Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Le Mal est ressuscité dans une petite ville et le seul individu pouvant stopper les hordes de démons n’est autre qu’un jeune homme armé d’une épée.
Dans sa petite ville aussi animée qu’un faubourg polonais un dimanche pluvieux, Sarah s’emm... ferme et n’a d’autre loisir que de traîner, en compagnie de sa meilleure amie Emily dans les rues désertes en descendant de la gnôle et en évoquant les fantômes du passé. Comme ce cher oncle Michael trop tôt disparu dont la dernière demeure reste depuis inhabitée. C’est à quelques pas de la masure que les filles sont agressées par une horde (le mot est faible) de zomblards survitaminés. Sarah échappe de peu au carnage grâce à l’intervention de Jacob, chevalier des temps modernes, qui tranche de sa lame rutilante dans le lard des morts-vivants. Jacob lui conte alors une histoire acadabrantesque à laquelle prennent part un nécromancien, un pendentif magique, un tonton hanté par la magie noire, une épée ancestrale dotée de pouvoirs magiques, des zombies, on en passe et des bien pires...
What the fuck ? Le père Metcalf devait être sacrément ravagé quand il a pondu pareil récit. A la fois réalisateur, scénariste et responsable
des effets spéciaux (l’essentiel de son background comme La passion du Christ sur lequel il est absent du générique), Brian A. Metcalf convie pour sa première œuvre le gotha de l’heroic fantasy tendance gothique forcé de s’effleurer dans un décor ténébreux inspiré des univers de James O’Barr et Alan Moore à souhait, sous un déluge d’effets "tout numérique" rarement convaincants. Si elle pare l’ensemble d’une esthétique globalement qualitative pour une série B revendiquée, la digitalisation sert dans le même temps de cache-misère pour ce gloubi-boulga scénaristique qui jongle sans la moindre cohérence avec les thématiques de la magie noire traditionnelle (symboles, parallélisme des mondes des morts et des vivants, nécromancie). Perdu dans ce dédale aux relents des pires exploitations héroïc de type Bloodrayne ou Donjons et Dragons, le spectateur se retrouve en outre baladé entre plusieurs tableaux tantôt surréels (les catacombes de la cité) tantôt naturels (la demeure de la famille de Sarah) et plusieurs époques (le récit revient ponctuellement sur les événements déclencheurs du cataclysme).
Même le jeune Jordan Matthews, héritier lointain du Tom Cruise de Legend, du Brandon Lee de The Crow et du Keanu Reeves de Constantine, finit par s’interroger sur cet atavisme bâtard lorsqu’il lutte en plein champ de maïs avec un gnome masqué armé d’une double serpe qui se métamorphose ensuite en un nuée d’oiseaux. La dernière séquence de l’œuvre consacrée à l’affrontement tant attendu, celui opposant Jacob le chevelu au nécromancien, campé par Brad Dourif, illustre à elle seule l’entièreté de ce nanar de luxe : une action inexistante, des répliques ronflantes serinées par une pléiade de cachetonneurs, le tout sublimé par une pluie de poussières d’or.
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