Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Mrs. Sethi est une veuve qui ne peut supporter l’idée que sa fille soit seule et malheureuse. Bien sûr, celle-ci est un peu ronde et opiniâtre, mais elle ferait néanmoins une bonne épouse si seulement on lui accordait cette chance. Outrée par toutes ces familles qui répugnent à cette idée, cette mère attentionnée décide de prendre les choses en mains et commence à trucider son entourage, ne se sentant nullement coupable de ses crimes jusqu’au moment où les esprits de ses victimes se manifestent, car ces dernières ne pourront trouver le repos qu’une fois que leur assassin sera puni. Mrs. Sethi n’est nullement opposée à se suicider, ce qui lui permettrait de revoir enfin son défunt époux, mais comment pourrait-elle le faire tant que sa fille n’est pas mariée ? Les esprits réalisent qu’en aidant Mrs. Sethi à trouver un époux pour sa fille, avant que la police ne l’attrape, est l’unique moyen d’avoir une chance de connaître les félicités de l’au-delà...
Etrangement présenté dans la Compétition Méliès durant le BIFFF 2011, It’s a Wonderful Afterlife ne faisait pas
vraiment partie des favoris auprès des festivaliers, et pour cause, sa réalisatrice, Gurinder Chadha, avait signé voici quelques années Joue-la comme Beckham, une comédie à mille lieues des préoccupations fantasticophiles. Néanmoins, It’s a Wonderful Afterlife, avait de quoi plaire à un public éclectique puisqu’il s’agit d’une comédie fantastique, bercée des cultures anglaises et indiennes. Le métrage prend place dans Little India, un quartier de Londres où des meurtres inexplicables se multiplient avec une imagerie on ne peut plus culinaire : brochette à kebab plantée au milieu du front ou encore dégustation de curry vraiment trop épicé trop épicé, les décès s’avèrent particulièrement mystérieux. Pour résoudre l’affaire dans cette communauté particulièrement fermée, la police de Londres envoie Murthy, un jeune homme qui a grandi dans le quartier et qui y a gardé de nombreux contacts. Parmi ceux-ci figure Roopi Sethi, une jeune fille très ronde qui ne trouve pas de mari à cause de son surpoids. Et si celui-ci n’était pas totalement étranger à tous ces meurtres culinaires ?
Si le cinéma indien (ou à influences indiennes), plus communément appelé Bollywoodien, avait très souvent habitué le spectateur à un spectacle culturel déroutant, multipliant les danses et les chants en tous genre, et réduisant de ce fait pas mal l’intérêt des films, Gurinder Chadha permet à It’s a Wonderful Afterlife d’exister de manière internationale. En effet, le métrage, oscillant entre culture indienne et culture anglaise ne paraît jamais fermé à toute concession pouvant permettre une ouverture plus importante vers l’Occident. Dès lors, à la manière de Joue-la comme Beckham, la cinéaste livre un spectacle grand public attrayant et sans prétention.
Débutant avec une certaine dose de bonne humeur, le film ne se départit jamais réellement de celle-ci, enchaînant les situations cocasses et les bons mots. A ce titre, et à l’inverse de bon nombre de comédies fantastiques du même genre, It’s a Wonderful Afterlife excelle au niveau des dialogues. Ceux-ci renforçant un comique de situation omniprésent, la sympathie de l’œuvre (à défaut de la drôlerie diront certains) est à son comble dans une seconde partie réellement joviale et légère.
Dès, même si le casting prouve souvent ses limites (on se croirait parfois devant un téléfilm amateur), It’s a Wonderful Afterlife s’affirme, dans l’ensemble de son déroulement, comme une œuvre délassante et amusante. Gurinder Chadha n’a donc pas manqué son passage par le cinéma fantastique, passage effectué sans aucune prétention mais qui lui permettra sans doute de remettre le couvert dans les années à venir.
Après une carrière de reporter puis de documentariste pour le compte de la chaîne nationale BBC, Chadha Gurinder, la plus indienne des citoyennes britanniques, passe à la réalisation de longs métrages de fictions et connaît le succès, critique et public, avec Joue-la comme Beckham. C’est précisément l’une des scènes (celle du mariage) de son film-phare, répertorié dans une émission consacrée aux 100 plus grands films familiaux, que la réalisatrice envisage de ré-exploiter ces festivités matrimoniales particulières de la culture indienne au sein d’un autre film et de lui donner les atours du bal de promotion du Carrie de Brian DePalma. Originellement intitulé My bloody wedding, It’s a wonderful afterlife prend comme argument
principal la cérémonie du mariage pour y adjoindre une touche fantastique imposante.
Mme Sethi ne supporte plus que sa jeune fille un peu rondelette se fasse éconduire par tous ses prétendants. Voyant la perspective d’un mariage s’éloigner à chaque nouveau refus essuyé par sa progéniture, elle laisse exploser sa colère et assassine l’un après l’autre les imprudents qui osent médire sur les rotondités de la jeune Roopi. Seul inconvénient : les victimes reviennent hanter la meurtrière, toujours animée par son envie d’enfoncer la bague à l’anneau enflé.
Fidèle à ses racines et à sa Bollywood-so-british’s touch, Chadha Gurinder pimente le récit d’une kyrielle d’éléments propres à la culture indienne (les armes sont autant d’ingrédients de la tradition culinaire épicée locale), se servant même des croyances hindoues, la métempsychose en l’occurrence, pour tisser sa trame "fantastique". Avec quelques aménagements toutefois : ne se réincarnant pas littéralement, les morts reviennent sous l’apparence de spectres
agrémentés de détails anatomiques joyeusement sanglants (les décompositions des visages poudrés de matière blanchâtre illustrent les intentions drolatiques de la bande).
Citant comme référence le film de Frank Capra It’s a wonderful life), Gurinder trousse au final une comédie souvent consternante avoisinant plutôt des productions hollywoodiennes de seconde zone comme Le fantôme de mon ex-fiancée ou Hanté par ses ex. Le concept Masala patine ici dans le biryani. Sorte de private-joke communautaire rarement drôle, It’s a wonderful afterlife atteste de l’essoufflement rapide de ce genre de traitement exotique pour bobos.
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Même Joue-la comme Beckham était plus drôle, c’est tout dire !