Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Yattâman suit les péripéties de Gan-chan et sa soeur Ai-chan (le chanteur pop Sho Sakurai et la craquante Saki Fukuda) qui traversent le temps grâce à leur chien-robot-tank Omotchama pour contrer les plans diaboliques du Trio Drombo, groupe d’arnaqueurs abrutis menés par la pimpante Miss Doronjo (Kyoko Fukada). Chaque épisode se suit et se ressemble, mais fait preuve d’une inventivité incroyable dans la création de robots plus étranges et décalés les uns que les autres (canards, danseurs... tout sera passé !).
Stakhanoviste zélé, volontairement kamikaze, le nippon Takashi Miike a déjà (presque) tout tenté. Refusant l’incarcération dans un carcan bien défini, Miike a goûté à l’ultraviolence (Ichi the killer), tâte du drame familial (Visitor Q), du polar (Dead or alive 2), du yakusa (le premier opus de la trilogie susmentionnée), a éclaté les codes inhérents au genre (Audition) pour mieux s’y plier par la suite (La mort en ligne). Devançant de quelques années les déconstructions ironico-comiques du genre super-héroïque avec son Zebraman (une séquelle est en ce moment en préparation), le voici de retour dans le sous-genre le plus capé avec Yatterman.
Basé sur séries animées diffusées à la fin des années 70 au Japon (de 1977 à 1979, pour être plus précis, pour un total de 108 épisodes),
Yatterman suit les traces de deux héros, avec toques et collants, qui mettent toutes leurs forces à défendre le Bien et bricolent dans leurs ateliers souterrains des méchas géants capables de concurrencer ceux de leurs ennemis. Ceux-ci sont représentés par le clan Doronbo, dominé par la sensuelle et machiavélique Doronjo, à la solde de Dokurobe, dieu des voleurs. La divinité des monte-en-l’air et ses ouailles convoitent un crâne de pierre dont les morceaux (au nombre de quatre) ont été répartis aux quatre (aussi) coins du globe. Une fois reconstitué, ledit crâne dote son détenteur du pouvoir de voleter à sa guise dans le temps...
Conservant la niaiserie doucereuse du médium originel, Miike ne se retient nullement à triturer le matériau pour en faire, conformément à ses habitudes, un produit proprement miikesque. Rempli de sous-entendus salaces (le Vierge d’acier géante qui crache des missiles par l’entremise de ses tétons) et capitalisant essentiellement sur le potentiel attractif de la vilaine Doronjo, toute de latex vêtue, Yatterman (Yattâman en version originale) se veut résolument adulte. Les sauvegardes référentielles n’y changent rien (le robotique Omochama et le Mecha no Moto, énorme nonos qui régénère le cabot gargantuesque des Yattermans n°1 et 2, y retrouvent la place qui leur est due) : les excentricités du créateur et son goût prononcé
pour les références musicales et picturales des années 70 transforment davantage ce produit en une ode nostalgique à une époque révolue qu’en une version actualisée destinée au jeune public.
Ne faillant pas à sa réputation, Miike livre une version décalée, excessivement outrancière et donc respectueuse de la version originale, s’amusant au passage à contourner chacune des conventions et ornières que cette intrigue faiblarde laissait présager. Quelques touches personnelles viennent agrémenter le tout, le transformant en une oeuvre foncièrement adulte tout en conservant l’innocence de la série enfantine. Jubilatoire dans certains de ses passages (le premier affrontement, les punitions du dieu Dokurobe), le métrage finit, dans sa seconde partie, par se montrer beaucoup trop répétitif et, au final, perd totalement sa magie.
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