Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Sur les bords du Mississippi, Naveen, un jeune prince séduisant - mais paresseux et gâté - et surtout transformé en grenouille par un sorcier, persuade Tiana, une belle jeune fille courageuse, de lui donner un baiser pour qu'il retrouve sa forme humaine. Mais le résultat n'est pas celui espéré : c'est la jeune fille qui est à son tour métamorphosée en batracien. Voilà nos deux amphibiens errant dans le bayou, traqués par des chasseurs de grenouille. Ils espèrent trouver de l'aide auprès d'une mystérieuse sorcière âgée de 197 ans, Mama Odie.
Après une odyssée dans le domaine de la 3D qui ne fut pas toujours des plus heureuse, les studios Disney empruntent à nouveau le sentier de l’animation traditionnelle avec La princesse et la grenouille. Revisitant librement un conte de Grimm (Le prince grenouille), Ron Clements et John Musker, vétérans des studios qui ont notamment mis en scène Basil, détective privé, La petite sirène, Aladdin et Hercule, y versent un second degré qui fait souvent mouche, sans que celle-ci soit gobée par les batraciens héros du film. Car, magie Disney oblige, grenouilles et moustiques cohabitent (pour reprendre le cri d’amour du crapaud), tout comme crocodiles et hommes, au mépris de la chaîne alimentaire.
La véritable héroïne du film reste indéniablement la princesse, Tania, jeune afro-américaine de la Nouvelle-Orléans dont le rêve le plus cher est d’ouvrir un restaurant. Une jeune beauté à la peau satinée qui permet à Disney de boucler son tour du monde des princesses et de faire taire les présomptions racistes qui enrobent chaque nouveau travail de Walt Disney que l’on a sans cesse accusé d’user de clichés dérangeants. L’effet inverse se produit et les suspicions ne manquent pas de fuser à l’encontre ce conte de fées haut en « couleurs ». L’Amérique d’Obama n’est apparemment pas encore prête pour le changement, chaque nouveauté entrainant son lot de confusions. Passés au crible, le titre du film, le prénom et le métier de l’héroïne sont ainsi refaçonnés afin de ne pas heurter l’opinion publique, prompte à s’indigner. Des détails en somme, mais qui acquièrent de l’importance au vu de la controverse qui a secoué les States lors de la sortie du métrage.
Un capharnaüm qui occulte finalement le travail colossal abattu par les dessinateurs du studio qui ont oeuvré entre vingt et quarante heures par équipe pour donner vie à une seule petite scène. Une entreprise de grande haleine pour ce quarante-neuvième long métrage d’animation de la firme aux grandes oreilles. Une ampleur qui permet de renouer
avec le côté traditionnel de cette bande rétro qui dépoussière le cliché du prince transformé en grenouille en même temps qu’il redore le blason du schéma typique du conte de fée, tendance monarchique. Et tout cela, au milieu des bayous de la Louisiane des années 20 dans une atmosphère excessivement « jazzy ».
Sur un rythme endiablé qui mélange blues, jazz et gospel, La princesse et la grenouille déroute en proposant une histoire des plus traditionnelle qui séduit cependant par son habile mélange de romance et de suspense (le diabolique maître vaudou), d’humour et de nostalgie. Ce qui permet à cette pellicule enchanteresse de se poser, sinon comme la meilleure, au moins comme la plus délicieusement pittoresque des aventures estampillées Disney.

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