Les zintrus qui alliait pour sa part personnages réels et créatures animées. Deux tentatives auxquelles Planète 51, première réalisation du transfuge du jeu vidéo (la saga Commando) Jorge Blanco n’a rien à envier. Loin s’en faut. Le métrage conjugue avec brio des personnages opposés par l’esthétisme (les rotondités lisses du visage des extraterrestres et la finesse des traits du faciès pourtant grossier de Chuck) et parvient à marier les courbes futuristes de l’architecture avec un mode de vie foncièrement rétro. C’est que la terre de Lem et ses amis accuse un décalage horaire d’une soixantaine d’années par rapport à la planète bleue dont vient Chuck.

Restés coincés dans une sorte de Pleasantville, les autochtones font griller des steaks sur des barbecues devant leur villa de banlieue, tandis que leurs enfants gambadent joyeusement dans les jardinets ou scrutent les programmes en noir et blanc sur leur téléviseur pendant que leurs aînés emmènent leurs conquêtes dans les drive-in du coin pour y rouler des mécaniques devant le nouveau film de monstre à la mode. Prenant comme toile de fond cet âge d’un autre temps prompt à réactiver les nostalgies, Planète 51 exploite efficacement le climat de paranoïa qui régnait aux Etats-Unis à l’époque en faisant de ses personnages des artefacts aliens des citoyens américains des 50’s. Affables et hospitaliers, ceux-ci revoient leur sens de l’accueil de A à Z sitôt qu’ils sont confrontés à l’inconnu, gavés qu’ils sont de la représentation machiavélique de "l’envahisseur" que leur renvoient les films à sensation qui inondent leurs cinémas.

Planète 51, outsider du ciné d’animation dominé de la tête et des épaules par les géants Pixar et Dreamworks, évite l’écueil de la parodie filée et ne distille ses nombreux clins d’oeil aux fleurons du genre science-fictionnel (le cabot à la trogne d’Alien, les renvois à Star wars et autres ET) que parcimonieusement au sein de son intrigue haletante.


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